L’archidiocèse de Wrocław est un archidiocèse de rite romain de l’Église catholique. Il a pour cathédrale Wrocław en Pologne. Depuis sa création en évêché en l'an mil jusqu'à 1821, il dépendait de l'archidiocèse de Gniezno en Grande-Pologne. De 1821 à 1930 il dépendait directement du Siège apostolique. Entre 1821 et 1972, il était appelé officiellement (archi)diocèse de Breslau.

Territoire thumb|left|285px|Carte des archidiocèses et diocèses polonais. L'archidiocèse comprend la partie orientale de la voïvodie de Basse-Silésie et les powiats de Brzeg et Namysłów dans la voïvodie d'Opole.

Le siège archiépiscopal est à Wrocław, où se trouve la cathédrale Saint-Jean-Baptiste. Plusieurs basiliques mineures se dressent également sur le territoire : Sainte-Élisabeth à Wroclaw, Sainte-Edwige à Trzebnica, Saint-Jean-l'Évangéliste à Oleśnica et Saint-Georges-Martyr à Ziębice.

Le territoire couvre , et il est divisé en 33 doyennés et 297 paroisses.

Histoire Haut Moyen Âge Ce sont des missionnaires de Moravie et de Bohême qui propagèrent le christianisme en Silésie. Après la conversion du duc de Pologne et la conquête de la Silésie, l'évangélisation progressa rapidement. Jusqu'à l'an mil, la Silésie n'avait pas d'évêque en propre, elle dépendait des diocèses voisins. Cela maintenait le contact entre la Silésie et le Saint-Empire romain germanique. Le cours supérieur de l'Oder formait la frontière avec le royaume de Pologne. Tous les territoires qui aujourd'hui forment la Silésie (et qui se trouvent en rive droite de l'Oder) étaient ainsi rattachés au diocèse de Poznań, suffragant de l’archevêché de Magdebourg. Cette moitié de la Silésie se trouvait ainsi sous la juridiction d'un prêtre du nom de Jordan, qui fut choisi comme premier évêque de Poznań en 968. La moitié de la Silésie occupant la rive gauche de l’Oder appartenait au royaume de Bohême, et se trouvait placée par conséquent sous la juridiction diocésaine de Prague. L’évêché de Prague, fondé en 973, était suffragant de l’archevêché de Mayence.

Le duc , fils de Mieszko, obtint la partie bohémienne de la Silésie durant ses guerres de conquête, ce qui devait faire passer la province sous dépendance d'un évêché plus nordique : par décret de l'empereur en 995, la Silésie fut rattachée à l’évêché de Meissen qui, comme Poznań, était suffragant de l'Archevêché de Magdebourg. Peu après, l'empereur Othon et Bolesław, qui avait fait allégeance à l'empereur, gouverna sur toute la Silésie. Il établit le diocèse de Wrocław qui, avec les évêchés de Cracovie et de Kołobrzeg, fut placé sous l'autorité de l’archevêché de Gniezno en Grande-Pologne, fondé par Othon en l'an mil au cours d'un pèlerinage. Le premier évêque de Wrocław aurait été Jean, mais on ne sait de lui que son nom : aucun document officiel ne précise les frontières de son diocèse à l'époque de sa nomination. Toutefois, celles-ci sont précisées par les bulles d'approbation et de protection fulminées par le pape , le , et confirmées par le pape , le .

Au potentat Boleslas succéda son fils , qui ne régna que pour peu de temps. À sa mort, il éclata une révolte contre l’Église chrétienne et la famille régnante se déchira ; la jeune Église polonaise, en proie aux troubles, se désintégra et l'on ignore le nom des prélats de Wrocław entre 1035 et 1085 : un certain Jérôme, qu'une tradition tardive désigne comme un noble romain, aurait officié à Wrocław entre 1051 et 1062. , le fils de Mieszko, et sa mère s'étaient enfuis du pays, et ce n'est que grâce à l'aide des colons teutoniques qu'ils purent retrouver le pouvoir ; leur première tâche fut de rétablir l'organisation du clergé. Le diocèse fut gouverné par (1062–72), puis par (1071–1111). Sous l’épiscopat de ce dernier, le comte Pierre Wlast multiplia les fondations d'églises et de monastères, qui restent attachées à son nom. Les successeurs de Petrus sont (1112–20); Heimon (1120–26), qui reçut Othon de Bamberg à Wrocław en , alors que le saint accomplissait une tournée missionnaire à travers la Poméranie ; (1127–42), qui sera ensuite évêque de Cracovie ; (1142–46), et (1146–49), qui sera ensuite archevêque de Gniezno.

