L'Yveline ou Pays d'Yveline (parfois écrit Iveline jusqu'au début du ) est un pays traditionnel français, située au sud-ouest de l'Île-de-France, à cheval principalement sur le centre et le sud des Yvelines et l'ouest de l'Essonne. Quelques communes de l'extrême-est de l'Eure-et-Loir s'y rattachent également, quoique cela soit discuté. Au cours du , l'appellation de Pays d'Yveline a été peu à peu remplacée par celle de Haute Vallée de Chevreuse, seul nom à véritablement subsister aujourd'hui.
Le Pays d'Yveline doit son nom à l'ancien massif forestier de l'Yveline, qui existe encore au-travers de la forêt de Rambouillet, l'une des plus vastes et des mieux préservées de France, atteignant . La partie méridionale de la forêt, entre Rambouillet, Saint-Arnoult-en-Yvelines, Angervilliers et Cernay-la-Ville est d'ailleurs appelée "massif de l'Yveline".
Le département des Yvelines, créé en 1968, a été repris du nom historique et traditionnel de la région et est en grande partie responsable de son effacement, plus aucune distinction n'étant faite en la véritable Yveline et le Mantois (en plus des quelques communes relevant d'autres pays, Vexin, campagne d'Évreux, Hurepoix et Drouais). L'idée du nom du département revient au poète Jehan Despert. L'emploi pluriel fautif est cependant plus ancien, il a en effet été retranscrit dans plusieurs noms de communes avant la création du département et à la demande des mairies, et se retrouve dès le . Il s'agit probablement d'une orthographe populaire qui s'est généralisée.
L'Yveline est, de même que le Perche ou le Drouais, un pays traditionnel des Marches de Normandie. Elle n'a été intégrée que tardivement à l'Île-de-France et le parler local est caractérisé par un accent traînant caractéristique du normand, ainsi que par plusieurs mots de vocabulaire normands. Il existe également dans la culture locale et populaire de nombreuses références, plus ou moins positives, aux Normands de Normandie propre.
Géographie Les limites de l'Yveline Il est généralement considéré que les limites du Pays d'Yveline sont celles de sa forêt (ensemble formé par les forêts de Rambouillet, de Dourdan et de Port-Royal). Celle-ci est l'une des héritières de la forêt des Carnutes, au même titre que les massifs de Senonches, de Fontainebleau et d'Orléans. Néanmoins cela soulève plusieurs problèmes, les limites antiques et médiévales de la forêt d'Yveline n'étant que très imparfaitement connues et celle-ci ayant jouxté par le passé d'autres massifs.
Les limites traditionnelles de l'Yveline sont définies par un mélange de perspective historique et géographique, comme pour tout pays traditionnel. L'appartenance à l'ancien Comté de Montfort-l'Amaury apparaît comme le marqueur le plus déterminant.
En 1929, Pierre Monbeig, géographe, a délimité le Pays d'Yveline comme suit : "le pays compris entre la vallée de l'Orge, celle de l'Yvette, la petite ville de Montfort-l'Amaury et la plaine qui s'étend de Gambais à Épernon". Cette définition est, parmi celles publiées dans des études, celle qui se rapproche le plus de la réalité. Elle véhicule pourtant certaines erreurs et approximations. Est-ce la confluence de l'Orge et de l'Yvette qui marque la limite orientale ? Pourquoi la plaine de Montfort-l'Amaury se retrouve-t-elle exclue du Pays d'Yveline ? Enfin, il convient de préciser qu'il n'y a pas de plaine entre Gambais et Épernon, mais une succession de vallons, longtemps disputés entre l'Yveline, le Drouais et la Beauce.
Traditionnellement, considère que le Pays d'Yveline s'étend entre la ride de Thoiry au Nord, séparant le pays du Mantois, la lisière de la forêt de Rambouillet au Nord-Ouest, marquant la frontière avec le Drouais, la sortie des vallons de la Vesgre, de la Maltorne et de la Drouette à l'Ouest, débouchant sur le Drouais et la Beauce, la sortie de la vallée de l'Orge au Sud-Est, voisinant le Hurepoix et la Beauce, l'entrée dans la basse vallée de l'Orge et dans celle de l'Yvette à l'Est, à hauteur de Breuillet ou d'Arpajon selon les définitions pour la première, et à hauteur d'Orsay pour la seconde, illustrant l'entrée dans le Hurepoix, et enfin l'assemblage formé par l'arrivée sur le plateau de Saclay, l'entrée dans la vallée de la Bièvre, la lisière de la forêt de Port-Royal et l'entrée sur le plateau de Villaroy surplombant la Mauldre au Nord-Est, s'étirant là aussi en bordure du Hurepoix. Au Sud, la limite est sujette à débat. Pour des raisons historiques et administratives, Ablis et ses environs sont parfois inclus dans l'Yveline, bien que généralement considérés comme étant dans la Beauce.
