La littérature en gallo est l'ensemble du corpus littéraire composé en langue gallèse, la langue d'oïl parlée en Haute-Bretagne.

Quand sont mentionnés dans des publications : textes en gallo et en français, cela signifie qu'il y a un mélange de textes dans les deux langues ; bilingue gallo-français signifie que l'intégralité du livre est traduite en français. Quand rien n'est mentionné, cela signifie que le livre est intégralement en gallo.

Littérature ancienne vignette|200px|redresse|Nominoë (réalisé ici par Jeanne Malivel) est dénommé le duc Naimes dans le roman d'Aiquin. Les origines au Si on ne peut parler de littérature en gallo en tant que telle, car le mot gallo n'apparaît lui-même qu'au , on trouve déjà des transcriptions de mots et des structures grammaticales gallèses au , à travers la rédaction de chansons de geste en langue romane de Bretagne. C'est d'abord le Livre des Manières d'Étienne de Fougères, chapelain du roi Henri II d'Angleterre et évêque de Rennes, rédigé entre 1174 et 1178. Au début du , vers 1213, le roman d'Aiquin est sans doute rédigé par un ecclésiastique doloisÉric Borgnis Desbordes, Constance de Bretagne (1161-1201) : une duchesse face à Richard Cœur de Lion et Jean sans Terre, Fouesnant, Yoran embanner, 2018, p.359.. Une copie du nous est parvenue de cette dernière chanson de geste.

À la fin du Moyen Âge On va trouver nombre de mots et de tournures de phrases du gallo actuel dans des écrits de la fin du Moyen Âge. C'est le cas dans le texte de droit de la Très Ancienne Coutume de Bretagne transcrite entre 1312 et 1325. par des juristes hauts-bretons, sous le règne du duc de Bretagne Jean III . C'est aussi ce qu'on retrouve dans la Chronique de l'État breton rédigée par Guillaume de Saint-AndréMitaw, janvier 2016, « Du gallo au siècle »., chanoine de la cathédrale de Dol et secrétaire du duc de Bretagne Jean IV, entre 1381 et 1385. Le terme gallo est d'ailleurs employé entretemps pour la première fois en 1358 par l'administration de ce même duc.

La Renaissance Le gallo est aussi dans des livres à la Renaissance, quand Noël du Fail, noble rennais du , fait parler les paysans en patois du pays rennais, dans ses Propos rustiques. L'auteur invente pour parler de ces paysans deux villages fictifs : Flameaux et Vindelles. Il ne le fait plus dans ses deux livres suivants : Baliverneries ou contes nouveaux d’Eutrapel et Les Contes et Discours d’Eutrapel, où ses paysans parlent français adjoint de quelques mots gallos « Les Baliverneries d'Eutrapel, de Noël du Fail (étude historique et littéraire) », article de Gaël Milin, in Les Annales de Bretagne, 1970...

Publications vignette|200px|redresse|Jean IV de Bretagne est le premier duc à utiliser le mot "gallo" pour parler de la Haute-Bretagne. Étienne de Fougères, Le Livre de Manières, poème de 336 quatrains d'octosyllabes (1344 vers), écrit entre 1174 et 1178, en 1877. Le roman d'Aiquin ou La conquête de la Bretaigne par le Roy Charlemaigne : chanson de geste du , édité par la Société des bibliophiles bretons, Nantes, 1880. La Coutume de Bretagne (rédigé au ), manuscrit, 1401-1500. Guillaume de Saint-André, Le bon Jehan et le jeu des échecs - Chronique de l'État breton (rédigé au ), texte établi, traduit, présenté et annoté par Jean-Michel Cauneau et Dominique Philippe, Presses Universitaires de Rennes, 2005. Noël du Fail, Propos rustiques de maistre Léon Ladulfi, Champenois, Jean de Tournes, Lyon, 1547, in-8° Propos rustiques de maistre Léon Ladulfi, Champenois, édition critique d’Arthur de La Borderie avec les variantes des éditions de 1548, 1549, 1573, Paris, Lemerre, 1878 (rééd. Slatkine, 1976). Propos rustiques de maistre Leon Ladulfi champenois, 1549, édition avec introduction, notes et glossaire établis par Gabriel Pérouse et Roger Dubuis, Genève, Droz, 1994.

