thumb|250px|right|La synagogue d'Arnstadt (1913-1938) La synagogue d'Arnstadt située au 47 Krappgartenstraße, a été construite en 1913 et comme la majorité des synagogues en Allemagne, elle sera détruite par les nazis en 1938.

Arnstadt est une ville de l'arrondissement d'Ilm, dans l'État libre de Thuringe. Située à moins de au sud d'Erfurt, elle compte actuellement un peu moins de .

Histoire de la communauté juive La communauté au Moyen Âge Une communauté juive existe à Arnstadt dès le Moyen Âge. La première mention d'habitants juifs date de 1264. Entre le 6 et le , se déroule une émeute contre les Juifs pendant laquelle cinq habitants juifs sont tués: Joseph et Kascher, fils de Jechiel ben Chakim, David ha-Kohen de Mayence, l'enfant Elieser, fils de Simon le Français, et Gelehrte Schabbetai le lettré, fils de Samuel. La communauté possède une synagogue, mentionnée en 1347 dans un contrat de partage entre le comte Günter XXI et le fils de son frère Henri, ainsi qu'un cimetière situé soit dans la Ichtershäuser Straße soit dans la Erfurter Straße, et mentionné dans des écrits de 1428 et de 1521.

Lors de l'épidémie de peste noire (1348-1349), presque tous les habitants juifs de la ville sont massacrés en . Les Juifs Cassel et Libonge d'Arnstadt, mentionnés en 1357 à Erfurt, font partie des rares survivants. Dès la fin du , des Juifs ont dû se réinstaller à Arnstadt. En 1412 est mentionné un Judenberg (mont des Juifs) dans les environs de Holzhausen à l'ouest d'Arnstadt. En 1418, ou peu avant, des Juifs d'Erfurt s'installent à Arnstadt. En 1429, on compte juifs. En 1441, un Juif est appelé par le nom de sa ville d'origine: von Nordhausen. La même année, une partie des Juifs sont expulsés (temporairement ?) de la ville. En 1444, on trouve un Juif originaire de Schmalkalden et en 1445 un Juif du nom de Lehmann. La population juive vit principalement du prêt sur gage.

En 1466, tous les juifs d'Arnstadt sont expulsés.

Les Des Juifs ont vécu temporairement à Arnstadt aux . En 1526, il y a un habitant juif en ville. En 1681, les Juifs sont de nouveau expulsés, et leurs maisons détruites.

Le et le jusqu'à l'avènement du nazisme Ce n'est que depuis le milieu du , que se reforme une communauté juive. En 1874 une première famille juive, celle d'Abraham Mendel, s'installe en ville. En 1877, on compte juifs: Article du magazine Der Israelit du 3 octobre 1877: Arnstadt in Thüringen. Leur nombre va croitre jusqu'au début du , avant d'amorcer une chute: il y a juifs en 1883, répartis en 15 familles, 104 en 1905; 218 en 1910; puis 137 en 1913; 145 en 1921 et 125 en 1925.

Le est fondée officiellement la communauté juive d'Arnstadt. La communauté va s'équiper d'une synagogue, d'une école religieuse, d'un Mikvé (bain rituel) et d'un cimetière juif. Les inhumations auront lieu jusqu'en 1912 au cimetière juif de Plaue, distant de seulement , puis après 1912 dans un cimetière juif à Arnstadt même. Pour les offices, la communauté embauche pour l'école religieuse, un enseignant qui sera en même temps Hazzan (chantre) et Shohet (abatteur rituel). Ce poste est occupé de 1886 à 1908 par Levi Bacharach, et à partir de 1908 jusqu'à son émigration en Palestine avec sa famille en 1939 par Abraham Heilbrunn.

La communauté dispose de plusieurs associations caritatives, dont la Israelitischer Frauenverein (Association des femmes israélites), fondée en 1899, avec en 1932 comme présidente Mme Paula (Ambach), et dont le but est d'aider les personnes dans le besoin.

La communauté dépend du rabbinat d'état de Saxe-Meiningen et en 1913, c'est le rabbin d'état, Leo Fränkel de Meiningen qui inaugurera la nouvelle synagogue.

