Ruggero Pazzi (, Milan, Italie – Nogent-sur-Marne, ) est un peintre, sculpteur et graveur italien. Son évolution l'a conduit d'une figuration libre à la non-figuration.
Biographie 1927-1970, Milan Ruggero Pazzi passe à Milan sa jeunesse au sein d’une famille traditionnelle qui compte parmi ses membres et son entourage des artistes de renom : un oncle, Gino Figini, architecte associé de Gino Pollini, père du pianiste Maurizio Pollini, qui avait réalisé la première usine d'Olivetti à Ivrée ; un autre oncle, du côté maternel, dont la femme comédienne, Adriana de Cristoforis, est une vedette de la Radio italienne dans les années 1935 ; un oncle de sa mère, industriel milanais, amateur d’art et mécène, ami du sculpteur Adolfo Wildt. Son père, combattant de la première guerre mondiale comme capitaine de bersagliers, est entrepreneur de bâtiment mais a gardé le goût de la vie militaireConnaître la sculpture de Ruggero Pazzi, Collection dirigée par Jacques Dopagne, Paris, 1986, . Les premières émotions d’ordre plastique de Ruggero Pazzi naissent de manière occasionnelle, sans le soutien familial, devant une crèche en bois, sculptée par des artisans de Val Gardena, dont les personnages et les animaux inspirent ses premiers dessinsConnaître la sculpture de Ruggero Pazzi, Collection dirigée par Jacques Dopagne, Paris, 1986, .
Pazzi ressent la fréquentation de l'école, à partir de 1933, comme un emprisonnementConnaître la sculpture de Ruggero Pazzi, Collection dirigée par Jacques Dopagne, Paris, 1986, . Adolescent, il choisit d’abord des études à orientation scientifique puis s’en détourne. Il entre alors dans une période de recherche, où s’affirme sa passion du dessin, ses sujets de prédilection, qui le resteront toute sa vie, étant le cheval et le nu féminin. En 1943 il s'engage comme volontaire dans la cavalerie à Bergame dont il s'échappe après trois mois de corvées et brimadesConnaître la sculpture de Ruggero Pazzi, Collection dirigée par Jacques Dopagne, Paris, 1986, . À la mort de son père en 1946 il quitte le lycée pour aller à Académie des beaux-arts de Brera.
Ruggero Pazzi travaille en 1950 comme illustrateur dans plusieurs maisons d'édition d'art milanaises (La Prota, A. Vallardi et Gino Sansoni), en 1953 comme dessinateur pour l'hebdomadaire humoristique Guerrin Meschino, puis en 1960 dans la publicité et la bande dessinéeConnaître la sculpture de Ruggero Pazzi, Collection dirigée par Jacques Dopagne, Paris, 1986, . Il fait des voyages et de longs séjours dans les pays scandinaves en 1951 et 1952, en Espagne et en Afrique du nord de 1954 à 1956, visitant les musées et réalisant de nombreux dessins. En 1957 il découvre dans l'île de Tenerife la pierre volcanique et la lave qu'il travaillera plus tard. Il voyage également en 1958 et 1959 en Angleterre, Autriche et Allemagne.
Dans les années 1960, Pazzi décide de suivre à nouveau, à Milan, des cours à l’Académie des beaux-arts de Brera et à l’École Supérieure del Castello Sforzesco. Pendant cette période, il participe à des expositions de groupe et présente, en 1969, une première exposition particulière de ses peintures et de dessins à Milan au palais SormaniConnaître la sculpture de Ruggero Pazzi, Collection dirigée par Jacques Dopagne, Paris, 1986, . Il rencontre, en 1964, le peintre Remo Brindisi qui l’encourage à persévérer dans la voie de la recherche picturale. Il enseigne alors la peinture et le dessin à Milan pendant trois ans. Il s’initie à la gravure qui le conduira progressivement à l’abstractionConnaître la sculpture de Ruggero Pazzi, Collection dirigée par Jacques Dopagne, Paris, 1986, . Il se lie d'amitié avec l’imprimeur et son épouse Rita Gallé qui s’intéressent à sa recherche graphique, cette amitié devant être enrichissante pour l’artiste et son orientation vers la sculpture.
