est un film dramatique québécois écrit, coproduit, réalisé et monté par Xavier Dolan, sorti en 2014.
Le film présente une veuve monoparentale, Diane, qui hérite de la garde de son fils, Steve, un adolescent impulsif et violent. Au cœur de leurs emportements et difficultés, ils tentent de joindre les deux bouts, notamment grâce à l'aide inattendue de l'énigmatique voisine Kyla. Tous les trois, ils retrouvent une forme d'équilibre et d'espoir.
Le film est présenté au Festival de Cannes 2014 où il remporte le Prix du Jury.
Dolan, pour sa première participation en compétition officielle (et quatrième sélection au Festival) est à 25 ans le plus jeune réalisateur de la sélection. Dans l'histoire du festival, il est le second plus jeune réalisateur à recevoir le Prix du jury, la première étant l'Iranienne Samira Makhmalbaf, récompensée à 20 ans pour Le Tableau noir en 2000..
Comme dans le clip réalisé par Dolan en 2013, le film a la particularité d'être en majorité tourné en format d'image carré 1:1. a été sélectionné pour représenter le Canada à l'Oscar du meilleur film en langue étrangère lors de la des Oscars qui a eu lieu en , mais a été exclu lors de la liste préliminaire... Le film connaît un succès tant au Québec qu’en France, où il a dépassé la barre d'un million de spectateurs. Il se place en troisième position pour un film québécois le plus vu dans un territoire français, derrière les deux films de Denys Arcand.
Le film figure dans la liste Canada's Top Ten, les dix meilleurs longs-métrages canadiens de 2014, sélectionnés par un jury composé de sept réalisateurs et professionnels de l'industrie du cinéma, coordonné par TIFF....
Synopsis Dans un Canada du futur proche, après les élections fédérales de 2015, une nouvelle loi, la loi S-14, autorise les parents d'enfants très difficiles à confier ceux-ci à une institution d’État de type hôpital psychiatrique pour mineurs.
Dans ce contexte, Diane « Die » Després, veuve d'une cinquantaine d'années habitant en banlieue de Montréal, récupère la garde de son fils Steve, un adolescent souffrant de troubles psychiques, du fait de son expulsion pour comportement irresponsable et dangereux du centre de rééducation dans lequel il avait été placé peu de temps après la mort de son père. En effet, il a mis le feu à la cantine de l'institution, incident qui a blessé gravement l'un des résidents. Diane lutte pour s'occuper de Steve malgré sa détresse financière. Il lui offre un caddie plein de courses, ainsi qu'un collier avec l'inscription « Mommy », qu'elle suspecte avoir été volé. Enragé, Steve commence à l'étrangler. Diane se défend en le frappant avec un cadre. Du chaos qui s'ensuit surgit Kyla, la voisine de Diane, une enseignante en congé sabbatique, qui commence à guérir les blessures de Steve.
Kyla, qui souffre de bégaiement, commence à aider Steve à étudier. Après une session désastreuse, où Steve ne cesse de l'admonester, Kyla craque et plaque son élève au sol. Totalement dominé, l'adolescent, sous le choc, en mouille son pantalon. Après la confrontation, Steve devient plus doux avec elle, lui dit qu'il est content de la connaître et respecte son souhait de ne pas l'appeler « bébé ». Les trois protagonistes tissent des liens très forts. Un jour, Diane reçoit un courrier de la part de la famille du résident blessé : elle est attaquée en justice pour les blessures causées par son fils.
Diane fait appel à un de ses voisins, Paul, qui est avocat, pour les aider. Un soir, ils vont chercher un endroit pour manger et arrivent dans un bar karaoké, où Steve est de plus en plus agité par l'atmosphère ainsi que par le jeu de séduction entre Diane et l'avocat. Steve décide d'aller chanter, mais commence ensuite à se battre avec un homme du bar qui se moque de lui pendant sa performance. Steve, Diane et Paul se disputent. Paul gifle Steve et Diane gifle Paul, ce qui le fait fuir.