Littérature des Littératures orale et écrite vignette|200px|redresse|Paul Sébillot publie en 1881 Littérature orale de la Haute-Bretagne, le 1 tome de la collection des Littératures populaires de toutes les nations. Après une période d'oubli, ce sont les légendes orales gallèses qui ramènent la langue dans les livres. Ces contes ont été collectés à partir de la fin du par des folkloristes et ethnologues comme Paul Sébillot, Adolphe Orain, François Duine. Mais ces auteurs ont le plus souvent francisé cette littérature orale., surtout en matière de légendaire. Ce n'est pas le cas quand il s'agit de dictons, formules, devinettes et proverbes collectés en même temps que ces contes. Néanmoins, la culture et la langue gallèse vont trouver une notoriété nouvelle, notamment grâce à Paul Sébillot, fondateur de la Société des traditions populaires et de sa revue en 1885.

Amand Dagnet publie, quant à lui, plusieurs contes traditionnels dont sept sont intégralement en gallo dans l'hebdomadaire La Chronique de Fougères entre 1895 et 1898. Trois de ces contes sont repris dans un livre Croyances populaires du pays fougerais, édité par le journal en 1899.

En 1922, Jeanne Malivel, réarrange en le mettant en vers et illustre un conte en gallo de sa grand-mère Les Sept Frères, qui inspire la création du mouvement de renouveau artistique Seiz BreurL'inspiratrice des Seiz Breur, article de Philippe Klein, 27 septembre 2013, sur breizhfemmes.fr. Il est publié en trois fois dans le journal de Loudéac Le Petit Libéral. Elle s'associe avec la librairie Le Goaziou pour l'édition d'un livre mais le projet est abandonné. Le conte ne paraît que trois ans après sa mort, en 1929, dans le livre de Octave-Louis Aubert Jeanne Malivel. Son œuvre et les sept frères. Il faut attendre 1977 pour que le texte soit de nouveau édité, sans illustrations, dans Parlons gallo, patois de Haute Bretagne, par l'association des Amis du Parler gallo.

Une des premières incursions dans le monde de la poésie est l'œuvre du Dinanais Eugène Lissillour qui écrit deux poèmes en gallo : Le Gallaouen en 1933 et Dit Mathurin : - au « Pardon » des Terreneuvas en 1934 qu'il réussit à faire publier dans un des tomes du Florilège, l'anthologie des poètes bretons, dirigée par Auguste Bergot..

Jean Choleau, qui a étudié le gallo de Vitré par ailleursJean Choleau, Le Parler du pays de Vitré, Éditions Label LN, 2006, propose ses Chansons et propos rustiques en parlers populaires de Haute-Bretagne en 1947.

Théâtre Amand Dagnet écrit la première pièce de théâtre en gallo, La Fille de la Brunelas, qu'il publie en 1901 dans la revue L'Hermine puis est édité en livre grâce à Louis Tiercelin. D'abord en un acte, il ajoute un et actes en 1918 à la pièce, qui est republiée en son entier en 1925 dans La Chronique républicaine. La pièce a un succès tardif mais assez long puisque des représentations ont lieu en 1927 sous l'égide de la Fédération régionaliste de Bretagne ; puis en 1936-1937 notamment à Fougères et à Rennes, avec diffusion radiophonique sur Radio Rennes et une mise en scène de Gaït Corvaisier du groupe des Sabotiers de Fougères.. La pièce est rejouée dans une dizaine de communes du Pays de Fougères en 1941-1942 par la même troupe au profit des prisonniers de guerre et reprise en 1946« Ainsi naquit le théâtre en gallo... », article de Pierre Guérin dans le Lian n°6, Les Amis du Parler gallo, mars 1980 sur bertegn-galezz.bzh. vignette|200px|redresse|Amand Dagnet publie en 1901 la première pièce de théâtre en gallo, qui fut jouée avec succès. Dans les années 1930 et pendant la Seconde Guerre Mondiale, c'est Henri Calindre, originaire du Porhoët, qui écrit des monologues et de pièces de théâtre humoristiques en gallo sous le pseudonyme de Mystringue.. Un livre réunissant quelques uns de ces monologue est édité en 1934.

Adèle Denys écrit vers 1930 un sketch en gallo : La Sortie de la messe, publié par la suite dans ses mémoires. C'est le départ de l'écriture de nombreuses pièces de théâtre en gallo durant ces années-là. Pendant la guerre, elle continue d'écrire, mais sur demande des troupes qui jouent ses pièces à Bazouges-la-Pérouse et aux alentours* Mémoires d'une centenaire : aout'fas en pays gallo / Adèle Denys. Gévezé : Kérig, 1999, 335 p. Texte en gallo et en français. , p.332.

