Eric David Harris (né le à Wichita et mort le à Columbine) et Dylan Bennet Klebold (né le à Lakewood et mort le à Columbine) sont les deux meurtriers responsables du massacre du lycée de Columbine, au Colorado (États-Unis). Élèves de dernière année d'enseignement secondaire dans l'établissement, ils y tuent 14 personnes et en blessent 23 autres, le , avant de se suicider dans la bibliothèque où ils ont abattu dix de leurs victimes.
Contexte
Eric Harris Eric David Harris est né à Wichita au Kansas. Sa famille déménage souvent, le père, Wayne Harris, étant un pilote de l'U.S. Air Force. Sa mère, Katherine Ann Poole, est femme au foyer. La famille quitte Plattsburgh, dans l'État de New York, en , quand Wayne Harris prend sa retraite. Ils emménagent à Littleton, dans le Colorado. Pendant les trois années qui suivent, les Harris déménagent à plusieurs reprises. C'est alors qu'Eric rencontre Dylan Klebold. En 1996, la famille Harris achète une maison au sud du lycée Columbine. Le frère aîné d'Eric, Kevin, fait sa scolarité à Boulder, à l'Université du Colorado.
Dylan Klebold Dylan Bennet Klebold est né à Lakewood, dans le Colorado. Il est le fils de Thomas et Susan Klebold (née Yassenoff), connus comme des pacifistes. La famille fréquente une église luthérienne. Dylan et son frère aîné, Byron, suivent un enseignement religieux dans la tradition luthérienne. Comme son frère Byron — en référence à Lord Byron —, Dylan tient aussi son prénom d'un célèbre poète (le dramaturge Dylan Thomas). À la maison, la famille respecte des rituels en lien avec leur héritage juif du côté maternel. Dylan est scolarisé à l'école élémentaire Normandy de Littleton, pendant deux ans, avant d'être transféré à l'école élémentaire Governor's Ranch, où il est intégré au programme CHIPS (Challenging High Intellectual Potential Students), conçu pour les enfants précoces. La transition avec le collège Ken Caryl est un changement difficile pour lui.
Lycée Columbine Au lycée Columbine, Harris et Klebold s'occupent de mise en scène au sein du club théâtral, tournent des vidéos pour le club cinéma et sont assistants informatiques pour la gestion du serveur de l'école.
Après la fusillade, certaines sources évoqueront le harcèlement dont Harris et Klebold étaient victimes ainsi que leur impopularité au sein de l'établissement, tandis que d'autres contesteront ces allégations.
Harris et Klebold ont initialement été désignés comme étant membres d'un groupe se faisant appeler la « Trenchcoat Mafia », même si en vérité ils n'avaient pas de lien particulier avec ce groupe, et n'apparaissaient pas sur sa photo de groupe dans l'album du lycée de l'année 1998. Le père de Harris déclara que son fils était un membre de ce qu'ils appellent la « Trenchcoat Mafia » dans un appel aux urgences qu'il passa le . Klebold était présent au bal de promotion du lycée, trois jours avant la fusillade, avec une camarade de classe, Robyn Anderson.
Harris et Klebold jouent tous les deux à plusieurs jeux en réseau sur Internet, Harris créant même plusieurs niveaux pour le jeu Doom (nommés plus tard « niveaux Harris »). Il est omniprésent sur le net, sous l'alias, « REB » (contraction de « rebel », allusion au nom des équipes sportives de son lycée), mais aussi sous d'autres cyber-surnoms, comme « Rebldomakr », « Rebdoomer », et « Rebdomine ». Klebold utilise, quant à lui, le pseudonyme « VoDKa ». Harris crée et gère plusieurs sites internet qui hébergent des dossiers Doom et Quake, ainsi que des informations destinées aux personnes avec qui il joue en ligne. Les sites exposent ouvertement sa haine pour sa communauté, et pour l'humanité en général. Quand le duo commence à expérimenter la fabrication de bombes tuyaux, ils postent les résultats des explosions sur ces sites, qui seront fermés par America Online après la tuerie, et que le FBI conservera.
