Yolande de Bretagne ou Yolande de Dreux (1218/21-) est une princesse bretonne du . Elle est issue, par son père, de la maison capétienne de Dreux et descend du roi de France, (1081-1137).

En 1226, à l'âge de sept ans, elle est promise au roi (1207-1272) mais se marie finalement au demi-frère de celui-ci, (v. 1221-1250), héritier de la maison de Lusignan en Poitou. Par ce mariage, elle devient comtesse d'Angoulême (1246-1250), comtesse de la Marche et dame de Lusignan (1249-1250).

Biographie Famille

Yolande de Bretagne est la seule fille d'Alix de Thouars (1200-1221), duchesse de Bretagne et comtesse de Richmond (1203-1221) en Angleterre et de (v. 1187-1250). Yolande a deux frères : l'aîné, Jean le Roux (1217-1286), devient duc de Bretagne sous le nom de à la mort de sa mère en 1221. Le benjamin, Arthur naît en 1220 mais ne vit que jusqu'en 1223..

Les grands-parents paternels de Yolande sont (v. 1154-1218), comte de Dreux (1184-1218), et Yolande de Coucy (1164-1222) ; les grands-parents maternels sont Constance de Bretagne (v. 1161-1201), duchesse de Bretagne (1166-1201) et comtesse de Richmond (1171-1201) et Guy de Thouars (♰ 1213), cadet de la maison de Thouars..

Yolande a également un demi-frère, Olivier de Braine (v. 1231-), fils de la seconde épouse de Pierre Mauclerc, Marguerite de Montaigu, dame de La Garnache et de Commequiers puis de Machecoul (1188/90-ap. 1241), ou plus vraisemblablement d'une inconnue dénommée Nicole (♰ ), simple maîtresse ou épouse dont on ignore l'origine. Olivier de Braine hérite de la seigneurie de Machecoul, des châtellenies de Montaigu et de La Garnache, devient et fonde le rameau familial de Machecoul.

Homonyme

Yolande est la nièce d'une autre Yolande de Dreux (1216-26 janv. 1239)Fille de (v. 1154-1218), comte de Dreux (1184-1218) et Yolande de Coucy (1164-1222)., seconde épouse de (v. 1207-1246), comte d'Eu (1244-1246), de la maison de Lusignan, cousin de son beau-père, (v. 1182-1249)..

Anthroponyme Yolande porte le prénom de sa grand-mère paternelle, Yolande de Coucy (1164-1222)..

Alliances, apanage et héritage

Le dimanche , , comte de Champagne, roi de Navarre, , comte de la Marche, Isabelle, comtesse d'Angoulême, et Pierre Mauclerc signent une alliance.. La même année, Yolande épouse (v. 1221-1250). À l'occasion de son mariage, elle reçoit en dot la seigneurie du PalletSituée au sud-est de Nantes. et le comté de Penthièvre, à l'exception de Jugon, confisqué en 1213 à ...

En 1250, au décès de son père, Yolande hérite de la seigneurie de Gometz-le-Châtel.

En 1263, son frère reprend possession du comté de Penthièvre et l'échange avec les seigneuries de la Fère-en-Tardenois (Champagne), de Chilly et de Longjumeau (Île-de-France)..

Décès, sépulture et épitaphe

Yolande de Bretagne meurt au Château de Bouteville le .

Elle est inhumée, en compagnie de sa mère, dans l'abbaye Notre-Dame de Villeneuve près de Nantes. Le tombeau, de cuivre doré et émaillé, portait l'épitaphe de Yolande autour de son gisant :

« Ici se trouve Yolande, noble fille de Pierre de Braine, duc des Bretons, que couvre cette lourde plaque brillante. Le comté s'illustra de <celle qui fut> la fleur du territoire de la Marche. Elle brûla d'amour magnifique pour le Seigneur. Elle était mesurée dans ses richesses, savante, amie de la piété, constante, généreuse, pudique de corps et d'esprit, douce, féconde en vertus, agréable par sa voix, pure en tout, patiente, éloquente dans ses discours. Que sainte Marie, pieuse Mère de Dieu, brillante étoile du jour, persuade Dieu de lui préparer un lieu de repos. Le dimanche après la fête de saint Denis [] est morte dame Yolande, comtesse de la Marche et d'Angoulême, en l'an du Seigneur 1272. »..

