E.ON est une société européenne du secteur de l'énergie, anciennement société par actions de droit allemand (Aktiengesellschaft), née de la fusion des groupes allemands Veba et Viag en l'an 2000. Son siège social est à Essen en Allemagne. E.ON est cotée à la bourse de Francfort sous le symbole EAO et fait partie de l'indice DAX.
Histoire Fusion et spécialisation (1999-2002) E.ON est issue de la fusion des groupes énergétiques allemands Veba et Viag annoncée en . Cette transaction a une valeur de 13,8 milliards d'euros. Les actionnaires de Veba possèdent deux tiers de E.ON après cette fusion. E.ON à sa création est la troisième plus grande entreprise dans le secteur électrique en Europe« Veba and Viag Agree to Merge In $14 Billion Stock-Swap Deal », William Boston, The Wall Street Journal, 28 septembre 1999« Merger of Veba and Viag Expected Today » The New York Times, 27 septembre 1999.
Dans le cadre de cette fusion, Veba et Viag souhaitent se recentrer sur le secteur énergétique et scinder leurs activités périphériques, activités qui ont un chiffre d'affaires de 28,3 milliards d'euros, qui incluent notamment VAW Aluminium, E-Plus, MEMC Electronic Materials, Schmalbach-Lubeca, Stinnes, Gerresheimer Glas, Cablecom et Kloecker & Co. De plus, leurs activités chimiques Degussa-Huels AG et SKW Trostberg fusionnent dans une structure parallèle qui prendra le nom Degussa-Huls, structure qui deviendra plus tard Evonik.
Avant même la réalisation de la fusion, Viag annonce la vente de 72,96 % de Gerresheimer à Investcorp pour 210 millions d'euros.. En 2001, E.ON vend ses activités dans la distribution d'acier qu'il détient via Kloecker & Co au groupe trading britannique Balli Group pour 1,1 milliard d'euros« Balli veut se faire un nom en Europe », Usine Nouvelle, 23 mai 2001 « Balli Group Buys E.On's Kloeckner; Deal Is Subject to Several Approvals », Erwin Schneider, The Wall Street Journal, 9 août 2011. Toujours en 2001, MEMC Electronic Materials est vendu au fonds d'investissement Texas Pacific Group pour un euro symbolique et une ligne de crédit de 150 millions d'euros
En 2002, E.ON vend ses activités dans l'aluminium via sa filiale VAW Aluminium à Norsk Hydro pour 3,1 milliards d'euros « E.ON sells VAW aluminium to Norsk Hydro », E.ON, juillet 2002« Norvège : Norsk Hydro prêt à racheter VAW Aluminium à E.ON », Jacques-Franck Degioanni, Le Moniteur, 21 décembre 2001. La même année, E.ON vend ses activités dans l'emballage via sa filiale Schmalbach Lubeca à l'entreprise américaine Ball pour 1,2 milliard d'euros Emballage: Schmalbach Lubeca est absorbé par Ball, Usine Nouvelle, 30 août 2002, après avoir vendu quelques mois plus tôt ses activités dans le PET et le scellage d'emballage de Schmalbach Lubeca à Amcor pour 1,9 milliard d'euros.. Toujours en 2002, E.ON vend ses activités dans la logistique, via la vente de 65,4 % qu'il détient dans sa filiale Stinnes, à Deutsche Bahn pour environ 1,6 milliard d'eurosDeutsche Bahn Bids $1.56 Billion For E.On's Major Stake in Stinnes, The Wall Street Journal.
Croissance externe (2001-2010) En 2001, E.ON acquiert une participation de 29,4 % et 42,8 % des droits de votes dans l'entreprise suédoise Sydkraft pour 272 millions d'euros.E.ON Energy to Launch Takeover Bid For Swedish Electric Utility Sydkraft, Dagmar Aalund, The Wall Street Journal, 26 janvier 2001E.ON Energie enlarges Sydkraft stake, 1 octobre 2001.
