Composition en gris et vert est une huile sur toile de Nicolas de Staël réalisée en achetée à l'artiste par Bernard Dorival, conservateur du Musée national d'art moderne. L'accrochage de ce tableau a donné lieu à un jeu de mots reproduit très souvent dans les biographies du peintre. À une époque où ses recherches l'éloignait de l'abstraction, l'isolant un peu de la peinture à la mode, il exige d'être accroché en haut de l'escalier pour être écarté du groupe des abstraits et il remercie le directeur du musée avec cette phrase Cette toile figure au du catalogue raisonné établi par Françoise de Staël en collaboration avec Anne de Staël, André Chastel et Germain Viatte. Depuis , il est en dépôt au palais de l'Élysée, siège de la présidence de la République française...
Contexte Cet achat de Bernard Dorival est d'autant plus risqué il n'était pas d'usage, pour les musées, d'acheter aux peintres vivants. La plupart des conservateurs s'appuyaient sur des dispositions règlementaires « tâtillonnes ». L'opposition violente d'un conseiller, en lors de l'achat de tableaux de Georges Braque, Henri Matisse, Pierre Bonnard, Georges Rouault est encore dans les mémoires. Il aura fallu l'autorité de Georges Salles, directeur des Musées de France, pour retourner la situation. Bien que les directives se soient assouplies après cet épisode, Dorival doit encore demander l'accord de ses supérieurs pour les achats.
La position du peintre est dans cette période très ambigüe, difficile à comprendre pour le monde de l'art. Bernard Dorival, dans un article publié en juillet de l'année , le caractérise ainsi : Lors de l'exposition de ce tableau au Salon de mai le critique René de Solier écrit que la singularité de Staël s'affirme là :
Staël est aussi un « client » difficile pour les critiques qu'il s'efforce de reprendre lorsqu'il voit des erreurs d'appréciations. Roger Van Gindertael désigne sa peinture comme tactile et sensuelle : Dès réception de l'article, Nicolas de Staël lui répond pour préciser son point de vue, ce qui amène Van Gindertel à publier une plaquette de reproductions commentées. Les commentaires de Nicolas de Staël sont :
Description Lors de la rétrospective à la Fondation Maeght de , le catalogue établi par Jean-Louis Prat, avec Anne de Staël, Jorge Semprun et Georges Raillard, reprenait le commentaire de ce tableau que Arno Mansar avait fait dans son ouvrage paru aux éditions La Manufacture en :
Si Staël utilise encore le pinceau, il cherche à obtenir une pâte de plus en plus sèche. Son travail ici n'est pas sans rappeler celui d'un de ses compatriotes : Serge Poliakoff, mais un Poliakoff dynamique, autrement excentrique. Cette vivacité, le tableau la doit au contraste rouge/vert à gauche, augmenté par un triangle ocre jaune. Le catalogue cite comme toujours au sujet de ce tableau, l'accrochage de Dorival, et la lettre de remerciement que lui a envoyé Staël :
Par « gang de l'abstraction avant » de Staël fait référence au Gang des Tractions Avant dont les méfaits remplissaient les unes des journaux de l'époque.
Bibliographie . . . ; entièrement revue, corrigée et actualisée, Tournai, La Renaissance du livre, , , 236 . . lien Archives de l'ouvrage
Notes et références
Liens externes
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