Fiançailles Yolande héritière potentielle de son frère Jean le Roux et du duché de Bretagne jusqu'à la naissance de son neveu, le futur en 1239, fut fiancée à de nombreuses reprises à de grands seigneurs. :

1225 : Par le traité signé entre son père et le roi d'Angleterre en 1225, Yolande est promise, à l'âge de sept ans, à (1207-1272).. Par une lettre datée du , le roi confirme ses fiançailles avec Jolentam filiam Petri ducis Brittanniæ et comitis Richemundiæ. Le roi d'Angleterre promet à Pierre Mauclerc de l'aider contre tous ses ennemis sur le continent et de lui restituer le comté de Richemont..

Le mariage n'eut pas lieu à cause de l'opposition de la France et à la suite du traité de Vendôme, en . qui ne pouvait se résoudre à cet échec intervient encore auprès de Pierre Mauclerc le avant d'épouser finalement Éléonore de Provence en 1236.

1227 : Jean de France Des secondes fiançailles ont lieu en lors du traité de Vendôme sous l'égide de la régente Blanche de Castille. Yolande est alors promise à Jean de France (1219-1232), fils du roi , futur comte apanagé d'Anjou et du Maine. Yolande est alors dotée de Brie, de Champtoceaux, et des territoires que son père pourrait acquérir en Anjou. Pierre Mauclerc reçoit l'administration d'Angers, de Baugé et de Beaufort et se fait donner les forteresses de Saint-James du Beuvron, La Perrière et Bellême. Yolande est confiée à la garde de cinq seigneurs de son entourage : Philippe Hurepel, fils de Philippe Auguste, ses oncles et Henri de Dreux, archevêque de Reims, son cousin et , connétable de France..

De plus, en cas de décès du duc Jean le Roux, Jean de France et Yolande ne pourraient lui succéder tant que Pierre Mauclerc est en vie. Les fiançailles sont rompues peu de temps avant la mort, à l'âge de , de Jean en 1232..

1231 : Les troisièmes fiançailles ont lieu en 1231. Yolande est promise à (1201-1253), comte de Champagne (1201-1253) et roi de Navarre (1234-1253), veuf depuis le d’Agnès de Beaujeu. Comme ce fut le cas lors des fiançailles précédentes, le mariage n'est pas prononcé, après l'intervention de Blanche de Castille auprès du pape qui interdit l'union pour « cause de parenté » le . L'alliance entre la Bretagne et la Champagne est toutefois scellée par le mariage en de son frère le futur duc avec Blanche de Champagne, fille et héritière de du royaume de Navarre..

Elle est l'objet d'une chanson du comte , débat entre le comte et un certain Robert, où Thibaut regrette le projet de mariage avec « un si lointaing baron ». Le trouvère décrit son visage comme très pâle : « Il veut marier sa fille/ Dont le visage est si pur/ Que l'on pourrait s'y mirer ! ».

Mariage et descendance 1236 :

En , à l'âge de , Yolande de Bretagne se marie finalement avec (v. 1221-1250) de la maison de Lusignan, fils du comte de la Marche, , et d'Isabelle Taillefer, comtesse d'Angoulême et veuve de Jean sans Terre.... Son mari est également le frère utérin de son premier fiancé, , lui aussi fils d'Isabelle d'Angoulême.. succède à sa mère en 1246, en tant que comte d'Angoulême et à son père en 1249, en tant que comte de la Marche.

Postérité De cette union naissent six enfants : Isabelle de Lusignan ou Isabelle de la MarcheNoms attestés dans les chartes. (av. 1239-. ap. 1314), dame douairière de Marcillac (ap. 1256-1304), Commequiers et Beauvoir (ap. 1263-ap. 1314). Elle épouse, vers 1251, en premières noces dit le Jeune (av. 1241-1263), seigneur de Taillebourg. Veuve, elle épouse en secondes noces (entre 1263 et 1267) Veuf de Jeanne de Thouars (♰ 1258), dame de La Roche-sur-Yon et de Luçon, fille d', vicomte de Thouars, et de Béatrix de Machecoul. (av. 1225-1274), seigneur de Belleville, Commequiers, La Garnache et Montaigu.. ; (av. 1241-ap. ), comte de la Marche et d'Angoulême, marié le à Jeanne de Fougères (av. 1242-ap. 1273), dame de Fougères et de Porhoët avec qui il a six enfants connus. Il décède lors de la huitième croisade ; Alix de Lusignan dite de la Marche (av. 1241-1290), mariée en 1253 à (1243-1295), comte de Gloucester et comte de Hertford avec qui elle a deux filles ; Marie de Lusignan (1242-ap. 1266) fiancée à l'âge de sept ans, à Westminster en 1249, à (1240-1279), comte de Derby. La présence de Marie en Angleterre, où elle demeure en attendant d'avoir l'âge de se marier, est attestée en 1254. Son union avec reste sans postérité ; Guy de Lusignan ou Guy de la Marche (v. 1243-/), seigneur de Couhé, Peyrat (av. 1271-/), La Fère-en-Tardenois (1272-1298), puis de Frontenay (1298-/) ; Yolande de LusignanNom patronymique attesté dans les chartes. ou Yolande de la Marche (av. 1250-), mariée à (?-ap. ), de la maison de Préaux en Normandie..

