Les séries Shang Yo ou SY (du , « contre-courant ») et Hai Ying ou HY (du , « aigle de mer ») sont d'anciens missiles antinavires, conçus par l'industrie de l'armement de la république populaire de Chine. Ils étaient dérivés du missile soviétique P-15 Termit.

Les HY-1 et HY-2 reçurent la désignation OTAN de « Silkworm ». Pour ne pas arranger les choses, les médias occidentaux désignaient également les séries SY et ses dérivés d'exportation, les séries Fei Long ou FL (du , « dragon volant »), par le nom de Silkworm's.

Histoire Le Silkworm fut conçu et développé à l'Institut de la Mécanique, sous la direction de Qian Xuesen, un scientifique qui effectua ses études à l'Institut des Technologies du Massachusetts (MIT) et à l'Institut des Technologies de Californie (Caltech), avant d'être déporté par les États-Unis en 1955 en raison d'une suspicion de liens communistes. Un ouvrage racontant la vie de ce scientifique fut écrit par Iris Chang, intitulé .

Série Les missiles de la série SY furent développés à-partir du P-15 Termit conçu par le complexe militaro-industriel soviétique.

Ils étaient employés sur des navires lance-missiles de faibles dimensions, dotés d'équipements électroniques faibles et limités. Les chinois rencontrèrent des difficultés à rendre le missile compatible avec les systèmes plus complexes équipant habituellement les navires de dimensions plus importantes. Cela pourrait avoir causé des lancements prématurés ou des détonations lorsque les équipements électroniques fonctionnaient à pleine-puissance..

En conséquence, afin d'équiper les navires et de remplacer les missiles de la série SY, les chinois développèrent les missiles de la série HY. Les missiles SY avaient été conçus au-départ pour équiper les navires en parallèle à ceux de la série HY, et ils permettaient également de proposer une alternative économique au marché d'exportation.

SY-1 vignette|upright=1.25|SY-1. Le SY-1, désigné par l'OTAN CSS-N-1 ., est la version chinoise originale du P-15 soviétique, produite à l'usine 320 (Nanchang Aircraft Factory : 南昌飞机制造厂). Les sources chinoises identifient les deux concepteurs de cette arme comme étant Li Tongli et Lu Lin.

La différence principale entre le P-15 termit et le SY-1 venait principalement du remplacement de l'altimètre peu fiable du modèle soviétique par un modèle bien plus efficace dans le missile chinois. Le successeur du SY-1, conçu par Peng Lisheng (彭历生) et désigné SY-1A, était doté d'un radar de guidage monopulse, qui remplaçait l'ancien modèle à balayage conique.

Le missile fut ensuite modernisé pour être aéroporté, et cette version reçut la désignation de C-601. Elle fut la première arme anti-navire aéroportée de la Chine et l'OTAN lui attribua la désignation de CAS-1 . Il fut utilisé par les avions irakiens H-6 au-cours de la guerre qui les opposa à l'Iran. Une version dotée de nouveaux circuits intégrés, d'un nouvel autodirecteur à radar actif et d'un nouvel altimètre radio entra en service sous le nom de SY-1A, au début des années 1980..

SY-2

Le moteur à carburant liquide étant plutôt dangereux et peu fiable, un modèle à carburant solide fut développé.

Ce propulseur permit également de réduire la taille et de diminuer la masse du missile, tout en lui apportant une portée plus importante. La masse de la charge militaire fut elle aussi diminuée, mais son efficacité fut en-réalité améliorée quand fut adopté un concept de charge hautement explosive semi-perforante à déclenchement retardé. La version améliorée de ce missile sera appelée SY-2A.

Caractéristiques techniques SY-1 SY-2 Longueur Diamètre Envergure Masse au lancement Charge militaire Hautement explosive (HE) à charge creuse Hautement explosive (HE) à charge creuse Détonation à l'impact impact + délai Guidage Vol de croisière navigation inertielle navigation inertielle Phase terminale SY-1 : radar actif à balayage coniqueSY-1A : radar actif monopulse radar actif Propulsion Accélération Moteur-fusée à carburant solide moteur-fusée à carburant solide Vol de croisière Moteur-fusée à ergols liquides moteur-fusée à carburant solide Performances Vitesse Mach 0.8 Mach 0.9 Portée maximale . . Altitude de croisière < Probabilité de coup au but (Pk - Probabiliy of Kill)

Série

HY-1

vignette|upright=1.25|Véhicule lanceur du missile HY-1, exposé au musée militaire de la révolution populaire chinoise, Pékin. Le missile HY-1 reçut deux désignations OTAN distinctes : le CSS-N-2 , pour la version maritime, et le CSS-C-2 , pour la version de défense côtière basée à-terre.

Le HY-1J était prévu d'équiper les destroyers Type 051, mais l'agitation conséquente à la révolution culturelle prolongea son développement jusqu'aux années 1980. Finalement, les destroyers Type 051 déployés dans l'Océan Pacifique pour accompagner les tests de missiles balistiques ne furent pas dotés de missiles anti-navires.

Une version plus moderne dotée de deux statoréacteurs, le C-101, a également été créée à-partir du HY-1. Désigné par l'OTAN CSS-C-5 , il est lancé depuis les avions ou les navires et sa désignation chinoise est YJ-16.

