Sergueï Ivanovitch Vassilkovski (en ), (en ) est un peintre ukrainien né le à Izioum (gouvernement de Kharkov) et mort le 7 ou le à Kharkiv en Ukraine.

Biographie Origines et formation Né dans une famille d’origine cosaque, son père greffier, dessinateur talentueux, lui aurait enseigné la calligraphie et sa mère, imprégnée de la culture traditionnelle de leur région, lui chantait et apprenait les chants populaires. Sergueï Vassilkovski était tout orienté pour perpétuer son héritage culturel.

À sept ans, en 1861, sa famille déménagea et partit s'installer à Kharkiv qui était à l'époque un important centre culturel du gouvernement de Kharkiv. Ils habitèrent le district Moskalyovka où le parler n'était pas majoritairement le russe mais la langue vernaculaire. De chez lui, il parcourait environ trois kilomètres à pied pour aller à l'école (gymnase) où il commença à cultiver ses talents artistiques stimulés par les leçons de , professeur d'arts plastiques, ancien serf, ami de Taras Chevtchenko et ancien élève de Karl Brioullov qui était professeur à l'Académie russe des beaux-arts à Saint-Pétersbourg. Le jeune garçon ne s'intéressait pas seulement au dessin et à la peinture mais jouait aussi de la Bandoura et du pipeau (ou de la cornemuse ?) et chantait, car, de plus, il avait une belle voix. Il bénéficia aussi de la bibliothèque du poète, traducteur, dramaturge et auteur d'opérettes, , un cousin à sa mère, où il découvrit, malgré les interdits de toutes sortes et la censure tsariste, Tarass Boulba, le Décaméron, l'Énéide, le Kobzar, les œuvres de Tarass Chevtchenko, d'Ivan Kotlyarevsky.

Au bout de cinq ans, en 1873, il obtint son diplôme de fin d'études secondaires et sur l'insistance de son père qui pensait surtout à lui garantir un avenir stable et sûr, il entra à l'institut vétérinaire. L'argent manquant pour continuer ces études et comme il rêvait de devenir artiste, il n'y resta qu'un an. Mais il n'avait pas non plus assez de fonds pour se rendre à Saint-Pétersbourg alors il partit travailler à Kiev et à Kharkiv où il occupa un emploi de fonctionnaire. C'est aussi à cette époque qu'avec Dmitro Bezpertchi et , il peignit l'iconostase de l'église en pierre de Yaruga.

En 1876, il entra à l'Académie russe des beaux-arts à Saint-Pétersbourg où il resta jusqu'en 1885. Comme tous les étudiants d'arts plastiques au , il passa, avec succès, par la reproduction de têtes en plâtre pendant six mois, puis par l'Académie (dessin) qui lui valut en , une médaille académique d'argent, sa première. À partir de la même année, il suivit les cours de la classe de paysage sous la responsabilité de Mikhaïl Klodt et de Vladimir Orlovski. Malgré des conditions de vie très difficiles, il put « tenir ». Par manque d'argent, il logea dans une mansarde froide et mal meublée d'un bâtiment universitaire tout comme d'autres étudiants ukrainiens, Porfyryi Martynovytch, Opanas Slastion, Ian Tsionglinski. Pour joindre « les deux bouts », il fit des « petits boulots » : retouches de daguerréotypes, copies d'œuvres d'Ivan Aïvazovski, d'Andreas Achenbach, reproductions de tableaux champêtres à la mode. Ceci ne manquait pas d'intérêt pour lui : en plus de l'aide matérielle vitale, ce travail lui permettait de développer ses compétences techniques car la reproduction exige, entre autres, l'analyse de l'œuvre copiée et permet de découvrir les procédés utilisés. Cette influence se ressent dans certaines de ses peintures postérieures ; par exemple couchers de soleil, villages sous la neige, d'autres tableaux très colorés. Pendant les vacances universitaires, en 1883, par exemple, il se rendit à Kharkov et à Poltava où il continua à travailler et à préparer les esquisses des tableaux qu'il terminait à l'atelier lorsqu'il revenait à Saint-Pétersbourg. Il y fixa les impressions qu'il avait retenues lors de son séjour au pays natal. Le paysage devint d'ailleurs son genre favori et c'est dans ce domaine qu'il créa le meilleur de son œuvre couronnée par cinq médailles d'argent d'importances diverses, une médaille d'or de second degré et la grande médaille d'or de l'Académie avec le titre d'« Artiste de classe du premier degré » pour « excellente connaissance de la peinture ». On sait grâce au catalogue que l'exposition d'art académique de 1885 présenta trois de ses œuvres : des vues pittoresques de la nature ukrainienne dont Printemps en Petite Russie, Été, L'Aube. Ces tableaux ont disparu mais on les connaît un peu par des copies et les commentaires élogieux des critiques d'art de l'époque. Ces succès lui permirent d'obtenir une bourse augmentée par une aide de l'Ukraine pour voyager à travers l'Europe pendant quatre ans et améliorer ses compétences.

