L'église Saint-Éloi est une église catholique paroissiale située à Roissy-en-France, en France. Entre 1174 et la fin de l'Ancien Régime, Roissy est un prieuré-cure de l'abbaye Saint-Victor de Paris. Une partie des murs de la nef et du clocher remontent peut-être au Moyen Âge, mais le peu de caractère de ces parties ne permet pas de l'affirmer, et une date au ou est plus probable : en effet, l'on n'y trouve aucun élément de modénature ou de sculpture monumentale à l'exception du portail occidental, qui est influencé par le classicisme. La nef est dépourvue de bas-côtés et non voûtée, mais impressionne par ses dimensions. Cependant, seul le chœur et ses collatéraux sont d'un réel intérêt architectural, à la fois pour leur plan et la qualité du décor sculpté du style de la Renaissance. La date de 1574 lisible sur un contrefort indique sans doute l'achèvement, mais l'on ignore tout sur les circonstances de la construction, et la question de l'attribution à un architecte reste toujours en suspens. Dans le vaisseau central du chœur, les ordres ionique et corinthien se superposent, et ont été traités avec une grande liberté d'interprétation du modèle antique. La première et la troisième travée n'ont que la moitié de la profondeur de la seconde travée, ce qui évite la monotonie. Les grandes arcades, les arcs-doubleaux et les arcs d'inscription des voûtes sont toujours en arc brisé, sauf dans la seconde travée, et le voûtement d'ogives lui-même rappelle également l'architecture gothique. Il n'y a pas de fenêtres hautes dans le vaisseau central, mais les fenêtres des collatéraux et les hautes baies de l'abside éclairent suffisamment l'espace. À l'extérieur, le chevet se caractérise par l'harmonie des volumes et ses formes arrondies : des quarts-de-cercle pour les collatéraux, et un hémicycle pour l'abside du vaisseau central. À l'intérieur, le chevet est toutefois à pans coupés. L'église Saint-Éloi a été classée au titre des monuments historiques par arrêté du ., mais sa restauration intérieure et extérieure n'est entreprise qu'à partir de la fin du , et a été achevée au printemps 2014. Des messes sont célébrées dans l'église Saint-Éloi le jeudi et samedi soir.

Localisation thumb|left|Vue depuis le rond-point Saint-Éloi.

L'église est située en France, en région Île-de-France et dans le département du Val-d'Oise, en pays de France, au 12 de l’avenue Charles De Gaulle dans la commune de Roissy-en-France (95700), à la limite sud du vieux village, à l'est du rond-point de l'avenue Charles-de-Gaulle, où débouchent la rue Pasteur et le chemin de la Dîme. L'église domine légèrement la rue et est précédée d'un parvis, séparé de la rue par un mur de soutènement. C'est la façade occidentale qui donne sur la rue, et le clocher ainsi qu'une partie de l'élévation septentrionale de la nef sont également visibles depuis le parvis. Au nord, le chemin de la Mesnil, qui est une voie piétonne dédiée à la promenade, longe l'église. Il débouche devant le Cimetière et le Monument aux Morts de la ville, conduit au Parc du Cèdre en passant par le Parc de l’Orangerie. Le chevet de l'église donne sur ce parc et son rucher. Dégagé de toute autre construction, il est bien mis en valeur. L'on peut faire le tour de l'église en retournant vers le parvis par un petit chemin qui passe près du mur méridional de l'église. La proximité d'un terrain privé ne permet ici pas de bénéficier d'une vue d'ensemble de l'église en prenant du recul. Il est à noter que le réseau de chemins du Parc de l’Orangerie établit des liaisons non seulement avec le Parc du Cèdre, mais également avec la mairie et son parc (Parc de la Mairie) et les vestiges de l'ancien Château des Caramans dit Château de Roissy-en-France (au nord), le Centre Culturel l’Orangerie qui abrite notamment la médiathèque et l'office du tourisme (au nord-est), la zone hôtelière (à l'est et au sud).