Versions HY-1 : Version initiale de développement, basée sur les missiles SY et utilisée seulement en très petit nombre depuis des postes terrestres à des fins d'évaluation. Il n'entra jamais en production et fut remplacé par le HY-1J. HY-1J : Version mer-mer pour les destroyers Type 051. HY-1JA : Version mer-mer améliorée, dotée d'un nouvel autodirecteur radar, résistant mieux aux contre-mesures et ayant une précision plus importante. HY-1A : Version terre-mer, basée sur le HY-1JA. HY-1B : Drone-cible à basse-altitude, dédié aux tests du missile sol-air HQ-2A. HJ-1YB : Drone-cible à basse-altitude, dédié aux tests du missile sol-air HQ-61.

HY-2

vignette|upright=1.25|HY-2. vignette|upright=1.25|HY-2 (G). Le missile HY-2 était identique au HY-1, mais avec un fuselage rallongé. Il était doté d'un nez arrondi, contenant l'antenne du radar, d'ailes en delta à mi-hauteur montées à mi-longueur du fuselage, et de trois gouvernes de contrôle à la queue. Il était propulsé par un moteur-fusée à ergols liquides et l'accélération au lancement était effectuée par un booster à poudre attaché sous le fuselage du missile.

Le HY-2, désigné C-201 en interne et CSS-C-3 par l'OTAN, était lancé depuis un poste de tir à-terre et évolue à une altitude de durant la première phase de son vol. Après avoir atteint les conditions idéales pour son vol de croisière, l'altitude de vol était réduite à une valeur comprise entre . Lors de l'approche finale vers sa cible, le missile allumait son radar et plongeait à une altitude de jusqu'à l'impact. La probabilité de coup-au-but était estimée à . La désignation C-201 désignait à-la-fois la version aéroportée du missile et sa désignation à l'exportation, tandis-que la désignation CSS-N-2 était destinée à la version tirée depuis les navires. En raison de sa taille trop importante, il ne fut jamais employé sur les navires, bien que les destroyers Type-051 aient été prévus pour les utiliser.

Ce missile est obsolète et son remplacement futur devrait être confié aux missiles de la série YJ-8.. Il a été largement exporté de par le monde, et il est le missile de la série auquel la désignation de Silkworm est la plus attribuée.

Versions HY-2 : Version basique terre-mer, à guidage radar. Développée à-partir du missile HY-1. HY-2A : Version à guidage terminal par infrarouges. HY-2AII : Version améliorée du HY-2A. HY-2B : Version à radar de guidage amélioré, un radar monopulse remplaçant l'ancien modèle à balayage conique. HY-2BII : Version améliorée du HY-2B, dotée d'un nouveau radar. HY-2C : Version améliorée du HY-2BII, dotée d'un nouvel altimètre et de surfaces de contrôle revues. HY-2G : Version identique au HY-2, mais dotée d'une caméra dans le nez (guidage TV). C-201 : Version air-surface du missile. Cette désignation (interne) est aussi celle du modèle vendu à l'exportation. C-201W : Version à portée étendue, motorisée par un turboreacteur à la place du moteur-fusée à ergols original. Exportation uniquement.

HY-3

vignette|upright=1.25|HY-3. Le HaiYing-3 ou HY-3 (aussi désigné C-301 pour l'exportation), désignation OTAN CSS-C-6 , est un missile terre-mer supersonique propulsé par statoréacteur, développé par la China Haiying Electro-Mechanical Technology Academy (中国海鹰机电技术研究院 - CHETA, aussi connue comme la Academy). Il fut développé dans les années '80 et se basait sur la conception du HY-2 (C-201).

Le HY-3 est un missile de grande taille, avec un fuselage avant fin et un nez pointu, associés à une partie de fuselage arrière large comprenant quatre accélérateurs à poudre et deux statoréacteurs. Il y'a une paire de plans- à l'avant, 4 surfaces de contrôle à l'arrière, et 4 ailettes plus petites de stabilisation, attachées aux 4 boosters à poudre. Ces accélérateurs accélèrent le missile jusqu'à une vitesse de Mach 1.8, vitesse à-partir de laquelle le statoréacteur commence à brûler son kérosène et fait voler le missile jusqu'à une vitesse de Mach 2.5.

Sa portée est estimée, selon plusieurs sources, à une distance d'environ et il peut voler à une altitude de lors de la phase terminale de son attaque. Juste-avant d'allumer son radar, il descend encore à moins de puis plonge sur sa cible juste-avant l'impact.

Ce missile de est tiré depuis un lanceur terrestre. Chacune de ces unités de lancement consiste en 4 lanceurs, un radar d'acquisition des cibles, une unité le contrôle de tir, un groupe générateur de puissance et de 8 à 12 missiles de rechange montés sur des véhicules d'approvisionnement (un missile par camion)..

HY-4 Le développement du C-201 en HY-4 est un missile anti-navire à moyenne portée tiré depuis des avions, navires ou des postes à terre. Le développement de ce missile est supposé avoir commencé au milieu des années 1970, en remplaçant le moteur-fusée à ergols liquide du HY-2 par un petit turboréacteur, ainsi qu'en ajoutant un autodirecteur à radar monopulse.

Excepté ces quelques modifications, la configuration générale du HY-4 est assez similaire à celle du C-201, comprenant deux ailes en delta placées à mi-hauteur au centre du fuselage et trois gouvernes à la queue. Le missile est également doté d'un radioaltimètre, permettant de faire varier son altitude de croisière de , suivie par une plongée lente vers sa cible. La version aérienne est désignée C-401.

Caractéristiques techniques