Bubona est la déesse protectrice des bœufs dans la mythologie romaine.
Bubona n'est cité que par Saint-Augustin qui s'en moque comme d'une divinité mineureDe civitate Dei 4.24. Elle est par ailleurs inconnue des auteurs classiques. Si elle n'est pas une invention d'Augustin, elle pourrait alors faire partie des Di indigetes, les divinités indigènes de la religion romaine.
Étymologie Le nom de Bubona dérive du latin bos (génitif bovisGiovan Battista Pellegrini, Toponomastica italiana, Hoepli, 1990, ., d'où le français « bovin »), qui signifie généralement « bœuf » au singulier et « bétail » au pluriel (bubus au datif et à l'ablatif pluriel ; comparer avec bubulcus, « celui qui conduit ou garde le bétail »). La formation de ce théonyme a été comparée à celle de Bellone, « celle qui préside à la guerre (bellum) », Pomone, « celle qui préside aux fruits du verger (pomum) »Hendrik Wagenvoort, Diva Angerona, dans Pietas: Selected Studies in Roman Religion, Brill, 1980, . et Épona, la déesse chevaline romano-celtique (du gaulois epos, « cheval »Xavier Delamarre, Dictionnaire de la langue gauloise, Éditions Errance, 2003, .), dont l'image était placée dans les écuries comme tutélaire des animauxDans les années 1840, Leonhard Schmitz déclarait que des images de Bubona étaient également placées dans les étables, mais tous les passages qu'il cite qui décrivent cette pratique ne nomme qu'Épona ; voir Dictionary of Greek and Roman Biography and Mythology, Londres, 1849, vol. 1, en ligne ; voir aussi : Ludwig Preller, Römische Mythologie, Berlin, 1858, , et Götternamen: Versuch einer Lehre von der Religiösen Begriffsbildung d'Hermann Usener, Francfort, 1896, ..
Mentions Augustin mentionne Bubona dans deux passages. Outre le passage sur les théonymes et les personnifications divines, il la cite parmi plusieurs autres divinités ayant des fonctions spécifiques pour les Romains, contrairement au dieu unique des JuifsAugustin, De civitate Dei 4.34 ; Maijastina Kahlos, Debate and Dialogue: Christian and Pagan Cultures c. 360–430, Ashgate, 2007, ..
Georg Wissowa pensaitGeorg Wissowa, Religion und Kultus der Römer, Munich, 1902, . qu'une fête du bétail (ludi boum causa) mentionnée par Pline devait être dédiée à BubonaLudos boum causa celebrantes Bubetios vocabant: Pline, Histoire naturelle 18.3.12.. Ceux qui célébraient les rites étaient appelés Bubetii, un titre qui n'apparaît que chez PlineLudos boum causa celebrantes Bubetios vocabant, in Histoire naturelle, 18.3.12. Aucun texte ni inscription ne confirme cette allégation cependant.
Tradition classique Au , les jardins à la française comportaient souvent des sculptures de divinités classiques, choisies en fonction de leur adéquation à la fonction du lieu : Sylvanus pour un bosquet, par exemple, ou Pomone pour un verger. Bubona figurait parmi celles recommandées pour les « petits enclos à moutons »Batty Langley, New Principles of Gardening (1726), tel que cité par Mark Leone, Interpreting Ideology in Historical Archaeology: The William Paca Garden in Annapolis, Maryland, dans Ideology, Power, and Prehistory, Cambridge University Press, 1984, ; John Dixon Hunt et Peter Willis, The Genius of the Place: The English Landscape Garden, 1620–1820, MIT Press, 1988, 2000, . .
Voir aussi Pages connexes Liste des divinités mineures romaines Di indigetes
Notes et références
Catégorie:Déesse romaine Catégorie:Divinité des animaux