L’Ibis, ou Contre Ibis, est un libelle du poète latin Ovide, écrit durant ses années d’exil à Tomis sur les bords de la mer Noire. C’est , dans la veine du poème de même titre de l’auteur alexandrin Callimaque.

Sujet du poème

La victime de cette agression verbale reste une énigme : le poète n'y fait référence que sous le pseudonyme d'« Ibis », et il n'y a pas d'unanimité quant à la cible contre laquelle le poète a craché son fiel. Ce pourrait être Titus Labienus, Caninius Rebilus, ou même l'ami de jeunesse d'Ovide, Sabinus, mais le portrait extravagant d'Ibis paraît compositeD’après .

Puisant dans le savoir encyclopédique dont il avait fait montre dans les Métamorphoses et ses autres œuvres, Ovide menace son ennemi de qui ont accablé divers personnages mythologiques et historiques. Il déclare que même s'il doit mourir en exil, son fantôme se lèvera pour déchirer les chairs d’IbisJohn Kerrigan, Revenge Tragedy: Aeschylus to Armageddon (Oxford University Press, 1996), p. 129.

Composition et style Ce poème de 644 vers, comme toutes les œuvres d'Ovide parvenues jusqu'à nous, à l'exception des MétamorphosesLes Métamorphoses sont écrites en hexamètre dactylique ; cependant, la première partie d'un distique élégiaque est un hexamètre dactylique, si bien que les Métamorphoses ne sont pas vraiment une exception au plan de la métrique dans l’œuvre d'Ovide, du moins telle que nous la connaissons ; car sa tragédie perdue intitulée Médée utilisait sans doute un autre mètre., est écrit en distiques élégiaques. C'est là un exemple inhabituel, quoique non isolé dans la poésie de l'Antiquité, d’emploi du vers élégiaque dans le blâme et l'invective (plutôt que le sénaire iambique ou l’hendécasyllabe)Helzle, "Ibis," p. 184.. Le caractère incantatoire des malédictions de l’Ibis a parfois été rapproché du style qu'on trouve dans les tablettes de défixion , bien que les expressions d'Ovide soient d'une toute autre tenue littéraireD’après .

Postérité L’Ibis a suscité un grand nombre de gloses, et il était très diffusé et cité parmi les lettrés de la RenaissanceCf. .. Dans sa traduction annotée (1577), Thomas Underdown voit dans l’Ibis un répertoire de . Un traducteur anglais a remarqué que

Notes et références

Bibliographie Éditions L’editio princeps des œuvres complètes d'Ovide, y compris l’Ibis, a été publiée en Italie en 1471.

Texte latin établi par R. Merkel et R. Ehwald Traduction de M. Nisard (1838)

Études .

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