L’église Saint-Léger est une église catholique paroissiale située à Vauciennes, dans le département de l'Oise, en région Hauts-de-France, en France. Elle a été édifiée entre la fin du et le second quart du , quand fut bâtie la nef. Le style gothique primitif règne partout, sauf dans les bas-côtés, qui ne datent que de 1628. L'église est de dimensions modestes et présente, en quelque sorte, le plan minimal pour une église gothique complète : nef de trois travées accompagnée de bas-côtés, transept et un court chœur avec une abside à cinq pans. La façade occidentale avec sa grande rosace qui a perdu son remplage et son portail à la quintuple archivolte ; les chapiteaux de la nef avec leur sculpture naturaliste ; et l'abside avec ses hautes et étroites baies encadrées par les colonnettes à chapiteaux des ogives et formerets, font preuve du soin qui pouvait être apporté aux petites églises rurales de la région. Cependant, l'église Saint-Léger a très tôt été pénalisée par le sol marécageux du village, qui a fait renoncer à l'édification de deux chapelles orientées et d'un clocher proprement dit, et nécessité plusieurs reprises. L'humidité a fini par ronger la sculpture de la plupart des chapiteaux, et si le sol a été refait, les fondations baignent toujours dans l'eau. L'église a été inscrite au titre des monuments historiques par arrêté du .. Elle est aujourd'hui affiliée à la paroisse Saint-Sébastien de Crépy-en-Valois, et n'accueille plus de messes dominicales que tous les deux mois environ.
Localisation
L'église Saint-Léger se situe en France, en région Hauts-de-France et dans le département de l'Oise, dans la vallée de l'Automne, sur la commune de Vauciennes, au centre du village, rue de l'Église (RD 813 L), pratiquement face à la maire. La façade occidentale de l'église est orientée vers la rue. Il n'y a pas de parvis. L'élévation méridionale donne presque immédiatement sur un terrain privé, mais on peut l'apercevoir depuis la route de Coyolles. Au nord, l'ancienne école borde l'église. Le chevet donne sur un terrain municipal derrière l'ancienne école, qui est accessible depuis le parking situé un peu plus au nord, rue de l'Église.
Histoire thumb|upright|left|Vue générale intérieure. thumb|upright|left|Pile nord-ouest de la croisée du transept, reprise vers 1230, puis consolidée en 1686 (date visible à gauche).
L'église Saint-Léger n'a pas encore fait l'objet d'une monographie ou d'une publication lui étant dédiée ; elle est juste brièvement étudiée dans un petit nombre d'ouvrages. Ainsi, seulement quelques repères de sa longue histoire peuvent être fournis. L'année de la fondation de la paroisse n'est pas documentée, et les sources d'archives ne renseignent pas sur la construction de l'église. Par une analyse archéologique basée sur l'examen d'analogies stylistiques avec d'autres édifices, Dominique Vermand a pu situer le début de sa construction à la fin du , et la fin de la construction au cours des années 1230 ou 1240. Par ailleurs, l'église reste inachevée : deux chapelles orientées devaient se greffer sur les croisillons du transept, et flanquer le chœur au nord et au sud. La chapelle du sud a été exécutée à mi-hauteur environ, et ses murs ont été utilisés pour faire une sacristie. La chapelle du nord n'a été qu'ébauchée. Des collages et reprises visibles dans appareil indiquent que des désordres de structure sont apparus très tôt. Ils proviennent du caractère marécageux du terrain, où des sources jaillissent à ras le sol. Les fondations baignent dans l'eau, et l'église est constamment humide, malgré un important exhaussement du sol. C'est peut-être le terrain instable qui explique l'abandon de la construction des chapelles, et le renoncement à un clocher à proprement parler. Dominique Vermand pense que les piles occidentales de la croisée du transept ont été reprises pour une première fois au moment du début de la construction de la nef. En 1628, les bas-côtés sont entièrement rebâtis, avec, au sud, des fenêtres au remplage Renaissance. En 1686En se référant à la date sculptée sur la frise de la pile nord-ouest de la croisée du transept, Dominique Vermand écrit 1638 et Louis Graves 1688, mais la date lisible sur la frise est 1686., d'importants travaux de restauration ont lieu dans l'église. Dominique Vermand estime que le renforcement des contreforts de l'abside doit remonter à la même époque...