« La gravure avait également éveillé en moi le goût de la matière, et particulièrement de la matière dure, avec laquelle on puisse se mesurer et se battre. D'où mon désir de tire de l'une ou l'autre matière : bois, marbre, pierre, granit, une forme qui deviendrait concrète, réelle, du fait qu'elle occuperait sa place dans l'espace », confie Pazzi. Il s'intéresse simultanément à l'étude de morceaux de moteurs dans un cimetière de voitures qui lui apparaît comme une énorme sculpture. Les dessins qu'il y réalise le mène à ses premières œuvres en bois puis en pierre, dont il ressent que c'est la matière qui lui convient le mieuxConnaître la sculpture de Ruggero Pazzi, Collection dirigée par Jacques Dopagne, Paris, 1986, .
1971-2010, Paris
Après plusieurs voyages à Paris, Pazzi s'y installe en 1971, cette décision représentant pour lui un recommencement en vue de s’accomplir pleinement dans la sculpture et plus précisément dans la « taille directe ». Marié, il s'installe brièvement à Montrouge puis à Saint-Germain-des-Prés. Après avoir travaillé à la Cité d'artistes « La Ruche » dans l’atelier du sculpteur , il aménage un atelier de mécanique désaffecté à Saint-Fargeau dans le arrondissement. Pour réaliser ses œuvres monumentales il achète en 1981 à Montreuil, rue Saint-DenisLucien Curzi, Pazzi, Poggibonsi (Siena), Éditions Nuovastampa, 1982, p. 38, un terrain où il construit son atelier de sculptureConnaître la sculpture de Ruggero Pazzi, collection dirigée par Jacques Dopagne, Paris, 1986, et 56. Il travaille alors en plein air le marbre et le granite. Plus tard il dira : « Je suis sculpteur. Pourquoi ? Il me semble que je l’ai toujours été et que j’ai toujours voulu l’être. »Connaître la sculpture de Ruggero Pazzi, collection dirigée par Jacques Dopagne, Paris, 1986, .
À Carrare, où il se rend régulièrement, Pazzi se lie de grande amitié avec qui sera pour lui une sorte de mentor, et à Paris avec Jean Signovert qui lui ouvre les portes du Salon des réalités nouvelles dont il devient membre du comité directeur de 1979 à 2000. Grâce au critique d’art Jean-Marie Dunoyer, il rencontre en 1975 Nane Stern qui l'expose l'année suivante dans sa galerie. Il fait également la connaissance des sculpteurs Émile Gilioli, Morice Lipsi, Étienne Martin, des peintres Aurélie Nemours, Bram Van Velde, Pierre Tal Coat, Jean Leppien, avec qui il expose en 1984 chez Hélène Vassal, et de Silvano Bozzolini, avec qui il exposera régulièrement. À Urbino, à l’occasion d’une exposition particulière de ses gravures, il rencontre le poète Mario Luzi, et à Vittoria Apuana (Carrare) le sculpteur Henry Moore.
Invité à plusieurs symposiums à l’étranger où il élabore des sculptures monumentales, Pazzi expose régulièrement à Paris et participe à de très nombreuses expositions de groupe en France et à l’étranger, notamment aux Biennales européennes de sculpture de Normandie organisées par Xavier Oriach au Centre d'art contemporain de Jouy-sur-Eure. Son œuvre sculpté et graphique entre dans les musées et plusieurs de ses réalisations monumentales sont installées dans des lieux publics, notamment une sculpture en granit au Musée de la sculpture en plein air de Paris, sur le quai Saint-Bernard. En 1987, Pazzi est invité, conjointement avec le sculpteur Marino di Teana et les peintres Bozzolini et Luc Peire, à Géométries, exposition itinérante organisée par la ville de Paris. En 1991, à l'occasion du de la mort de Jean Arp, à la Fondation Arp à Clamart avec les sculpteurs Antoine Poncet, Hernandez et Fernandez. L’année suivante, il y est de nouveau invité pour une exposition personnelle de dessins et gravures.
Ruggero Pazzi participe à Paris au Salon des réalités nouvelles (1973-1985), au Salon de la jeune sculpture (1975 et 1976), au Salon de mai (1975 et 1978), au Salon des grands et jeunes d'aujourd'hui (1977-1985), au Salon d'automne (1972, 1973 et 1975), au Salon Comparaisons (1978), au Salon Éclaté (1980)Connaître la sculpture de Ruggero Pazzi, Collection dirigée par Jacques Dopagne, Paris, 1986, .
En , après une longue maladie, Ruggero Pazzi s’éteint à la Maison des Artistes à Nogent-sur-Marne. Un hommage lui est rendu en 2011 par le Salon des réalités nouvelles dont une salle est occupée par un choix de ses œuvres.
