thumb|Mémorial dans le camp de transit et de libération de Moschendorf à la frontière entre l'Autriche et la Hongrie (1945-1957). L’inscription indique que c'était la porte de la liberté pour des centaines de milliers de prisonniers de guerre, des prisonniers civils et d’expulsés.
Le travail forcé des Allemands après la Seconde Guerre mondiale fait référence à l'utilisation par les Alliés de civils allemands et soldats capturés pour les travaux forcés durant les années suivant la Seconde Guerre mondiale (et dans certains cas beaucoup plus longtemps).
Le sujet de l'utilisation d’Allemands pour le travail forcé comme réparation avait été abordé lors de la conférence de Téhéran en 1943, où Joseph Staline exigea de travailleurs allemandsEugene Davidson, The death and life of Germany : an account of the American occupation, ..
Le travail forcé fut également inclus dans le projet de plan Morgenthau de , et fut inclus dans le protocole final de la conférence de YaltaEugene Davidson, The death and life of Germany: an account of the American occupation, . . en , où il fut sanctionné par le premier ministre britannique Winston Churchill et le président américain Franklin D. Roosevelt.
En , environ d'Allemands étaient utilisés comme main-d’œuvre forcéeJohn Dietrich, The Morgenthau Plan : Soviet Influence on American Postwar Policy, 2002, ..
Europe de l'Est vignette|La mère d'un prisonnier remercie Konrad Adenauer à son retour de Moscou le 14 septembre 1955. Adenauer réussit à conclure les négociations sur le retour en Allemagne, à la fin de l'année, de civils et prisonniers de guerre allemands.
Union soviétique
Le plus grand groupe de travailleurs forcés en Union soviétique se composait de plusieurs millions de prisonniers de guerre allemands. Plusieurs centaines de milliers de prisonniers de guerre avaient été transférés par les Américains aux SoviétiquesDietrich pg. 124 qui les utilisèrent, aux côtés de prisonniers de guerre capturés par les Soviétiques et de civils allemands, comme travailleurs forcés. La plupart des survivants des prisonniers de guerre allemands des camps de travail forcé en Union soviétique furent libérés en 1953. Le dernier rapatriement important d’Allemands d'Union soviétique eut lieu en 1956.
Les estimations de pertes de prisonniers de guerre allemands (à l'est et à l’ouest et cumulant la période de la guerre et l’après-guerre) vont de à stern-Serie: Besiegt, befreit, besetzt - Deutschland 1945-48 "Die Schätzungen über die Zahl der in Haft gestorbenen Männer schwanken zwischen und einer Million. Nach Angaben des Suchdienstes des Deutschen Roten Kreuzes ist bis heute das Schicksal von 1,3 Millionen Kriegsgefangenen ungeklärt - sie gelten offiziell als vermisst.". Selon la section de la Croix-Rouge allemande s’occupant de tracer les captifs, le sort de prisonniers de guerre allemand sous contrôle allié est encore inconnu ; ils sont toujours officiellement portés disparusstern-Serie: Besiegt, befreit, besetzt - Deutschland 1945-48.
La capture et le transfert de civils d’origine allemande en Union soviétique débutèrent dès que les pays comportant une minorité allemande commencèrent à être envahis en 1944. Un grand nombre de civils furent pris dans des pays comme la Roumanie, la Yougoslavie et la partie orientale de l'Allemagne. Ainsi, après Noël 1944, entre et Allemands de souche (âgés de 18 à 40 ans) furent envoyés de Yougoslavie en URSS. Les femmes représentaient 90 % du groupe. La plupart furent envoyées dans des camps de travail au Donbass (bassin du Donez), où 16 % d'entre elles moururentThe Expulsion of 'German' Communities from Eastern Europe at the end of the Second World War, Steffen Prauser et Arfon Rees, European University Institute, Florence. ..
Pologne De nombreuses personnes d’origine allemande vivant à l’intérieur des frontières polonaises d'avant-guerre furent utilisées pendant des années comme travailleurs forcés avant leur expulsion dans des camps de travailPhilipp Ther, Ana Siljak, "Redrawing nations: ethnic cleansing in East-Central Europe, 1944-1948" (google books), comme celui tenu par Salomon Morel. Parmi ces camps se trouvaient les camps de travail Jaworzno, de Potulice, de Lambinowice, de Zgoda et d'autreshttp://www.h-net.org/reviews/showrev.cgi?path=198721097755610 HNET review of "An Exploration of the Inner Landscape of Experience".These were former nazi concentration camps, that were used to imprison ethnic Germans as in Potulice: One Place different memories .. La loi autorisant le travail forcé (l'article 20 de la loi sur l'exclusion des éléments ennemis de la société), supprima également leurs droits à la citoyenneté polonaise et la propriété de tous les biens leur appartenant..
Les nombreux camps furent utilisés au cours du processus des expulsions pour des raisons de « réhabilitation » Reichs ou Volksdeutsche, pour décider s'ils pouvaient rester ou partir, mais en réalité, c'était un programme d'esclavagismeEthnic Germans in Poland and the Czech Republic: A Comparative Evaluation . Environ Allemands de souche moururent dans les camps de concentration polonais/soviétique en Pologne.
D'autres étaient encore parmi le reste de la population, mais le gouvernement polonais avait fait plusieurs déclarations stipulant que la population allemande devrait être exploitée pour le travail forcé, devant un minimum de 60 heures de travail par semaine sans droits à pauses. Les salaires étaient insuffisants pour la survie, s’élevant généralement à 25 ou 50 % des salaires polonais.
