vignette|La mère d'un prisonnier remercie Konrad Adenauer à son retour de Moscou le . Adenauer avait réussi à conclure les négociations pour le retour en Allemagne, à la fin de cette année, de civils et prisonniers de guerre allemands. vignette|Un prisonnier de retour en 1955 annonce à une femme la mort de son fils.

Environ trois millions de prisonniers de guerre allemands avaient été capturés par l'Union soviétique pendant la Seconde Guerre mondiale, la plupart d'entre eux lors des grandes avancées de l'Armée rouge dans la dernière année de la guerre. Les prisonniers de guerre furent utilisés comme travailleurs forcés dans l'économie de guerre soviétique et lors de la reconstruction d'après-guerre. En 1950, presque tous les survivants avaient été libérés. Officiellement, le dernier prisonnier de guerre allemand survivant rentra d'URSS en 1956. Selon les archives soviétiques, prisonniers de guerre de la Wehrmacht moururent dans les camps du NKVD ( ressortissants allemands et d'autres pays)G. I. Krivosheev. Soviet Casualties and Combat Losses. Greenhill 1997 Pages 276-278.In his revised Russian language edition of Soviet Casualties and Combat Losses Krivosheev put the number of German military POW at 2,733,739 and dead at 381,067 G. I. Krivosheev Rossiia i SSSR v voinakh XX veka: Poteri vooruzhennykh sil ; statisticheskoe issledovanie OLMA-Press, 2001 Table 198. Les estimations allemandes évaluent le nombre de prisonniers de guerre allemands morts en URSS à environ 1 million. Elles soutiennent que, parmi ceux signalés comme disparus, beaucoup étaient en fait morts comme prisonniers de guerreRüdiger Overmans, Soldaten hinter Stacheldraht. Deutsche Kriegsgefangene des Zweiten Weltkriege. Ullstein., 2000 Page 246 .

Prisonniers de guerre allemands en URSS Dans les premiers mois de la guerre germano-soviétique, peu d'Allemands avaient été capturés par les forces soviétiques. Après la bataille de Moscou et la retraite des forces allemandes, le nombre de prisonniers dans les camps soviétiques pour prisonniers de guerre (souvent d'anciens camps du Goulag dont les détenus - Zeks - avaient été soit enrôlés dans l'Armée rouge, soit transférés plus à l'est)Anne Applebaum, Pierre-Emmanuel Dauzat (trad.), Goulag : Une histoire, Paris, éditions Bernard Grasset, 2003, 2005. augmenta pour atteindre les au début de 1942 Rüdiger Overmans, Soldaten hinter Stacheldraht. Deutsche Kriegsgefangene des Zweiten Weltkriege. Ullstein., 2000 Page 272 .

Quand la allemande se rendit lors de la bataille de Stalingrad, des survivants devinrent des prisonniers de guerre, portant leur nombre à au début de 1943. Affaiblis par la malnutrition et mal équipés pour l'hiver russe, beaucoup gelèrent et moururent dans les mois suivant leur capture à Stalingrad ; seuls environ d'entre eux survécurent et purent être rapatriés après la guerre Nicolas Werth, Karel Bartošek, Jean-Louis Panné, Jean-Louis Margolin, Andrzej Paczkowski, Stéphane Courtois: The Black Book of Communism: Crimes, Terror, Repression, Harvard University Press, 1999, hardcover, 858 pages, , page 322. Ils estiment le nombre de prisonniers faits à Stalingrad à , dont survécurent. The Great Patriotic War: 55 years on La BBC estime le nombre de prisonniers faits à Stalingrad à , dont survécurent.. Comme la situation économique désespérée de l'Union soviétique s’améliora en 1943, le taux de mortalité dans les camps de prisonniers de guerre diminua de manière drastique. Au même moment, les prisonniers de guerre devinrent une source importante de travailleurs pour l'économie soviétique manquant de main-d'œuvre. Avec la formation du « Comité national pour une Allemagne libre » et la «Ligue des officiers allemands », les prisonniers de guerre procommunistes obtinrent plus de privilèges et de meilleures rations. À la suite de l'opération Bagration et l'effondrement de la partie sud du front de l'Est, le nombre de prisonniers de guerre allemands doubla presque dans la deuxième moitié de 1944. Dans les premiers mois de 1945, l'Armée Rouge avança jusqu'à la rivière Oder et jusqu’aux Balkans. Là encore, le nombre de prisonniers de guerre s’accrut pour atteindre en .

vignette|Soldats allemands prisonniers de guerre sous garde soviétique dans les rues de Kiev.

