L'Observatoire radioastronomique de Nançay (ou observatoire de Nançay, parfois appelé station de radioastronomie de Nançay), inauguré en 1956, est l'un des trois sites de l'Observatoire de Paris, avec le site de Paris et l'observatoire de Meudon, et l'un des trois laboratoires fondateurs de l'Observatoire des sciences de l'univers en région Centre (OSUC), et également un unité de recherche associée à l'INSU du CNRS (USR704) et à l’Université d'Orléans.
Elle est située dans le département du Cher, à environ de Bourges en plein cœur de la Sologne sur la route de Nançay, en France.
L'observatoire comprend de multiples instruments :
le radiotélescope, quatrième plus important au monde, par sa surface collectrice. Il reçoit des ondes électromagnétiques en provenance de l'univers ; le radiohéliographe, constitué de deux alignements de détecteurs radio paraboliques, pointés sur le soleil et fonctionnant par interférométrie ; le réseau décamétrique, ensemble de consacrées à l'étude des phénomènes électromagnétiques solaires et de Jupiter ; une station du réseau LOFAR ; le Radiotélescope NenuFAR ; le réseau CODALEMA, qui cherche à identifier les émissions radios des rayonnements cosmiques arrêtées par la haute atmosphère ; l'antenne de surveillance, qui est conçue pour surveiller la qualité radio du site et enregistrer les interférences de nature à perturber le fonctionnement des autres instruments.
Historique left|thumb|Un des deux radars Würzburg ayant servi comme premier radiotélescope Yves Rocard est le pionnier de la radioastronomie en France, qu'il a découverte pendant la Seconde Guerre mondiale en Angleterre, quand il était directeur de la recherche des Forces navales françaises libres. Il apprit l'existence du rayonnement radio du soleil, détecté par les radars anglais.
Après la guerre, nommé directeur du laboratoire de physique de l'École normale supérieure, il constitua la première équipe française en radioastronomie : Jean-François Denisse, Jean-Louis Steinberg et Émile Jacques Blum.
Les premiers instruments furent installés sur le toit de leur laboratoire, rue Lhomond à Paris. Un miroir de projecteur américain de de diamètre, transformé en équatorial, observa les variations du rayonnement du soleil. Il fut détruit par une rafale de vent. Un miroir de fera des observations du soleil sur .
Il installe les premières antennes de détection en région parisienne mais est rapidement gêné par le bruit de fond généré par l'activité humaine.
Le terrain de à Nançay est choisi dès 1952, et acquis le : situé en pleine Sologne, le lieu est plat, peu habité, tout en restant proche de Paris.
La station est inaugurée le par René Billères, ministre de l'Éducation nationale, de la Jeunesse et des Sports.
Les deux premières antennes, basées sur des radars allemands de type Würzburg-Riese de de diamètre, furent utilisées en interférométrie jusqu'en 1962. L'un des deux est maintenant au mémorial de CaenRestauration d'un radar Würzburg..
Le site ne comporte pas à proprement parler de centre de recherche : les données sont transmises directement à l'Observatoire de Meudon ou à l'ensemble de la communauté scientifique par réseau informatique.
Le Grand Radiotélescope thumb|right|500px|Schéma du Grand Radiotélescope
En 1960, sous l'impulsion d'André Danjon, directeur de l'astronomie en France et de Jean-François Denisse, il est décidé de construire un radiotélescope décimétrique à Nançay. La construction en est confiée à la Compagnie Française d'Entreprises (C.F.E.)En 1960, la C.F.E. est le métallique français. Elle deviendra la Compagnie Française d'Entreprise Métallique (C.F.E.M.) en 1966. et à son directeur industriel Jean RoretBiographie de Jean Roret.
Du fait des contraintes de précision, il est d'abord décidé de construire un cinquième de l'ensemble prévu : il s'agit de la partie centrale.
Plusieurs astronomes de renom travaillèrent au radiotélescope de Nançay tels que Jean-Pierre Luminet (auteur de la première image de synthèse d'un trou noir), François Biraud ou encore Jean-Claude Ribes (directeur de l'observatoire de Lyon de 1986 à 1995).
Ce radiotélescope a été inauguré le par Charles de Gaulle, président de la République et Christian Fouchet, ministre de l'Éducation nationale.
Conception C'est un du nom de , concepteur du premier radiotélescope de ce type, The Big Ear, qui fonctionne de 1963 à 1998 et qui découvre le fameux signal Wow! en 1977. Le radiotélescope RATAN-600 est une variante de ce type.
+ Comparaison des dimensions entre The Big Ear et le Grand Radiotélescope de Nançay Diamètre équivalent Miroir plan Miroir sphérique Distance focale Terrain Longueur Hauteur Longueur Hauteur Longueur Largeur The Big Ear GRT Nançay
Équivalent, en surface collectrice à une antenne parabolique de près de de diamètre, il est constitué d'un miroir « radio » (en fait, une grille métallique) plan mobile selon un axe horizontal de sur et pesant , permettant de pointer une source radio dans le ciel à différentes élévations, d'un miroir fixe représentant une portion de sphère de par , puis d'un ensemble de petits miroirs qui précédent deux récepteurs radio basses () et hautes () fréquences. Ces récepteurs sont placés sur un ensemble mobile le long d'une voie ferrée de de manière à pouvoir compenser le mouvement de rotation de la Terre sur elle-même et suivre ainsi les sources émettrices d'ondes radio pendant une durée d'un peu plus d'une heure autour de leur passage au méridien.
