Tabriz (azéri et persan , anciennement Tauris), est la capitale de la province de l'Azerbaïdjan oriental, au nord-ouest de l'Iran (Azerbaïdjan iranien). Elle se trouve sur le cours de la rivière Talkheh (aussi appelée Aji-Chāi), près du lac d'Ourmia, à proximité des frontières de la république d'Azerbaïdjan et de l'Arménie. Sa population s'élève à en 2023..

Tabriz et le territoire de l'Azerbaïdjan ne sont pas loin des zones frontalières entre l'Iran, l'Azerbaïdjan et le Nakhitchevan.

Géographie

Situation Tabriz est située au nord-ouest de l'Iran, dans la province d'Azerbaïdjan oriental, dont elle est la capitale. Elle se trouve à au nord-ouest de Téhéran.

Géologie et relief Tabriz a été bâtie dans une vallée fertile, arrosée par les rivières Aji et Quri et encadrée par les montagnes Eynali, qui culmine au nord à , et Sahand, au sud, dont le sommet le plus élevé se trouve à .

La zone est fortement sismique et la ville a été dévastée de nombreuses fois dans l'histoire par des séismes.

Climat Tabriz a un climat semi-aride froid (type BSk selon la classification de Köppen). Les précipitations annuelles s'élèvent à , dont une bonne partie tombe sous forme de neige en hiver, et de pluie au printemps et en automne. En été, le temps est habituellement chaud, sec et ensoleillé.

La ville bénéficie donc d'un climat doux et agréable au printemps, sec et semi-chaud en été, humide et pluvieux en automne et froid et neigeux en hiver.

La température annuelle moyenne est de 12,6 °C .

Pollution de l'environnement La pollution atmosphérique est l'un des principaux problèmes de l'environnement à Tabriz.

Histoire Préhistoire et antiquité Le site de Tabriz est habité depuis la Préhistoire et il reste des traces d'occupation à l'âge du fer. En 2002, plusieurs tombes sont découvertes près de la mosquée bleue de Tabriz. Les analyses au carbone 14 réalisées par l'université Allameh Tabataba'i ont démontré qu'elles dataient au moins de 1800 Le résultat des fouilles est conservé dans le musée de l'Âge du fer de Tabriz.

La première référence faite à Tabriz figure sur une tablette de pierre de l'époque du roi assyrien Sargon II, à la fin du La tablette se réfère à un endroit appelé , dont les historiens pensent qu'ils étaient situés à l'emplacement de l'actuelle Tabriz.

Une légende grecque tardive raconte que Ménélas et Hélène furent immolés à Tauris par Iphigénie Ptolémée Chennos, cité par Photios dans sa Bibliothèque ., mais cette légende pourrait aussi faire référence à la Tauride (Crimée).

Moyen Âge La conquête arabe Après la conquête de la Perse sassanide par les Arabes musulmans, la tribu yéménite Azd s'installe à Tabriz. La ville connait alors un certain développement, au point que le géographe arabe Yaqout affirme au que Tabriz n'était qu'un village avant l'arrivée des Arabes. En 791, la ville est détruite par un tremblement de terre. Zubayda, épouse du calife abbasside Haroun al-Rachid, permet par ses dons la reconstruction et l'embellissement de la ville.

À partir de la fin du , Tabriz vit une période troublée. Elle devient la capitale de dynastes locaux qui étendent leur pouvoir sur la région.

La splendeur sous les Ilkhanides En 1227, la ville est conquise par Gengis Khan et intégrée au vaste empire mongol. Elle se relève à partir de 1270, date à laquelle Abaqa Khan, petit-fils de Gengis Khan et fondateur de la dynastie des Ilkhanides, se fixe à Tabriz pour sa position privilégiée près des vastes prairies du nord-ouest de l'Iran actuel David Morgan, The Mongols, Wiley-Blackwell, 2007 ( éd.), .. En 1295, Ghazan Khan en fait le centre administratif de son empire, qui s'étend de l'Anatolie à l'Amou-Daria, et du Caucase à l'océan Indien. Sous son règne sont élevées de nouvelles murailles et de nombreux bâtiments publics, des écoles et des caravansérails.

