Le régiment de cuirassiers (ou RC) est un régiment de cavalerie de l'Armée de terre française créé sous la Révolution à partir du régiment Royal-Roussillon cavalerie, un régiment de cavalerie français d'Ancien Régime, sous le nom de de cavalerie avant de prendre sous le Premier Empire sa dénomination actuelle. Recréé en 1871 à partir du régiment de carabiniers de la Garde impériale, il est également héritier des traditions du régiment des carabiniers de Monsieur.
En 1999, ses traditions sont reprises par le groupe d'escadrons Cuirassiers du - régiment de cuirassiers, finalement dissous en 2009.
Création et différentes dénominations
1791 : le régiment Royal-Roussillon prend le nom de de cavalerie
1803 : renommé régiment de cuirassiers 1815 : dissous 1871 : nouvelle formation du à partir du régiment de carabiniers de la Garde impériale et du de cuirassiers de marche 1916 : transformé en régiment de cuirassiers à pied 1919 : redevient 1942 : dissous 1943 : nouvelle formation du dans le maquis du Vercors 1945 : régularisation 1964 : dissous 1981 : nouvelle formation comme /centre d'instruction de l'arme blindée et de la cavalerie 1999 : fusionne avec le régiment de cuirassiers pour former le - régiment de cuirassiers 2009 : dissous, le - cuirassiers devient le de dragons.
Colonels/chef-de-corps
1791 : colonel de Lardemelle 1792 : colonel François Leigonyer (**) 1792 : colonel Clapiers de Collonges 1793 : chef de brigade Anne Marie Louis Guillot des Bordellières ... 1801: colonel Albert-Louis-Emmanuel Fouler, comte de Relingue (**) 1806 : colonel Antoine-Constant de Brancas (tué au combat) 1809 : colonel Pierre Alexis Duclaux (*) 1813 : Le chef d'Escadron Pierre Georges Gusler, major du régiment et commandant par intérim 1814-1815 : Gaspard Hug (sous la Restauration) 1815 : colonel Éléonore-Ambroise Courtier, blessé le à Waterloo
vignette|upright=.8|Le colonel de Clérambault (1884-1886). 1871 : colonel Petit (*) 1874 : lieutenant-colonel (puis colonel) Pinard 1880 : colonel Archambault 1884 : colonel Gatien de Clérambault 1886 : colonel Briois ... 1892 : colonel Delafont ... 1919 : colonel Jean de Viry ... ---- 1946-1947 : Colonel Xavier de Virieu 1947-1950 : Colonel Bernard Madelin 1952 - 1957 : Colonel Guy Goachet ---- 1991-1993 : Colonel Sechet 1993-1995 : Colonel Jean-Claude Godart 1995-1997 : Colonel Lambert 1997-1999 : Colonel Bart Jean-jacques ** 1999-2001 : Colonel Dumont Saint Priest
(*) : officier devenu général de brigade (**) : officier devenu général de division
Garnisons, campagnes et batailles du Ancien Régime
Guerres de la Révolution et de l'Empire
de cavalerie vignette|upright=0.8|Uniforme du de cavalerie en 1793.En 1792, le régiment participe à la bataille de Courtraiet à la Bataille de Valmy ; le , au sein de l'Armée de la Moselle, à l'expédition de Trèves.
En 1793, il participe à la bataille de Pirmasens puis à Bataille de Berstheim puis à la .
En 1794, il participe au combat de Kaiserslautern puis l'attaque de Luxembourg.
En 1796, pour le régiment, il combat à Geisenfeld ().
Le régiment participe à la bataille dite du Passage du Tagliamento en 1797.
Le régiment participe à la bataille de Hohenlinden en 1800.
de cuirassiers alt=Deux soldats lavant leur linge, portant un habit bleu à revers roses.|vignette|Uniforme du de cuirassiers en 1812.Après avoir changé de nom en 1803 comme vu plus haut (de régiment de cavalerie à régiment de cuirassiers, il prend part aux campagnes napoléoniennes en participant le 2 décembre 1805 à la Bataille d'Austerlitz.
EN 1807, le 8 février, il est engagé durant la Bataille d'Eylau et le durant la bataille de Friedland.
Il prend part en 1809 à la bataille d'Eckmühl, à celle de Ratisbonne puis à la bataille d'Essling.
