Les titres de comte, puis de duc de Savoie sont des titres de noblesse rattachés au territoire de la Savoie propre (dite également Savoie ducale), inféodé au royaume de Bourgogne, puis d'un territoire plus vaste, au sein du Saint-Empire. Le titre de comte de Savoie est associé à la dynastie des Humbertiens, comtes en Maurienne, à l'origine de la maison de Savoie. Il n'est utilisé qu'à partir du . Le titre de duc est créé au début du , regroupant tous les territoires des États de Savoie, avant de devenir un terme principalement administratif désignant la Savoie actuelle, à la suite de l’acquisition du titre de roi de Sardaigne par les ducs de Savoie.

Histoire du titre Le titre de comte de Savoie est transmis, depuis le , de façon héréditaire, agnatique et par ordre de primogéniture, au sein de la maison de Savoie, respectant ainsi la loi salique qui exclut les femmes.. Le rôle de celles-ci, comme celui des bâtards, est très tôt pris en compte dans la règle de succession et ils reçoivent généralement une terre en apanage ou en fief-lige.

Au , les Humbertiens semblent posséder des droits sur le comes Savogensium ou Savogensis (comté de Savoie), toutefois ils ne commencent à porter le titre comtal qu'à partir du milieu du .. Amédée III serait le premier à signer par la formule « comte de Savoie et marquis en Italie ». ou simplement « comte de Savoie » en 1125... Amédée II est cependant dit comte de Sabaudia (), à son décès le (présentation en ligne des documents : ; )..

L'historien Laurent Ripart, dans sa thèse (1999), indique que ..

Le chanoine Adolphe Gros (1948) annote que l'.

Dans le premier tiers du , le titre de comte en Maurienne (comes Mauriennensis) est substitué ou complété par celui de comes Sabaudie...

La Croix de Savoie apparaît également avec Amédée III sur le pennon d'un sceau datant de 1143 et semble prouver le passage des armes des Humbertiens à l'aigle impériale par une bannière de gueules à croix d'argent...

Le comté est érigé en duché le .. Les ducs ajoutent à leur titulature celui de roi de Sicile, par les traités d'Utrecht de 1713.., qui sera échangé pour le titre de roi de Sardaigne, lors du traité de Londres de 1718, effective en 1720.. Le duc de Savoie devient à cette date roi de Sardaigne et les États de Savoie deviennent États sardes. Le titre de duc de Savoie ainsi que tous les autres titres de noblesse savoyards sont détruits avec l'annexion de la Savoie par la France, en 1860. À partir de 1861, les rois de Sardaigne préféreront le titre de roi d'Italie.

