thumb|Claude Monet est l'un des plus illustres représentants d'une France en plein renouveau artistique au long du . Sa peinture Impression, Soleil levant est considérée comme l'élément fondateur du mouvement impressionniste.|alt= Peinture de Claude Monet, Impression, soleil levant, 1872.
L'histoire de la France au touche à une période où le pays entame toute une série de mutations tant politiques qu'économiques et sociales.
Depuis la France est le laboratoire institutionnel de l'Europe avec en 81 ans, trois républiques, deux royaumes et deux empires, record inégalé en Europe. Sur les plans idéologique et politique, le français reste principalement le siècle de l'opposition entre partisans des idéaux révolutionnaires et contre-révolutionnaires, et d'une lutte acharnée pour pérenniser une forme de régime stable entre républicains, monarchistes et bonapartistes. La démocratie et le parlementarisme finissent par s'imposer à la fin du avec le triomphe des républicains et des libéraux et l'enracinement de la Troisième République.
La France connaît un rayonnement international fort au et est un acteur incontournable des relations internationales au même titre que les autres grandes puissances européennes. À cette époque, la France possède un vaste empire colonial, s'étendant sur tous les continents du monde.
L'Église, ciment traditionnel de la société française, perd petit à petit de son influence avec la laïcisation progressive de l'État voulue par des républicains anticléricaux face aux monarchistes soutiens de l'Église. Sur le plan économique, la France est bouleversée par la révolution industrielle, entraînant une progressive industrialisation et la sortie d'une économie primaire. Cette industrialisation provoque un rééquilibrage démographique entre les villes et les campagnes. Toutefois, ce n'est qu'au début des années 1930 que la population citadine française atteint la barre symbolique des 50 %.
Le est également une période de relatives avancées sociales et scientifiques françaises. En 1914, les Français disposent déjà du droit de grève (loi Ollivier en 1864), d'une presse totalement libre (Loi sur la presse en 1881), du droit de syndicalisation (loi Waldeck-Rousseau en 1884), d'association (Loi sur les associations en 1901) et du droit de vote (depuis 1848, mis à part les femmes). L'instruction est rendue gratuite, laïque et obligatoire avec les lois Ferry de 1881-1882. Les avancées dans la médecine, de Pasteur notamment, permettent une amélioration des conditions de vie de la population.
La France se distingue également par son influence artistique, le produit plusieurs générations d'artistes brillants. Ce siècle est considéré encore aujourd'hui comme le siècle des lettres français avec l'émergence d'artistes tels qu'Honoré de Balzac, Victor Hugo, Stendhal, Gustave Flaubert, George Sand, Guy de Maupassant ou encore Émile Zola. Le voit également l'émergence de nombreux artistes comme Claude Monet, Edgar Degas ou encore Auguste Rodin.
Délimitations temporelles Si pour la majorité des historiens, la France entre dans son en 1814, la délimitation temporelle du est sujette à controverse au sein de la recherche historique. Certains historiens affirment que le siècle commence en 1789, lors de la Révolution française alors que d'autres font débuter ce siècle en 1814, après la défaite des armées napoléoniennes. Il y a également une divergence entre les chercheurs en histoire concernant la date de fin de ce français, certains soutenant que le siècle se termine en 1914 au début du premier conflit mondial pendant que d'autres le terminent en 1945, date de la fin du deuxième conflit mondial.
En définitive, deux délimitations traditionnelles du français se démarquent : une première couvrant la période 1814 à 1914, puis une seconde rejoignant le « Long » d'Éric Hobsbawm et couvrant la période à .
Histoire
Monarchie constitutionnelle (1791-1792)
Première république (1792-1804)
vignette|Jacques-Louis David. Le sacre de Napoléon 1er (peint entre 1805 et 1807).