Premiers démêlés avec la justice En , l'enquêteur Michael Guerra, du Bureau du shérif du comté de Jefferson, s’intéresse au site internet de Harris après que les parents de Brooks Brown, un de ses camarades, ont découvert qu'il menaçait leur fils à la suite d'une dispute. Guerra demande un mandat de perquisition, qui reste sans réponse. Cette information ne sera révélée qu'en dans le magazine 60 Minutes, bien qu'elle ait été connue de la police depuis le départ.
En , les deux adolescents ont des problèmes avec la justice pour un vol avec effraction dans un véhicule, pour lequel ils sont accusés de dégradation volontaire, d'effraction et de vol. Ils font alors bonne impression sur les officiers de la brigade des mineurs, qui offrent d'effacer leurs casiers judiciaires s'ils acceptent d'intégrer un programme de travaux d'intérêt général, de suivre un traitement psychiatrique, et de respecter la loi. On demande à Harris de participer à des cours de gestion de la colère où il fait bonne impression. Les deux adolescents se comportent si bien que leur agent de probation écourte le programme et les libère quelques mois avant sa fin. Selon les autorités, Harris est alors « un jeune homme très brillant qui réussira sûrement dans la vie ». Klebold est décrit comme quelqu'un d'intelligent, qui cependant « a besoin de comprendre que, pour atteindre ses objectifs, le travail est inévitable ».
Le , Harris remet la première ébauche d'une lettre d'excuses qu'il avait rédigée au propriétaire du véhicule. Il la termine le mois suivant. Dans cette lettre, Harris exprime ses regrets concernant le vol ; cependant, dans son journal intime, à la date du , il écrit : « L'Amérique n'est-elle pas supposée être une terre de liberté ? Comment se fait-il que, si je suis libre, je n'ai pas le droit de voler des biens à un putain de débile s'il laisse (les clefs) sur le siège avant de son putain de van, en pleine journée, à la vue de tous ? ».
Hitmen for Hire Le duo réalise, pour un projet scolaire, une vidéo intitulée Hitmen for Hire (« Tueurs à gages cherchent emploi ») où on les voit utiliser des armes à feu factices et « éliminer » des lycéens dans le couloir de l'école. La vidéo est célèbre pour ses scènes d'injures, dans lesquelles les deux lycéens s'adressent à la caméra en hurlant violemment. Ils explorent également le thème de la violence dans leurs projets scolaires de création littéraire. Après qu'Harris a rédigé une histoire basée sur l'Apocalypse, le , son professeur déclare : « Votre approche est unique et votre histoire fonctionne horriblement bien – il y a de bons détails et une bonne atmosphère ».
Le massacre
Jour du massacre Le , alors qu'il fume une cigarette au début de la pause déjeuner, Brooks Brown, un ancien camarade d'Harris, le voit arriver à l'école. Il lui reproche d'avoir séché les cours du matin. Harris aurait répondu : « Ça n'a plus d'importance », puis « Brooks, je t'aime bien maintenant. Va-t'en, rentre chez toi ». Brooks quitte les lieux peu après. À 11h19, il entend les premiers coups de feu, alors qu'il est déjà à une certaine distance de l'école. Il en informe la police grâce au téléphone d'un voisin.
À ce moment-là, Dylan Klebold a déjà rejoint l'école dans une autre voiture, et les deux jeunes garçons déposent deux sacs de sport contenant deux bombes au propane de chacune dans la cafétéria de l'école. Quand ils se rendent compte que celles-ci n'explosent pas, Harris et Klebold s'arment tous deux de fusils et lancent une attaque à l'arme à feu contre leurs camarades. Cette attaque est longtemps restée la plus meurtrière jamais perpétrée dans un lycée américain. Harris est responsable de 9 des 14 décès confirmés, incluant la mort d'un professeur, et Klebold des 5 autres. 23 personnes sont blessées, certaines grièvement.
Suicide À 12h03, 20 minutes après la fin de la fusillade, Harris et Klebold retournent dans la bibliothèque. Dix de leurs victimes y gisent sur le sol. Ils s'approchent des fenêtres de l'aile ouest et ouvrent le feu sur la police qui se tient à l'extérieur.