De nombreuses entreprises sont créées par des familles juives, principalement dans le textile et le négoce de bétail. En 1910, la municipalité interdit la Shehita (abattage rituel), pour des raisons apparemment purement administratives. Cela déclenche l'ire des membres orthodoxes de la communauté contre les dirigeants de celle-ci: Article du magazine Der Israelit du 20 août 1910: Il est probable que beaucoup de nos lecteurs ignorent que la Shehita [abattage rituel] est interdite dans la ville idyllique d'Arnstadt (Schwarzbourg-Sondershausen). Il ne s'agit pas là d'un acte humanitaire mais plutôt d'une interdiction due à une déclaration tardive de la communauté juive locale. Tous les appels faits par des rabbins et autres personnes remarquables, et même des audiences chez les princes de Schwarzbourg-Sondershausen, n'ont pas réussi à faire annuler la décision prise par les magistrats municipaux locaux, concernant cette mesure profondément restrictive pour la vie religieuse de la communauté [juive] d'Arnstadt. La tiédeur déjà forte d'une grande partie des membres de la communauté pour les questions religieuses, favorisée par la faible influence des responsables du culte, a conduit à l'interdiction de la Shehita et entraîné qu'aujourd'hui, parmi les personnes pratiquante d'Arnstadt, seulement quelques familles ont la possibilité de maintenir un foyer strictement cachère. Si l'auteur de ces lignes diffuse largement l'information sur le triste état d'une assez importante communauté, ce n'est que pour recommander telle ou telle type d'orientation afin de les aider à s'en sortir. Peut-être est-il encore possible de réparer l'injustice criante. Lors de la Première Guerre mondiale, deux soldats juifs habitant Arnstadt ainsi que trois autres nés à Arnstadt, mais habitant une autre ville, tombent au front.

En 1924, la communauté juive compte 115 membres, sur environ , soit 0,6 % du nombre total d'habitants de la ville. Les dirigeants de la communauté sont Mrs Max Ledermann, M. Rosenbaum et M. Friedmann. En 1932, le président est Max Lederman, le vice-président Sally Rosenberg et le secrétaire Max Friedman. Durant l'année scolaire 1931-1932, l'enseignant Abraham Heilbrunn donne des cours à cinq élèves dans l'école religieuse.

La période nazie En 1933, lors de l'arrivée au pouvoir des nazis, 121 Juifs vivent à Arnstadt. En raison du boycott économique, de la privation de leurs droits civiques et des représailles, une partie d'entre eux quittent Arnstadt pour s'installer dans des grandes villes allemandes, ou émigrent, principalement aux États-Unis ou en Palestine.

Lors de la nuit de Cristal du 9 au , la synagogue est détruite, et de nombreux magasins et maisons appartenant aux Juifs sont pillées et saccagées. Trente hommes juifs sont arrêtés et emprisonnés dans le sous-sol de l'hôtel de ville où ils sont tabassés. Plusieurs d'entre eux sont envoyés au camp de concentration de Buchenwald, où est assassiné Alfred Gottfeld. Jusqu'en 1940, environ juifs réussissent à émigrer. Au début de 1940, tous les Juifs encore présents à Arnstadt sont regroupés dans quelques Judenhäuser (maisons de Juifs), dont fait partie celle du banquier Siegmund Hirschmann située au 2 Karolinenstraße, avant d'être déportés. À l'été 1944, la communauté juive d'Arnstadt a cessé d'exister.

Le mémorial de Yad Vashem: Base de données des victimes de la Shoah ; Mémorial de Yad Vashem. de Jérusalem et le Gedenkbuch - Opfer der Verfolgung der Juden unter der nationalsozialistischen Gewaltherrschaft in Deutschland 1933-1945: Recherche de noms de victimes dans le Gedenbuch; Archives fédérales allemandes. (Livre commémoratif – Victimes des persécutions des Juifs sous la dictature nazie en Allemagne 1933-1945) répertorient nés, ou ayant vécu longtemps à Bruchsal parmi les victimes juives du nazisme. Seuls juifs d'Arnstadt survivront à la déportation et à l'internement dans un camp de concentration ou de déportation.