Diane continue de chercher comment aider son fils et reconstruire leur vie, mais alors qu'ils vont faire les courses avec Kyla, Steve disparaît et est retrouvé dans un rayon alors qu'il s'est tranché le poignet. Il survit cependant, et un peu plus tard, dans sa voiture, Diane se remémore tous les rêves de réussite et de bonheur qu'elle avait formés pour son fils. Elle l'emmène en fait dans un hôpital pour le soumettre à la loi S-14. Steve résiste furieusement, et Diane regrette sa décision lorsqu'elle voit la violence avec laquelle Steve est traité, mais légalement, elle ne peut désormais plus rien faire.
Kyla annonce à Diane qu'elle déménage à Toronto. Cette dernière l'encourage et se montre pleine d'espoir, mais après que Kyla eut quitté la maison, Diane ne peut contenir sa détresse face à tous ses problèmes qui ressurgissent. À l'hôpital, des membres du personnel ôtent la camisole de force de Steve, mais aussitôt défait de ses liens, celui-ci s'enfuit vers une grande fenêtre.
Fiche technique Titre original : Réalisation et scénario : Xavier Dolan Musique : Noia Direction artistique : Colombe Raby Costumes : Xavier Dolan Maquillage : Coiffure : Colette Martel, Michelle Côté Photographie : André Turpin Son : François Grenon, Sylvain Brassard Montage : Xavier Dolan Production : Nancy Grant et Xavier Dolan Sociétés de production : Metafilms, Sons of Manual Sociétés de distribution : Les Films Séville (Canada) ; MK2 / Diaphana (France) ; Séville International (international) Budget : . Pays de production : Canada Langue originale : français Format : couleur, 35mm DCP, format d'image 1:1... et 1.85:1 Genre : drame Durée : Dates de sortie : France : (première à la du Festival de Cannes) Australie : (Festival du film de Sydney) Tchéquie : (Festival international du film de Karlovy Vary) États-Unis : (Festival du film de Telluride) Macédoine : (Festival international du film des frères Manaki) Hongrie : (Festival international du film de Miskolc) Canada : (sortie en salle au Québec) Espagne : ( édition du Festival international du film de Saint-Sébastien) Allemagne : (Festival du film de Hambourg) Brésil : (Festival international du film de Rio de Janeiro) Corée du Sud : (Festival international du film de Busan) Belgique : France : Luxembourg : Royaume-Uni : (Festival du film de Londres) Inde : (Festival international du film de Mumbai) Pologne : Thaïlande : (Festival international du film de Bangkok) Chili : () États-Unis : Canada : (DVD et Blu-ray) Classification : États-Unis : R - Restricted France : Tous publics Québec : 13 ans et plus (Langage vulgaire).
Distribution Anne Dorval : Diane « Die » Després, la mère de Steve Antoine Olivier Pilon : Steve O'Connor Després Suzanne Clément : Kyla, la voisine Patrick Huard : Paul Béliveau Alexandre Goyette : Patrick, le mari de Kyla Michèle Lituac : la directrice du centre correctionnel Viviane Pacal : Marthe Nathalie Hamel : Natacha Isabelle Nélisse : la fille de Kyla Ted Pluviose : le chauffeur du taxi Huguette Gervais : caissière de la librairie Pierre-Yves Cardinal : un garde de l'hôpital psychiatrique Sabrina Bisson : la DJ du karaoké Catherine Brunet : fille dans le bar karaoké Steven Chevrin : Steve dans le rêve de Diane
Production Développement Xavier Dolan, à vingt-quatre ans, réalise son cinquième long métrage, le quatrième à aborder directement la figure maternelle, bien qu'elle soit aussi traitée de façon indirecte dans son thriller Tom à la ferme (2013). Dolan écrit un film avec trois héros, « un film triangulaire dont aucun des personnages ne prend le pas sur l'autre ». Il se détache de l'aspect autobiographique présent dans ses premiers films, notamment dans sa représentation de la figure de la mère.
