Walter Spanghero, né le à Payra-sur-l'Hers (Aude), est un joueur international français de rugby à XV, devenu dirigeant sportif et homme d'affaires. Walter Spanghero est considéré comme l'un des meilleurs joueurs français de sa génération et comme un joueur emblématique de l'histoire du rugby français ainsi que de l'histoire du RC Narbonne, club dans lequel il joua durant presque l'entièreté de sa carrière. Il compte cinquante-et-une sélections en équipe de France, dont vingt-trois fois au poste de troisième ligne centre, cinq fois comme troisième ligne aile et vingt-trois fois au poste de deuxième ligne entre 1964 et 1973. Il a marqué quatre essais et a été désigné capitaine à onze reprises.

Walter Spanghero est un des acteurs de la victoire française lors de trois Tournois des Cinq Nations (1967, 1968 et 1973) dont un Grand Chelem en 1968. Il participe aux tournées en Afrique du Sud en 1964, 1967 et 1971, en Australie en 1968 et 1972 et en Nouvelle-Zélande en 1968.

Après avoir travaillé à la ferme paternelle, puis dans une banque, il est devenu le chef d'entreprise d'une société locale indépendante de location de voitures de la région toulousaine avant de céder cette affaire.

Carrière sportive Jeunesse, famille alt=Plan représentant des espaces verts aménagés sur et autour d'un rond-point.|gauche|vignette|La ville de Bram, fief de la famille Spanghero. Walter Spanghero est né le à Payra-sur-l'Hers (Aude). Walter est un prénom masculin allemand et anglais, d'origine germanique, qui est courant dans la région d'origine de ses parents.Voir les articles Frioul et Histoire de l'Italie pour comprendre l'influence autrichienne sur cette région du Nord-Est de l'Italie.. Il se marie le . et il a un fils unique prénommé Xavier..

Son père, Dante Ferrucio Spanghero, immigré du Frioul., arrive en France dans les années 1930 pour y gagner sa vie comme maçon.. La gale du ciment le rend inapte à la profession et il rentre en Italie. Après avoir quitté à nouveau son pays natal pour rejoindre Montréal, il s'installe à Bram en 1936.. Il épouse Roméa, elle aussi immigrée italienne, en 1938 à Mirepoix, en Ariège., pour donner naissance à une famille nombreuse de six garçons et deux filles. Il travaille à la ferme, ils , se souvient Laurent Spanghero, le fils aîné. Dante Ferrucio Spanghero joue au rugby à XV dans le club local de Bram..

Les six garçons jouent au rugby à un haut niveau, Walter et Claude deviendront même internationaux. , se rappelle Laurent.

Walter est le troisième de la lignée. Ses cinq frères sont Laurent, Jean-Marie, Claude, Guy et Gilbert. Claude est 22 fois international. (dont sept aux côtés de son frère), il fait partie de l'équipe première du Racing Club narbonnais. tout comme Laurent, Jean-Marie. et Guy. Gilbert joue notamment à Graulhet. En 1966, un sujet de l'émission Les Coulisses de l'exploit est réalisé au sujet de la fratrie Spanghero, reportage assuré par le journaliste sportif Roger Couderc. Le benjamin a dix-neuf ans de moins que l'aîné. Maryse et Annie sont les deux filles.

Walter Spanghero aide d'abord à la ferme. Il est amoureux de la terre, très attaché au travail bien fait. À l'âge de douze ou treize ans, il va traire les vaches dès 5 heures du matin, avant de partir pour l'école et fait de même le soir. , se souvient Walter Spanghero.. Il devient garçon de ferme.

Débuts avec Narbonne et en équipe de France gauche|vignette|alt=Vue d'un petit stade de rugby. Des poteaux de rugby et la pelouse au premier plan ; une tribune couverte en béton et un projecteur sur sa droite en arrière-plan|Walter Spanghero commence le rugby à XV au haut niveau sur la pelouse du stade Cassayet de Narbonne. Walter Spanghero commence tardivement le rugby à XV à 17 ans à Bram. Il rejoint Narbonne en 1961 et il joue en équipe première de 1961 à 1975. En 1964, les Narbonnais et Walter parviennent à disputer les demi-finales du championnat de France (défaite 8-3 contre la Section paloise, future championne de France). En quart de finale, Walter Spanghero se distingue en deuxième ligne pour une victoire 11 à 0 sur Montferrand..

Il est retenu pour effectuer la tournée de l'équipe de France en Afrique du Sud après un match de sélection, disputé à Pau en .. Alors présent au bataillon de Joinville, il doit sa présence dans le groupe français à l'absence du troisième ligne centre de Toulouse Jean Fabre, blessé au nez.. Walter Spanghero reçoit sa première cape à l'âge de 20 ans le Une cape (de l'anglais cap, qui signifie casquette) est une casquette qui symbolise la sélection d'un sportif dans l'équipe nationale de son pays. Ce terme est particulièrement utilisé au rugby à XV.. Il est retenu pour affronter les est le surnom donné à l'équipe d'Afrique du Sud de rugby à XV. à Springs. Les circonstances sont peut-être les plus difficiles possibles.. La pression est importante., la précédente tournée de l'équipe de France de rugby à XV en 1958 en Afrique du Sud ayant été la première tournée d'une équipe de rugby à XV représentant la France dans une nation du Commonwealth de l'hémisphère SudElle est cependant la seconde équipe de rugby française à effectuer une tournée dans l'hémisphère sud puisque les treizistes innovent sept ans plus tôt lors de leur première tournée en Australie et en Nouvelle-Zélande.. qui a en plus abouti sur une victoire finale dans la série de test matchs (avec une victoire et un match nul). Il est ainsi aligné aux côtés de Benoît Dauga, 22 ans. Emmenée par son capitaine Michel Crauste, l'équipe de France domine le match grâce au pack d'avants, et prend l'avantage sur un essai de l'ailier Christian Darrouy. Les Sud-Africains manquent une transformation et la France s'impose 8-6Voir aussi Décompte des points au rugby à XV. En 1964, l'essai transformé vaut cinq points, l'essai non transformé trois points, le drop goal (coup de pied tombé) trois points, la pénalité trois points. En 1973, après une période d'essai d'une année dans l'hémisphère nord, l'essai passe à 4 points, l'essai transformé à 6 points.. Walter Spanghero est la révélation et l'homme du match.. Pour le troisième match de la tournée disputé contre la Western Province, le jeune joueur est essayé au poste de pilier..