Commémoration Dans le carré juif du cimetière du Parkweg, se trouve un mémorial offert par la communauté juive du Land de Thuringe avec l'inscription: Dem Gedenken der jüdischen Bürger, die Opfer der faschistischen Gewaltherrschaft wurden (À la mémoire des citoyens juifs qui ont été victimes de la tyrannie fasciste).

Dans le nouveau cimetière, a été déposée une pierre tombale symbolique en souvenir de la famille du banquier juif Hirschmann, converti au christianisme. L'inscription indique que le couple Siegmund et Eugenie Hirschmann ont été tués en mars 1943 au camp de concentration de Buchenwald et que leur fils Walter a péri en 1945 au camp d'extermination d'Auschwitz.

Un livre commémoratif en souvenir des habitants juifs d'Arnstadt, a été achevé en 2009: Magazine Freies Wort du 10 novembre 2007: Jüdische Schicksale; Commémoration du pogrom de novembre 1938 – Sortie d'un livre sur les citoyens juifs d'Arnstadt.

Depuis 2007, plusieurs dizaines de Stolpersteine (pierres d'achoppement), de l'artiste berlinois Gunter Demnig ont été insérés dans le trottoir en face du dernier domicile connu des victimes du nazisme. Ces plaques indiquent leur nom, leur date de naissance, la date de leur mort ou de leur déportation ou de leur fuite à l'étranger. En , 19 pierres ont été déposées, s'ajoutant aux 93 pierres déjà en place: Zwanzig weitere Stolpersteine in Arnstadt verlegt; site du Thüringer Allgemeine du 30 mai 2010: Neue Stolpersteine werden in Arnstadt verlegt; site du Thüringer Allgemeine du 10 juin 2011: Verlegung von 19 weiteren „Stolpersteinen“ in Arnstadt - Erinnern an jüdisches Leben in Arnstadt; site du Deutschland Today du 21 juin 2011: Weitere Stolpersteine in Arnstadt verlegt; site du Arnstadt-Thüringer Allgemeine du 11 mai 2012.

Histoire de la synagogue Sa construction D'après un rapport de 1521, il existait une synagogue au Moyen Âge, au 17 Erfurter Straße, à l'arrière de la maison de Bartolomé. Elle devait aussi servir d'habitation à des familles juives.

Dans la seconde moitié du , entre 1874 et 1877, la première salle de prière est située dans la maison de la famille de Julius Jonas, le premier président de la communauté, située 7 Ritterstraße, maison qui existe toujours. La salle est une grande pièce sympathique, qui abrite déjà trois rouleaux de Torah.

Après 1900, la communauté a le désir constant de bâtir une nouvelle synagogue. Il faudra encore plusieurs années à la communauté pour réunir les fonds nécessaires.

Adolf Mendel achète en 1904 pour , un terrain d'environ carrés dans la Krappgartenstrasse pour y bâtir une synagogue. Le coût de construction estimé se monte alors à que la communauté décide de récolter par elle-même. En novembre 1912, la somme est atteinte et la communauté dépose une demande de permis de construire pour une synagogue dans la Krappgartenstrasse. Cette demande est discutée lors de la réunion du conseil municipal tenue le . La Krappgartenstrasse n'étant pas encore lotie, la décision en incombe au conseil municipal.

En même temps que la demande de permis de construire, la communauté juive demande que la municipalité prenne en charge une partie de la construction de la route, en mettant en avant que la communauté juive a, pendant 36 ans, utilisé comme salle de prière, un petit local situé dans la Ritterstrasse, puis en raison de l'augmentation du nombre de ses fidèles a été obligé de louer une autre salle. Pour mettre un terme à cette situation, qu'elle juge intenable, la communauté a acheté en faisant un grand sacrifice financier, sans aide de l'État, ni d'autre aide, un terrain dans le but d'élever sa propre synagogue.

La communauté compte alors 35 ménages imposables et l'ancien taux d'imposition pour la communauté juive était de 50% avec un budget annuel d'environ . Dans la demande, il est aussi mentionné que celle-ci concerne la construction d'un lieu de culte à but non lucratif, et que le bâtiment s'inscrira d'une façon harmonieuse dans la rue et dans le paysage urbain du site.