L'église Saint-Martin est une église catholique paroissiale située à Mareil-en-France, en France. De l'extérieur, seuls le clocher et la façade occidentale du milieu du sont visibles depuis le domaine public, et dénués d'intérêt. Tout le reste de l'église a été édifié pendant une unique campagne de construction au début du dernier quart du , et séduit par l'homogénéité et la qualité de son architecture Renaissance. L'ordonnancement et la sculpture monumentale portent la signature artistique du maître-maçon Nicolas de Saint-Michel, de Luzarches, et montrent une ressemblance frappante avec l'église Saint-Martin d'Attainville. À l'instar de toutes les autres églises bâties par le même architecte, le voûtement d'ogives et la disposition générale sont hérités de l'architecture gothique, mais si l'on ne regarde que les supports, l'on pourrait se croire dans un édifice antique. Ce qui distingue l'église de Mareil-en-France est son plan exceptionnel avec déambulatoire complet, sans chapelles rayonnantes, mais avec une enfilade de chapelles peu profondes tout autour de l'église, grâce à des contreforts tournés vers l'intérieur. Comme seul inconvénient, l'abside est insuffisamment éclairé, car le chevet est entouré par le déambulatoire. Néanmoins, les auteurs s'accordent pour considérer l'église Saint-Martin comme un chef-d'œuvre de la Renaissance en pays de France. Elle a été inscrite au titre des monuments historiques par arrêté du .. Affiliée à la paroisse de Luzarches, elle n'accueille que rarement des messes dominicales.
Localisation thumb|left|Approche par le nord-est.
L'église est située en France, en région Île-de-France et dans le département du Val-d'Oise, au sein du Parc naturel régional Oise-Pays de France, sur la commune de Mareil-en-France, au bout de la rue de l'Église, qui se termine en impasse par une place. La façade occidentale donne sur la place, sauf une petite partie tout à droite, qui est mitoyenne d'un bâtiment agricole. La face nord du clocher donne également sur la place. Tout le reste de l'élévation nord, ainsi que les pans nord-est et est du chevet, donnent sur l'ancien cimetière, qui est normalement fermé à clé pour éviter que les fenêtres, non protégées par des grilles, ne soient cassées par des jeux de ballon. Quant à l'élévation méridionale et le pan sud-est du chevet, ils sont enclavés dans une cour de ferme cernée de bâtiments, et inaccessible au public. Du reste, un bâtiment d'exploitation récent se rapproche de près de l'église, et ne laisse libre qu'un couloir de circulation. De cette façon, tout ce que l'on peut apercevoir de l'église Saint-Martin sont le clocher et la façade du milieu du , sans intérêt, alors que les parties Renaissance se dérobent aux regards. Il y a bien trois chemins qui s'approchent du chevet, mais ce sont tous des chemins privés interdits d'accès, qui appartiennent à l'exploitation agricole.
Historique thumb|left|Vue depuis la cour de ferme au sud. thumb|left|Déambulatoire nord-est, clé de voûte avec la date 1581.
La première mention connue du village et de l'église de Mareil-en-France remonte à l'an 1150. Elle figure dans un acte de Thibaud, évêque de Paris, par lequel il confirme au prieuré Saint-Martin-des-Champs tous les biens qu'il possède alors. Dans la liste, l'on trouve la troisième part de l'autel (c'est-à-dire, des revenus liés à cet autel), et une partie de la dîme. Rien de l'église de cette époque ne subsiste. Le patron de la paroisse est saint Martin de Tours. Sachant que le prieuré Saint-Martin-des-Champs avait des biens à Mareil, et qu'il a été fondé en 1079, l'on peut penser que le prieuré est à l'origine de la construction de l'église qui existait au , et qu'il lui a laissé son nom (à moins que ce ne fut l'abbaye Saint-Martin de Pontoise, non cité par l'abbé Lebeuf dans le contexte de Mareil). Dès le , au plus tard, la nomination à la cure de Mareil revient de plein droit à l'évêque de Paris, ce qui ne change pas jusqu'à la fin de l'Ancien Régime. La paroisse fait alors partie du doyenné de Montmorency et du diocèse puis archidiocèse de Paris..
