vignette|Le logo de la marque Alfa Romeo. L'histoire d'Alfa Romeo, le constructeur automobile italien, connu pour sa production d'automobiles aux caractères sportifs, a débuté le avec la fondation à Milan de l'ALFA (acronyme de « »). En 1918, la société change son nom pour « Alfa Romeo » à la suite de l'acquisition de la société par Nicola Romeo.
En 1933, la propriété de l'Alfa Romeo passe à l'IRI, holding de l'État italien, en raison du fort endettement que la société accumule avec les banques depuis la décennie précédente. Alfa Romeo continue de produire des automobiles selon un mode semi artisanal jusqu'au début des années 1950, quand elle est transformée en une véritable industrie automobile grâce à l'introduction d'une chaîne de montage dans les départements de production. À partir de cette décennie, Alfa Romeo connait une période de succès croissant qui atteint son apogée dans les années 1960. Dans les années 1970, un revirement provoque une profonde crise. Les comptes de la société sont dans le rouge ce qui conduit l'État italien en 1986 à vendre le constructeur automobile au groupe Fiat. La relance économique d'Alfa Romeo arrive enfin à la seconde moitié des années 1990.
A.L.F.A. vignette|La première Alfa-Darracq 8/10 HP. Les origines de l'Alfa Romeo ont des ascendants français et napolitain. La genèse de la marque est en fait liée à la fondation de la Società Italiana Automobili Darracq, qui ouvre à Naples le . L'entreprise est immédiatement assaillie de difficultés principalement en raison de l'éloignement entre Naples et la France. C'est pour cette raison qu'à la fin de l'année 1906 la société est transférée à Milan avec la construction d'une usine dans la zone Portello. La première installation industrielle qui est à l'origine d'Alfa Romeo, est restée en service jusqu'en 1986. Elle était construite sur un vaste terrain à côté des bâtiments qui abritaient l'Exposition universelle de 1906. Les difficultés ont cependant continué d'augmenter et les ventes se sont avérées insuffisantes pour assurer la survie de la production. En raison de ces problèmes, la société est placée en liquidation à la fin de l'année. En 1910, des investisseurs lombards reprennent la société, Ugo Stella participe à la transaction.
vignette|alt=Photographie d'un homme moustachu avec un béret.|Giuseppe Merosi. vignette|gauche|alt=Photographie d'un vieux modèle de voiture Alfa vu de face.|Une Alfa 24 HP 1910 carrossée par Castagna.
Le changement de propriété eu lieu le . À cette occasion la société change son nom pour A.L.F.A. (acronyme de ). Le nom choisi rappelle la première lettre de l'alphabet grec, voulant ainsi marquer le début d'une nouvelle aventure industrielle.
À ce point, la nouvelle direction reconnait la nécessité de réformer en profondeur leurs modèles d'affaires et de les adapter aux exigences du marché italien. Elle décide d'engager Giuseppe Merosi, un ingénieur ayant diverses expériences dans l'industrie automobile italienne naissante. Merosi devient ainsi le premier directeur technique du nouveau constructeur automobile. Il est chargé de concevoir un nouveau modèle d'automobile. Pour l'occasion, on étudie également le tout premier logo de la société, esquissé par Merosi lui-même, il rappelle les liens de la marque A.L.F.A. avec la ville d'origine, Milan : d'une part, le serpent Visconti et d'autre part, la croix rouge sur le fond blanc, le symbole de Milan durant la période médiévale. Autour des deux emblèmes sont présents les mots et , séparés par deux nœuds en huit en honneur de la maison princière italienne.
Un nouveau modèle est également lancé en 1910. Conçu par Merosi, l'Alfa 24 HP possède un moteur avec quatre cylindres en ligne et à soupapes latérales de de cylindrée et de puissance (les dans le nom du modèle visaient à indiquer la puissance fiscale).
