vignette|upright=0.5|Ostension du périzoniumEn l'occurrence une pièce de tissu informe maintenue par plusieurs sangles. Source : . dans la cathédrale d'Aix-la-Chapelle. Le périzonium ou Notice du Louvre [peʁizɔnjɔm] (du grec: περίζωμα, autour de la ceinture) est un pagne qui servait de caleçon durant l'Antiquité. Ses plus anciennes attestations remontent à la civilisation minoenne dans l'île de Crète..
Périzonium de Jésus Le périzonium de Jésus, appelé aussi Saint Pagne ou Pagne de pureté, désigne avec cette dénomination le morceau d’étoffe qui aurait servi à cacher la nudité de Jésus de Nazareth en croix.
Historicité du périzonium au cours de la Crucifixion vignette|Avec son Crucifix de Santo Spirito, Michel-Ange est un des rares artistes à représenter Jésus nu sur la croix. Il est probable que lors de la Crucifixion, les bourreaux romains aient retiré le michrasim, le caleçon en toile de Jésus, mais il est moins vraisemblable qu'ils l'aient recouvert de ce pagne afin de respecter la pudeur juive (humiliation supplémentaire de la part des Romains, la dénudation est complète comme pour la flagellation.).
L'Évangile de Nicodème composé au évoque cet attribut : . La représentation du périzonium par les artistes n'apparaît qu'à partir du ..
Relique Selon un récit légendaire du Pèlerinage de Charlemagne, la , le périzonium porté par Jésus sur la Croix figurait au nombre des reliques de la Passion offertes à Charlemagne par le roi de Constantinople, comme le Saint-Suaire, la Sainte Lance, des langes de Jésus, une chemise de la Vierge et le Talisman de Charlemagne. La relique du périzonium est toujours conservée dans la cathédrale d'Aix-la-ChapelleLes autres reliques sont transférées par Charles II le Chauve, en 876, à Saint-Denis et Compiègne..
Iconographie La forme du périzonium est importante pour dater les représentations du Christ en croix et permet aussi de symboliser certaines idées à son sujet (ceinture, longueur, etc.).
Dans les représentations les plus anciennes, les artistes optent pour un supplicié entièrement nu. C'est à son arrivée à Rome, au que Jésus est représenté portant le plus souvent un (tunique longue), plus rarement un (cache-sexe minimaliste réduit à une fine bande de tissu, tel un string)Dans la Cathédrale Saint-Just-et-Saint-Pasteur de Narbonne, primitivement dédiée à saint Genès, une peinture, probablement d'origine orientale, montre un christ imberbe, ceint seulement du subligaculum, pagne d'athlète typique de l'Antiquité romaine. alors que la tradition romaine était de crucifier les individus nus. Cette figure du crucifié quasi nu, de type hellénistique, va disparaitre au cours du . Grégoire de Tours raconte en 593 dans son De Gloria Martyrium que le Christ apparut en songe par trois fois à un prêtre nommé Basil, pour en dénoncer la nudité et le menacer de mort s'il ne la couvrait pas. Dans les représentations postérieures, il est revêtu le plus souvent d'un colobium (tunique longue) , motif iconographique qui se répand dans les régions d'Orient sensibles aux influences monophysites qui proscrivent la représentation de l'humanité du Christ, puis qui devient très rare dans l'iconographie à partir du .
Au cours du Moyen Âge, il y a débat car l'Évangile selon Jean dit que les soldats romains se partagent la tunique du Christ. Les artistes à partir du délaissent progressivement le colobium au profit du périzonium qui s'impose vers le , créant différents styles de drapés dont certains prennent une grande dimension dans l'art roman (reflétant peut-être une légende contemporaine selon laquelle Marie, au pied de la croix, aurait découpé un morceau de son manteau pour couvrir la nudité de son fils).. Vers la fin du , Giotto peint un périzonium transparent qui montre un Jésus sans attribut sexuel, par référence à saint Augustin qui dénie à Jésus Christ la potentia generandi (« puissance sexuelle »), puis au , le périzonium redevient « opaque et décent ».
L’ostentatio genitalium (exhibition des organes génitaux) du Christ a une justification théologique, celle d'affirmer l'humanité du Christ, mais se heurte à la censure des nudités à partir du concile de Trente et de la Réforme catholique qui réprouvent les tendances profanes au retour à la beauté et à la nudité classique. Cette censure, qui restera une constante de la piété rigoriste, est à l'origine de l'ajout de pagne de pureté (perizonium en plâtre ou en plomb sur les statues, perizonium opaqueTel le pagne de pureté du Crucifix de Cellini. puis transparent sur les peintures), selon un curieux processus : .
Représentations dans les arts
Dans l'iconographie chrétienne, le perizonium n'est visible que sur certaines scènes : celles de la Crucifixion et la Déposition de la Croix (voire la Pietà) :
Notes et références
Voir aussi
Articles connexes Partage des vêtements de Jésus
Liens externes
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