Les terroirs traditionnels de la Haute Vallée de Chevreuse Le Pays d'Yveline, ou Haute Vallée de Chevreuse, connaît une division traditionnelle en cinq ou six terroirs.
Ces terroirs sont :
- la plaine de Montfort, région anthropique où les communes sont proches les unes des autres, où coule la Mauldre, comprenant peu d'étangs mais beaucoup de prairies inondables, où la forêt est très morcelée par l'étalement humain, les prés d'élevage, les grandes cultures, la N12, la ligne Paris-Dreux/Paris-Argentan/Paris-Granville et à l'extrême-Sud-Est, par la ville-nouvelle de Saint-Quentin-en-Yvelines ; la plaine de Montfort était déjà largement défrichée lorsque Guillaume de Montfort reçut la région en fief en 990
- les vallons de la Vesgre, de la Maltorne et de la Drouette, région très rurale, faiblement peuplée et assez isolée dominée par Épernon et couverte de prés, de forêt peu profonde et de collines, sans grand axe de transport excepté la ligne Paris-Chartres/Paris-Nogent-le-Rotrou/Paris-Le Mans à l'extrême-Sud ; les vallons de la Vesgre, de la Maltorne et de la Drouette ont été partiellement défrichés sur ordre de Guillaume de Montfort, dont ils constituaient le second fief, aux alentours de l'an mille
Ces deux premiers terroirs constituent la seigneurie de Montfort originelle, unie avant l'an mille.
- le massif de Rambouillet, région très forestière et préservée, restée sauvage et jamais défrichée, où les communes, très espacées, sont à la tête de territoires importants, d'où partent un grand nombre de cours d'eau de la région et qui comprend de nombreux étangs, lui valant le surnom de "château d'eau des Yvelines", et traversée par N10 et la ligne Paris-Rambouillet/Paris-Chartres/Paris-Nogent-le-Rotrou/Paris-Le Mans ; le massif de Rambouillet était, lors de l'unification de l'Yveline entre 990 et 1050, partagé entre un territoire non-maîtrisé et administré en théorie depuis Saint-Léger-en-Yvelines pour sa partie septentrionale, mais en réalité plus ou moins dominé par le seigneur de Chevreuse, et un fief seigneurial dont le siège était à Rochefort-en-Yvelines ; la partie nord fut directement confiée à Guillaume de Montfort peu après l'an mil et la partie méridionale fut placée dans un état de vassalité au même moment, faisant du massif de Rambouillet le troisième terroir unifié à la seigneurie de Montfort ; il s'agit du cœur de l'Yveline, parfois considéré comme étant le Pays d'Yveline authentique et sauvage, héritier des Carnutes
- la vallée de l'Orge, en fait haute vallée de l'Orge, terroir très forestier dans sa partie sud-ouest, incluant de nombreux prés et prairies dans sa partie nord et où l'on trouve de plus en plus de grandes cultures en allant vers le sud-est et dominé par Dourdan, où l'habitat est assez inégalement réparti, mais jamais isolé ; cette région est traversée par l'A10 et la ligne C du RER ; ce terroir a été uni à l'Yveline en même temps que le massif de Rambouillet car il était dominé par Saint-Martin-de-Bréthencourt, fief de la maison de Rochefort, fidèle à Guillaume de Montfort, à l'exception de Dourdan, enclave royale jusqu'à sa prise au début du .
- la haute vallée de l'Yvette, où l'occupation humaine est très inégale, entre le nord densément peuplé (Magny-les-Hameaux, Voisins-le-Bretonneux, Saint-Rémy-lès-Chevreuse, etc.) et le sud faiblement occupé (Auffargis, Cernay-la-Ville, Senlisse, Les Molières, etc.), principalement occupée par un assemblage de petites vallées très étroites où le couvert forestier est important à très important, mais aussi par quelques grandes cultures et prairies ; il s'agit d'un terroir pré-montagneux où le dénivelé est très important, le tout dominé par Chevreuse ; il n'y a pas de grand axe de transport, sauf la ligne B du RER qui ne pénètre pas très loin dans la vallée ; la vallée de l'Yvette a été le dernier fief uni à la seigneurie de Montfort, à la suite d'une série de guerres et de rébellions, le seigneur de Chevreuse refusant son statut de vassal de celui de Montfort, et ce jusque dans les années 1120 ; la vallée de l'Yvette est la région la mieux préservée de l'Yveline, d'un point de vue naturel et pittoresque, et celle où l'identité locale est restée la plus forte.