En 2003, E.ON acquiert en totalité l'entreprise gazière allemande Ruhrgas pour au total 10,2 milliards d'euros malgré l'avis des autorités de la concurrence mais grâce au soutien gouvernemental, après de multiples accords et transactions avec ses concurrents (Fortum, EnBW, RAG)L'« achat » du contrôle de Ruhrgas par E.ON soulève de vives critiques , Vincent de Feligonde, Les Échos, 3 février 2003 et après avoir acquis les participations de 40 % qu'il ne détenait pas à ExxonMobil, Shell et TUI pour 4,1 milliards d'euros.. Dans le cadre de cette acquisition et contraint par les autorités de la concurrence, E.ON vend Gelsenwasser pour 835 millions d'euros à un ensemble de municipalités allemandes.. Dans le même temps, E.ON est contraint de vendre les entreprises de distribution de gaz VNG, Bayerngas, Stadtwerke de Brême et EWELa fusion E.ON/Ruhrgas, Un hold-up collectif sur le contrôle des concentrations ?, Microeconomix, février 2003.
Le , E.ON lance une OPA sur Endesa, groupe énergétique espagnol déjà convoité par son compatriote Gas Natural (OPA de ). L'offre allemande surpasse de 30 % celle de Gas Natural. Mais en 2007 les Espagnols ont appelé l'italien ENEL à l'aide et c'est ENEL qui a repris Endesa, E.ON s'étant retiré prématurément... Dans le cadre de ce retrait, E.ON acquiert la Société nationale d'électricité et de thermique (SNET), détenu précédemment par Endesa.
En 2007, E.ON acquiert une participation de 70 % dans l'entreprise russe OGK-4, ayant une capacité électrique de 8 630 MW et 5 300 employés, pour 4,1 milliards d'euros.E.ON Seeks to Buy Around 70% Of Russia's OGK-4, The Wall Street Journal, 15 septembre 2007.
En 2009, E.ON s'associe avec Sonatrach en Algérie pour l'exploration et l'exploitation d'un gisement de pétrole dans le bassin de Berkine, à proximité du gisement de Hassi MessaoudLila Ghali, Sonatrach et E.ON Ruhrgas : Nouvelle découverte d’hydrocarbures à Berkine, Algérie1, le 18 juillet 2012, consulté le 16 mars 2015.
Difficultés et ventes d'actifs (2010-?) En , PPL Corporation acquiert pour 6,7 milliards de dollars les activités d'E.ON aux États-Unis, qui regroupe une production de 8 000 MW, renommée en LG&E and KU Energy du nom de ses principales filiales, Louisville Gas & Electric (LG&E) et Kentucky Utilities (KU). E.ON avait acquis ses activités en 2002, lors du rachat de l'entreprise britannique PowerGen, qui elle-même avait acquis ses activités américaines en 2000PPL Agrees to Acquire E.ON U.S. Unit for $6.7 Billion, Nicholas Comfort et Jordan Burke, Bloomberg, 29 avril 2010PPL to Pay $6.7 Billion for E.On's U.S. Business, Gina Chon, Mark Peters et Jan Hromadko, The Wall Strett Journal, 29 avril 2010.
En , PPL Corporation acquiert les activités de distributions d'énergie d'E.ON au Royaume-Uni, connue sous la marque Central Networks, pour 3,5 milliards de livres. Cette acquisition renforçant son réseau de distribution qui délivre avant cette acquisition 2,6 millions de clients au Royaume-Uni, en y ajoutant 5 millions de clientsPPL Buys E.ON’s U.K. Power Network for $5.6 Billion in Cash, Mark Chediak et Nicholas Comfort, Bloomberg, 2 mars 2011PPL to buy E.ON networks for £3.5 billion cash, Quentin Webb et Soyoung Kim, Reuters, 2 mars 2011PPL buys Eon’s UK electricity network for $5.6bn, Helen Thomas, Financial Times, 2 mars 2011.
Mi-2011, le groupe et sa filiale française SNET annoncent qu'en France, ils devront dès 2013 fermer cinq de ses centrales à charbon de plus de 40 ans, dont trois fonctionnent avec des dérogations leur permettant de ne pas respecter les normes de pollution. 535 emplois sont concernés. La non-conformité environnementale et l'inadéquation de ces centrales face aux besoins du marché de l'électricité sont deux autres raisons invoquées. Ces centrales sont la « centrale Émile Huchet » de Saint-Avold en Moselle, celle de Provence (centrale thermique de Provence) à Gardanne-Meyreuil dans les Bouches-du-Rhône, la centrale thermique d'Hornaing dans le Nord et celle de Lucy à Montceau-les-Mines en Saône-et-Loire.
