Le fort de St-Héribert (ou fort de Wépion) est un des neuf forts semi-enterrés composant la position fortifiée de Namur. Ce fort est construit de 1888 à 1892 selon les plans du général Brialmont. Contrairement aux forts français construits à la même époque par Séré de Rivières, ce fort est en béton non armé, nouveau matériau pour l'époque, au lieu de maçonnerie. Lors du siège de Namur en , il est lourdement bombardé par l'artillerie allemande. Le fort de Saint-Héribert est remis à niveau en 1930 dans l'espoir de prévenir ou ralentir une, alors hypothétique, attaque allemande. En 1940, il est attaqué le et capturé six jours plus tard. Depuis l'été 2013, le fort est en cours de réhabilitation.
Description Le fort de Saint-Héribert est situé à Wépion, à au sud de Namur entre le fort de Malonne et le fort de Dave à une altitude de . Il est, avec celui de Malonne, un des deux forts défendant Namur sur son côté Entre-Sambre-et-Meuse. Étant situé au sud-ouest de Namur, il est l'un des moins exposé des forts de Namur à l'axe d'attaque initiale allemande.
Il est un des grands forts Brialmont de forme triangulaire de la position fortifiée de Namur. Les petits forts de plus grande taille sont mieux pourvus en artillerie et en personnel d'artillerie constitué de troupes de forteresse appartenant à l'armée d'active. vignette|Plan de la position fortifiée de Namur|gauche Un massif central en béton protège le bureau de tir (centre nerveux du fort) ainsi que les magasins et les coupoles de tir. Au sommet du massif central, le fort possède également une tourelle d'éclairage avec un phare à ellipse. L'armement principal est concentré sur le massif central, étroitement rassemblé sous un épais béton. L'armement du fort de Saint-Héribert inclut deux coupoles rotatives avec un obusier de , une coupole avec deux canons de et deux coupoles avec deux canons de pour l'attaque à longue distance. Il y a aussi quatre coupoles à éclipses équipées de canons de pour la défense rapprochée. Six canons de à cadence rapide ainsi que deux canons mobiles équipent les casemates pour la défense des fossés et de la poterne. L'artillerie lourde du fort est de fabrication allemande (Krupp) alors que les mécanismes des tourelles sont d'origines diverses. Les canons utilisent la poudre noire, ce qui produit des gaz asphyxiants dans les espaces confinés et qui se propagent dans le fort. gauche|vignette|Vue du massif central d'un fort Brialmont. Il est entouré de fossés profonds de et larges de . Ces fossés sont défendus en enfilade par des canons de rassemblés dans des casemates situées dans la contrescarpe. La défense des glacis est confiée aux fantassins à l'usage desquels des banquettes de tir coiffent le massif central. Un personnel d'observation est disposé sur les clochers des environs, sur les carrefours et points dominants et communique les informations par téléphone. La communication entre les forts voisins se fait au moyen de signaux lumineux en morse.gauche|vignette|Plan d'un grand fort Brialmont. Les forts belges faisant peu de provisions par rapport aux besoins quotidiens d'une garnison en temps de guerre et les latrines, douches, cuisines et morgue se retrouvant dans la contrescarpe, les rendent intenables pendant les combats. Cela aura des conséquences importantes sur la capacité des forts à résister à un assaut de longue durée. La zone de service est placée en face des baraquements qui donnent sur le fossé à l'arrière du fort (dans ce cas, en direction de Namur) et qui bénéficient d'une protection moindre que le front ou les saillants. Les forts conçus par Brialmont possèdent le côté arrière plus faiblement défendu pour permettre une recapture par les forces belges et les commodités et les baraquements y sont localisés, le fossé apportant lumière et ventilation aux espaces de vie. Au combat, les bombardements intenses rendent le fossé arrière intenable et les forces allemandes ont su profiter de cette faiblesse après avoir franchi l'espace entre deux forts. Les forts Brialmont sont également conçus pour résister à un bombardement de canons de . Le sommet du massif central est épais de de béton non armé alors que les murs de la caserne, jugés moins exposés, n'en font que .