À ces cinq terroirs est parfois ajouté le plateau d'Ablis. En effet, ce bourg et ses environs relevaient de la seigneurie de Saint-Martin-de-Bréthencourt au moment de l'unification de l'Yveline. Néanmoins, ils en ont été détachés par la suite pour dépendre de Chartres. La culture locale y est celle de la Beauce, de même que le paysage et il n'existe pas de limite géographique visible avec cette dernière. Les habitants ne s'y identifient pas à la Haute Vallée de Chevreuse mais à la Beauce. Néanmoins, cela tend à être reconsidéré avec l'apparition de l'appellation de "Sud-Yvelines" qui inclut les communes du plateau d'Ablis.
La liste des communes du Pays d'Yveline Les communes de l'Yveline, ou Haute Vallée de Chevreuse, sont les suivantes, par terroir :
Plaine de Montfort : Auteuil, Autouillet, Bazainville, Bazoches-sur-Guyonne, Béhoust, Beynes, Boissy-sans-Avoir, Coignières, Élancourt, Flexanville, Galluis, Garancières, Goupillières, Grosrouvre, Jouars-Pontchartrain, Marcq, Mareil-le-Guyon, Maurepas, Méré, Les Mesnuls, Millemont, Montfort-l'Amaury (siège du terroir et capitale historique de la Haute Vallée de Chevreuse), Neauphle-le-Château, Neauphle-le-Vieux, Orgerus, Osmoy, La Queue-les-Yvelines, Saint-Germain-de-la-Grange, Saint-Rémy-l'Honoré, Saulx-Marchais, Thiverval-Grignon, Thoiry, Le Tremblay-sur-Mauldre, La Verrière, Villiers-le-Mahieu, Villiers-Saint-Frédéric Vallons de la Vesgre, de la Maltorne et de la Drouette : Adainville, La Boissière-École, Bourdonné, Condé-sur-Vesgre, Droue-sur-Drouette, Écrosnes Émancé, Épernon (siège du terroir), Gambais, Gas, Hanches, La Hauteville, Hermeray, Houx, Mittainville, Orcemont, Orphin, Raizeux, Saint-Hilarion, Le Tartre-Gaudran Massif de Rambouillet : Bonnelles, Bullion, La Celle-les-Bordes, Clairefontaine-en-Yvelines, Gambaiseuil, Gazeran, Longvilliers, Poigny-la-Forêt, Ponthévrard, Rambouillet (siège du terroir et centre économique et administratif de la Haute Vallée de Chevreuse), Rochefort-en-Yvelines, Saint-Arnoult-en-Yvelines, Saint-Léger-en-Yvelines, Sonchamp Vallée de l'Orge (appartenant clairement au Hurepoix, selon les sources) : Angervilliers, Briis-sous-Forges, Bruyères-le-Châtel, Corbreuse, Courson-Monteloup, Dourdan (siège du terroir), Fontenay-lès-Briis, Forges-les-Bains, Les Granges-le-Roi, Limours, Pecqueuse, Roinville-sous-Dourdan, Saint-Chéron, Saint-Cyr-sous-Dourdan, Saint-Martin-de-Bréthencourt, Sainte-Mesme, Saint-Maurice-Montcouronne, Sermaise, Le Val-Saint-Germain, Vaugrigneuse Haute vallée de l'Yvette (vallée partagée avec le Hurepoix) : Auffargis, Boullay-les-Troux, Les Bréviaires, Buc, Cernay-la-Ville, Châteaufort, Chevreuse (siège du terroir et capitale culturelle de la Haute Vallée de Chevreuse), Choisel, Dampierre-en-Yvelines (dont l'ancienne commune de Maincourt-sur-Yvette), Les Essarts-le-Roi (dont l'ancienne commune des Layes), Lévis-Saint-Nom, Magny-les-Hameaux, Le Mesnil-Saint-Denis, Milon-la-Chapelle, Les Molières, Le Perray-en-Yvelines, Saint-Forget, Saint-Lambert, Saint-Rémy-lès-Chevreuse, Senlisse, Toussus-le-Noble, Vieille-Église-en-Yvelines