L'église est dédiée à saint Léger (vers 615 - , ou 677 / 679), évêque d'Autun de 660 à 678 et martyr. Le patron primitif aurait toutefois été saint Maur (vers 512 - vers 584), disciple de Benoît de Nursie. Sous l'Ancien Régime, la paroisse de Vauciennes dépend du doyenné de Coyolles et de l'archidiaconé de la Rivière du diocèse de Soissons. La cure est à la nomination de l'évêque de Soissons. La seigneurie dépend initialement des comtes de Crépy, puis le duc Philippe d'Orléans (1336-1375) la cède à l'abbaye Notre-Dame de Longpont. À la Révolution française, l'ancienne paroisse de Chavres est réunie à la paroisse de Vauciennes pour former la nouvelle commune de Vauciennes. Le diocèse de Soissons est supprimé. Sur le plan religieux, Vauciennes est rattaché au diocèse de Beauvais, qui est annexé au diocèse d'Amiens lors du concordat de 1801. Depuis le rétablissement du diocèse de Beauvais en 1822, la paroisse de Vauciennes en fait de nouveau partie. Le cimetière est transféré au nord-est du village en 1828.. L'église est inscrite au titre des monuments historiques par arrêté du . Au milieu du , la paroisse de Vauciennes est réunie celle de Vaumoise, puis, en 1996, la paroisse de Vaumoise perd à son tour son indépendance, quand les quarante-cinq paroisses actuelles sont définies.. Depuis lors, Vauciennes est l'une des seize communes regroupées dans la paroisse Saint-Sébastien de Crépy-en-Valois.. Les messes dominicales sont généralement célébrées le dimanche à 11 h 00, en alternance avec l'une des sept autres églises de la communauté de Vaumoise. La fréquence ne dépasse guère une messe tous les deux mois, sans compter les célébrations particulières.
Description Aperçu général thumb|Plan de l'église.
Depuis le trottoir, l'on descend neuf marches d'escalier pour parvenir au portail occidental, qui constitue l'unique accès à l'église. Régulièrement orientée, l'église répond à un plan cruciforme et est parfaitement symétrique le long de son axe. Elle se compose d'une nef de trois travées accompagnée de deux bas-côtés ; d'un transept légèrement débordant ; et d'un chœur comportant une courte travée droite sans fenêtres et une abside à cinq pans. Le clocher s'élève au-dessus de la croisée du transept. La sacristie se situe dans l'angle entre croisillon sud et chœur, et est en réalité une chapelle orientée restée inachevée, qui devait s'ouvrir sur le croisillon. Nef et bas-côtés sont recouvertes par de fausses voûtes en berceau en bois et plâtre, tandis que les parties orientales sont voûtées d'ogives. La nef et les croisillons possèdent des toits à deux rampants avec trois pignons au nord, à l'ouest et au sud. Les bas-côtés sont pourvus de toits en appentis, qui obturent les anciennes fenêtres hautes de la nef.
Intérieur Nef et bas-côtés thumb|upright|Nef, élévation nord. thumb|upright|Nef, vue vers l'est.