Voyage en Europe Ainsi il se rendit en Allemagne, en Italie, en Angleterre, en Espagne, en Algérie, en Égypte, en France, à Paris à la fin du mois d'. Là, comme dans les autres pays, il visita les plus grands et les plus célèbres musées où il étudia les œuvres. Il peignit aussi ; en France : Chasse aux tétras en Normandie, Manoir breton typique, Vue sur les Pyrénées, Matin à Besançon et encore en France ou en Espagne, Après la pluie, Quartier à Saint-Sébastien (Espagne), Récolte des pommes à cidre, Soirée d'hiver dans les Pyrénées. Il se rendit au salon de Paris de 1886 où il était connu surtout par les membres du jury pour trois de ses œuvres. Près de cinquante de ses tableaux qui ne figuraient pas au catalogue furent présentés hors concours et suscitèrent de nombreux éloges de la communauté artistique qui y reconnut l'influence de l'École de Barbizon que Vassilkovski admirait beaucoup. Il obtint le droit d'exposer au salon tout ce qu'il avait emmené ce qui était très flatteur et très rare pour un jeune artiste ukrainien. Un autre ukrainien, Ivan Pokhitonov y avait bien été autorisé mais il faisait partie des ambulants dans tous les sens du terme car il déménagea plusieurs fois pour habiter dans plusieurs pays d'Europe et ne semblait pas spécialement attaché à son pays natal.

Retour à Kharkov Ce n'était pas le caractère de Sergueï Vasilkovski qui rentra en 1888, à Kharkiv. Là, il apprit que Sonia Bezpertchi, la fille de son professeur, qui attendait son retour, était décédée. Il prit son carnet de croquis et partit au hasard dans Kharkiv et dans les environs sans arriver à produire quoi que ce soit. Il mit huit années pour s'éprendre d'une autre femme, Tatiana Timofeïeva, une ancienne novice du monastère de Kuryazski près de Kharkiv. Installé et attaché à sa région, il la parcourut dans tous les sens et témoin de son temps il peignit la steppe, les forêts, les prés, les chemins, les routes, les champs, les rivières, les étangs, les villages, les rues, les églises, les chaumières (khatas), les scènes de genre, les troupeaux, les cosaques comme en témoigne l'importante liste de titres d'œuvres ci-dessous pourtant bien incomplète et parfois sujette à caution. En outre, il participa à l'animation des cercles artistiques ukrainiens et dirigea la société d'art et d'architecture entouré d'amis dont le professeur et historien Dmytro Yavornytsky, l'artiste Nikolaï Samokich, le virtuose et l'écrivain Hnat Khotkevytch. En 1890, il avait été pressenti pour recevoir le titre d'académicien mais on lui reprocha son esprit plébéien et de trop s'intéresser aux haïdamaks donc il ne fut pas retenu ; il coupa les ponts avec cette administration.

Sa première exposition personnelle de cent vingt œuvres à Kharkov eut lieu en 1900 et la même année fut édité par Adolf Marx, une maison d'édition à Saint-Pétersbourg, un grand album sur l'histoire de l'Ukraine où il réalisa vingt-sept portraits documentaires de citadins, de paysans, de cosaques et de scènes de genre, ces dernières étant réalisées par Nikolaï Samokish pour illustrer un texte de Dmitro Yavornitski.

