Patrick Proctor Alexander, né le à St Andrews et mort le à Édimbourg, est un écrivain et philosophe écossais.

Après ses études à St Andrews, il essaie, sous la pression de son père, de se lancer dans les affaires à Glasgow. Après quelques déboires, il s'installe finalement à Édimbourg où se déroule sa carrière littéraire. Il y entreprend des études de métaphysique et publie divers ouvrages satiriques, dont un ouvrage sur John Stuart Mill où il imite le style de Thomas Carlyle, ce qui lui vaut d'être considéré comme un satiriste accompli par ses contemporains.

S'éloignant petit à petit de la philosophie, il écrit quelques poèmes et des articles de presse. Proche du poète Alexander Smith, il se charge de rassembler ses dernières œuvres dans un recueil publié un an après la mort de son ami, dont il évoque la vie dans la préface.

Si son style et sa prose sont reconnus, il manque d'ambition et n'obtient jamais le succès. Il termine sa vie , n'écrivant plus.

Biographie

Jeunesse Patrick Proctor Alexander naît le à St Andrews en Écosse. Son père, Andrew Alexander, y est professeur de grec. Il effectue ses études d'abord au Madras College, puis à l'université de St Andrews. Il souhaite rejoindre l'armée, mais l'achat d'une commission pour devenir officier est trop onéreux pour sa famille.

Début de carrière Après ses études, il essaye en vain de se lancer dans les affaires à Glasgow. Patrick Proctor Alexander manque en effet d'aptitudes dans le domaine. Dès cette époque, il . Poussé par son père, il devient commis dans un entrepôt. Il abandonne cependant rapidement cette activité et écrit finalement quelques articles pour le quotidien The Glasgow Citizen.

En 1861, après quelques années passées à Glasgow, il s'installe à Édimbourg où il poursuit une activité littéraire modeste comme journaliste pour The Scotsman et rédacteur pour la Chambers's Encyclopædia et l'Encyclopædia Britannica. En parallèle, il occupe un poste académique d'examinateur en philosophie à l'université de St Andrews, se déclarant .

En 1865, il couvre le procès pour meurtre d'Edward William Pritchard pour le compte de lEdinburgh Courant. Il y effectue des esquisses des personnalités importantes de l'assemblée. Cependant, comme le mentionne un de ses amis, elles étaient d'

Le philosophe

Il entreprend également des études de métaphysique sous la direction de William Hamilton. En 1865, ce dernier est attaqué par John Stuart Mill à travers l'ouvrage . Souhaitant défendre son maître, Patrick Proctor Alexander écrit alors un ouvrage, , s'attaquant principalement au chapitre sur le libre arbitre. Il s'agit d'une œuvre satirique sur Mill et Thomas Carlyle. Il s'imprègne du style de Carlyle, qu’il imite au point de tromper le public, beaucoup pensant que l'une de ses diatribes les plus tranchantes provenait de Carlyle lui-même. Dans la troisième édition de son ouvrage, Mill répond à quelques remarques d'Alexander à travers des notes de bas de page. Alexander réagit avec un nouvel ouvrage, , en 1868. Assez étonnamment, Mill ne prête pas attention à l'œuvre ; Alexander lui envoie alors son livre. Mill, dans la quatrième édition de son livre, ne mentionne aucune contestation et Alexander décide alors d'écrire une seconde édition de , que ses amis considèrent d'ailleurs comme sa meilleure œuvre. Cependant, lorsqu'il apprend la mort de Mill, il déchire son manuscrit, invoquant la locution latine .

vignette|redresse=1|alt=Texte imprimé.|Page de garde de la première édition du Secret de Hegel de James Hutchison Stirling (1865) que ce dernier aurait , selon Patrick Proctor Alexander.