Premier empire (1804-1814)
Première Restauration (1814-1815) Face à la déroute du Premier Empire napoléonien, on envisage un retour à la monarchie. Louis XVIII est appelé sur le trône de France par le sénat d'Empire le . Une charte est octroyée par Louis XVIII à la France. Louis XVIII considère impossible un retour à l'Ancien Régime et s'attache à concilier Révolution et Royauté, ce qui suscite des espoirs chez les libéraux. Desservi par la conjoncture économique, le souverain multiplie les décisions malheureuses et s'aliène le soutien de l'Armée, un soutien qui lui manque cruellement lorsque Napoléon Bonaparte entreprend la reconquête du pouvoir durant l'épisode des Cent-Jours. Lâché, le souverain est contraint à l'exil à Gand.
Les Cent-Jours (1815)
Seconde Restauration (1815-1830)
thumb|Charles X s'aliène les libéraux en prenant des mesures réactionnaires, avec le concours de Villèle.|alt=Charles X en costume de sacre.
Après le court interlude des Cent-Jours où les puissances coalisées battent une seconde fois Napoléon et contraignent ce dernier à un second exil, Louis XVIII et les bourbons prennent réellement le pouvoir. En 1815, les partisans d'un royalisme fort, les ultras-royalistes, dirigent le pays. La postérité appellera cette période la Terreur blanche de 1815. En , ces députés ultras sont majoritaires à la chambre : c'est la chambre introuvable. Durant l'année où elle détient le pouvoir, la chambre droitière vote des mesures répressives envers les anciens membres de l'Empire. Ainsi, des lois sont votées contre ceux qui ont permis le bref retour de Napoléon en 1815, des lois sont également votées contre la liberté de la presse, jugée dangereuse par la majorité ultra, c'est la Terreur blanche légale. Louis XVIII, qui comprend vite que cette chambre ne reflète pas le pays réel, décide de dissoudre la chambre des députés en 1816. Cette chambre introuvable est remplacée par une majorité de royalistes constitutionnels, souhaitant libéraliser quelque peu le pays. Sous l'impulsion d'Élie Decazes, principal personnage qui incarne ce royalisme constitutionnel, des mesures libérales sont votées comme la loi Lainé en 1817 sur le système électoral, la loi Gouvion-Saint-Cyr sur l'armée en 1818 ou encore les lois de Serre en 1819 sur la liberté de la presse.
Le régime de la Restauration semble parti pour être une monarchie constitutionnelle à l'anglaise, tout en libéralisant politiquement la France. C'est sans compter sur un choc inattendu qui va renverser les chambres, l'assassinat du neveu du roi, sur lequel repose l'avenir dynastique. Les mesures libérales sont jugées responsables de la situation et en 1820, la Restauration prend un virage à droite irréversible. Durant 10 ans, des lois conservatrices et pour certaines, faisant penser à un retour de l'Ancien Régime, sont votées par les gouvernements successifs : loi du double-vote en 1820, loi du milliard aux émigrés et loi du sacrilège en 1825. À cela s'ajoute le retour des ultras à la chambre en 1824, sous le nom de . Enfin, à la suite de la mort de Louis XVIII le , arrive sur le trône un monarque ne souhaitant aucune conciliation avec la Révolution française : Charles X. L'opposition de gauche s'unit sous la défense des idéaux révolutionnaires. Elle rassemble constitutionnels, libéraux et républicains. Cette opposition triomphe finalement de cette chambre retrouvée aux élections de 1827. Charles X, un temps conciliant, décide de ne plus jouer le jeu parlementaire dès 1829 et nomme un gouvernement ultra alors que la majorité de la chambre est libérale. L'opposition entre les deux idéologies conduit une lutte d'abord légale pendant 1 an, puis, à la suite des ordonnances contre-révolutionnaires de Charles X, à une lutte illégale et à une révolution désormais célèbre sous le nom de Trois Glorieuses. Charles X est chassé du trône et les libéraux appellent son lointain cousin Louis-Philippe pour le reprendre. C'est la fin de la Restauration et le début de la monarchie de Juillet.