Le , un grand jury, malgré la circulaire de Piotr Valouïev, approuva la construction du . L'architecture en fut confiée à et la décoration à Vassilkovski, à Mykola Mytrofanovytch Ouvarov et d'autres. Pour trois compositions exigées, il en fit quatre de dix mètres peintes sur des toiles qui étaient destinées à être insérées dans des niches ornées de frises de style folklorique ukrainien sur les « tympans » de la salle où se tenait l'assemblée. Ces vastes compositions, La Route de Romodan, L'élection par les cosaques de Poltava et des environs de Martyn Pouchkar au grade de colonel, Combat entre cosaque Holota et Tatar faillirent disparaître avec le bâtiment lors de l'incendie provoqué par des Allemands lors de la Grande guerre patriotique..

Avant de mourir, sur les trois mille œuvres, environ, qu'il avait réalisées, il en légua mille trois cent quarante avec une grosse somme d'argent au musée municipal d'art et d'industrie de Kharkiv, . Pendant la Seconde Guerre mondiale, beaucoup disparurent et il n'en reste que cinq cents environ, conservées au Musée d'Art de Kharkiv qui possède ainsi la plus importante collection de ses travaux.

En 1912, il publia avec Nikolaï Samokish un album de motifs ornementaux folkloriques ukrainiens qu'il illustra de plus de cent modèles.

Sa tombe se trouve dans Le Parc central des loisirs et de la culture à Kharkiv.

Œuvres Une production d'environ , souvent de petites dimensions, donne une idée des thèmes traités mais quelles que soient les sources, les traductions, les renseignements (dates, supports, dimensions, lieux d'exposition) ne sont pas toujours concordants. Certains titres cités ne sont connus que par les reproductions que l'on trouve dans des livres car les originaux ont été détruits pendant la Seconde Guerre mondiale.

Les sites suivants ont fourni la quasi-totalité des références citées.....

Cette liste, bien qu'importante, est très incomplète car environ se trouvent au musée d'art de Kharkiv ; d'autres travaux se trouvent dans les musées déjà cités et beaucoup d'autres se trouvent dans les collections de particuliers, dans des galeries de vente, dans les musées d'Arkhangelsk, Iaroslavl, Penza, Petrozavodsk, Smolensk, Tallinn, Tver et d'autres.

. 1890 : Rivière. Midi. Huile sur bois. .

Musée d'Art de Dnipro. 1885 : Paysage. Huile sur toile. . Années 1900 : Coucher de soleil dans la steppe. Huile sur toile marouflée sur carton. . 1904 : Hiver. Pastel sur papier. .

Musée des Beaux-Arts de l'oblast de Donetsk ? : Montagne cosaque près de Kharkiv. Huile sur contreplaqué. . ? : Maisons à Kryvorivnia en Galicie orientale. Huile sur contreplaqué. .

Musée d'Art de Kharkiv. Années 1880 : Paysage avec une rivière. Périphérie de Kharkiv. Huile sur toile marouflée sur carton. . 1881 : . Huile sur toile marouflée sur bois. . 1882 : . Au pied de la montagne des cosaques. Huile sur toile marouflée sur carton. . 1886 : Aux alentours de Paris. Huile sur toile marouflée sur bois. . 1886 : Détachement dans le désert. Huile sur toile marouflée sur bois. . C'est une copie du tableau de Léon Belly Pèlerins en route pour La Mecque. 1861. Musée d'Orsay. 1886 : Matin à Besançon. Huile sur bois. . 1886 : Canal. Paris. Huile sur toile marouflée sur bois. . 1886 : De la chasse. Huile sur bois. . 1887 : Étude de la mer'. Venise. Huile sur bois. . 1887 : Aux alentours de Paris. Huile sur bois. . 1887 : Venise. Huile sur bois. . 1888 : Hiver en Espagne. Jelon (S'agit-il de Xaló?). Huile sur bois. . 1888 : Piquet de cosaques. Huile sur toile. . Années 1890 : Ancienne église du village de Koutsevalovka, Gouvernement de Iekaterinoslav. Aquarelle sur papier. . Années 1890 : Église de la Sainte-Croix à Drohobytch. Aquarelle sur papier. . Années 1890 : Église de la transfiguration. Années 1780-1890. Aquarelle sur papier. . Années 1890 : Église Saint-Nicolas à , province de Tchernihiv. Aquarelle sur papier. . Années 1890 : Capture d'un bouvreuil. Huile sur bois. . Années 1890: À la chasse ou Chasseurs. Huile sur bois. . 1893 : Prairie cosaque. Huile sur toile. . 1894 : À la barrière. Huile sur carton. .