Historique Les origines thumb|upright|Clocher et façade occidentale. thumb|upright|Chevet. thumb|upright|Contrefort de la chapelle sud, avec les dates de 1574 (en haut) et 157?.

Entouré de terres particulièrement fertiles, le village existe apparemment dès l'époque gallo-romaine. Lors de la restauration d'un pilier au sud du chœur en 1979, le service des Monuments historiques effectue des sondages. Selon le résumé qu'en donnent Guy Ibergay et Dominique Renaux, ils . Henri Houmaire y voit les vestiges d'un premier oratoire chrétien au sein d'une villa gallo-romaine. Les rédactrices de l'inventaire général du patrimoine culturel, Marie-Madeleine Canet et Agnès Somers, évoquent plus prudemment une première église . Henri Houmaire affirme que la première église de Roissy est bâtie sous l'impulsion des premiers seigneurs de Roissy au cours du , sans citer une source appuyant cette datation..... Au Moyen Âge, les seigneurs de Roissy, dont la demeure se situe à proximité immédiate, font en tout cas édifier une nouvelle église à l'emplacement de l'édifice actuel. Sa situation sur une éminence, un peu à l'écart du village, ressort de quelques textes du . Guy Ibergay et Dominique Renaux veulent croire que le chevet de l'église actuelle comporte encore quelques pierres de l'église médiévaleArchives Nationales S 1570. Cf. ., ce qui ne concorde pas avec la cohérence du plan du chevet de la Renaissance.

La première mention de Roissy n'est pas très ancienne et remonte seulement à l'an 1174, quand Matthieu de Roissy et Richilde, sa sœur, donnent une partie de leurs biens à l'abbaye Saint-Victor de Paris. Selon l'abbé Lebeuf, le prieuré de Roissy est peut-être plus ancien que la paroisse. Les deux utilisent le même lieu de culte, qui est placé sous le vocable de saint Éloi de Noyon, vénéré dans la région depuis le . Si l'on ignore le rapport précis entre Roissy et saint Éloi, Henri Houmaire rappelle qu'il a pu s'arrêter au village à l'occasion de ses nombreux voyages entre Noyon et Paris. — Le prieur de Roissy est en même temps le curé, ce qui ne change pas sous tout l'Ancien Régime. Le patronage de l'église appartient à l'évêque de Paris à la fin du . Par un traité conclu en juin 1200, l'évêque Odon de Sully cède l'église à Jean de Toucy, abbé de Sainte-Geneviève. Plusieurs abbés de cette abbaye parisienne sont originaires de Roissy. La dîme de Roissy est partagée entre de différents seigneurs ecclésiastiques et laïques, qui changent souvent au gré des transactions et héritages. L'abbaye Sainte-Geneviève a aussi quelques possessions à Roissy, et touche une partie de la dîme en fonction des périodes, mais elle n'est pas le principal seigneur du lieu. Au milieu du , Matthieu de Roissy fonde une chapellenie en l'église de Roissy, et la dote de revenus, à savoir les dîmes de Bezons et des vignes près du port de Bezons..

