vignette|upright 1.75|Carte des Grandes Antilles

Les Grandes Antilles sont un groupe de quatre archipels formant quatre États indépendants des Antilles auxquels s'ajoutent Porto Rico, les îles Vierges des États-Unis (à l'exception de Sainte-Croix) et les îles Vierges britanniques, groupe nommé ainsi par opposition avec celui des Petites Antilles. Il s'agit par ordre de taille de : Cuba, l'île d'Hispaniola. (rassemblant la République d'Haïti et la République dominicaine), la Jamaïque, Porto Rico, la Jeunesse, des îles Vierges (à l'exception de Sainte-Croix) et de l'île de la Navasse. Elles couvrent à elles seules 88 % de la surface totale de toutes les îles des Antilles.

Géologie Les Grandes Antilles, fruit d'un lent soulèvement tectonique et des diverses régressions marines, sont marquées par la présence de roches sédimentaires calcaires karstiques, d'origines corallienne et marine et par un soubassement de vieilles formations d'arcs volcaniques, rendues parfois apparentes par des basculements tectoniques, des charriages ou simplement l'érosion. Les trois chaînes principales qualifiées de nord-caraïbes, au nord de la mer des Caraïbes (ou des Antilles), se rejoignent à l'est sur l'île de Porto-Rico, l'alignement du nord de Cuba prolonge les plateaux de la péninsule du Yucatan sur le continent nord-américain à l'ouest, la chaîne centrale s'impose au sud-est de Cuba et au centre de Hispaniola, la chaîne la plus méridionale d'emblée vigoureuse se remarque à la Jamaïque avant de rejoindre le sud de Haïti observe qu'à partir du fonds des mers environnantes, les diverses formations des Grandes Antilles constituent au moins une longue cordillère caraïbe.. La cordillère centrale d'Hispaniola s'élève rapidement, atteignant souvent 2000 mètres d'altitude pour culminer au-delà de 3000 mètres. La vigueur du relief est à mettre en correspondance avec des fosses marines très profondes de plus de 7500 mètres, au nord de Porto Rico. La fosse océanique la plus profonde de l'océan Atlantique est la fosse de Milwaukee (-), située en bordure septentrionale de Porto Rico. Elle fait partie de la fosse de Porto Rico.

Si l'essentiel de l'île de Cuba, ainsi que le vaste plateau calcaire en partie émergé des Bahamas, est assis sur la plaque nord-américaine, il existe au sud de cette grande plaque des microplaques, lointains produits de dislocation de la plaque des Caraïbes apparue à l'ère tertiaire, telle que la "microplaque des Gonâves", qui apparaît entre le sud de Cuba et le nord de la Jamaïque et se prolonge vers le sud de Haïti, expliquant les graves risques sismiques de la région de Port-au-Prince. Le volcanisme est bien plus présent dans les fonds marins que sur les terres émergées. Un des moteurs de l'activité sismique et volcanique reste la plongée de la plaque océanique atlantique sous la plaque caraïbeIl est vrai que ce phénomène de subduction concerne en premier chef l'arc antillais et les volcans actifs des Antilles..

Géographie Les Grandes Antilles se situent de part et d'autre du parallèle de latitude nord. Elles s'étendent essentiellement sur deux espaces maritimes : la mer des Caraïbes et l'océan Atlantique (plusieurs cayos cubains et l'île de la Tortue). D'autres petites îles cubaines (les cayos) se trouvent dans le golfe du Mexique, ainsi que la majorité des Keys américains. L'île de la Jeunesse et la Jamaïque ont leurs côtes baignées en totalité par la mer des Caraïbes.

Hispaniola est l'île la plus montagneuse, le sommet le plus élevé est le pic Duarte () et la dépression endoréique locale la plus importante est le lac salé d'Enriquillo situé à - en partie sud-ouest de la République dominicaine. D'autres montagnes possèdent un relief assez vigoureux comme les Blue Mountains à la Jamaïque et la Sierra Maestra à Cuba.

En 2005, la population totale des Grandes Antilles est proche de .

Climat Les températures, typiques d'un climat tropical, sont adoucies par les brises de mer et par l'altitude. Sur le littoral, le chaud climat tropical est adouci par les vents alizés assez constants tout au long de l'année. Ces vents sont uniquement interrompus par l'effet de tempêtes sur l'océan Atlantique. À l'intérieur des terres, le climat est plus chaud. Mais, avec l'altitude, l'humidité augmente et la température diminue.

Les pluies correspondent aux deux passages du soleil au zénith. Elles ont lieu en deux saisons rapprochées, soit en mai-juin et en septembre-octobre. Il y a en conséquence deux types de saisons : la saison sèche est fraîche (de décembre à juin), dite période du carême ; la saison humide est chaude (de juin à décembre), dite période cyclonique. Cet « hivernage » est marqué par des pluies orageuses éclatant l'après-midi. L'été inaugure aussi une saison des cyclones au grand pouvoir destructeur sur les cultures et les installations humaines. Les cyclones formés initialement sur l'océan surchauffé parviennent sur les Grandes Antilles depuis l'est.