La 24 HP est conçu en prenant en compte les défaillances des modèles Darracq et est équipée d'une structure très solide et d'un moteur puissant qui permet à la voiture d'aller à une vitesse remarquable (pour l'époque) de . Le modèle garantit la fiabilité grâce aux essais préliminaires qui ont été effectués avant son lancement à la demande de Giuseppe Morosi et en conséquence, les ventes d'Alfa commencent à augmenter progressivement. La a cependant été commercialisée avec le châssis , c'est-à-dire sans la carrosserie. En effet, à l'époque il était courant de vendre des modèles de voitures produites sans carrosserie afin de donner aux acheteurs la possibilité de les compléter en fonction de leurs goûts personnels.
À partir du modèle de la 24 HP est dérivé le premier modèle de camion construit par Alfa Romeo. Construit en 1914, il a été obtenu par une modification substantielle de la structure du véhicule. Ce camion a inauguré une tradition qui a marqué le constructeur automobile Alfa Romeo depuis des décennies. En effet, l'Alfa Romeo a produit des véhicules commerciaux jusqu'en 1988 et a été, après Fiat la société qui a construit ce type de transporteurs pendant le plus longtemps.
alt=Photographie d'un vieux modèle de voiture Alfa vu de face|vignette|gauche|Une Alfa 40-60 HP de compétition.
En 1911, l'Alfa débute, avec la 24 HP, les courses automobiles. Pour tenter de gagner de nouveaux acheteurs, la direction d'A.L.F.A. a pensé lancer un nouveau modèle de voiture qui serait caractérisé par une finition plus élevée et luxueuse, tout en restant dans la lignée des modèles précédents. Mais cette idée est vite abandonné à cause du possible risque de mauvaise réaction du marché et, ainsi, de perdre la clientèle, habituée aux particularités des voitures Alfa précédentes. La réaction à ce nouveau type de véhicules ne pouvant pas être prévue, il est donc décidé de préparer, à la place, un modèle de course qui avec son éventuel succès en compétition pourrait attirer de nouveaux acheteurs. Merosi est donc chargé de transformer deux exemplaires de 24 HP en voiture adaptée à la course. Cet objectif est atteint grâce à l'allègement des deux véhicules par le retrait de la carrosserie et par la diminution de l'empattement. Ces voitures ont été inscrits à la Targa Florio en 1911, mais sans succès. Leurs résultats décevants se sont répétés l'année suivante. Le succès lors de cette course n'est arrivé qu'en 1913, mais cependant avec une version différente : la 40-60 HP. Le modèle remporte Parma-Poggio Berceto, terminant premier de sa classe et deuxième dans l'absolu.
La victoire de la 40-60 HP a donné l'impulsion au constructeur pour continuer à participer aux compétitions. Cela abouti à la conception d'un modèle pour participer aux Grands Prix automobile, qui recueillent un intérêt majeur de la part du public par rapport aux épreuves d'endurances. En 1914, Giuseppe Merosi est donc chargé de concevoir un modèle dans ce but, mais en utilisant comme base de conception celle d'une voiture existante, car la création d'un tout nouveau modèle demanderait trop de ressources financières.
En 1914 nait donc l'Alfa Romeo version course, un dérivé de la 40-60 HP. C'est la première voiture du constructeur utilisée exclusivement pour la compétition. Le modèle est marqué par des innovations dans la technologie du moteur: avec une distribution amélioré et un système de cylindres à allumage double. Le moteur est le premier de la maison Alfa à avoir ces caractéristiques et c'est donc le précurseur du moteur bialbero d'Alfa Romeo, il possède aussi un système , qui sera produit des décennies plus tard par le constructeur.
À cause de la Première Guerre mondiale qui débute en septembre, et à laquelle l'Italie n'a d'abord pas pris part, l'organisation des compétitions internationales est suspendu et l'Alfa Romeo Grand Prix eu donc une activité plutôt courte.