Les campagnes de construction de l'église

Si la plupart des seigneurs de Roissy sont connus depuis le ainsi que les noms de plusieurs prieurs, dont certains sont des théologiens de renom, l'histoire de la paroisse et de l'église n'ont laissé que peu de traces dans les archives. Comme dans la plupart des villages, l'on ignore tout des circonstances de la construction de l'église, et c'est seulement l'étude du monument lui-même qui peut fournir quelques renseignements. Malheureusement, Henri Houmaire n'a entrepris aucune étude archéologique dans son volume de quarante-six pages, et ne publie aucun fait significatif nouveau. Charles Huet veut faire remonter le clocher au , mais comme le montrera sa description ci-dessous, ses arguments ne sont basés que sur une intuition, et sur aucune observation concrète. Marie-Madeleine Canet et Agnès Somers rappellent que l'église est mentionnée pour la première fois au et pensent que des parties construites de cette époque, sans toutefois mentionner le clocher. Il ne doit pas nécessairement s'agir d'éléments en élévation. Tout comme pour le clocher, le peu de caractère de la nef ne facilite pas sa datation (voir ci-dessous, la chapitre Description). Canet et Somers la datent du ou du . Charles Huet n'a pas tenu compte de l'avis de ces historiennes de l'art et la fait remonter au , sans fonder son avis sur des arguments. Henri Houmaire se range ici à l'avis de Canet et Somers. La date d'achèvement du chœur, 1574, est heureusement inscrite sur le contrefort entre la première et la seconde travée du collatéral sud. Un mètre plus bas, un deuxième cartouche affiche les trois chiffres 157, le quatrième chiffre étant illisible. Henri Houmaire, qui a étudié l'histoire des seigneurs de Roissy, a fait le rapprochement avec Jean-Jacques de Mesmes, seigneur de Roissy en 1537. En tant que gros décimateur, il aurait pu donner l'impulsion pour la construction du chœur. La question de l'attribution à un architecte reste toujours en suspens, et Charles Huet rappelle à juste titre que l'œuvre ne porte pas la signature de Nicolas de Saint-Michel. Henri Houmaire n'en a pas pris note et écrit que le chœur serait l'œuvre de Nicolas de Saint-Michel, rumeur que Charles Huet a tenu à démentir...

La paroisse à la période révolutionnaire

Henri Houmaire a publié des extraits du manuscrit inédit de Charles Boisseau, Essai historique sur Roissy-en-France, redigé en 1900. Boisseau ne donne pas un aperçu complet des événements sous la Révolution française, mais signale les faits les plus marquants. Au début de l'année 1791, les prêtres doivent prêter serment à la constitution civile du clergé : l'abbé Vallée refuse et préfère démissionner. Dans la nuit du , des malfaiteurs s'introduisent dans l'église et volent tous les objets précieux. Quand l'inventaire de l'or et de l'argenterie de l'église est dressé à la fin du mois, l'on se rend compte qu'il n'y a plus que les vases sacrés nécessaires au culte. En 1793, les grilles fermant le chœur sont supprimées. Elles pèsent , et servent en partie pour payer le serrurier qui a été chargé de réparations à la sacristie. Des travaux de maçonnerie y sont également effectués. Pour le moment, il n'y a donc pas encore question de la suppression du culte, mais les choses vont vite, et dès l'automne, l'église est transformée en temple de la Raison. La descente des trois cloches est adjugée le à un certain Gauthier, qui perçoit 100 livres. Pendant un an, l'église devient le théâtre des principales réunions révolutionnaires du village. Le , l'on décide de vendre les bancs. Le , Antoine Boisseau tient un discours patriotique dans l'église. Mais le culte de la Raison et de l'Être suprême n'est pas capable de fédérer un nombre significatif de citoyens et est vite relégué aux oubliettes. Le , un concours de citoyens demande la réouverture de l'église au culte catholique. Malheureusement, l'on ignore à quel moment la reprise des célébrations eucharistiques devient effectif. Les noms des prêtres officiant à Roissy en 1796 et 1797 sont connus : ce sont l'abbé Martin et l'abbé Loiseau. Ce dernier reste apparemment jusqu'en 1802. Le concordat de 1801 pérennise la liberté du culte. Une importante réparation pour un total de est décidée en 1806. Le traitement mensuel du prêtre desservant est alors de seulement, et son versement ne devient effectif qu'à partir du règlement du solde des travaux..

Les évolutions depuis le thumb|Vue depuis le nord, en venant du village, au début du . thumb|Chœur, vue depuis le sud-est.

Après la Révolution française et la création du département de Seine-et-Oise, la paroisse est rattachée au nouveau diocèse de Versailles qui correspond exactement au territoire du département. — Comme partout, le cimetière entoure initialement l'église. Il est déplacé vers son emplacement actuel en 1852.. L'église est classée au titre des monuments historiques par arrêté du . — Dans le contexte de la refonte des départements d'Île-de-France, le nouveau diocèse de Pontoise est érigé en 1966, et Roissy-en-France en fait partie à l'instar de toutes les autres paroisses du département. Le diocèse de Paris se limite désormais à la seule ville de Paris.