Le radiotélescope de Nançay fait de l'observation centimétrique. Comme dans tout radiotélescope, le maillage des miroirs métalliques est tel que la dimension des mailles (ici, environ un centimètre) est inférieure à la longueur d'onde du rayonnement capté, afin de permettre la réflexion des ondes électromagnétiques.
Les longueurs d'onde étudiées sont essentiellement de 21, 18 et , correspondant à des raies de l'atome d'hydrogène HI (), du radical OH () et du radical CH (). L'analyse du décalage de ces longueurs d'onde par effet Doppler permet de calculer la vitesse des structures observées.
Ce type de fonctionnement (par miroir plan mobile) permet d'examiner une grande partie de la voûte céleste, contrairement au radiotélescope d'Arecibo, nettement plus grand, mais dont la conception (parabole immobile) ne permet d'observer qu'au voisinage du zénith de l'instrument.
L'instrument reste très sensible aux rayonnements électromagnétiques générés par l'activité humaine : des mesures drastiques ont été prises pour en limiter l'effet, dont le recouvrement de tous les bâtiments techniques d'un grillage formant une cage de Faraday. Une antenne séparée permet également de capter le rayonnement artificiel pour le soustraire au signal étudié.
Expérimentations astrophysiques De nombreuses expérimentations astrophysiques ont été et continuent d'être menées avec ce radiotélescope qui reste toujours au quatrième rang mondial par sa taille.
Signalons la découverte du signal du radical OH dans la comète Kohoutek (C/1973 E1) en décembre 1973. Depuis, près d'une centaine de comètes ont été observées à Nançay, le signal de leur radical OH permettant de mesurer la quantité d'eau qui s'en échappe.
Des expérimentations ont été menées en 1981 pour la détermination du rapport d'abondance isotopique O17H / O16H dans le centre de la Voie lactée, composé d'un nuage d'hydroxyde, dans le cadre d'études cosmologiques.
Des relevés de vitesses d'éloignement de milliers de galaxies sont également toujours en cours, avec à la clef la détermination de la constante de Hubble (expansion de l'Univers). Depuis la fin des années 1980, une campagne de mesures extrêmement précises des temps d'arrivée des impulsions radio des pulsars est en cours.
Le radiotélescope a participé aux recherches des galaxies à faible brillance de surface, elles aboutissent en 2024 à l'observation de 350 de ces galaxies dont l'étonnante galaxie sombre sans étoiles apparentes J0613+52.
Galerie de photos
Le radiohéliographe
Il comprend 48 antennes paraboliques orientables, réparties sur deux alignements perpendiculaires sous forme de T et pointées sur le soleil. La branche est-ouest comprend 19 antennes couvrant . La branche nord-sud comporte 25 antennes sur une distance de . Elles fonctionnent par interférométrie.
Réseau décamétrique thumb|Antennes du réseau décamétrique
Il s'agit d'un réseau de de forme hélicoïdale de près de de haut, installées à la fin des années 1970. Elles captent les émissions en basse fréquence issues des champs électromagnétiques essentiellement du Soleil et de Jupiter. Elles fonctionnent également par interférométrie.
Station LOFAR La station FR606 du grand réseau d'antennes basses fréquences LOFAR a été installée sur le site de Nançay. Elle a été inaugurée le Inauguration, à Nançay, de la station française du radiotélescope européen LOFAR. Elle dispose de élémentaires et de .
Radiotélescope NenuFAR NenuFAR est un très grand radiotélescope basses fréquences, qui compte parmi les plus puissants du monde dans la gamme de fréquences entre 10 MHz et 85 MHz. Il est une composante du projet international Square Kilometre Array (SKA).
Pôle des étoiles Le Pôle des étoiles est un centre de médiation scientifique grand de près de . L’établissement s’adresse aux adultes comme aux enfants, amateurs de radioastronomie ou simples curieux. Les différentes activités de loisirs proposées font plonger les visiteurs dans le monde des sciences de l’Univers. L’établissement a pour vocation de favoriser la diffusion de la culture scientifique, en valorisant notamment les activités de recherche de l’Observatoire de radioastronomie de Nançay situé à proximité de l’établissement. Unique planétarium de la région Centre-Val de Loire, le Pôle des Étoiles est membre de l’Association des Planétariums de Langue Française.
Notes et références
Voir aussi
Bibliographie Jean-Louis Steinberg, La création de la station de Nançay, dans l'Astronomie, Vol 118, novembre/.
Articles connexes Radiotélescope Radioastronomie Astroparticules (discipline) Cosmologie Observatoire Pierre-Auger Observatoire de Paris - PSL Observatoire de Paris Observatoire de Meudon
Liens externes
Accéder aux données des appareils de mesure de l'observatoire de Nançay Traiter leurs données [EN] http://nrt.obspm.fr/ L'observation des comètes à Nançay Pôle des Étoiles
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