Podemos Prononciation en espagnol d'Espagne retranscrite selon la norme API. () est un parti politique espagnol de gauche à extrême gauche, fondé en . Son actuelle secrétaire générale est Ione Belarra, depuis .
En 2016, il forme au Congrès des députés le groupe parlementaire Unidos Podemos, troisième force de la chambre basse en nombre de députés et au Sénat le groupe parlementaire Unidos Podemos. Podemos est membre du groupe de la Gauche unitaire européenne/Gauche verte nordique au sein du Parlement européen..
Le parti obtient des succès électoraux en 2015 et 2016 où Podemos parvient à faire élire au Congrès des députés, puis après les élections législatives de , à intégrer le gouvernement en formant une coalition avec le PSOE, qui constitue le premier exécutif partagé depuis 1939. Néanmoins, le parti est aujourd’hui en perte de vitesse et est notamment l'un des grands perdants avec le parti centriste Ciudadanos des élections municipales de 2023. Il perd également la même année toute représentation au sein du gouvernement espagnol.
Histoire Origine L'origine de Podemos se trouve dans le manifeste « ». (en français : « Prendre les choses en main : convertir l'indignation en changement politique »), publié le week-end du 12 et par le journal numérique Público, et signé par une trentaine d'intellectuels, de personnalités de la culture, du journalisme et de l'engagement social et politique. Parmi ceux-ci se trouvaient Juan Carlos Monedero, professeur de science politique à l'université complutense de Madrid (UCM), Jaime Pastor, professeur de science politique à l'université nationale d'enseignement à distance, Bibiana Medialdea, professeure d'économie appliquée à l'UCM, l'écrivain et philosophe Santiago Alba Rico, l'acteur Alberto San Juan, ou encore le syndicaliste Cándido González Carnero membre du . Ce manifeste exprimait la nécessité de transformer la mobilisation sociale du mouvement des Indignés en processus électoral participatif et de créer ainsi une candidature pour les élections européennes de mai 2014 avec l'objectif d'opposer des idées de gauche aux politiques de l'Union européenne concernant la crise économique. Bien que ne figurant pas parmi les signataires du manifeste, le mouvement annonça le que le professeur de science politique de l'UCM et analyste politique télévisuel, Pablo Iglesias Turrión, en prendrait la tête.
L'historien Christophe Barret relève que le groupe d'universitaires qui se forme autour de Pablo Iglesias est .. Le nom du parti, qui signifie « Nous pouvons », fait allusion au slogan « » de la campagne menée par Barack Obama en 2008.,
Premier test électoral : élections européennes de 2014 Le mouvement s'est enregistré comme parti politique le afin de se présenter aux élections européennes..
Podemos souhaite d'abord se distancer des formations de gauche traditionnelle, telles qu'Izquierda Unida (qui lui avait proposé de s'allier.), afin de dépasser le clivage gauche-droite. Les listes ont été élaborées au travers d'élections primaires ouvertes. Íñigo Errejón est désigné directeur de campagne du parti.
Les résultats obtenus plaçant le mouvement en quatrième position au niveau national ont créé une grosse surprise......
Le parti a dépassé la barre des 10 % dans les Asturies, à Madrid, aux Canaries et aux Baléares. Il n'a, en revanche, pas dépassé la barre des 5 % des suffrages en Catalogne et en Estrémadure. De plus, il a devancé sur leurs propres territoires des listes régionalistes telles que la Coalition Compromís dans la Communauté valencienne ou le Bloc nationaliste galicien en Galice..
Progression puis déclin upright=2|vignette|droite|Moyenne mobile des résultats d'enquêtes depuis novembre 2011 au jour de l'élection, chaque ligne correspondant à un parti politique :
Dans la perspective des élections générales de 2015, différents sondages d'opinion indiquent une progression spectaculaire de Podemos, qui est parvenu fin 2014 au même niveau que le Parti populaire avec une nette avance sur le PSOE. Il pourrait ainsi devenir le parti pivot d'une nouvelle majorité qui reste à définir.. Le , un sondage publié par El País l'a même donné pour la première fois en tête du futur scrutin avec 27,7 % des intentions de vote, distançant les partis traditionnels, le PP et le PSOE.. En réaction à cette progression, le dirigeant du patronat espagnol, Juan Rosell, appelle à une grande coalition « à l’allemande » entre le PP et le PSOE..