La nef surprend par sa hauteur relative comparée aux dimensions modestes de l'église, et ceci malgré un important exhaussement du sol, que l'on ne soupçonnerait pas étant donné que l'église se situe en dessous du niveau de la rue. Mais la proportion des grandes arcades, qui rappelle l'église Saint-Léger de Mouy qui est dans le même cas, et la disparition des socles des piliers, indiquent clairement que l'intérieur de l'église a été remblayé. Le dallage du sol est récent : rongées par l'humidité, les dalles anciennes ne pouvaient être récupérées. La nef n'a jamais été voûtée, mais les supports autour de la pile sud-ouest de la croisée du transept indiquent que son voûtement était initialement prévu. Bien que des massifs de maçonnerie aient remplacé les fûts de colonnes, l'on voit encore un chapiteau sans emploi dans l'angle sud-est de la nef, dont le tailloir est placé de biais afin de s'orienter face à l'ogive. Mais ces supports sont antérieurs à la nef, qui a été construite en dernier lieu, et au moment que sa construction a été entreprise, la pile nord-ouest a déjà été refaite pour une première fois. De cette reprise date la frise continue en lieu et place des chapiteaux, et sans doute le massif de maçonnerie qui remplace les colonnettes. Plus aucun support n'a été prévu pour recevoir une ogive : l'on a donc d'emblée opté pour une nef non voûtée. Ce parti est archaïsant au , mais on peut le mettre sur le compte du sol marécageux qui pénalise fortement l'église. D'autres aspects de la configuration de la nef revèlent que l'absence de voûtes ne doit pas être interprétée comme la marque d'un inachèvement. Les tailloirs des piliers des grandes arcades ne comportent pas une saillie suffisante pour accueillir les supports des voûtes, et les fenêtres hautes sont alignées au-dessus des piliers, comme à Béthancourt-en-Valois, Champlieu, commune d'Orrouy, Glaignes, Orrouy et Pontpoint. Longues, étroites et situées tout en haut des murs, les quatre baies en arc brisée ont néanmoins été bouchées lors de la construction des bas-côtés actuels en 1628.
En haut, les murs gouttereaux de la nef se terminent par des corniches moulurées, sur lesquelles reposent les entraits de la charpente, qui chacun supportent un poinçon. Le reste de la charpente n'est pas apparente et disparaît derrière la fausse voûte en berceau. Les grandes arcades en tiers-point sont à double rouleau, du côté de la nef comme du côté des collatéraux. Le rouleau inférieur est au profil d'un méplat entre deux tores dégagés, et le rouleau supérieur est mouluré d'un seul tore dégagé. Les deux rouleaux retombent sur les tailloirs octogonaux des chapiteaux uniques des piliers. Avant la retombée, les tores des rouleaux supérieurs se rejoignent, ce qui est inhabituel et incompatible avec la présence de faisceaux de colonnettes pour supporter des voûtes. Les hautes corbeilles des chapiteaux sont sculptés de deux rangs de feuilles polylobées appliquées, d'une facture assez naturaliste. Malheureusement, l'humidité est montée jusqu'en haut des arcades et a rongé la plupart des détails du décor, qui ne reste intacts qu'à de rares endroits, curieusement surtout au nord. Au début des grandes arcades, les tailloirs et chapiteaux sont à moitié engagés dans les murs, mais sinon analogues. À la fin des grandes arcades, la disposition d'origine ne subsiste plus, et l'on voit de hauts tailloirs sans chapiteaux proprement dits, qui sont distincts pour le rouleau inférieur et le rouleau supérieur. Les piliers isolés sont cylindriques et appareillés en tambour. Les bases se limitent à un gros tore aplati, dont le contour décrit un octogone. Quant au mur occidental, il est ajouré par un oculus d'un diamètre très important, qui d'après Dominique Vermand serait une ancienne rosace qui a perdu son réseau. En dessous, le portail occidental s'ouvre sous un arc en cintre brisé. Les bas-côtés n'ont pas de caractère propre. Comme le montre la mouluration des grandes arcades, propre au style gothique primitif, elles doivent remplacer des bas-côtés des années 1230 / 1240. L'intercommunication avec les croisillons s'effectue par des arcades en plein cintre retombant sur de simples impostes, et dont la largeur réduite doit être imputable aux contreforts du clocher. Les grandes fenêtres en plein cintre assurent un abondant éclairage. Ce n'est qu'au sud que les fenêtres sont pourvues d'un remplage Renaissance, qui est constitué de deux formes en plein cintre surmontées d'un petit sofflet.
Transept thumb|upright|Croisée, vue vers l'est. thumb|upright|Croisée, vue vers l'ouest.