À 12h08, le professeur d'arts plastiques Patti Nielsen, qui s'était enfermée dans une salle de repos avec le lycéen Brian Anderson et le personnel de bibliothèque, croit entendre Harris et Klebold crier d'une seule voix : « Un ! Deux ! Trois ! », immédiatement suivi d'un coup de feu. Harris s'est tiré une balle dans la bouche. Klebold s'est tiré dans la tempe avec son pistolet semi-automatique TEC-9.
Acquisition des armes Étant donné que Harris et Klebold étaient mineurs au moment des faits, c'est Robyn Anderson (avec qui Klebold s'est rendu au bal de promotion trois jours avant la tuerie), une lycéenne de Columbine âgée de 18 ans et amie d'enfance de Klebold, qui avait été chargée de l'achat de deux fusils et d'une carabine. En échange de sa coopération pendant l'enquête, aucune charge n'a été retenue contre elle. Après l'acquisition illégale des armes, Klebold scia le canon de son fusil à deux coups Savage 311-D calibre 12, raccourcissant la longueur totale d'approximativement , ce qui est considéré comme un crime aux États-Unis. Harris, quant à lui, scia le canon de son fusil Savage-Springfield calibre 12 d'à peu près .
Les tueurs possédaient également un pistolet semi-automatique TEC-DC9, qui avait une longue histoire. Le fabricant l'avait d'abord vendu à un Navegar Incorporated basé à Miami. Il avait ensuite été vendu à un Zander's Sporting Goods de Baldwin dans l'Illinois en 1994. Le pistolet avait ensuite été vendu à un négociant en armes de Thornton dans le Colorado : Larry Russell. Russell ne conserva pas l'enregistrement de l'achat, ce qui est une violation de la loi fédérale. Il ne vérifia donc pas l'âge de l'acheteur, s'imaginant qu'il était sûrement âgé de 21 ans. Il fut incapable d'identifier les photos de Klebold, Anderson, ou Harris présentées par la police après le massacre. Deux hommes, Mark Manes et Philip Duran, furent reconnus coupables d'avoir fourni des armes au duo.
Les bombes utilisées par Harris et Klebold variaient et étaient fabriquées grossièrement avec des bombes au dioxyde de carbone, des tuyaux galvanisés et des bouteilles de propane. Le week-end précédant la fusillade, Harris et Klebold avaient acheté des bouteilles de propane et du matériel dans une quincaillerie pour quelques centaines de dollars. Plusieurs résidents des environs ont déclaré avoir entendu des bris de verre et des bourdonnements provenant du garage de la famille Harris. On en conclut plus tard que cela indiquait bien que les deux adolescents construisaient des bombes tuyaux. Harris acheta encore des bouteilles de gaz le matin même de l'attaque.
Des bombes plus complexes, comme celle qui explosa au coin de South Wadsworth Boulevard et de Ken Caryl Avenue, avaient des minuteurs. Les deux plus grosses bombes, trouvées dans la cafétéria de l'école, étaient fabriquées avec des petits réservoirs de propane. Une seule de ces deux bombes s'est déclenchée, ne détonant que partiellement. Il a été estimé que si l'une de ces bombes placées dans le réfectoire s'était déclenchée comme prévu, l'explosion aurait pu causer un important dommage à la structure du bâtiment de l'école et alourdir le bilan de centaines de victimes supplémentaires.
Après la tuerie Il y eut une controverse après la tuerie : les tueurs devaient-ils être commémorés ? Certains s'y opposaient fermement, déclarant que c'était une glorification des meurtriers, alors que d'autres considéraient que les coupables étaient aussi des victimes. En haut d'une colline près du lycée Columbine, des croix furent érigées pour Harris et Klebold, à côté de celles destinées aux personnes qu'ils avaient tuées, mais le père de Daniel Rohrbough (le second lycéen à avoir été tué) les démonta, déclarant que les tueurs ne devraient pas être commémorés au même endroit que leurs victimes.
Motivations Harris et Klebold ont beaucoup écrit sur le déroulement du massacre, mais moins sur leurs motivations , il semble qu'une sorte de vengeance contre un modèle americain stéréotypé soit à l'origine du massacre.