Alain Guionnet, né le à Paris, est un militant négationniste français né en 1954.

Après plusieurs années passées à l'ultra-gauche, il crée en 1989 la revue Revision, où il fait preuve d'un négationnisme et d'un antisémitisme exacerbés.

Biographie

Jeunesse et études

En , Alain Guionnet est impliqué dans une rixe avec des militants d'extrême droite alors qu'il est élève du lycée Jean-Baptiste-Say. Il est brièvement incarcéré à la maison d'arrêt de Fleury-Mérogis, ce qui provoque des protestations. : après la réunion de deux mille lycéens réclamant sa libération et l'organisation de , plusieurs établissements scolaires parisiens se mettent en grève ; il est relâché après dix jours derrière les barreaux ; l'année suivante, son exclusion définitive du lycée entraîne de nouvelles contestations.

Il obtient par la suite une licence en administration économique et sociale et une maîtrise en histoire..

Militant d'ultra-gauche dans sa jeunesse, il dirige un groupe appelé Oser lutter, oser vaincre, basé à Issy-les-Moulineaux ; il collabore à la revue King-Kong international, et fonde, avec Pierre Guillaume, le journal gauchiste La Guerre sociale.. Il écrit également un courrier à Guy Debord, archivé dans ses Lettres reçuesNotice BnF de L'Aigle noir..

Alors qu'il est étudiant à l'École des hautes études en sciences sociales, son cursus est interrompu par un grave accident de la route, qui le laisse invalide à 70 %. Il reprend une scolarité chaotique, étudiant le hongrois et suivant en auditeur libre des cours d'assyrien et de langue chaldéenne. Revision et militantisme négationniste

Au début des années 1980, il entre en contact avec Robert Faurisson, avec qui il correspond. En 1986, il diffuse à l'université Paris-VI son premier tract, contre la circoncision, signé . En , il fonde, avec Xavier Valla (secrétaire) et Didier Diers (trésorier), l'Association contre la mutilation des enfants (AME). L'AME se propose d'exposer les conséquences et diffuse régulièrement une feuille, Article 312...

En mars de la même année, après avoir participé aux Annales d'histoire révisionniste, il fonde le mensuel négationniste Revision.. qui, outre les textes de son directeur, accueille des articles signés notamment par Claude Courouve., Robert Faurisson, Pierre Marais., Xavier Valla ou Olivier Mathieu., ou encore un entretien avec Michel Lajoye.. Il y republie Les Protocoles des Sages de Sion en feuilleton et y diffuse des théories antimaçonniques . et conspirationnistes... Il y loue aussi les travaux d'Henry Coston. La revue est imprimée par Les Presses bretonnes, alors contrôlées par Fernand Le Rachinel...

Dans le même temps, il continue ses distributions de tracts, toujours signés mais à présent négationnistes, notamment dans la périphérie de Lyon à l'occasion du procès de Klaus Barbie.. Il présente Revision lors de fêtes du Front national., ainsi celle des Bleu-blanc-rouge 1990, où il salue Jean-Marie Le Pen.. Cette même année, à l'occasion de sa première condamnation judiciaire en mars, il reçoit le soutien de François Brigneau dans National-Hebdo.. — journal qui accueille par ailleurs des encarts publicitaires pour Revision.

En 1991, il est interrogé par Serge Moati dans son documentaire La Haine antisémite, diffusé sur TF1... S'éloignant de Robert Faurisson et Henri Roques, il commence à cette époque à se réclamer avec Olivier Mathieu du ., n. 3., qui devient de négationnistes, . et se revendiquant ouvertement du néofascisme..

Guy Birenbaum cite sa revue Revision parmi les publications négationnistes importantes. Pour Jean-Yves Camus, il s'agit du , qui .. Le même auteur souligne que la revue et que sa lecture . Le psychiatre Michel Erlich a parlé à son propos d'.. Stéphane François range Guionnet dans la catégorie des complotistes paranoïaques qui , et souligne que dans son cas ..

Les écrits de Guionnet repoussent régulièrement les limites de la provocation, et Revision, qui se proclame , multiplie les titres du type « Les coupeurs de verge à la grande vergue ! », « Salut Hitler ! », « L'argent n'a pas d'odeur... Mais le juif en a une ! » ou les articles consacrés à la circoncision. La revue tourne essentiellement autour de la figure de son fondateur, allant jusqu'à publier une interview d' par , l'un et l'autre étant des pseudonymes de Guionnet.. Elle est initialement diffusée en kiosque dans les grandes villes, à deux mille exemplaires.. En , un an après sa création, elle est interdite de vente aux mineurs, d'affichage et de toute forme de publicité. Elle n'est plus ensuite diffusée que par abonnements et dans certaines librairies d'extrême droite, comme L'Æncre ou la librairie Ogmios. Roland Gaucher et Philippe Randa écrivent en 2001 que chaque numéro du journal d'Alain Guionnet..

Diverses figures du négationnisme, comme Robert Faurisson ou Henri Roques, prennent assez rapidement leurs distances avec lui ; Roques dit le considérer comme un et Faurisson, dans un entretien accordé à Valérie Igounet, se contente de déclarer : Version intégrale de l'entretien publié dans .. Le dernier numéro de Revision paraît en 2009Notice BnF de Revision..

Le , il organise à Paris, avec Jean Plantin, une manifestation , en soutien aux négationnistes allemands, belges et suisses poursuivis dans leur pays ; il s'agit selon Jacques Leclercq d', mais elle est interdite et ne se tient finalement pas.

Condamnations Alain Guionnet fait l'objet de multiples poursuites et condamnations, tant pour ses articles que pour les autocollants à caractère négationniste et/ou antisémite qu'il appose dans des lieux publics. Après avoir été relaxé des chefs de et d' en 1989, il est condamné à trois reprises (1990, jugement confirmé l'année suivante.., 1993. et 1994) à des peines de prison ferme pour , et .. En 1997, il est condamné pour ..

Selon Jean-Yves Camus, il est jusqu'à Vincent Reynouard la seule personne incarcérée en France après une condamnation pour négationnisme..

Ouvrages . . .

Préfaces . .

Références

Annexes Bibliographie .

Liens externes

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