Les Compagnons de Merlin, sous la direction de Jean Choleau et Marie Droüart, vont fédérer en 1939 plusieurs groupes et cercles folkloriques dont : Les Sabotiers de Fougères (Ille-et-Vilaine), L'Hermine de Saint-Brieuc (Côtes-d'Armor), le Groupe traditionaliste du Pays de la Mée (Châteaubriant, Loire-Atlantique), le Groupe Gallo Breton de Rennes ; qui proposent des spectacles de chansons populaires, danses, ballets et pièces de théâtre en gallo. Marie Droüart écrit ainsi plusieurs pièces : Le Dret de passaïge (pièce en un acte), La Fée des Houles (pièce en 3 actes) jouée à Rennes en 1942, Idylle aux champs (saynète de 4 scènes) jouée à Vitré en 1942. Des livrets de ces pièces sont édités à l'occasion de leurs représentations.

Entre 1950 et 1967, Gaétan Piederrière, instituteur, écrit une douzaine de pièces en un acte ainsi que des monologues en gallo qui sont joués par une troupe de Saint-Méen-le-Grand jusqu'à Rennes et diffusés sur Radio Bretagne. Une de ses pièces On marie Mélanie est publiée dans Parlons Gallo, premier recueil édité par les Amis du Parler Gallo en 1977.

Émule de Marie Droüart, Gaston Latimier écrit en gallo plusieurs pièces et saynètes inspirées de contes traditionnels : Léï M'naou (saynète), Léï Paei de Saint Unet (saynète), Le Vëlo d'cours (saynète), Léï Badi (pièce en 2 actes), Léï Dëu Bossé. Une troupe joue plusieurs de ses pièces en 1948 à Gomené, Laurenan et Pontivy. Plusieurs de ses pièces ont paru dans les années 1950 dans une revue scolaire du Morbihan gallo, « La Ronde », ainsi que dans des recueils de contes et récits du Porhoët puis en 1977 dans le recueil Parlons Gallo, des Amis du Parler Gallo

Presse C'est aussi dans la presse régionale que le gallo va être visible à l'écrit. L'historien Michel Chalopin précise que les auteurs de ces textes sont le plus souvent des érudits locaux s’intéressant à la culture populaire. Les textes publiés en gallo dans ces journaux sont variés : "paysanneries" et récits comiques mettant en scène des gens de la campagne, récits pamphlétaires à destination des paysans.. On retrouve aussi des chroniques sur l'actualité locale en gallo dans ces journaux. vignette|200px|redresse|La Chronique Républicaine, créée en 1837, est un des journaux bretons qui publie le plus de gallo avec des auteurs comme Amand Dagnet, Amand Cocar ou Joseph Coquelin.

Le Morbihan gallo est un territoire propice à l'utilisation de la langue vernaculaire en politique. Ainsi le candidat républicain aux législatives, l'abbé Camper écrit, sous le pseudonyme de Mathurin Faucille, quatorze articles en gallo dans Le Réveil ploërmelais entre 1897 et 1898, à destination de son adversaire monarchiste le duc de Rohan. On retrouve aussi un texte en gallo narrant les histoires autour des élections dans le canton de Guer, publié dans le Progrès du Morbihan en 1923, signé par l'énigmatique Tonton à Jean des Landes..

Dans l'Entre-deux-guerres aussi, sont publiés les « Propos du Terroir » d’Herbignac dans les journaux Le Guérandais puis La Presqu'île guérandaise et L’Indépendant..

De manière plus régulière, Joseph Chapron publie de 1927 à 1931, sous le pseudonyme de Jean Cudessot, près de 30 lettres, parues dans Le Courrier de Châteaubriant.. Un livre réunissant ces « Lettres rustiques » est édité en 1932 et adapté au théâtre par les compagnies de la Grôle et du Fâilli Gueurzillon en 2022..

Par ailleurs, Jean du Nançon, pseudonyme du journaliste Joseph Coquelin, écrit 127 chroniques hebdomadaires d'actualité titrées : « Conte du Dimanche » puis « les Idées du Père Laflûte » dans La Chronique républicaine entre 1948 et 1957.. Jean du Nançon qu'on retrouve beaucoup plus tard dans la revue « Le Lian » dans les années 1980 où il publie de la poésie en gallo.

Galerne puis Le Pays breton