Le temps scolaire (ou rythmes scolaires ou encore calendrier scolaire) est la répartition des jours et des heures où l’élève se rend à l’école.

En France, une année scolaire est composée de trente-six semaines au moins de classe, et de seize semaines de vacances, dont les grandes vacances de huit semaines, et les vacances de Toussaint, Noël, hiver et Pâques, de deux semaines chacune. Pour ces deux dernières, les dates différent selon la « zone » de l’établissement. Le calendrier scolaire est national, mais il peut être adapté, en ce qui concerne la Corse, les départements d'outre-mer et les collectivités d'outre-mer, par les recteurs, vice-recteurs et chefs de services de l'Éducation nationale, au moyen d'un arrêté et pour une durée de trois ans ; l'année scolaire en France métropolitaine commence généralement début septembre et se termine début juillet.

Dans les écoles primaires, la semaine est organisée en principe sur neuf demi-journées du lundi au vendredi depuis 2013. Toutefois des adaptations sont possibles et un certain nombre de villes ont adopté la semaine de quatre jours. L'organisation de la semaine dans l'enseignement secondaire n'est pas traitée dans cet article.

Terminologie

Plusieurs expressions sont utilisées concernant les temps et rythmes liés à l'école en France ; certaines utilisations d'une même expression recouvrent des sujets différents, ou l'utilisation ou l'interprétation de différentes expressions recouvrent une même notion, cela selon les auteurs et les contextes, avec, dans l'ensemble, la présence d' dans l'usage des termes. Il est donc important de se référer également au contexte d'utilisation du mot, notamment en prenant compte le champ de recherche scientifique ou le champ éducatif considéré, ainsi que les définitions des auteurs relativement aux expressions qu'ils emploient.

Le rapport de l'Inspection générale de l’Éducation nationale (Igen) de intitulé L'aménagement des rythmes scolaires à l'école primaire souligne cet état de fait et propose en conséquence un . Il revient ainsi sur l'utilisation des termes ou expressions, analysant certains en parallèle : il précise ainsi « organiser », « aménager » et « améliorer » ; puis sur ceux liés au « temps » et aux « rythmes » (en lien avec « organiser » ou « aménager » tels que précédemment définis dans le rapport) ; puis « temps ou rythmes scolaires » et « temps ou rythmes de vie » ; puis « journée d'école », « temps à l'école », « temps de l'obligation scolaire » ; puis « temps scolaire » , « temps périscolaire » et « temps extrascolaire » ; avant de se pencher sur « acteurs » et « partenaires » de l’École ; « enseigner une discipline » ou « animer une pratique » ; et, enfin, de préciser ce que recouvrent les expressions « apprentissages fondamentaux » et « activités sportives, scientifiques, culturelles ».

Historique

Fin du et première moitié du Les lois Ferry de 1882, qui rendent l'instruction obligatoire, disposent que les écoles primaires publiques vaqueront un jour par semaine, le jeudi en plus du dimancheArticle 2 de la loi n° 11 696 du 28 Mars 1882 (ce jour en plus du dimanche permettant alors notamment l'instruction religieuse, hors de la classe). La semaine d'école primaire comporte alors 30 heures et les vacances d'été concernent une période d'environ un mois. Les enjeux concernent alors essentiellement l'organisation des temps scolaires, de l'éducation religieuse, et ceux consacrés aux travaux agricoles — auxquels participent de nombreux enfants.vignette|Hôtel des Roches et Embruns et les Bains du Port-Vieux à Biarritz, vers 1920.La durée des vacances d’été dans les écoles primaires françaises évolue de la manière suivante : 1894 : six semaines, « toutefois, la durée des vacances peut être portée à huit semaines, dans les écoles primaires élémentaires où sont organisées des classes de vacances » ; 1900 : huit semaines ; 1922 : au (elles gagnent ainsi deux semaines). Bien que l’idée soit répandue que l'objectif était de permettre officiellement la participation des enfants aux travaux agricoles de fin d'été (moissons et vendanges), Claude Lelièvre, historien de l’éducation, affirme qu’il s’agit d’une idée reçue. En effet, d’après Claude Lelièvre, les vacances sont structurées par l’enseignement secondaire (qui accueillait très peu d’enfants susceptibles de travailler aux champs), puis parce que l’enseignement primaire était parfois aligné sur l’enseignement secondaire, pour « récompenser » les instructeurs ; 1938 (Front populaire) : au (alignement avec l'enseignement secondaire) ; 1939 : création des vacances de la Toussaint (automne), Noël (fin décembre) et Pâques (printemps) ; dans cette même période, c'est le ministre de l'Education nationale et non plus les préfets qui fixe le calendrier scolaire ; 1959 : à mi-septembre et création des vacances de la Toussaint.. À la fin des années 1950, , selon le rapport de l'Académie nationale de médecine en 2010. Il est recommandé de supprimer les devoirs du soir dans une circulaire émise en 1956.