Walter Spanghero découvre en 1965 le Tournoi des Cinq Nations avec une sélection le à Colombes contre l'Écosse. Lors de France-Irlande en 1966, au début de la seconde mi-temps, après une charge du joueur narbonnais, le public se lève, et scande son nom. L'émotion est forte pour le jeune joueur...

Les tournées dans l'hémisphère Sud sont rares, les déplacements en Roumanie moins appréciées des amateurs de rugby. Le Tournoi, lui, , selon Claude Dourthe.

Nouvelles tournées et Grand Chelem Une nouvelle tournée en Afrique du Sud en 1967 lui vaut le surnom de « » (« l'homme de fer ») de la part des Sud-Africains. Lors de celle-ci, il dispute le premier test, à Durban. Il subit un K.O. lors d'une bagarre.. Pour la première fois de son histoire, l'équipe de France subit une défaite lors d'un test disputé en Afrique du Sud. Il est aligné au poste de troisième ligne aile à Bloemfontein où les Français subissent une nouvelle défaite, 16 à 3. Pour le troisième test, à Johannesbourg, il évolue de nouveau au poste de troisième ligne aile lors d'une victoire 19 à 14.. Malgré une blessure contre le Northern Transvaal, match considéré comme l'équivalent d'un test, rencontre où il inscrit un essai, il se rétablit rapidement pour disputer le dernier test, au Cap. Cette rencontre se termine sur un score nul de 6 partout dans lequel il inscrit un essai.Voir aussi le chapitre Statistiques sur les confrontations de l'Équipe d'Afrique du Sud de rugby à XV. L'équipe d'Afrique du Sud présente un bilan négatif par rapport à une seule autre équipe majeure du rugby à XV, à savoir la Nouvelle-Zélande.. vignette|upright|alt=Gros plan représentant un homme en costard, portant un badge autour du cou, et des lunettes sur le nez. Il a des cheveux frisés gris.|Jo Maso, coéquipier de Walter Spanghero en club de 1968 à 1975 et en équipe nationale de 1966 à 1973.

Walter Spanghero connaît en 1968 un autre fait d'armes, avec un Grand Chelem obtenu dans le Tournoi des Cinq Nations 1968 dans des conditions étonnantes. Après les deux premiers matchs du tournoi, les sélectionneurs acceptent d'organiser un match de démonstration à Grenoble juste avant l'ouverture des Jeux olympiques. L'équipe de France, qui avait , se souvient Christian Carrère, s'incline face à une sélection du Sud-est mené par les frères Guy et Lilian Camberabero. Cette défaite provoque de gros changements : huit nouveaux joueurs sont appelés par rapport au test précédent.. Cette rencontre est ainsi fatale à la première ligne formée de Abadie, Cabanier et Gruarin, aucun de ces joueurs ne disputant ensuite de matchs avec les Bleus..

Pour le dernier match disputé au pays de Galles, le terrain est très difficile (), la météo est détestable, le jeu est cantonné devant. Alors, — avoue Walter Spanghero — a lieu.

Côté club en 1968, Walter Spanghero et les Narbonnais parviennent à disputer les demi-finales du championnat de France (défaite 14-9 contre Toulon.) puis à gagner la finale du Challenge Yves du Manoir (victoire 14-6 contre Dax).

L'équipe de France, après son premier Grand Chelem, connaît une série de défaites. Celle-ci débute par trois face aux est le surnom donné à l'équipe de Nouvelle-Zélande de rugby à XV., puis une face aux est le surnom donné à l'équipe d'Australie de rugby à XV. lors de la même tournée., rencontre où il inscrit son premier essai avec le maillot bleu. C'est ensuite deux défaites face aux en France. et une défaite à Bucarest face à la Roumanie. Pour le premier match du tournoi face à l'Écosse, le forfait de Jean Salut dans le couloir menant au terrain nécessite un réajustement qui oblige Benoît Dauga à descendre de deuxième ligne au poste de troisième ligne centre, Spanghero, titulaire de ce poste de numéro 8 depuis 1967, étant repositionné en troisième ligne aile... Après une défaite à Paris lors de cette rencontre, puis en Irlande lors du match suivant, Walter Spanghero renonce à être sélectionné : il montre ainsi qu' Après une nouvelle défaite contre l'Angleterre, la dixième consécutive pour l'équipe de France, il est rappelé pour disputer le match face au pays de Galles, qui compte alors deux victoires en deux rencontres.. Pour la première fois en équipe de France, il est désigné capitaine, avec l'appui du président de la République française, Georges Pompidou., d'une équipe de France qui compte quatre autres joueurs narbonnais : Jo Maso, Gérard Sutra, Gérard Viard et René Bénésis. Il conduit son équipe à un match nul à Colombes contre le pays de Galles finalement vainqueur du Tournoi des Cinq Nations 1969. Invité à prendre le commandement de l'équipe, il n'accepte cette fonction qu'en exigeant les pleins pouvoirs de préparation et de commandement, et les obtient. Toutefois, Guy Basquet manœuvre pour ne pas les lui conserver..