Avec André Turpin, son chef opérateur rencontré sur le clip de , il décide de tourner le film en format 1:1 – un carré, rare au cinéma contemporain – qu'ils avaient utilisé sur le clip d'Indochine .. Également monteur du film, Dolan est un habitué des changements de formats, puisqu'il avait déjà modifié les ratios de l'image dans Tom à la ferme pendant les scènes de suspense.. Dolan estime que cela met en valeur les personnages, emprisonnant le regard du spectateur dans celui du personnage et débarrassant l'image des distractions pouvant apparaître sur les bords horizontaux. C'est un format emprunté à la photographie, et notamment à celle des portraits :
Il propose à ses deux actrices fétiches, Anne Dorval et Suzanne Clément, les rôles principaux. Dorval interprétait déjà la mère dans J'ai tué ma mère et est aussi apparue dans Les Amours imaginaires et Laurence Anyways. Clément jouait le rôle féminin dans Laurence Anyways. Le troisième personnage principal, Steve, est interprété par Antoine Olivier Pilon, 16 ans au moment du tournage. Il avait un rôle de figurant dans Laurence Anyways et le rôle-titre du collégien dans le clip .
Tournage Annoncé sur son compte en , Xavier Dolan commence le tournage à Montréal.. La seconde moitié du tournage s'amorce à l'hiver 2013 et se termine en http://www.filmsquebec.com/films/mommy-xavier-dolan/, Films du Québec, consulté le 18 octobre 2014.
Ayant tourné dans la banlieue de Montréal où il a grandi, Dolan explique : .
Musique Pour Mommy, Xavier Dolan a choisi la musique qu'il aime, dont notamment Céline Dion :
Accueil Sortie vignette|droite|Le réalisateur Xavier Dolan, pour la présentation du film au Festival de Cannes 2014. est présenté en compétition officielle au festival de Cannes en . C'est la quatrième fois pour Xavier Dolan après J'ai tué ma mère sélectionné à la « Quinzaine des réalisateurs » en 2009, Les Amours imaginaires à « Un certain regard » en 2010 et Laurence Anyways également à « Un certain regard » en 2012.. Le film est projeté en québécois sous-titré en français (et en anglais) en raison de l'utilisation d'un dialecte joual. ; ces sous-titres ont été écrits par Xavier DolanGénérique du film..
Le film est particulièrement bien accueilli lors de sa projection.. Il est applaudi pendant la séance. et ovationné pendant plus de 12 minutes en fin de projection... Il décroche le Prix du jury. Lors de la cérémonie de clôture Dolan prononce un discours de remerciements passionné et émouvant, il rend hommage à Jane Campion (la présidente du jury) et incite sa génération à réaliser ses rêves afin de changer le monde : « Tout est possible à qui rêve, ose, travaille et n'abandonne jamais ».
Mommy est vendu dans plus de 50 pays, dont les États-Unis et la Francehttp://quebec.huffingtonpost.ca/2014/07/22/mommy-roadside-attractions-acquiert-droits-etats-unis_n_5610341.html Huffington Post Québec, 23 septembre 2014. En France, le film est à l'affiche de 315 salles, c'est la plus grosse sortie pour un film québécois depuis Les Invasions barbares en 2003 (455 écranshttps://www.filmsquebec.com/box-office-des-films-quebecois-en-france/, Films du Québec). Avant sa sortie le film suscite l'attention des médias, notamment celle de quotidien Libération, qui lui consacre sa une et quatre pages entières. Il est aussi en couverture de Télérama, des Inrocks et du supplément de L'Express. Diaphana, le distributeur français indépendant organise une centaine d'avant-premières qui remportent un énorme succès (15 000 spectateurs au bas mot)http://www.lapresse.ca/le-soleil/arts-et-spectacles/cinema/201410/08/01-4807548-mommy-connait-un-depart-spectaculaire-en-france.php, La Presse, 8 octobre 2014.
Box-office Pays Box-office Entrées Date de sortie $ entrées $http://www.boxofficemojo.com/movies/?page=intl&id=mommy.htm, Box-office Mojo, consulté le 1 décembre 2014 entrées $ - $ - $ - $ - $ - $ - $ - Mondial $ 1 498 374 entrées - en cours