Naissance de la marque Alfa Romeo vignette|gauche|redresse=0.7|alt=Photographie en noir et blanc d'un adulte nous regardant de face|Nicola Romeo. Avant l'entrée en guerre de l'Italie, les ventes d'Alfa augmentent progressivement, elles passent de 80 en 1911 à 150 en 1912, à 200 en 1913, à 272 en 1914, avant de retomber à 207 ventes en 1915. Avec le déclenchement du conflit (1914), le constructeur milanais entre en crise en raison de la stagnation du marché automobile italien et de l'interruption des exportations. En effet, l'Alfa dans ces années avait élargie ses horizons commerciaux aux marchés étrangers. La situation s'aggrave encore avec l'entrée en guerre de l'Italie (1915). L'appareil productif du pays convertit ses activités industrielles pour répondre aux demandes de la guerre et l'Alfa se place dans une situation difficile : les propriétaires du constructeur automobile milanais n'ont pas les ressources financières pour convertir les installations à cet effet. Une tentative de la part de Merosi eu pourtant lieu pour modifier le moteur de la et l'adapter à l'armée, mais sans succès. Pour éviter de tomber dans une situation où l'usine ne pourrait plus produire un chiffre d'affaires conséquent, il est décidé de vendre l'Alfa à la banque italienne de Sconto.
Après-guerre et années 1920
Au cours de la décennie suivante, l'activité sportive du constructeur milanais s'intensifie, notamment grâce à des pilotes comme Antonio Ascari, Giuseppe Campari et Enzo Ferrari. En 1923, la marque lance le quadrifoglio verde, le trèfle à quatre feuilles vert, typique encore aujourd'hui d'Alfa Romeo. C'est le symbole de toutes les activités sportives d'Alfa Romeo mais il orne aussi les voitures de tourisme les plus sportives.
Durant les années 1920, la société connaît quelques vicissitudes. À la suite de la faillite, en 1921, de la BIS qui finance la société, c'est un organisme gouvernemental (« Consorzio per Sovvenzioni sui Valori Industriali ») qui maintient en vie les nombreuses entreprises mises en difficulté. Le fondateur, Nicola Romeo, est écarté de la société en 1928, alors que les branches ferroviaires ont déjà été scindées. À la fin des années 1920, la gestion de la société reste précaire, malgré les qualités sportives des voitures dessinées par Vittorio Jano. Celui-ci avait été embauché fin 1923 pour concevoir une voiture de course, la P2, qui remportera le premier championnat du monde en 1925 avec Gastone Brilli-Peri.
La notoriété acquise au niveau international, et la poursuite de victoires en compétition seront deux éléments décisifs pour que la société ne soit pas liquidée malgré ses difficultés financières. En 1929, un groupe de pilotes fortunés crée à Modène une écurie de course, autour de la figure du concessionnaire Alfa Romeo d'Emilie Romagne de l'époque un certain ... Enzo Ferrari. La Scuderia Ferrari fera donc courir préférentiellement des Alfa Romeo, et deviendra l'écurie de course officielle d'Alfa Romeo en 1933, quand l'usine se retirera des compétitions. Elle sera absorbée par Alfa Romeo en 1938, qui la transforme en « Alfa Corse », avant qu'Enzo Ferrari ne reprenne son indépendance fin 1939.
Années 1930 et 1940
La décennie qui précède la Seconde Guerre mondiale consolide la réputation mondiale d'Alfa Romeo, surtout grâce aux victoires en compétition avec ses pilotes : Giuseppe Campari, Tazio Nuvolari, Achille Varzi et Mario Borzacchini, mais aussi par ses productions de voitures de tourisme devenues des objets de culte.
En 1933, l'État réorganise les entreprises dont il a dû assurer le soutien financier depuis les années 1920, et crée la holding d'État IRI. Alfa Romeo est destiné à des productions d'utilité militaires ou publiques: des moteurs d'avion (activité commencée en 1918, puis reprise et développée au milieu des années 1920 avec principalement des moteurs construits sous licence), des autobus et des camions. La participation officielle aux courses automobiles est abandonnée après une saison 1932 triomphale. C'est à partir de ce moment que la Scuderia Ferrari représentera la marque en course, tant en catégorie sport que Grand Prix.