Dans le chapitre de leur mémoire qu'ils lui consacrent en 1903, les professeurs écossais Knight et Davidson estiment qu'Alexander était . Ces auteurs ne donnent cependant aucun exemple précis des aspects de la pensée de Hegel sur lesquels Alexander aurait pu exprimer des réserves. C'est ainsi que lorsqu'en 1865, James Hutchison Stirling fait paraître son ouvrage The Secret of Hegel (Le Secret de Hegel), Alexander le commente ironiquement en déclarantKnight et Davidson ne précisent pas ci cette déclaration a été publiée où s'ils ne font que rapporter un propos qu'Alexander leur aurait tenu oralement. à propos de Hegel : et, à propos de l’ouvrage, que .

En 1868, il édite les Derniers Feuillets () de son ami Alexander Smith, mort l'année précédente. Il signe également la préface dans laquelle il évoque la vie du poète, rencontré grâce à James Hedderwick, le fondateur du Glasgow Citizen où Alexander avait fait ses débuts quelques années plus tôt. Les deux hommes se lient vite d'une solide amitié et se rapprochent de Hugh MacDonald, lui aussi poète et journaliste. Ceux-ci participent activement à la vie littéraire de Glasgow. Patrick Proctor Alexander y est connu sous le nom de « Pat » Alexander et est considéré comme des différents acteurs du monde littéraire de la ville. Il n'est toutefois pas remarqué par le public, car il est notamment éclipsé par Hugh Macdonald, écrivant alors ses « randonnées » à propos de Glasgow (), et par .

Le satiriste alt=Photographie noir et blanc.|gauche|vignette|Photographie de Patrick Proctor Alexander par Thomas Rodger.

À partir de cette période, Patrick Proctor Alexander ne s'intéresse guère aux philosophes de son temps, s'arrêtant à William Hamilton pour les britanniques et ne lisant ni auteurs allemands ni français. Ses intérêts ne sont plus que littéraires et non spéculatifs, examinant les problèmes philosophiques à travers la satire.

Il reprend le personnage de « Carlyle », introduit quelques années plus tôt dans , avec (« Carlyle ressuscité : un discours de circonstance sur Sauerteig, par Smelfungus » en français). Cet ouvrage est salué, Swinburne le considérant comme étant qu'il connaisse en anglais.. Alexander Hay Japp le décrit comme notamment avec un passage intitulé « » (en français, « cuisson des côtes de porc historiques »). Carlyle lui-même a un profond respect pour Alexander et lui écrit pour lui dire qu'il a lu avec intérêt Derniers Feuillets.

En 1875, il publie finalement une réponse à la quatrième édition de par Mill en éditant une seconde édition de .

Au-delà de ses satires et son travail de journaliste, Patrick Proctor Alexander écrit également de la poésie. Certains de ses sonnets sont publiés dans divers magazines dont Fraser's Magazine ou The Spectator mais aucun recueil n'est publié. Ils sont néanmoins reconnus comme de grande qualité. Il fréquente également divers clubs à Édimbourg comme le Evening Club ou le Pen and Pencil Club.

Dernières années vignette|redresse=1.5|alt=texte imprimé sur une page jaunie.|Le début de l'article « Golf » dans la neuvième édition de l'Encyclopædia Britannica (1879) : .D'après James Hedderwick, Patrick Proctor Alexander manque d'ambition et n'aura jamais la gloire qu'il mérite. Il le décrit vers la fin de sa vie, la mort de Smith et MacDonald le laissant . Durant ses dernières années, il n'écrit plus et semble dépassé par le rythme des journaux de l'époque, et . Son style inimitable se retrouve néanmoins dans quelques articles d'encyclopédies. Son article consacré au golf dans Britannica, publié en 1879, témoigne selon The Aberdeen Journal d'un accès de , Patrick Proctor Alexander sortant à cette occasion de sa torpeur et d'une mélancolie profonde.

Souffrant du cœur, il meurt le à l'âge de , dans la maison de sa sœur située à Édimbourg, dans le .

Œuvres

. . Le Glasgow Herald, dans une recension du dixième tome de la neuvième édition, le 26 novembre 1879, forme le vœu qu'Alexander devienne un de cette encyclopédie..

Notes et références Notes

Références

Voir aussi

Bibliographie

. . . .

Articles connexes Smelfungus

Liens externes

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