Le groupe a annoncé mi-2011 deux possibles nouvelles unités de production gaz sur la centrale d’Hornaing (tranche à cycle combiné gaz) et une unité de biomasse-énergie sur la « centrale de Provence », EON veut arrêter cinq centrales à charbon en France , Libération, 9 juin 2011.
En , E.ON a confirmé son projet de conversion en centrale à « biomasse » de l'unité Provence 4 - Charbon à Gardanne, mais aussi la fermeture du site d'Hornaing« Eon confirme son projet "biomasse" à Gardanne mais lâche la Centrale thermique d'Hornaing », Usine Nouvelle, 28 sept. 2012 ; yahoo ActuE.ON, "E.ON prépare la transition de son outil de production pour construire son avenir en France", E.ON.
Le , Hitachi annonce le rachat de l'entreprise appartenant aux entreprises énergétiques E.ON et RWE, pour de livres ( d'euros), bouclé le Henning Gloystein, Mari Saito, Japan's Hitachi buys UK's Horizon nuclear project, Reuters, le 30 octobre 2012Nucléaire: Hitachi rachète Horizon pour bâtir des centrales en Grande-Bretagne, AFP sur Google News, le 26 novembre 2012. Horizon Nuclear Power est une entreprise travaillant sur plusieurs projets de centrales nucléaires au Royaume-Uni, sur le site de la centrale nucléaire d'Oldbury et sur celui de la centrale nucléaire de Wylfa.
En 2013 la société reçoit l'autorisation et des subventions du gouvernement français et de l’Union européenne pour reconvertir la centrale de Gardanne en centrale à bois ; ce que redoutent les défenseurs de l'environnement et de la forêt, "L’augmentation constante des besoins en énergie va-t-elle réduire en cendres la châtaigneraie cévenole ?".
En , E.ON vend sa filiale Mitte, une filiale de distribution régionale ayant 45 000 km de lignes électriques et 4 800 km de réseau de gaz, centré sur la Hesse, pour 610 millions d'euros à un groupe de municipalités allemandesE.ON sells stake in Mitte unit for $839 million, Reuters, 17 décembre 2013.
En , E.ON a annoncé une baisse de son chiffre d'affaires de 7 % (122,4 milliards d'euros) et un recul de son bénéfice de 46 % (à 2,24 milliards d'euros), seconde année consécutive de baisse de son activitéEON aussi se débat avec la transition énergétique, dépêche AFP, site de Libération, le 12 mars 2014, consulté le 14 mars 2014.
Scission d'Uniper Le , E.ON a annoncé des dépréciations de 4,5 milliards d'euros découlant des bas prix du marché et sa décision de séparer ses activités de production conventionnelle (gaz, charbon, nucléaire, négoce, exploration) de celles dans les énergies renouvelables et les réseaux. L'entité regroupant les activités conventionnelles sera dénommée UniperE.ON SE NA : E.ON-Le résultat du T1 baisse moins que prévu, le titre monte, Les Echos Bourse, le 7 mai 2015, consulté le 15 mai 2015. Cette scission sera effective en 2016.
E.ON a confirmé la cession à l'australien Macquarie de ses actifs en Espagne et au Portugal pour 2,5 milliards d'euros.. Également, les parts d'E.ON dans Urenco seront revendues en 2016, d'après Klaus Schäfer, le directeur financier du groupe allemand.
Entre 2010 et fin 2014, E.ON a réduit ses effectifs de postes. En 2014, E.ON, du fait des émissions de de ces unités de production, est classé à la troisième place des plus gros pollueurs européens..
En , E.ON annonce 3,1 milliards d'euros de perte, son plus mauvais résultat depuis la création du groupeCécile Boutelet, Les géants allemands de l’énergie en crise profonde, Le Monde, le 11 mars 2015, consulté le 16 mars 2015. En , E.ON déclare la vente de ses activités italiennes spécialisées dans l'hydroélectricité à ERG Group pour environ 1 milliard d'euros..