Jusqu'au , les archives restent muettes quant à l'histoire de l'église, et au milieu de ce siècle, l'abbé Lebeuf n'a trouvé que des sources concernant les seigneurs. Ce n'est donc que le monument lui-même qui peut fournir certains renseignements de base. L'année d'achèvement du chœur est probablement celle que l'on lit sur le cartouche sous la clé de voûte de la travée nord-est du déambulatoire. Avant la Révolution française, il y avait aussi les armes des familles du Val, et peut-être de Corbie ; sur ce dernier point, les témoignages ne sont pas unanimes. En 1566, Tristan du Val, maître des Comptes, hérite de la seigneurie de la part de sa mère, Marie de Corbie, veuve de Germain du Val. En 1573, François du Val, conseiller à la Chambre des comptes, ainsi que ses quatre frères et sœurs, héritent de la seigneurie de la part de leur père, Tristan du Val. Dominique Foussard pense que les nouveaux seigneurs ont voulu manifester leur enracinement dans le village en finançant l'église tout en entier, à l'instar de ce que font à la même époque les nouveaux seigneurs du Mesnil-Aubry, alors que le droit d'usage veut que la nef soit à la charge des paroissiens. À Attainville pourtant, également à la même époque, les paroissiens doivent même s'endetter pour payer eux-mêmes une nouvelle église, le seigneur n'ayant pas les moyens... thumb|upright|Vue générale intérieure. thumb|upright|Vue depuis l'abside.
La question de l'architecte n'a été résolue qu'au début des années 1920 par Charles Terrasse, par une démonstration aussi simple que convaincante. C'est dans le voisinage que les marguilliers, le curé et les seigneurs devaient chercher un maître-maçon à même de prendre en charge un chantier aussi important que celui d'une église, et c'est dans le proche bourg de Luzarches qu'ils devaient le trouver en la personne de Nicolas de Saint-Michel. Il travaillait depuis 1560 environ sur l'église de la Nativité-de-la-Vierge du Mesnil-Aubry, et dirige la construction de l'église Saint-Martin d'Attainville, commencée en 1572 et terminée provisoirement en 1575. À propos de l'église d'Attainville, Charles Terrasse souligne que son style est identique, et que les éléments de son architecture et les motifs décoratifs sont superposables à l'église de Mareil, dans le sens géométrique du terme. Or, l'attribution de l'église d'Attainville à Nicolas de Saint-Michel est certaine grâce à une lettre de mise en demeure qu'il adressa à la paroisse en 1575. Les ressemblances avec l'église Notre-Dame-de-l'Assomption du Plessis-Gassot, autre œuvre du même architecte, sont également frappantes. Des différences existent tout de même, notamment en ce qui concerne le plan, car Mareil-en-France possède la seule église Renaissance du nord de l'Île-de-France avec un déambulatoire. En plus, l'emploi de l'arc brisé, auquel Nicolas de Saint-Miche reste longtemps fidèle, recule encore à Mareil : on ne le rencontre plus que dans le déambulatoire, alors qu'à Attainville, il est encore utilisé pour tous les arcs-doubleaux..