La ville est fréquentée par les marchands étrangers qui fréquentent la route de la Soie. On rencontre même des marchands italiens, tels Marco Polo qui traverse Tabriz alors qu'il rentre de Chine des Yuan (alors dirigée par Kubilaï Khan, autre petit-fils de Gengis Khan). Il décrit « une grande ville entourée de beaux et agréables jardins. Elle est excellemment située et on y trouve des marchandises venues de toutes les régions. Les marchands latins et en particulier les Génois s'y rendent pour acheter des marchandises » Marco Polo, The travels of Marco Polo: the Venetian, G. Bell & sons, 1854, .. La ville avait une communauté juive, dont le médecin qui exerça brièvement la fonction de vizir entre 1289 et 1291, mais ses conditions de vie se dégradèrent ensuite, comme en témoignent des pogroms après la mort de Rashid al-Din, et au la relation d'un voyageur juif yéménite « Tabriz », Jewish Virtual Library..

La ville attire aussi les savants, comme Grégoire Choniadès, qui y séjourne vers 1295 pour y recevoir l'enseignement du savant Shams al-Din al-BoukhariIl semble s'être heurté à une réticence à enseigner l'astronomie à un Byzantin. Quand il demanda pourquoi l'étude de cette discipline était réservée aux seuls Persans, on lui répondit que « c'est une vieille croyance chez eux que leur empire sera détruit par les Romains (= les Byzantins) quand ceux-ci useront de l'astronomie » (Georges Chrysococcès, éd. Usener, Kleine Schriften III, )., disciple de Nasir al-Din al-Tusi. Il revient à Tabriz en 1302 en tant qu'évêque de l'Église orthodoxe.

La reprise des troubles au Au , la ville connait un destin agité, au cœur des rivalités entre Ilkhanides et Chupanides. En 1375, Tabriz devient la capitale de l'État des Qara Qoyunlu. La ville connait une période de calme et la ville est embellie : c'est de ce moment que date la mosquée Bleue. Mais en 1392, Tamerlan met la ville à sac. Elle est reconstruite par les Aq Qoyunlu, une dynastie locale turkmène qui règne sur la région depuis Tabriz entre 1469 et 1502).

Époque moderne En 1501, Ismail et ses qizilbash s'emparent de Tabriz, marquant la fondation de l'État safavide. Ismail fait de la ville la capitale de son royaume. Mais, située près des frontières avec l'Empire ottoman, elle se trouve exposée aux guerres que les souverains safavides mènent contre leurs voisins. En 1514, après la bataille de Tchaldiran, Tabriz est occupée temporairement par les Ottomans. En 1548, le fils d'Ismail , Shah Tahmasp déplace la capitale à Qazvin, car la ville continue à souffrir des guerres perso-ottomanes. Les Ottomans s'en emparent au cours de la première guerre turco-séfévide (1578–1590) ; mais la guerre reprend en 1603 avec la prise de Tabriz par Abbas le Grand, qui reconquiert en quelques années l’Azerbaïdjan, la Géorgie et la Mésopotamie avec Bagdad sur les Ottomans (1612).

Période contemporaine

Tabriz devient résidence du prince héritier sous la dynastie qadjare, celui-ci servant de gouverneur de la province iranienne d'Azerbaïdjan. Cette grande ville occupe une position stratégique, à la frontière avec l'empire russe, avec lequel les conflits se multiplient. La ville est d'ailleurs conquise par les Russes en 1826. Elle n'est rendue qu'après le traité de Turkmanchai de 1828, par lequel la Perse cède le nord de l'Azerbaïdjan.

Après le départ des Russes, le prince Abbas Mirza engage la reconstruction de la ville et décide d'y expérimenter ses idées sur la modernisation de la Perse : il introduit des institutions d'inspiration occidentale, importe des machines industrielles, installe un service de poste régulier, entame des réformes militaires et met en place un système d'impôts moderne Gregorian Vartan, The Road to Home: My Life and Times, Simon Scmuster, 2003, .. La ville retrouve sa prospérité alors que l'Iran commence à s'ouvrir à l'Occident, la ville devenant un point de passage entre l'intérieur de l'Iran et la mer Noire.

Au début du , la ville devient le centre le plus important d'opposition à Mohammad Ali Shah lors de la révolution constitutionnelle persane, mouvement mené à Tabriz par Sattar Khan et Bagher Khan.