Comtes de Savoie ( – 1416) Rang Portrait Nom Règne Notes 1 Humbert aux Blanches Mains(v. 980-1042) v. 1027-1042 ou 1048 (tradition) Le surnom de aux Blanches Mains apparait dans la généalogie d'Hautecombe (vers 1342). Première mention vers 1003, où il est associé avec le comté de Savoie (ou Savoie Propre), le comté de Belley, puis du comté d'Aoste (1024), le nord du comté du Viennois (1025). Possède des droits en Valais, en Chablais et en 1043 obtient le comté de Maurienne.. L'empereur du Saint-Empire, Conrad II, lui donne les droits sur le comté de SavoieFrédéric Le Moal, Les Savoie, une dynastie européenne dans La Nouvelle Revue d'histoire de mars-avril 2015, ..Son épouse est Auxiliende ou Ancilie, probablement issue de la famille des Anselmides. 2 Amédée La Queue(v. 1016-v. 1051) v. 1042-v. 1051Fils du précédent. Amédée ou Amé est surnommé la Queue à la suite du voyage qu'il fait pour le couronnement de l'empereur Henri III du Saint-Empire à Rome (1046) et où, lors de l'étape de Verone, les chroniqueurs racontent qu'on refusa de laisser entrer sa suite dans la ville. Le comte contesta et indiqua qu'il ne rentrera pas si on ne laisse entrer sa « queue »... 3 155x155px Othon Odon / Oddon / Otton(v. 1023-v. 1057/60) 1051-v. 1057/60Frère du précédent. Il épouse Adélaïde, marquise de Suse et comtesse de Turin (1025-1091).. 4 Pierre (v. 1048-v. 1078) v. 1057/60-v. 1078 Fils du précédent. Considéré, parfois, comme comte, bien qu'il n'hérite de son père les terres italiennes et le titre marquisal de Suse et en Italie. Trop jeune pour gouverner, la régence est exercée par sa mère, la comtesse Adélaïde.. Il épouse Agnès de Poitiers avec qui il aura deux filles. 5 Amédée II (v. 1048-v. 1080) v. 1078-v. 1080Frère du précédent. Il hérite de son père les terres de Bourgogne et le titre comtal. Trop jeune pour gouverner, la régence est exercée par sa mère, la comtesse Adélaïde.. Il épouse Jeanne de Genève. 6 116x116px Humbert II Le Renforcé (v. 1065-1103) v. 1080-1103 Fils du précédent, son surnom provient de sa taille et de son poids. Il épouse Gisèle de Bourgogne-Ivrée. Sa fille, Adélaïde, épouse Louis VI le Gros. 7 116x116px Amédée III (v. 1095-1148) 1103-1148 Fils du précédent. Il obtient le titre de comte du Saint Empire et vicaire perpétuel pour le Piémont et la Lombardie en 1111, vice-roi d’Arles, abbé séculier de Saint-Maurice d’Agaune. Il meurt le à Nicosie (Chypre) lors de la Deuxième croisade.. Il épouse Gertrude, puis Mahaut d'Albon. 8 115x115px Humbert III Le Saint (ou Le Bienheureux) (1136-1189) 1148-1170/1189 Fils du précédent. Il veut entrer dans les ordres, cependant les nobles refusent.. Il se marie quatre fois : Faydiva de Toulouse, puis Gertrude de Flandre, puis Anna Klementia Von Zärhingen et Béatrix de Mâcon et de Vienne. 9 Thomas L'Ami des communes (1178-1233) 1189-1233 Fils du précédent. Il épouse Marguerite (Beatrix) de Genevois, qu'il enlève alors que son père l'a fiancée au roi Philippe Auguste, avec qui il a 10 enfants. 3 de ces derniers lui succèderont ; un autre sera Thomas II de Piémont, seigneur de Piémont, comte de Hainaut et de Flandre. Il achète la ville de Chambéry, exception faite du château, au vicomte Berlion, le ., Il inaugure une politique gibeline après une période guelfe de ses prédécesseurs. 10 Amédée IV (1197-1253) 1233-1253 Fils du précédent. Il épouse Anne de Bourgogne, puis Cécile des Baux. 11 152x152px Boniface le Roland (1244-1263) 1253-1263 Fils du précédent. Il hérite de la charge comtale à 9 ans. Sa mère, Cécile des Baux, est régente avec son oncle, Thomas de Piémont. Il meurt, à 19 ans, des suites de ses blessures en captivité en 1263, après une fougueuse aventure pour prendre Turin. 12 Pierre II Petit Charlemagne (v. 1203-1268) 1263-1268 Oncle du précédent. Surnommé par les historiens pour son « exceptionnel esprit d'entreprise, ses talents militaires et ses capacités d'organisateur » (Bernard Demotz)., qui lui permirent, à partir de Lausanne, d'acquérir le pays de Vaud. En 1234, il épouse Agnès de Faucigny, obtenant ainsi le contrôle du Faucigny (vallées de l'Arve et du Giffre). Il obtient en 1250 l’anneau de Saint Maurice.. 13 116x116px Philippe (1207-1285) 1268-1285 Frère du précédent. Dernier des huit fils du comte Thomas, il était encore moins destiné à ce titre lorsque son frère Pierre décède en 1268. Moins pieux que son frère Boniface, il entame une carrière religieuse l'amenant à devenir évêque de Valence (1241) puis archevêque-élu de Lyon (1246). Âgé de 60 ans, devant succéder à son frère, il épouse en 1268 la veuve du duc de Bourgogne, Alix de Méranie, lui permettant de porter le titre de comte palatin de Bourgogne.. Son action comtale et sa politique d'accroissement territoriale lui valent l'opposition de Rodolphe de Habsbourg, du dauphin de Viennois, du comte de Genève et du roi de Sicile. Sans postérité masculine. 14 Amédée V le Grand (v. 1249-1323) 1285-1323 Neveu du précédent, il est le fils de Thomas II de Piémont. Il épouse Sibylle de Baugé, puis Marie de Brabant. Il poursuit la lutte contre la coalition qui s'était engagée contre son oncle. En 1295, il achète le château de Chambéry qui s'imposera comme la principale résidence comtale.. Politique de rapprochement avec la France. 15 Édouard le Libéral (1284-1329) 1323-1329 Fils du précédent. Édouard (Odoar) épouse Blanche de Bourgogne. Sa fille, Jeanne, contre les usages, revendique avec son mari Jean III de Bretagne la succession du comté.. 16 Aymon le Pacifique (1291-1343) 1329-1343 Frère du précédent. Il épouse Yolande de Montferrat. Il réorganise le comté de Savoie, poursuit la politique de son père vis-à-vis de la France, et poursuit les combats contre son voisin dauphinois, Guigues VII de Viennois. 17 Amédée VI le Comte vert (1334-1383) 1343-1383 Fils du précédent. Il épouse Bonne de Bourbon en 1365.. Il hérite du titre à l'âge de 9 ans, il est placé sous l'autorité de ses oncles. Il réorganise le comté de Savoie. En 1359, il achète le pays de Vaud. Il fonde en 1352, l'Ordre du Cygne noir, puis en 1362 l’Ordre du collier de Savoie. Il obtient de l'empereur Charles IV le titre de « vicaire perpétuel de l’Empire dans l’ancien royaume d’Arles ». Il dirige une expédition, parfois considérée comme une croisade, pour libérer son cousin Jean V Paléologue.. Il meurt de la peste en 1383, lors de son intervention pour aider Louis II d'Anjou à récupérer son titre. 18 Amédée VII le Comte rouge (1360-1391) 1383-1391 Fils du précédent. Il épouse Bonne de Berry en 1377. Il devient comte à l'âge de 23 ans. Il obtient la dédition de Nice à la Savoie en 1388. Il meurt en 1391 à Ripaille des suites d'un accident de cheval. À l'époque, des soupçons d'empoisonnement ont été avancés.. 19 92x92px Amédée VIII le Pacifique (1383-1451) 1391-1416 Fils du précédent. Il succède à son père en 1391, mais mineur (il a 8 ans) la régence est confiée à sa grand-mère, Bonne de Bourbon, jusqu'en 1393. Il épouse Marie de Bourgogne, en 1403. En 1401, il achète le comté de Genève. Quatre ans plus tard, il fonde l’université de Turin. À la veille de l'érection du comté en duché, il porte en 1412 les titulatures suivantes « comte de Savoie, duc de Chablais et d'Aoste, prince, marquis en Italie, comte de Genève, vicaire impérial »..

Ducs de Savoie (1416-1861)