La nef n'est sans doute pas achevée en 1581, sachant que la construction d'une église commence habituellement par le chevet. L'emploi systématique de l'arc en plein cintre dans la nef et les bas-côtés appuient cette hypothèse. Dominique Foussard qualifie ainsi l'église de Mareil-en-France d'œuvre ultime de l'architecte, né vers 1520 à Luzarches, et mort sans doute au cours des années 1590. Il exerçait en même temps la profession de marchand, et était un gros propriétaire foncier à Luzarches, ce qui donne à penser que ce fut un homme très aisé. D'après Charles Terrasse, son art . Pour Dominique Foussard, l'église de Mareil est . Cependant, le clocher et la façade ne datent pas de la Renaissance et ont été conçus par l'architecte Volkers, de Pontoise, au milieu du . Auparavant, l'église comportait une travée en moins à l'ouest. Le mur occidental était précédé par un porche d'ordre composite, et l'on avait apparemment gardé le clocher de la précédente église. L'abbé Lebeuf loue le couronnement élégant de ce clocher, que l'on ne trouve toutefois pas confirmé par l'iconographie ancienne, mais indique aussi qu'il manque de solidité. En 1850 en effet, le clocher menace de s'effondrer, et l'action vigoureuse de la municipalité conduit à son remplacement immédiat, ainsi qu'au prolongement de la nef et du bas-côté sud d'une travée vers l'ouest, pour s'aligner sur le mur occidental du clocher. Intérieurement, l'architecture de Nicolas de Saint-Michel est si bien recopiée que l'on ne voit aucune différence avec le reste. L'agrandissement de l'église est achevé en 1855. L'église Saint-Martin est inscrite au titre des monuments historiques par arrêté du . Depuis, les aménagements dans le chœur que le duc de Gesvres avait fait entreprendre pendant la seconde moitié du ont été enlevés, et n'en reste comme vestige que la grande gloire qui règne en haut de l'abside....
Après la Révolution française et la création du département de Seine-et-Oise, la paroisse avait été rattachée au nouveau diocèse de Versailles, qui correspondait exactement au territoire du département. Dans le contexte de la refonte des départements d'Île-de-France, le nouveau diocèse de Pontoise a été érigé en 1966, et Mareil-en-France en fait partie à l'instar de toutes les autres paroisses du département. Le diocèse de Paris se limite désormais à la seule ville de Paris. La « Paroisse des onze clochers » autour de l'église Saint-Côme-Saint-Damien de Luzarches inclut aujourd'hui les anciennes paroisses indépendantes et petits villages de Bellefontaine, Châtenay-en-France, Chaumontel, Épinay-Champlâtreux, Jagny-sous-Bois, Lassy, Mareil-en-France, Le Mesnil-Aubry, Le Plessis-Luzarches et Seugy. Des messes dominicales sont célébrées dans l'église Saint-Martin irrégulièrement, car la paroisse n'applique plus un calendrier des messes par rotation..
Description Aperçu général thumb|upright|Plan de l'église.
Orientée légèrement vers le nord-est du côté du chevet, l'église Saint-Martin répond à un plan très simple sans transept et sans distinction notable entre nef et chœur, mais possède néanmoins un déambulatoire. L'édifice est symétrique le long de son axe à partir de la seconde travée. La première travée de la nef est, en effet, flanquée du clocher au nord, et ne comporte par conséquent un bas-côté au sud exclusivement. Ces parties ne datent que des années 1850-1855. Dans son ensemble, l'église se compose d'un vaisseau central de cinq travées accompagné de deux bas-côtés ; d'une abside à cinq pans, entourée d'un déambulatoire ; et d'une sacristie devant le pan central du chevet. Comme particularité, les contreforts sont placés à l'intérieur de l'édifice, ce qui crée une chapelle latérale peu profonde devant chaque travée, juste suffisante pour abriter un autel. L'abside commence par une partie droite, qui correspond à une travée de la nef moitié moins large que les autres, puis présente deux pans biais et le pan du chevet proprement dit. Ces pans sont tous les trois de largeur identique, et plus larges que les pans de la partie droite. L'appartenance de la partie droite à l'abside est démontrée par le voûtement par une seule voûte d'ogives, et par l'implantation légèrement oblique des doubleaux qui séparent ses bas-côtés des trois autres travées du déambulatoire. Les fenêtres hautes sont néanmoins limitées aux deux pans biais et au pan du chevet : tout le reste du vaisseau central en est dépourvue, excepté la rosace de la façade occidentale. L'ensemble de l'église est voûté d'ogives. Les portails sont au nombre de deux, à savoir le portail occidental et une porte au nord de la base du clocher, habituellement utilisée.
Extérieur thumb|left|Vue depuis le nord-est. thumb|upright|Portail occidental. thumb|upright|Bas-côté nord, .