Selon les archives soviétiques, 2,8 millions de membres de la Wehrmacht étaient détenus comme prisonniers de guerre par l'Union soviétique à la fin de la guerre. Un grand nombre de prisonniers de guerre allemands fut libéré à la fin de 1946 : l'Union soviétique détenait alors moins de prisonniers que le Royaume-Uni et la France réunis. Avec la création en d'un État allemand pro-soviétique dans la zone d'occupation soviétique en Allemagne, la République démocratique allemande (RDA), tous les prisonniers de guerre furent libérés et rapatriés, à l'exception de . La plupart des prisonniers encore détenus avaient été reconnus comme criminels de guerre et nombre d'entre eux avaient été condamnés à de longues peines dans des camps de travail forcé, généralement de 25 ans. Ce ne fut qu’en 1956 que le dernier de ces fut rapatrié, à la suite de l'intervention du chancelier ouest-allemand Konrad Adenauer à Moscou Rüdiger Overmans: Soldaten hinter Stacheldraht. Deutsche Kriegsgefangene des Zweiten Weltkriegs. Ullstein, München 2002, , p.258 Andreas Hilger: Deutsche Kriegsgefangene in der Sowjetunion 1941-1956. Kriegsgefangenschaft, Lageralltag und Erinnerung. Klartext Verlag, Essen 2000, , p. 137 (Tabelle 3 and Tabelle 10).

L'historien britannique Richard Overy estime que sur les prisonniers de guerre allemands moururent dans des camps de travail soviétiques Richard Overy The Dictators: Hitler's Germany and Stalin's Russia (2004), . Selon Anne Applebaum, prisonniers de guerre de l’Axe moururent en détention en Union Soviétique et les vrais totaux pourraient être plus élevés : Une commission ouest-allemande Nicolas Werth, Karel Bartošek, Jean-Louis Panné, Jean-Louis Margolin, Andrzej Paczkowski, Stéphane Courtois, The Black Book of Communism: Crimes, Terror, Repression, Harvard University Press, 1999, hardcover, 858 pages, , page 322 a estimé que près d'un million de prisonniers allemands étaient morts dans les camps soviétiques entre 1941 et 1952 German POWs and the Art of Survival .

Selon , les États-Unis choisirent de remettre plusieurs centaines de milliers de prisonniers allemands à l'Union soviétique en comme « geste d'amitié » Edward N. Peterson: The American Occupation of Germany, pp 116, "Some hundreds of thousands who had fled to the Americans to avoid being taken prisoner by the Russians were turned over in May to the Red Army in a gesture of friendship.". Niall Ferguson soutient que de nombreuses unités allemandes avaient cherché à se rendre aux Américains, de préférence à d'autres forces alliées, et en particulier à l'Armée Rouge Niall Ferguson: Prisoner Taking and Prisoner Killing in the Age of Total War: Towards a Political Economy of Military Defeat War in History, 2004, 11 (2) 148–192 pg. 189. soutient que les forces américaines refusèrent la capitulation des troupes allemandes en Saxe et en Bohême, et à la place les ont remises à l'Union soviétique Heinz Nawratil Die deutschen Nachkriegsverluste unter Vertriebenen, Gefangenen und Verschleppter: mit einer Übersicht über die europäischen Nachkriegsverluste. Munich and Berlin, 1988, pp. 36f.).

Des milliers de prisonniers furent transférés aux autorités soviétiques depuis les camps de prisonniers de guerre à l'Ouest : on sait par exemple que officiers allemands furent envoyés depuis l'Ouest au camp de concentration de Sachsenhausen, qui était à l'époque l'un des camps spéciaux du NKVD et à partir duquel il est connu qu'il y avait des transferts plus à l'est vers la Sibérie.