Années 1960-1970

Au cours de l'année 1961 et des suivantes, l'organisation des calendriers et temps scolaires tiennent davantage compte des intérêts économiques nouveaux (tourisme, notamment) ; des zonages géographiques pour les dates de certaines vacances sont mis en place : celui concerne les vacances d'été entre 1965 et 1971 (date de la suppression de ce système pour ces « grandes vacances »), celles de février à partir de 1967-1968 et celles de Pâques à partir de 1971-1972.

Entre 1969 et 1972, le ministre Olivier Guichard procède à plusieurs réformes. Les cours du samedi après-midi sont supprimés et la semaine passe de trente à vingt-sept heures (en 1969), puis la journée d’interruption au cours de la semaine est reportée du jeudi au mercredi (en 1972). Les manières d'enseigner connaissent également des changements, avec un cadre définissant les « activités d'éveil » et précisant de nouveaux horaires hebdomadaires d'enseignement des disciplines (dix heures pour le français, cinq pour le calcul, six pour les activités physiques et sportives, six pour les activités d'éveil — ces dernières comprenant notamment l'histoire, les sciences naturelles et le dessin). Les vacances d'hiver sont créées, ainsi que le zonage pour les vacances d'hiver, de printemps et d'été, mais pour ces dernières, il est rapidement supprimé (en 1971).

Années 1980

Réflexions sur la chronobiologie de l'élève Les années 1980 sont marquées par le début des préoccupations sur la chronobiologie de l'enfant et de l'élève au sein du grand public — les recherches sur le sujet des médecins, pédiatres et chronobiologistes s'étant notamment développées dans la décennie 1970. Les recherches du professeur Hubert Montagner, notamment, font notamment émerger une inadéquation entre les rythmes scolaires du moment et ceux des enfants les plus jeunes. Diverses réflexions et propositions se font jour ; parmi celles-ci, deux grands points sont discutés : l'organisation annuelle et l'organisation au sein de la semaine d'école. Des expérimentations sont mises en place, en lien avec les réflexions en cours ; quelques-unes concernent la « semaine de quatre jours » pour les élèves. Concernant l'organisation sur l'année, le Conseil économique et social publie un rapport constatant que les grandes vacances françaises sont les plus longues de cette catégorie de vacances par rapport à d'autres pays, et que la journée d'école est la plus longue ; en parallèle, des études scientifiques mettent en lumière la plus grande fatigue des élèves sur les périodes d'octobre-novembre et février-mars, avec la recommandation d'y introduire des périodes de vacances suffisantes.

Début des années 1980 : réorganisations par académies scolaires Lors des années 1980-1981 et 1981-1982, les vacances sont fixées au niveau académique (circonscriptions éducatives françaises), avec une base nationale de 314 demi-journées de travail effectif dans l’année pour l’élève. Les congés d’été débutent au plus tôt le et se terminent au plus tard le . Ainsi treize académies littorales fixent les vacances d’été jusqu’à fin septembre, et treize autres, plus urbaines, débutent fin juin. Dans l’académie de Lille, les vacances de février durent, par exemple, trois jours et celles de mai trois semainesGeorges Fotinos, .