Le , son époux est tué lors de la septième croisade pendant la bataille de Fariskur en Égypte. Yolande de Dreux devient alors régente des fiefs de la Marche et d'Angoulême au nom de son fils entre 1250 et 1257.

Sceaux et armoiries Sceau [1247-1250] vignette|Sceau et contre-sceau de Yolande de Bretagne, d'après un dessin de Pierre-Hyacinthe Morice du .

Avers : Navette, ......

Description : Dame debout, de face, la tête couverte d'un touret. Sa robe longue est serrée à la taille par une ceinture. Elle porte un manteau non fourré qu'elle retient par la main droite. Sur sa main gauche se trouve un oiseau avec des cordons qui pendent de ses pattes.

Légende : ✠ S • YOLENDIS • VXORIS • DNI • HVGONIS • BRVNI •

Légende transcrite : Sigillum Yolendis, uxoris domini Hugonis Bruni

Contre-sceau : Rond, .....

Description : Écu burelé de dix-sept pièces, chargé de six lions passants posés en orle.

Légende : ✠ SECRETVM • DNE YOLENDIS •

Légende transcrite : Secretum domine Yolendis

Sceau vignette|298x298px|Dessin représentant Yolande de Bretagne, d'après l'empreinte d'un sceau de 1259. Yolande de Bretagne change de sceau, probablement après la mort de son époux, , en 1250. Ce sceau la dit "fille de Pierre comte de Bretagne". Le contre sceau qui y est apposé est un nouveau sceau du secret aux armes parties Dreux / Lusignan plein.

Avers : Navette, ....

Description : Dame debout, légèrement de trois quarts à gauche ; voile et guimpe encadrant le visage ; robe longue à plis, serrée à la taille ; manteau vairé ; gantée ; la main droite à l’attache du manteau tenue de l’index et du pouce ; portant un grand oiseau muni de ses jets sur le poing gauche.

Légende : ✠ S' • HYOLENDIS • FILIE • P • COMITIS • BRITANNIE

Légende transcrite : Sigillum Hyolendis, filie Petri, comitis Britannie

Contre-sceau : Rond, ....

Description : Écu parti d'un échiqueté au franc quartier d'hermines, et d'un burelé.

Légende : ✠ SECRETVM MEVM

Légende transcrite : Secretum meum

Armoiries [1247-1250]

Références

Armoiries Yolande de Bretagne choisit de faire figurer le blason de son père à dextre plutôt qu'à sénestre, contrairement à l'usage. Elle fait donc le choix de valoriser son lignage d'origine. Cela correspond à la légende de son nouveau sceau qui la présente comme fille de Pierre, comte de Bretagne, plutôt que comme épouse de son mari (décédé) dans son ancien sceau.

Références

Notes et références

Sources et bibliographie Sources diplomatiques Actes de Pierre de Dreux : Duc de Bretagne (1213-1237), éd. Marjolaine Lémeillat, Rennes, Presses Universitaires de Rennes, 2013,

Sources épigraphiques « Sorinières (Les), anciennes abbaye de Villeneuve - Tombeau d'Alix de Thouars et de Yolande de Bretagne », Côtes-d’Armor, Finistère, Ille-et-Vilaine, Morbihan (région Bretagne), Loire-Atlantique et Vendée (région Pays de la Loire), éd. Vincent Debiais, dir. Cécile Treffort, , Corpus des inscriptions de la France médiévale, Paris, CNRS Editions, 2008, .

Sources sigillographiques SIGILLA : base numérique des sceaux conservés en France, « Yolande de Bretagne », sur sigilla.irht.cnrs.fr, Cnrs / IRHT. Sigillographie du Poitou jusqu'en 1515 : étude d'histoire provinciale sur les institutions, les arts et la civilisation d'après les sceaux, éd. François Eygun, Poitiers, Société des Antiquaires de l'ouest, 1938.

Bibliographie Stéphane Morin, Trégor, Goëlo, Penthièvre, le pouvoir des comtes de Bretagne du , Rennes, Presses Universitaires de Rennes, 2010.