Élections régionales et municipales de 2015 Lors des élections municipales de 2015, le parti a choisi de ne pas présenter ses propres listes, préférant plutôt participer ou soutenir des listes locales rassemblant des petits partis et des citoyens. L'une de ces listes arrive en tête, à Barcelone, du pays, où Ada Colau est élue maire. Dans plusieurs autres grandes villes, ces listes arrivent en seconde ou en troisième position derrière le PP, mais réussissent à passer des accords avec d'autres partis de gauche afin de composer des majorités et d'obtenir le mandat de maire. C'est le cas à Madrid (capitale et du pays, avec Manuela Carmena)., Valence (, avec Joan Ribó), Saragosse (, avec Pedro Santisteve)., La Corogne (, avec Xulio Ferreiro), Cadix (, avec José María González Santos). et Saint-Jacques-de-Compostelle (, avec Martiño Noriega).
À la suite des élections régionales qui se tiennent le même jour, Podemos participe à des majorités de gauche dans plusieurs communautés autonomes comme en Communauté valencienne et en Aragon.
Élections générales de 2015 À l'occasion des élections générales du 20 décembre 2015, Podemos s'allie au niveau national à la petite formation écologiste Equo.. Dans certaines Communautés autonomes, Podemos noue des alliances avec des partis écologistes et régionalistes, En Comú Podem (Catalogne), Compromís-Podemos-És el moment (Communauté valencienne) et En Marea (Galice).. Au soir des élections Podemos et ses alliés remportent 20,66 % des voix ( au total, dont 46 pour Podemos.), se classant troisième juste derrière le PSOE.. Ce résultat, cumulé à celui obtenu par Ciudadanos, contribue à mettre fin au bipartisme qui avait rythmé la vie politique espagnole depuis la fin du franquisme..
Les élections générales de 2015 ayant abouti à une fragmentation du parlement, différentes négociations entre les partis sont menées pour aboutir à une coalition mais sans résultat. En , Podemos pose des exigences (poste de vice-président pour Pablo Iglesias, quatre ministères clés, référendum d’autodétermination en Catalogne) au PSOE que ce dernier refuse.. En , un soutien à une coalition regroupant le PSOE et Ciudadanos est rejeté par plus de 88 % des militants de Podemos.. De nouvelles élections sont alors convoquées pour le .
Podemos affronte plusieurs crises après les élections de 2015 : . En 2018, l'achat par Pablo Iglesias et sa compagne Irene Montero, au moyen d'un emprunt sur plusieurs dizaines d'années, d'une maison à dans un quartier aisé de Madrid, est vu par la presse comme une démonstration de l’hypocrisie du parti de gauche radicale, dont les dirigeants appartiendraient à la même « caste » qu'ils prétendent dénoncer, et déclenche une longue polémique..
La crise catalane de 2017 embarrasse également le parti, qui défend une position de compromis en soutenant la tenue d'un referendum officiel lors duquel il militerait pour le « non » à l’indépendance. Alors que la crise polarise le pays, cette position, jugée ambiguë, est rejetée tant par les indépendantistes catalans que par les partisans de l'unité de l'Espagne. « La formation se rend compte que chaque fois qu'elle prend position pour la Catalogne, pour les prisonniers ou contre la répression, elle perd des voix. Donc elle choisit de ne pas parler de la Catalogne en attendant que ça passe », explique Maria Corrales, porte-parole de la coalition En Comú Podem (qui unie en Catalogne Podemos à d'autres partis de gauche), la conduisant à perdre des soutiens dans la région.