L'alimentation électrique est délivrée par un dynamo entraînée par une machine à vapeur.
gauche|vignette|Galerie de communication avec le coffre de tête. gauche|vignette|Galerie centrale. vignette|Fossé arrière du fort. vignette|Coupe du fort. Histoire Première Guerre mondiale En , le fort de Saint-Héribert et sa garnison d'environ 530 artilleurs et fantassins sont sous les ordres du capitaine-commandant Camille Derzelle. vignette|Mur criblé d'impacts de tirs. Le , contrairement aux attaques sur les forts de Liège, l'infanterie n'est pas envoyée d'emblée par les Allemands pour éviter les pertes inutiles. Le contact téléphonique du fort avec l'extérieur est perdu le et les troupes d'intervalles battent en retraite. Le 24, le fort repousse une attaque d'infanterie puis subit un lourd bombardement par des obusiers de de à pour éviter la fuite de la garnison. À , la garnison hisse le drapeau blanc.
Entre-deux-guerres
L'armement du fort est amélioré en 1930 dans le but de dissuader une éventuelle incursion allemande. La tourelle de est remplacée par une tourelle de deux canons de à longue portée. Les quatrièmes tourelles rétractables de sont quant à elles échangées contre des tourelles, également à éclipses de . Les deux coupoles de sont rééquipées avec deux mitrailleuses et les deux tourelles avec les obusiers sont comblées. L'entrée est dotée de deux positions de mitrailleuses. Six positions DCA armées de mitrailleuses Maxim sont également placées. La protection est substantiellement améliorée ainsi que la ventilation, les commodités et la communication notamment par l'installation de l'électricité. L'électricité est produite par des moteurs diesels. La zone autour du fort est dotée de neuf postes d'observation et abris à destination des troupes d'intervalles.
Seconde Guerre mondiale En 1940, durant la bataille de France, le fort est commandé par le capitaine-commandant L'Entrée et 400 artilleurs. Les premiers tirs sur les forces allemandes en approche ont lieu le à une cadence initiale de 50 tirs par heure par les canons de 75 mm, cadence qui sera augmentée à 75 puis 120 tirs par heure pour s'arrêter à . Le même jour, les troupes d'intervalles battent en retraite. Le fort subit une attaque aérienne dans l'après-midi. Les 16 et sont des jours calmes mais le 18, le fort subit le feu ennemi et riposte en harcelant les positions d'artillerie ennemie avec ses canons de 75. Le , la couverture de béton du fort est endommagée mais il est toujours capable de faire feu sur les postes d'observation ennemis à proximité. Le bombardement ennemi s'intensifie le 20, causant des dommages. Durant les premières heures du , les patrouilles allemandes commencent à avancer dans les bois proches sous couvert de bombes fumigènes. Le fort est encerclé aux premières lueurs de l'aube, mais reçoit l'aide via des tirs directs des forts voisins d'Andoy, Malonne et Dave. L'attaque d'infanterie est repoussée mais entretemps, les Allemands ont pu amener des pièces d'artillerie à 500 m du fort et mettent hors de combat les coupoles les unes après les autres. Le fort continue sa résistance avec les mitrailleuses de défense des fossés, mais ses générateurs électriques diesels finissent par tomber en panne à la mi-journée. Après avoir saboté les armes restantes et détruit les documents, la garnison se rend à . Le fort, à l'issue des combats, compte une seule victime alors que les Allemands dénombrent 129 morts et 602 blessés, appartenant principalement au d'infanterie.
Après la Seconde Guerre mondiale Le fort n'a jamais été réparé ou réhabilité après la Seconde Guerre mondiale.
Jusqu'au début des années 1960, le fort est utilisé pour des essais d'explosifs par l'armée Belge (génie de Jambes) ce qui cause de nombreux dégâts dans les salles et galeries. Il est ensuite vendu à un ferrailleur qui en extrait tout le métal valorisable. Les fossés seront ensuite progressivement comblés par l'entreposage de déchets inertes. Le fort disparait totalement mais un éboulement permet, à l'aide de matériel de spéléologie, à quelques-uns de s'y aventurer.
Situation actuelle Le fort appartient actuellement à une fondation privée qui, depuis , a effectué le dégagement des terres comblant l'entrée et les fossés du fort ainsi que la restitution de certaines parties abîmées.
Restauré en 2014, il est le seul fort de la position fortifiée de Namur ouvert à la visite (principalement en été et le reste de l'année à des groupes ou sur réservation). Un petit musée est installé à sa sortie et des parcours nature sont organisés sur ses superstructures.
Références
Annexes Articles connexes Position fortifiée de Namur Siège de Namur (1914) Fort de Malonne Fort de Dave
Bibliographie
Kauffmann, J.E., Jurga, R., Fortress Europe: European Fortifications of World War II, Da Capo Press, USA, 2002, .
Liens externes https://www.fortsaintheribert.be/]
Saint-Heribert Catégorie:Wépion