Durant la Première Guerre mondiale, la Perse déclare sa neutralité dans le conflit. Cependant, Tabriz se trouve occupée par les troupes russes, qui ne quittent la ville qu'après le retrait de la Russie du conflit. La ville est alors envahie par les forces ottomanes, qui ne s'en vont qu'après la fin de la guerre en 1918. En 1920, Tabriz devient brièvement le centre de l'État révolutionnaire d'Azadistan, mis en place par Cheykh Mohammad Khiabani.

En 1921, Reza Shah s'empare du pouvoir par un coup d'État. La modernisation du pays, rebaptisé « Iran », repose en partie sur l'unification et la centralisation. Cette politique décide la concentration des pouvoirs à Téhéran, ainsi que des restrictions dans les domaines de la culture, du patrimoine et de la langue pour les Azéris d'Iran et de Tabriz en particulierTouraj Atabaki, Azerbaijan: Ethnicity and the Struggle for Power in Iran, I.B Tauris, 2000, ..

Politique 250px|vignette|La tour Saat, siège de la municipalité de Tabriz.

La ville est dirigée par son maire. Il était choisi par le ministère de l'Intérieur entre 1908 et 1923, puis par le gouverneur entre 1923 et 2001. Depuis 2001, il est élu par le conseil municipal. Celui-ci est élu tous les quatre ans par les habitants de Tabriz. Le maire actuel est Najafi, candidat réformiste du Front de participation à l'Iran islamique, élu pour la en 2006.

La mairie de Tabriz se trouve dans le palais municipal de Tabriz, populairement appelé tour Saat, c'est-à-dire la tour de l'Horloge.

Population Démographie Au dernier recensement, en 2016, la population de la ville de Tabriz était de .

Ethnies

Tabriz est la capitale de la province iranienne d'Azerbaïdjan oriental, et plus largement, de l'Azerbaïdjan iranien et . On trouve également des Arméniens et des Assyriens.

Culture Cuisine 250px|vignette|Un plat de koufteh Tabrizi, une spécialité culinaire de la région de Tabriz.

La cuisine de Tabriz se trouve au carrefour des influences iraniennes et azéris. Les spécialités les plus connues sont : l' (ash, aash, aush), une soupe préparée avec du bouillon, des légumes divers, de la carotte, des nouilles et des épices. le tchélo kébab est le plat national iranien, préparé avec de la viande hachée (kébab) mélangé avec des épices et des oignons, des tomates passées au four, le tout servie avec du riz. le dolma est une spécialité à base d'aubergine, de tomates, de poivrons ou de courgettes fourrées avec une farce de viande, de pois secs, d'oignon et d'épices. le garniyarikh (ce qui signifie « estomac retourné » en azéri) est une sorte de dolma fourré à la viande, à l'ail, aux amandes et aux épices. le koufteh Tabrizi est une spécialité de Tabriz à base de boulettes de viande, préparées avec du riz et du poireau. Le mot kefta est d'ailleurs dérivé du persan « kūfta » ( ou kūftan signifie « battre »).

Il existe enfin divers types de biscuits et de gâteaux, comme les ghorabiye, les Tabrizi lovuz, eris, nugha, tasbihi, latifeh, ahari et lovadieh.

Langue

La langue la plus parlée est l'azéri, même si le persan est largement parlé et compris par la population. Le persan reste en effet la seule langue officielle de l'Iran et la seule langue utilisée dans le système éducatif.

La langue azéri moderne est dérivée du dialecte turc des Oghouzes, qui se sont répandus en Asie occidentale lors des migrations turques du Moyen Âge. Leur langue a été fortement touchée par des influences persanes et arabes.

Littérature Tabriz a attiré et accueilli de nombreux écrivains et poètes. La littérature classique azérie s'est formée au , sur les bases des dialectes de Tabriz et du Shirvan. La langue fut utilisée par les poètes et les écrivains classiques azéris, tels que Nassimi, Fuzuli et chah Ismail , connu comme poète sous le nom de Khatai. Les poètes de langue persane les plus connus à avoir séjourné dans la ville sont Qatran au , Khaqani au et le mystique soufi Roumi au . Tabriz a d'ailleurs été une source d'inspiration pour les poètes :

عزیزی در اقصای تبریز بود