Monarchie de Juillet (1830-1848)
vignette|La Liberté guidant le peuple par Eugène Delacroix. Tableau inspiré de la révolution de juillet. À partir de 1830, une nouvelle monarchie voit le jour en France après la révolution des Trois glorieuses qui a failli accoucher d'une république. Cette période coïncide avec l'arrivée au pouvoir de la bourgeoisie, alors qu'elle en était partiellement exclue lors de la Restauration précédente. La monarchie de Juillet est caractérisée par les premiers vrais pas du parlementarisme, qui certes existait dans le régime précédent mais était extrêmement limité. Les gouvernements successifs dirigés par Guizot et consorts doivent accompagner une France en pleine mutation du fait de la révolution industrielle.
La monarchie élargit le suffrage censitaire pour y inclure davantage d'électeurs. Néanmoins, le corps électoral de la nation est encore très restreint et se limite à la bourgeoisie, à la noblesse et aux rentiers. L'une des grandes batailles idéologiques entre les deux partis de gouvernement que sont le parti du mouvement et le parti de l'ordre prendra d'ailleurs son fondement dans cette problématique. Le parti de l'ordre n'est pas favorable à un élargissement du suffrage tandis que le parti du mouvement est pour baisser le cens électoral pour permettre à la petite bourgeoisie de voter et ainsi potentiellement gagner des électeurs.
Toutefois, mis à part quelques républicains radicaux, il n'est jamais question de suffrage universel. Ainsi, c'est une petite minorité prospère et galvanisée par les profits générés par la révolution industrielle qui est aux manettes du pouvoir tandis que le pays "réel" s'enlise dans les dernières crises de subsistance françaises. Ainsi, une mauvaise année 1847 tant sur le plan économique (mauvaises récoltes) que politique (campagne des banquets, scandales à répétition) conjuguée à l'intransigeance de Guizot à réformer le pays provoque la chute de la monarchie de Juillet.
Ainsi, en , au terme d'une insurrection menée principalement par les chefs de file du parti républicain, Louis-Philippe abdique et s'exile en Angleterre.
Deuxième République (1848-1852)
vignette|Lithographie dédiée à Alexandre Auguste Ledru-Rollin qui a établi le suffrage universel masculin. À la suite du succès de la Révolution française de 1848, les républicains ne tombent pas dans le même piège qu'en 1830 et se hâtent de proclamer la république. Dans un premier temps, la république est dirigée par un gouvernement provisoire qui adopte très vite des mesures symboliques comme l'adoption du suffrage universel masculin comme mode de scrutin, l'abolition définitive de l'esclavage portée par Victor Schœlcher ou encore l'abolition de la peine de mort pour les crimes politiques. Le gouvernement provisoire, porteur d'une véritable ambition sociale à ses débuts, se détache progressivement des socialistes pour ne compter que des modérés. Cette éviction des socialistes est entérinée par la victoire des républicains modérés aux législatives d'avril 1848. À la suite de cette élection, une commission exécutive sur le modèle du Directoire remplace le gouvernement provisoire. Les ateliers nationaux, créés auparavant par le gouvernement provisoire afin de lutter contre le chômage, sont brutalement remis en question lors des journées de juin. À partir de ce moment, la république abandonne son volet social pour plonger dans le conservatisme.
Second Empire (1852-1870)
vignette|gauche|redresse| portraituré par Alexandre Cabanel, palais de Compiègne, vers 1865.Le président de la République Louis-Napoléon Bonaparte, qui arrive à l'issue de son mandat de 4 ans non-renouvelable, fomente un coup d'état pour renverser la République le 2 décembre 1851. Il soumet sa proclamation en tant qu'empereur par voie de référendum le de l'année suivante. Le "Oui" l'emporte très largement, c'est le début du Second Empire.