Jugements sur l’œuvre
Expositions particulières 1969 : Palazzo Sormani, Milan 1972 : Biblioteca Comunale, Milan ; Galleria Segno Grafico, Venise 1973 : Galerie Gallerita, Milan ; Galleria Il Cenacolon, Vicenza ; Museo Raffaello, Urbino ; Galleria Segno Grafico, Udine 1974 : Galerie Marie-France Bourély, Paris 1975 : Galleria La Samperia, Livorno 1976 : Galerie Nane Stern, Paris 1978 : Galerie l’Astragale, Lyon 1979 : Ancienne Chapelle, Dreux 1980 : Galerie Nane Stern, Paris 1981 : Syn’Art, Paris 1982 : Galerie Anne Blanc, Marly-le-Roy 1983 : ADCA, Longjumeau 1984 : Hélène Vassal, Paris (avec le peintre Jean Leppien) 1985 : Musée d'art et d'histoire de Meudon (avec le peintre Raymond Perget), préface de Francis Villadié ; Galerie Michèle Broutta, Paris 1986 : Galerie Olivier Nouvellet, Paris; Galerie Renoir Le Latina, Paris, préface de Gaston DiehlListe établie d'après Connaître la sculpture de Ruggero Pazzi, Collection dirigée par Jacques Dopagne, Paris, 1986, 1987 : Géométries, Maison des Princes, Pérouges et Orangerie de Bagatelle, Paris (avec les peintres Luc Peire et Silvano Bozzolini et le sculpteur Di Teana) 1989 : Galerie Michèle Heyraud, Paris 1991 : Fondation Jean Arp, Clamart, Meudon 1992 : Galerie Lambert Rouland – Paris ; Galerie Irus et Vincent Hansma, Paris 1993 : Galerie Leonardo, Paris 1997 : Galerie Leonardo, Paris 2000 : Galerie K, Emmanuel Carlebach, Paris 2011 : Hommage à Ruggero Pazzi, Salon des réalités nouvelles, Paris 2013 : Hôtel de ville, Saint-Mandé, à l’occasion de l’installation officielle d’une sculpture dans la place de l’Hôtel de ville ; Ruggero Pazzi - L'énergie d'un trait, Éditions L. Mauguin, Paris
Musées et collections publiques France thumb|right|250px|Ruggero Pazzi au Musée de la sculpture en plein air de Paris Auvers-sur-Oise, Musée Daubigny, sculpture, marbre Cergy-Pontoise, Archives départementales Chatauvert, Musée jardin de sculptures Châteauroux, Musée de sculpture de plein air Dunkerque, Musée de Dunkerque Meudon, Musée d'art et d'histoire de Meudon Paris : Musée national d'art moderne, Centre Georges-Pompidou Musée d'art moderne de la ville de Paris Musée de la sculpture en plein air Musée de la Monnaie de Paris Bibliothèque nationale de France : 11 eaux-fortes et aquatintes, 1971-1978 Chambre de commerce italienne FRAC Île-de-France : granit, Nice, Bibliothèque municipale ; Musée Masséna Pontoise, Musée Tavet-Delacour Villeneuve-sur-Lot, Musée de Gajac : marbre de Carrare) Yerres, orangerie de la Propriété Caillebotte
Belgique Bruxelles, Bibliothèque royale de Belgique
Espagne Museo de Hecho
États-Unis San Francisco, California College of Arts
Hongrie Villány, Espace de Sculptures en plein air Siklós, Espace de Sculptures en plein air Nagyatád, Espace de Sculptures en plein air ; Military club
Italie Castellanza, Fondazione Pagani, Museo d'Arte Moderna Florence, Archivio per l'arte italiana del Novecento Milan, Bibliothèque communale, Palazzo Sormani; Museo delle arti, Palazzo Bandera, Busto Arsizio ; Raccolta Bertarelli, Castello Sforzesco Pise, Istituto Storia dell' Arte, Disegni estampe Rome, Gabinetto nazionale delle stampe Urbino, Università degli studi
Macédoine Skopje, Osten Museum of Drawing
Mexique Museo de Ciutad-Cuauhtemoc
Monuments et sculptures en plein air 1977 : marbre des Pyrénées 1977 (h : ), Symposium international de sculpture, Hecho, Espagne 1978 : marbre blanc de Carrare (h : ), Fondazione Pagani, Musée d’Art Moderne, Castellanza ; marbre (h : ), Espace de Sculptures en plein air, Siklos, Hongrie 1979 : pierre de Sauvigny (h : 1,30), Symposium National de Sculpture, La Borne ; Pierre de Sauvigny (1,50) La Borne ; granite bleu de Lanhelin (h : ), Musée de la sculpture en plein air, Paris