Élections générales de 2016 À l'occasion des élections générales de juin 2016, une coalition est mise en place avec la Gauche unie (IU) pour dépasser le PSOE ; les militants de IU approuvent cette coalition à 87,85 %. et les militants de Podemos à 98,00 %.. Cette coalition porte le nom d'Unidos Podemos (contraction des noms des deux partis, signifiant, « unis nous pouvons »).. Elle obtient 21,1 % des voix et décroche (dont 47 pour Podemos).
En 2015 et 2016, des responsables de la police espagnole, proches du gouvernement de Mariano Rajoy, auraient fabriqué de faux documents pour discréditer Podemos. Ces documents, qui ont été donnés à la presse, visaient à alimenter des spéculations sur un financement de Podemos par l’Iran et le Venezuela.. Certains des policiers mis en cause ont reconnu avoir agi en collaboration avec le ministre de l'intérieur Jorge Fernández Díaz..
Élections générales de 2019 et régionales de 2020 Lors des élections générales d'avril 2019, Podemos obtient 14,32 % des voix et perd de députés et 15 de sénateurs. Un nouveau scrutin se tient en novembre de la même année : Podemos réalise cette fois 12,84 % des voix et perd de députés, alors que son nombre de sénateurs ne bouge pas.
À l'issue des élections aux parlements basque et galicien du , Podemos ne détient plus que six sièges dans le premier et aucun dans le second.
Élections régionales de 2023 et élections suivantes Lors de ces élections, le parti passe de à 15, quittant trois communautés autonomes où il était représenté et perdant leur participation à cinq des six gouvernements régionaux dans lesquels ils figuraient. D'une manière générale, ces municipales affaiblissent Podemos et les différentes listes de la gauche radicaleMathieu de Taillac, Espagne: après la déroute de la gauche, Sanchez dissout le Parlement, lefigaro.fr, 29 mai 2023. Podemos subit un « revers majeur » en n’obtenant que 0,59 % des bulletins contre 5,86 % quatre ans plus tôt. Pour l'historien Benoit Pellistrandi, le parti « est une formation qui est en perte de vitesse depuis plusieurs années », celle-ci s’expliquant « notamment par les divisions internes profondes de cette gauche radicale et la stratégie anti-socialiste de Pablo Iglesias »Mathilde Karsenti, Élections en Espagne : pourquoi les libéraux de Ciudadanos et les progressistes de Podemos ont disparu, marianne.net, 29 mai 2023. Lors de ces élections, le parti perd de 10 à presque 65 % de son électorat selon les régions, n’obtenant un léger mieux que dans la communauté autonome de Cantabrie. Cette sous-performance, beaucoup plus marquée que celle du PSOE, contribue de manière significative à la perte de la majorité de gauche dans 5 régions sur 7François Hublet, sur les résultats des élections en Espagne, legrandcontinent.eu, 30 mai 2023.
Pour la chercheuse Maria Elisa Alonso, la défaite du Parti socialiste ouvrier espagnol (PSOE) ne s'explique pas par le bilan économique du gouvernement. Selon elle, les électeurs ont voulu voter contre la coalition du PSOE avec Podemos, et notamment contre les lois controversées que Podemos a fait adopter. Elle cite notamment la « loi d'égalité réelle et effective des personnes trans », [qui permet le changement de sexe sur les papiers d'identité par simple déclaration administrative à partir de , avec l'accord parental], qui « a fait scandale au sein même du PSOE et des organisations féministes. » La loi Solo sí es sí (seul un oui est un oui) a connu également une réception très négative : « si elle devait servir à protéger les femmes victimes de violences, elle a en fait eu l'effet pervers de diminuer certaines peines de prison requises contre les agresseurs… »Pourquoi la gauche a perdu en Espagne, lepoint.fr, 30 mai 2023.
Aux élections européennes de , le parti n'obtient que 3,27 % des voix (2 élus)Cécile Thibaud, Européennes 2024 : en Espagne, la droite remporte les élections mais les socialistes résistent, lesechos.fr, 10 juin 2024.
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