Tchécoslovaquie La population germanophone des Sudètes fut, comme celle de Pologne, expulsée après la guerre. L'expulsion ne fut pas aveugle, cependant, puisque jusqu’en 1947, un grand nombre d’ouvriers qualifiés allemands étaient encore détenusHerbert Hoover, Report, "German Agricultural and Food Requirements", February 26, 1947 . Les Allemands furent obligés de porter un brassard blanc avec la lettre « N », pour « Němec » signifiant « allemand » en tchèque pour les identifier (même les Juifs allemands devaient le porter)Bernard Wasserstein, "Vanishing Diaspora: The Jews in Europe Since 1945" , (googlebooks)..
Le vice-premier ministre tchèque Petr Mares avait, , essayé en vain d'organiser l'indemnisation des Allemands réinstallés de force ou utilisés comme main-d'œuvre forcée après la guerreCZECH DEPUTY PREMIER WANTS TO ASSESS POSSIBLE COMPENSATION TO EXPELLED GERMANS RFE/RL Newsline, 2003-06-20. (accessed 2010-02-02)..
Allemagne de l'Est Beaucoup d'Allemands, dans ce qui allait devenir l'Allemagne de l'Est, furent contraints par les autorités communistes à travailler dans les mines d'uranium allemandes pour produire la majorité de la matière première du projet de bombe atomique soviétique. À partir de l'été 1946, les Soviétiques commencèrent les explorations dans l'Erzgebirge, et rouvrir les anciennes sources thermales riches en radium en septembre de la même année. Une main-d'œuvre initiale de quatre à cinq mille personnes fut créée, avec un autre contingent de personnes appelé pour la fin de l'année. Le travail était dangereux et stressant et les Soviétiques ne faisaient aucun effort pour l'améliorer ; en conséquence, les mines se remplirent de travailleurs forcés et furent comparées à une marche de la mort et aux goulags de Kolyma.
Des quotas furent à plusieurs reprises établis et augmentés, et l’enrôlement eut lieu, sans égard pour la santé ou l'expérience du travail ; les mines se remplirent d’employés de bureau, d’artisans et d’étudiants qui n'avaient aucune expérience de l'exploitation minière. En 1948, les travailleurs furent tirés des usines et des criminels des prisons pour doter les mines en main d’œuvre, des prisonniers de guerre de retour d'Union soviétique en Allemagne y furent également assignés. Les logements peinaient à suivre le nombre de travailleurs en plein essor (dans de nombreuses régions, la population doubla entre 1946 et 1951), aggravant encore des conditions déjà difficiles. Les mines étaient considérées comme pires qu'une colonie pénitentiaire, mais étaient contrôlées directement par Moscou; les autorités locales n'étaient pas en mesure d’apporter leur aide.
Quand un supplément de travailleurs fut appelé à l'été 1947, une vague de travailleurs potentiels s’enfuit en Allemagne de l'Ouest pour éviter les mines, y compris de nombreux citoyens qui, autrement, auraient préféré vivre en Allemagne communiste. Les travailleurs qui commencèrent en tant que volontaires furent transformés en travailleurs forcés. Dans un effort pour augmenter le nombre de travailleurs, les femmes furent de plus en plus recrutées pour les mines; de nombreuses d'entre elles, exploitées sexuellement par les gardes russes, apportèrent des maladies vénériennes ou en furent infectées. Les travailleurs qui tentaient de s'enfuir, travailleurs forcés ou volontaires, furent pourchassés et renvoyés aux mines. Finalement, les Allemands s'impliquèrent davantage dans la gestion des mines, formant une société commune avec la Russie en 1956..
Europe occidentale thumb|Soldat allemand déminant une mine près de Stavanger, en Norvège, août 1945.
Contexte Lors de la conférence de Yalta en , les Alliés décidèrent de l'utilisation du travail forcé allemand. Les Américains utilisèrent plus de prisonniers de guerre allemands en Allemagne dans les Unités militaires de service du travail (Military Labor Service Units)Dietrich pg. 125. La Grande-Bretagne utilisa Allemands comme « travail de réparations ». En plus des Allemands détenus par les forces françaises (et détenus par la France en Algérie), la France demanda 1,7 million de prisonniers de guerre pour les utiliser comme travailleurs forcésDietrich pg. 126. En , il fut promis à la France 1,3 million de prisonniers de guerre par le SHAEF. Le nombre de détenus effectivement livré est l’objet de débat, tout comme le nombre de prisonniers de guerre survivants finalement libérés par les FrançaisDietrich pg. 127.
Contrairement à l'article IV de la convention de La Haye de 1907, « Les lois et coutumes de la guerre terrestre », le manuel de contre-insurrection du SHAEF comprenait des dispositions pour le travail forcé et la prise d'otagesPerry Biddiscombe, "Werwolf!: the history of the National Socialist guerrilla movement, 1944-1946", 1998. .
Belgique De à fin 1947, prisonniers de guerre allemands furent employés à relever l'économie du pays. Ils furent affectés principalement à la relance de la production du charbon ( dans les mines et dans la forêt pour la production de bois de mine). De plus autres POW furent utilisés dans l'agriculture, l'industrie et les carrières.
Enfin hommes déminèrent la côte belge et la frontière hollandaise.
France Le général George S. Patton commenta dans son journal : « Je suis également opposé à l'envoi de prisonniers de guerre pour travailler comme esclaves dans les pays étrangers (en particulier, en France) où beaucoup mourront de faim ». Il nota également « Il est amusant de rappeler que nous avons combattu lors de la révolution pour la défense des droits de l'homme et lors de la guerre civile pour abolir l'esclavage et nous sommes maintenant revenu sur ces deux principes ». Le , le New York Herald Tribune écrivit que les Français affamaient leurs prisonniers de guerre, et comparait leur maigreur à celle de ceux libérés du camp de concentration de DachauDietrich, ..
Les prisonniers allemands furent par exemple obligés de nettoyer des champs de mines en France et aux Pays-Bas.