Estimations allemandes vignette|droite|250px| Prisonniers de guerre allemands à Moscou (1944)

Le gouvernement ouest-allemand mit en place la commission Maschke pour enquêter sur le sort des prisonniers de guerre allemands durant la guerre. Dans son rapport de 1974, elle constata que pour près de 1,2 million de militaires allemands portés disparus, le plus probable était qu’ils étaient morts comme prisonniers de guerre, dont 1,1 million en URSSErich Maschke, Zur Geschichte der deutschen Kriegsgefangenen des Zweiten Weltkrieges Bielefeld, E. und W. Gieseking, 1962-1974 Vol 15 P 185-230. L'historien allemand Rüdiger Overmans évalue le nombre de prisonniers de guerre allemands morts en captivité en Union soviétique à 1,0 million. Sur la base de ses recherches, Overmans estime que la mort de prisonniers de guerre en captivité en URSS peut être confirmée par les fichiers de la Deutsche Dienststelle (WASt). Il soutient qu'il semble tout à fait plausible, bien que non prouvable, que militaires allemands répertoriés comme disparus soient effectivement morts en détention dans des camps soviétiquesRüdiger Overmans. Deutsche militärische Verluste im Zweiten Weltkrieg. Oldenbourg 2000. Page 286-289.

Selon la section de la Croix-Rouge allemande chargée de tracer les captifs, militaires allemands sont toujours officiellement portés disparus; on soupçonne que la plupart sont décédés comme prisonniers de guerreWilli Kammerer; Anja Kammerer- Narben bleiben die Arbeit der Suchdienste - 60 Jahre nach dem Zweiten Weltkrieg Berlin Dienststelle 2005 ( Published by the Search Service of the German Red Cross. The forward to the book was written by German President Horst Köhler and the German interior minister Otto Schily)stern-Serie: Besiegt, befreit, besetzt - Deutschland 1945-48 "Die Schätzungen über die Zahl der in Haft gestorbenen Männer schwanken zwischen 600 000 und einer Million. Nach Angaben des Suchdienstes des Deutschen Roten Kreuzes ist bis heute das Schicksal von 1,3 Millionen Kriegsgefangenen ungeklärt - sie gelten offiziell als vermisst.".

+Prisonniers de guerre allemands détenus par l'URSS Année Trimestre Nombre de prisonniers de guerre allemands 1941 IV 1942 I II III IV 1943 I II III IV 1944I II III IV 1945I II III IV 1946IV 1947IV 1948IV 1949IV 1950IV Source du tableau: Rüdiger Overmans, Soldaten hinter Stacheldraht. Deutsche Kriegsgefangene des Zweiten Weltkriege. Ullstein., 2000 Page 246

Statistiques soviétiques Ci-dessous, le nombre total de prisonniers de guerre allemands de la Wehrmacht rapportés par le NKVD en date du (en excluant les citoyens de l'URSS qui servaient dans Wehrmacht). Les Soviétiques considéraient les Allemands originaires d'Europe de l'Est enrôlés par l'Allemagne comme des ressortissants de leur pays de résidence avant la guerre, par exemple les Allemands des Sudètes furent considérés comme des Tchèques..

+NationalitéNombre total de prisonniers de guerre Libérés et rapatriés Morts en captivité Allemands Autrichiens Tchèques et Slovaques Français Yougoslaves Polonais Néerlandais 200 Belges 181 Luxembourgeois 93 Espagnols 452 382 70 Danois 456 421 35 Norvégiens 101 83 18 Autres Total de la Wehrmacht % 100 % 86,1 % 13,9 %+

Voir aussi Travail forcé des Allemands en Union soviétique Prisonniers de guerre allemands aux États-Unis Prisonniers de guerre allemands en Europe du nord-ouest Crimes nazis contre les prisonniers de guerre soviétiques Prisonniers de guerre italiens en Union soviétique Prisonniers de guerre roumains en Union soviétique

Références

* Catégorie:Front de l'Est de la Seconde Guerre mondiale Catégorie:Relations entre l'Allemagne et l'Union soviétique