Pendant la Campagne de Russie, il prend part aux batailles de la Moskova et de Winkowo et de Tholoschinn.
En 1813, durant la Campagne d'Allemagne, il participe à la bataille de Dresde. Le 16-19 octobre, il est sur le front de la Bataille de Leipzig.
À la fin de l'Empire, il lutte pendant la Campagne de France en participant le 14 février 1814 à la Bataille de Vauchamps puis à celle de Laon. Il en est de même pendant la campagne de Belgique avec la bataille de Ligny et plus encore durant la bataille de Waterloo dans laquelle le régiment s'épuise en charge contre les carrés de l'infanterie britannique. Il est dissous jusqu'en 1871.
De 1871 à 1914 Le régiment de cuirassiers est recréé en , par fusion de l'ex-régiment de carabiniers de la Garde impériale et du de cuirassiers de marche qui a combattu pendant la guerre franco-allemande de 1870. Cette deuxième formation donne un second héritage au régiment, celui des carabiniers à cheval, remontant au régiment royal des carabiniers fondé en 1693.
Reformé à Riom, il part en à Angers. En , il part à Lyon où il forme brigade avec le de cuirassiers. Le régiment part pour Niort en 1880.
Première Guerre mondiale
1914
1915
1916 Le , le de cuirassiers est démonté et devient « régiment de cuirassiers à pied » : il prend le nom de de cuirassiers à pied.
1917 vignette|Monument au moulin de Laffaux. En avril 1917, régiment de cuirassiers à pied est rattaché, avec les 4 et de cuirassiers à pied, à la division de cavalerie à pied sous les ordres du général Brécart.
Pendant la Grande Guerre, il s'illustre notamment au Chemin des Dames, à Laffaux, à Noyon et dans l'Argonne ainsi que pendant la bataille du Chemin des Dames 1918 Il participe à la bataille de l'Aisne puis à la Seconde bataille de la Marne.
Entre-deux-guerres En 1919, le régiment redevient un régiment à cheval et s'installe à Paris. Il est rattaché à la de cuirassiers de la de cavalerie.
En 1930, le régiment est à la de cavalerie de la de cavalerie, puis à la fin des années 1930 à la de cavalerie () de cette même division, avec le de chasseurs à cheval.
Seconde Guerre mondiale
Campagne de France 1939-1940 En , le de cuirassiers constitue la de cavalerie () avec le de chasseurs à cheval. La fait partie de la nouvelle légère de cavalerie () ; auparavant cette brigade appartenait à la de cavalerie. Dans le plan Dyle, la doit participer à la manœuvre retardatrice en Ardenne en avant de la .. Pour cette mission, le fait partie du groupement Est de la division..
Le régiment est cité à l'ordre de l'armée le :
Armée de Vichy 1940-1942 vignette|Affiche de recrutement pour le de cuirassiers sous Vichy. Le régiment est maintenu dans l’armée de Vichy. Reconstitué le à Valence, il s'installe à Lyon. Il devient le régiment de cavalerie attaché à la militaire et regroupe deux escadrons montés, deux escadrons à cheval, trois escadrons cyclistes (équipés notamment de mitrailleuses et de mortiers de 81) et d'un escadron d'AMD Panhard 178 privées de canon antichar.
Il est dissous le après l’invasion allemande de la zone libre.
Au maquis du Vercors 1942-1944 vignette|Monument à la mémoire des maquisards du régiment à Romans-sur-Isère. Le lieutenant Geyer entre en résistance en prenant le maquis dans la région de Montmiral/Saint-Antoine-l'Abbaye et reconstitue partiellement le régiment sous le nom de Premier corps franc. Reconstitué clandestinement dans le maquis du Vercors sous les ordres du commandant Geyer la Thivollet, il livre notamment la sanglante bataille de Vassieux en .
Cinquante-deux tirailleurs sénégalais libérés de La Doua forment la section franche de tirailleurs sénégalais rattachée au , sous les ordres du lieutenant Moine. Ils continuent à combattre avec le régiment après la fin du maquis de Vercors, jusqu'à leur remplacement par des jeunes métropolitains.
Campagne de la Libération 1945 Après les combats du Vercors, le régiment est remis sur pied le à Lyon avec des FFI de la Drôme et de l'Isère. Il est ensuite rattaché à la qui soutient la de marche d'infanterie, composante de l'armée B du général de Lattre de Tassigny. Le régiment participe aux combats à Ronchamp, Champagny, Giromagny, Masevaux, Belfort, Huttenheim et Benfeld.