Les versants qui font face aux alizés ou vents d'est, sont beaucoup plus humides, autrefois chargés de denses forêts pluviales, alors que les autres versants « sous le vent », autrefois domaines des prairies, savanes ou petits déserts à plantes xérophiles, peuvent souffrir de la sécheresse

Faune et flore Malgré les évolutions modernes, destructrices de la biodiversité de la forêt vierge, avec ses strates arborées et son lot de plantes épiphytes, dont les broméliacées et les orchidées, des marais, des littoraux sableux ou des mangroves, des prairies ou terres plus sèches ou désertiques des plateaux de montagnes, les Grandes Antilles témoignent encore de nombreuses espèces endémiques, spécifiquement îliennes, qui résistent parfois à l'intérieur des terres ou dans les derniers vastes marais et lagunes péninsulaires protégés, à la survenue d'espèces migratrices du continent. Ainsi le mammifère insectivore solénodon, le minuscule colibri-abeille, aujourd'hui de plus en plus rares.

Ainsi le crocodile d'eau douce des marais intérieurs de Cuba, le crocodile de Cuba plus petit, agressif et vif, diffère des crocodiles américains qui prennent pied dans la péninsule de Zapata. Même les crocodiles américains des eaux saumâtres du lac Enriquillo à Hispaniola tendent à évoluer vers une espèce animale spécifiqueLes caïmans noirs, espèces originaires du bassin de l'Amazonie, seraient à l'origine de ses diverses espèces nanifiées ou en cours de séparation spécifiques par isolement, ils se laissent toujours dériver des côtes américaines comme des bois morts portés par le courant. Série documentaire allemande Les Caraïbes, WDR, 2016 déclinées en plusieurs volets. En particulier, numéro 1 Les Grandes Antilles, documentaire de 43 minutes 14 secondes de Marion Pöllmann, diffusion lundi 13 mars 2017 sur Arte..

La faune des abords marins était autrefois encore plus remarquable et variée, avec le lamantin des Caraïbes ou encore les foules de flamants roses, mangeurs de petits crustacés, l'aigle pêcheur, la frégate superbe, le spatule rosée, ces deux derniers nichant encore dans les mangroves préservées.

Ethnologie Les anciennes populations arawaks ont été supplantées par des populations caraïbes. En dépit de leurs rivalités culturelles, ces populations précolombiennes appartiennent à des cultures andines, maîtrisant avec raffinement les cultures de manioc, d'arachides et de haricots ainsi que l'adaptation sophistiquée à la vie semi-nomade des rivages (pêche) et des différents milieux intérieurs îliens. Mis à part quelques réduits largement métissés, ces populations amérindiennes ont pratiquement disparu, après le premier désenclavement économique occidental. Leur dramatique disparition dès le a nécessité l'immigration par déportation de populations d'esclaves ou de laborieux, au profit des élites hispaniques, françaises, anglaises ou hollandaises.

La population est en majorité d'origine noire africaine plus ou moins métissée d'Européens et d'Asiatiques. Les habitants se réclament d'une communauté culturelle inter îles dite « créole ». La suppression de l'apport africain, après la tardive suppression de la traite négrière occidentale et de l'esclavage au milieu du , a ouvert ses îles aux migrations asiatiques, notamment venues de l'Inde.

Cultures tropicales La monoculture de la canne à sucre, générant de façon précoce une industrie de transformation pour obtenir jus de canne, sucre, mélasse et rhum, a marqué durablement la vie des domaines agricoles, mis à part quelques cultures vivrières ou de produits d'exportations spécifiques. Celles-ci se sont parfois développées à des fins d'exportation, de manière agro-industrielle, surtout avec la banane, le café et l'ananas.

Pays vignette|350px|Iles des Grandes Antilles. Pays avec drapeau Superficie(km²) Population totale(Estimation au ) Densité(per km²)Capitale Cuba 102.4 La Havane Jamaïque 248.6 Kingston Haïti 292.7 Port-au-Prince République dominicaine 183.7 Santo Domingo Porto Rico () 430.2 San Juan Îles Vierges des États-Unis 310 Charlotte-Amélie Îles Vierges britanniques 234 Road Town Total 183.5

Histoire Les Antilles doivent leur appellation à Christophe ColombLe grand navigateur à l'estime pensait dès ses premières explorations que ces chapelets d'îles plus ou moins grandes étaient placées avant l'Inde ou à défaut les utopiques îles des petites indes, d'où l'hypothèse ante indias ou ante indillas avant abréviation populaire. On peut aussi suggérer une équivalence avec le nom italien singulier Antille désignation légendaire d'une grande île outre-atlantique sur une carte théorique de Paolo Toscanelli, cartographe florentin.. Les Grandes Antilles sont d'abord exploitées sans vergogne puis contrôlées au nom des rois d'Espagne. Une mise en valeur par grand domaine est tentée, différentes cultures sont introduites, dont celle de la canne à sucre en 1508.

Mais avec la dépopulation indigène, dramatique entre 1570 et 1620, la puissance espagnole se fragilise et se délite en dehors de quelques centres importants. Des marins français, anglais, hollandais, qu'ils soient aventuriers, corsaires ou pirates, parviennent à prendre pied, instaurant parfois des entités autonomes durables entre 1620 et 1640, en dépit des violentes reprises militaire espagnoles.

Les boucaniers français s'installent ainsi durablement sur la côte occidentale en partie désertée de la grande île d'Hispaniola, qui se dénomme en français Saint-Domingue et plus tard Haïti. Les petites îles ou les enclaves sécurisée, non espagnoles après 1650, développent l'économie sucrière, avec la main d'œuvre esclave, apportée par la traite négrière et offrant des débouchés prometteurs et lointains à ses dérivés que sont les "pains de sucre", le rhum, la mélasse, les alcools.