Les duchés de Silésie et la fragmentation des terres polonaises On connaît beaucoup mieux l’histoire du diocèse de Wrocław à partir de l’épiscopat de l’évêque Gautier (1149–69). Le pape , sur requête de Gautier en 1155, prit l'archevêché sous sa protection et confirma les possessions territoriales dont on lui soumettait la liste. Parmi les droits confirmés par le pape, il y avait la juridiction sur la châtellenie d’Otmuchów, constitutive du patrimoine du diocèse dès sa fondation. En 1163, les fils du duc revinrent de leur exil en terre d'Empire et, par la grâce de l’empereur Frédéric Barberousse, reçurent comme duché indépendant la moitié de Silésie rattachée au diocèse de Wrocław. L’évêque Gautier fit édifier une nouvelle cathédrale, plus massive, où il fut inhumé. (1170–98) encouragea la fondation du monastère cistercien de Lebus par le duc . En 1180, Siroslas participa au ban de Łęczyca au cours duquel furent promulguées les lois protégeant l’Église et ses propriétés. Le duc Iaroslav d'Opole (1198–1201), fils aîné du duc Boleslas, fut le premier prince à devenir évêque de Wrocław (cf. prince-évêque).

Cyprien (1201–12077), l'abbé du monastère Prémontrés de Saint-Vincent, près de Wrocław, était déjà évêque de Lebus lorsqu'il fut élu à la tête du diocèse de Wrocław. Sous l’épiscopat de Cyprien, le duc et sa femme, sainte Edwige, fondèrent le couvent cistercien de Trebnitz. L’épiscopat de l'évêque Laurent (1207–32) est marqué par la volonté de faire prospérer les terres de l’Église en y attirant des colons germanophones, afin de mettre en culture les terres défrichées. Il suivait en cela l'exemple des monarques et Edwige. Les monastères de la règle de saint Augustin, prémontrés et cisterciens, prirent une part active part dans l'application du projet des princes en facilitant l'établissement d'un grand nombre de colons germanophones, pour la plupart Thuringiens et Franconiens, sur leurs propres terres.

L'un des plus illustres évêques, (1232–68), poursuivit l’œuvre de colonisation teutonique avec une telle ardeur que même les incursions des Mongols (1241) n'y mirent qu'une éphémère interruption. Avec la germanisation de la Silésie, le toponyme germanique de « Breslau » finit par s'imposer au détriment de celui de « Wrocław », de sorte que le diocèse prit désormais le nom d’« évêché de Breslau ». Le rôle important joué par Thomas dans la défense des droits de l’Église en fit l'adversaire du duc Boleslas de Liegnitz. Thomas est le commanditaire de la cathédrale actuelle, dont l'élément le plus ancien est le chancel. Sainte Edwige mourut sous son épiscopat ; et si l'évêque lui-même survécut jusqu'à ce que le procès de sa canonisation fût achevé, il mourut avant la cérémonie finale d'élévation sur les autels de l’Église Catholique. Après , Ladislas, un des petits-fils de Sainte Edwige, et archevêque de Salzbourg, fut administrateur du diocèse de Breslau jusqu'à sa mort en 1270.

(1270–92), qui pendant des années combattit le duc sur les prérogatives de l’Église en Silésie, lui succéda à Breslau. Mais en 1287, Henri et l'évêque se réconcilièrent à Ratisbonne, et en 1288 le duc fonda la collégiale de la Sainte-Croix à Breslau. À sa mort, survenue la veille de la Saint-Jean 1290, le duc confirma la souveraineté de l’Église sur les terres de Neisse et d’Ottmachau. consacra le maître-autel de la cathédrale ; il assista au premier concile de Lyon (1274) et en 1279 organisa un synode diocésain. Romka (1292–1301), appartenait au parti polonais du chapitre cathédral. Son intransigeance sur les prérogatives de l’Église en firent lui aussi l'adversaire des princes temporels de Silésie ; en 1296 il convoqua un synode sur la défense de ces droits.