En , le régiment est affecté à la blindée pour y devenir un régiment de chars. Dirigé sur le Loiret, il est régularisé le et est équipé de chars Crusaders Mk VI.
De 1945 à 1964 Le régiment part en Allemagne en puis revient en France en 1946 pour tenir garnison à Orange..
En 1955, le régiment devient chargé de l'instruction blindée sur AMX-13 et EBR.
Le régiment est dissous le et ses traditions reprises par le Centre d'instruction de l'arme blindée et de la cavalerie (CIABC).
Centre d'instruction de l'arme blindée et de la cavalerie Le , le CIABC prend le nom de /centre d'instruction de l'arme blindée et de la cavalerie.
RC 80 : - cuirassiers
Dans le cadre de la transformation de l’Armée de terre, les RC 80 deviennent à l’été 2009 des « régiments LECLERC » et perdent donc leur double appellation. Le chef d’état-major de l’armée de terre a décidé de conserver les quatre subdivisions traditionnelles des régiments de chars, représentées chacune par un régiment s’étant particulièrement illustré au .
Le - RC devient le de Dragons. Le - RC devient le de Cuirassiers. Le - RCH devient le de Chasseurs. Le - RCC devient le de Chars de Combat.
Ces changements de noms prennent effet le .
Étendard Il porte, cousues en lettres d'or dans ses plis, les inscriptions suivantes Décision /SGA/DPMA/SHD/DAT du 14 septembre 2007 relative aux inscriptions de noms de batailles sur les drapeaux et étendards des corps de troupe de l'armée de terre, du service de santé des armées et du service des essences des armées, Bulletin officiel des armées, , 9 novembre 2007 : Valmy 1792 Hohenlinden 1800 Austerlitz 1805 Eckmühl 1809 Moskowa 1812 Laffaux 1917 Noyon 1918 Argonne 1918 Vercors 1943-1944 400px| de cuirassiers
Décorations La cravate de l'étendard du régiment est décorée : de la croix de guerre 1914-1918 avec , de la croix de guerre 1939-1945 avec . La fourragère est aux couleurs du ruban de la croix de guerre 1914-1918, avec une olive aux couleurs du ruban de la croix de guerre 1939-1945.
(Il n’existe pas de fourragère aux couleurs du ruban de la croix de guerre 1939-1945 (vert et rouge dominant), la forme et les couleurs du ruban de celle de 1914-1918 sont maintenues (vert dominant et rouge), par contre une « olive » (vert et rouge dominant aux couleurs du ruban de la croix de guerre 1939-1945) placée entre le ferret et le nœud à quatre tours permet de la différencier de celle obtenue en 1914-1918).
Insigne L'insigne du régiment dans les années 1930 présente une cuirasse surmontée d'un casque de carabiniers.
Sous Vichy, l'insigne devient un losange d'azur avec fleurs de lys et soleil dorés (référence au drapeau des carabiniers de Monsieur). Cette insigne est repris, et homologué, en 1945, avec fond bleu-gris.
Ces insignes portent la devise Toujours au chemin de l'honneur, citation du roi Henri IV à la bataille d'Ivry, reprise par le comte de Provence pour ses carabiniers.
Personnalités ayant servi au de cuirassiers vignette|upright=0.6|Le capitaine Pierre Clavé, du , à New York en 1932.
Toussaint-Joseph de Lardemelle, colonel du régiment de à . Jacques Laurent Louis Augustin Vial alors lieutenant au de cavalerie. Alfred Touny, Compagnon de la Libération, lieutenant de réserve avant la Grande Guerre Henri de Bournazel passe deux mois au Pierre Clavé, champion de saut d'obstacles et créateur du Horse-ball, capitaine de 1931 à 1940, rattaché au Rémond Monclar (1894-1972), Compagnon de la Libération Guy de Larigaudie, mort pour la France le . Baron Elie de Rothschild sous-lieutenant en 1940 au Cuirassiers Yves Pérotin, en 1944-1945 André Parant (1897-1941), résistant français, Compagnon de la Libération. Pierre Poletti (1894-1971), résistant français, Compagnon de la Libération.
Sources et bibliographie Général de brigade Philippe Peress 31, rue Hoche 49400 Saumur.