1986 : le « 7-2 » Au cours des années 1980, des études scientifiques indiquent que le temps de repos (vacances) pour un enfant est de deux semaines si l'on veut que ce temps soit réellement réparateur.

Le ministre Jean-Pierre Chevènement fait adopter un calendrier scolaire à deux zones, avec des périodes de classe allant de six à huit semaines, et deux semaines de vacances, pour l’année 1986-87. Cette réforme est annulée dès l’année suivante avec l’alternance politique.

1989-1990 : Semaine de cinq jours avec adaptations possibles

La loi Jospin (ministre de l’Éducation nationale) de 1989 dispose que l'année scolaire comporte trente-six semaines réparties en cinq périodes de travail, de durée comparable, séparées par quatre périodes de vacance des classes, modifié par la loi du 20 juillet 1992 (« trente-six semaines au moins ») et devenu après codification l'article L521-1 du code de l'éducation. La semaine scolaire passe de vingt-sept à vingt-six heures en 1990. La référence devient une semaine de cinq jours (lundi, mardi, jeudi, vendredi et samedi matin), toutefois des aménagements sont possibles, et c’est ainsi que la semaine de quatre jours apparaît : 10,3 % des écoles optent pour cette solution en 1992-93. Ce chiffre passe à 18,7 % en 1994-95 et 25,8 % en 1998-99. Dans ces situations, les jours sont repris sur les vacances. L'enseignement privé adoptera cet aménagement à 41 % en 1998-99.

En 1989, ce même ministre met en place une organisation de l'année scolaire avec le rythme 7-2 (7 semaines de classe, deux semaines de vacances), mais les autres contraintes pesant sur l'organisation de l'année scolaire, notamment celles de l'industrie touristique, continuent de peser sur l'organisation générale de l'année scolaire (dates des vacances et zones scolaires partant auparavant à des dates décalées les unes des autres). Le nombre de zones est à nouveau réduit à deux à la rentrée 1990, puis est rétabli à trois dès la rentrée suivante. En 1991, l'organisation stricte en 7-2 est de nouveau abandonnée.

Les vacances de la Toussaint, après avoir connu un allongement sous le ministre Lionel Jospin, sont réduites sous le ministre François Bayrou, diminuées à une semaine lors de l’année 1999-2000, jusqu’à l’année 2003-2004 où elles reviennent à dix jours (selon une décision du ministre Jack Lang en 2002).

2008 : Semaine de quatre jours En , le ministre de l’Éducation nationale Xavier Darcos annonce la fin des classes du samedi matin. À la rentrée 2008, la durée de la semaine scolaire est fixée à vingt-quatre heures d'enseignement pour tous les élèves. Les vingt-quatre heures d'enseignement sont organisées à raison de six heures par jour les lundis, mardis, jeudis et vendredis ; on parle alors de « semaine de quatre jours ». Est créée une « aide personnalisée » pour les élèves en difficultés, d'une durée de deux heures. Lors de l'année scolaire 2009-10, 95 % des écoles fonctionnent en semaine de quatre jours, 3 % en semaine de quatre jours et une aide personnalisée le mercredi matin, 2 % en semaine de cinq jours. Malgré la protestation de spécialistes de l’éducation comme Antoine Prost, aucune grève ni manifestation n'a lieu pour dénoncer cette réforme.

2013 : Semaine de cinq jours du lundi au vendredi

Après l’élection présidentielle de 2012, les vacances de la Toussaint, qui durent dix jours depuis 2003, sont allongées à deux semaines. Une concertation s’engage sur les rythmes hebdomadaires : selon des chronobiologistes et le ministre de l’Éducation nationale Vincent Peillon, les journées sont trop longues pour les élèves.