Lors de l'élection de (1302–19), le parti pro-allemand au chapitre cathédral l'emporta, mais sa victoire valut au nouvel évêque l’inimitié de la faction rivale. Il fut choisi comme précepteur des jeunes ducs de Breslau, et le montant exorbitant de ses honoraires, ainsi que le jeu des factions, finirent par susciter de graves accusations à son encontre. Il fut retenu de nombreuses années en Avignon par un procès devant la Curie, dont il sortit finalement vainqueur. Malgré les vicissitudes de son mandat, il accomplit sa tâche d'évêque avec énergie : il poursuivit la construction de la cathédrale, et en 1305 puis en 1316 il tint deux synodes diocésains. La charge de coadjuteur de Breslau fut créée sous son épiscopat. À sa mort, un scrutin infructueux conduisit à la vacance de la chaire. Les deux candidats, Vit et Lutold, élus par les factions rivales, finirent par démissionner, et le pape nomma l'évêque Nanker de Cracovie à Breslau (1326–41).

Diocèse de Bohême La constante division et le morcellement des terres de Silésie en petites principautés au bénéfice des rejetons des grandes familles provoquait un affaiblissement militaire, nécessitant l'appui d'un puissant suzerain, et c'est ainsi que la Silésie passa sous le contrôle de la Bohême (une première fois de 1289 à 1306, puis définitivement à partir de 1327), royaume qui faisait lui-même partie du Saint-Empire romain germanique. Une querelle s'éleva entre l'évêque Nanker et le suzerain de Silésie, le roi , lorsque le roi s'empara du château de Milicz, propriété du chapitre cathédral. L'évêque excommunia le roi et les participants au synode de Breslau qui faisaient cause commune avec lui. Contraint finalement de fuir Breslau, Nanker alla trouver refuge à Neisse, où il mourut.

vignette|upright|Przecslas de Pogarel, de Wrocław. Przecław de Pogarell (1341–1376) fut élu évêque alors qu'il poursuivait ses études à Bologne, et fut consacré évêque en Avignon. Grâce à ses liens d'amitié avec Charles, le fils du roi Jean, il parvint à mettre un terme à la discorde de son prédécesseur. Le diocèse prospéra énormément sous son règne. Il racheta le duché de Grodków au duc Boleslas de Brieg et l'agrandit des terres épiscopales de Neisse. Les évêques de Breslau bénéficièrent désormais des titres de Fürst (prince) de Neisse et de « duc de Grottkau », et avaient à ce titre préséance sur les autres seigneurs de Silésie qui n'y avaient en fief que des principautés.

L'empereur voulait détacher Breslau de l’archidiocèse de Gniezno pour en faire un évêché suffragant de l'archevêché de Prague (1344) qu'il venait de créer, mais son plan échoua à cause de l'opposition de l'archevêque de Gniezno. Przecław ajouta à la cathédrale la belle chapelle aux Dames, où il fut inhumé et où l'on peut encore voir son tombeau. Dietrich, doyen de la cathédrale, qui fut élu successeur de Przecław, ne parvint pas à obtenir la confirmation papale, et ce fut l’évêque d'Olomouc (Olmütz), qui fut choisi à sa place. Au terme d'un long conflit avec l'empereur Charles, l’évêque Venceslas de Lebus, duc de Liegnitz, fut transféré à Breslau (1382–1417). Le nouvel évêque se consacra à la reconstruction de la Silésie, que Charles avait dévastée en représailles. Il organisa deux synodes (en 1410 puis en 1415), consacrés à la restauration de la discipline ecclésiastique ; et il promulgua en Silésie la loi sur le droit d'héritage, dite « loi de Venceslas ». Venceslas démissionna de sa charge en 1417, et mourut deux ans plus tard.