Les îles Satyrides sont un lieu mythique désigné ainsi par Pausanias le Périégète dans sa Description de la Grèce en raison de l'attitude et de l'accoutrement de leurs habitants, rappelant ceux des Satyres.

Présentation thumb|Amérindien roux avec une queue de cheval dans le dos (Algonquin de la Caroline du Nord vers 1585). Pausanias a relaté dans le chapitre XXIII de son ouvrage Description de la Grèce, l'existence d'îles situées au-delà des colonnes d'Hercule, à l'« extrémité occidentale de la mer extérieure » (l'océan Atlantique), , certaines inhabitées, et d'autres peuplées par des Satyres à la peau rousse et pourvus de queues presque aussi longues que celles des chevauxPausanias, Description de la Grèce, sections 5 et 6. Pausanias tiendrait cette information d'un marin au long cours, un certain Euphémos de CarieJean-Michel Racault, L'aventure maritime dans l'Antiquité classique, éditions l'Harmattan, 2001, p. 15. J.-M. Racault se réfère pour cette information à Pierre Lévêque, Empires et barbaries. — , p.7., marin originaire de CarieLouis-Henri Parias, Histoire universelle des explorations, en 4 volumes, éditions Nouvelle Librairie de France, Paris, 1957-1959, tome 2, p. 226, dont le navire fut emporté, par les vents, sur la mer extérieure, au-delà des colonnes d'Hercule.

Extraits Euphémos de Carie et ses compagnons de voyage virent beaucoup d'îles, les unes désertes, les autres peuplées d'hommes sauvages.

Interprétations Par la suite des historiens, ethnologues, ethnographes ou hellénistes donnèrent leur interprétation tentant d'expliquer le texte original de Pausanias.

Ainsi l'helléniste Pierre Lévêque y voit une île peuplée d'Amérindiens à queue de cheval, située du côté des AntillesPierre Lévêque, Histoire universelle Larousse de poche : Empires et barbaries IIIe s. av. - Ie s. ap. éditions Larousse, Paris, 1968 ; extrait : ;

Le père Joseph-François Lafitau, ethnographe du , a également étudié ce texte de Pausanias et donne son interprétation reprise dans le volume IV de l'ouvrage Bibliothèque françoise, ou Histoire littéraire de la FranceBibliothèque françoise, ou Histoire littéraire de la France, Volume 4, Amsterdam, 1724, p. 104. Il y voit des hommes à la chair rougeâtre et dont la queue située au bas de leur dos ou sur leur flanc ne serait que celle des peaux de bêtes dont ces humains se couvraient. D'autres interprétations donnent une description Association Guillaume Budé, volume 1, 1967, p.38. La description de ces « sauvages » s'apparente plus à des satyres selon la perception qu'en avaient les Anciens, plutôt qu'à l'existence d'un groupe d'aborigènes constituant un peuple autochtone, tant par l'apparence que par les mœurs. Les traductions que donnent ces sources secondaires forcent le trait (« à la peau rouge » plutôt que « roux », « chevelure noire et raide comme le crin d'un cheval » plutôt qu'ayant « des queues presque aussi longues que celles des chevaux »).

Cependant Pausanias tient à préciser que tous ces navigateurs bien qu'ils soient des hardis marins, sont de fieffés menteurs. Néanmoins la description faite de ces hommes d'outre œkoumène demeure une énigme qui pose la question récurrente sur d'hypothétiques navigations antiques, volontaires ou non, vers les îles Canaries peuplées de Guanches, ou plus loin encore vers l'Amérique, aventures connues ou restées secrètes, imprécises ou fantaisistes.

Notes et références

Catégorie:Lieu historique légendaire Catégorie:Île fantôme Catégorie:Histoire de l'océan Atlantique Catégorie:Lieu de la mythologie grecque Catégorie:Satyre