Daniel Mauricio Zamudio Vera, né le à Santiago (Chili) et mort le dans cette même ville, est un jeune chilien, devenu symbole de la lutte contre la violence homophobe dans son pays, après avoir été attaqué et torturé par un groupe de jeunes qui le frappèrent durant plusieurs heures, dans le de Santiago, lui causant des blessures qui provoquèrent sa mort des semaines plus tard.

L'agression de Daniel Zamudio, perpétrée le par quatre individus possiblement affiliés à des tendances néonazis, provoqua une vive émotion dans la société chilienne et ouvrit le débat sur l'homophobie dans le pays, soulevant l'absence d'une loi anti-discrimination contre ce type de crimes. La loi fut finalement votée à la suite de sa mort, après des années de procédures parlementaires. La promulgation de la loi chilienne connue sous le nom de « loi anti-discrimination » ou de «  » eut lieu le , et fut publiée le de la même année Hoy comenzó a regir la Ley Antidiscriminación : annonce de l'entrée en vigueur de la « loi anti-discrimination », sur soychile.cl (consulté le 19 mai 2014).. En 2012, les parents et les amis de la victime créèrent la , dont l'objectif est de combattre l'homophobie sur tous les fronts.

Biographie Daniel Zamudio fut le second des quatre enfants d'Iván Zamudio Contreras et de Jacquelinne Vera Muñoz, originaires de San Bernardo, au sud de Santiago. L'homosexualité de Daniel était connue de sa famille depuis ses . même s'il ne l'annonça qu'à l'âge de ..

Après la séparation de ses parents, Daniel vécut avec sa mère et sa grand-mère. Il perdit notamment une de ses amies proches, ce qui lui fit beaucoup de peine. Il avait alors de bonnes relations avec son père, malgré des tensions, Daniel considérant que ce dernier n'acceptait pas son orientation sexuelle, même si celui-ci attribuait les problèmes à l'irresponsabilité de son fils.

À , Daniel travaillait dans un magasin de vêtements chinois afin de réunir de l'argent pour financer d'éventuelles études dans le mannequinat ou le théâtre. Il aimait entre autres la cuisine asiatique, le dessin, la musique.... D'après son frère, il avait l'intention de faire carrière dans la communication et d'être reconnu, ainsi que de fonder une famille et d'être père.

Agression et décès Selon ses parents, Daniel Zamudio fut agressé en partie à cause de son orientation sexuelle. Il fréquentait régulièrement des discothèques destinées au public LGBT, il affirma notamment s'être fait harceler plusieurs fois à la sortie de ces boîtes de nuit. Par exemple, après avoir quitté la discothèque Blondie, il fut menacé par un néonazi qui lui aurait dit : « je sais où tu travailles et où te choper, je vais te tuer. » vignette|Parc San Borja alt=|vignette|Le Relais Central, complexe hospitalier dans lequel Daniel Zamudio fut soigné jusqu'à son décès. Le vendredi , Daniel se rendit à son travail comme d'habitude à 7h30. Dans l'après-midi, il indiqua à sa famille qu'il comptait retrouver une amie et qu'il rentrerait donc plus tard chez lui, ce qui n'arriva jamais. Le dimanche suivant, sa famille signala sa disparition à la Police chilienne.

Le , Daniel Zamudio fut attaqué et sévèrement battu pendant six heures jusqu'à perdre connaissance The Week, "International News: Hate Crime Punished", 8 novembre 2013.. Il souffrait d'un traumatisme crânien, avait les jambes cassées, une oreille en partie coupée, des coupures au niveau de l'estomac en forme de svastika, réalisées avec des tessons de bouteille.. Son corps présentait aussi diverses brûlures de cigarette..

Vu la nature de ses blessures, on envisagea dès le début la possibilité d'un crime homophobe commis par un groupe néonazi. Cette thèse sera confirmée plus tard par l'enquête.

Daniel fut hospitalisé plusieurs jours au Relais Central, commençant une lente récupération, jusqu'à sortir de son coma artificiel. Des réactions involontaires mineures furent même enregistrées. Cependant son état empira, ce qui impliqua un retour au coma après un arrêt cardiorespiratoire le .. L'équipe médicale déclara alors que son pronostic vital était engagé et qu'il souffrait de lésions neurologiques graves.. après son agression, Daniel Zamudio est décédé des suites de ses blessures à l'hôpital de Santiago, le à 19h45.

Impact vignette|Messages de soutien sur la grille de l'hôpital|alt= La nouvelle de l'agression de Zamudio fut communiquée par diverses associations défendant les droits des minorités sexuelles, en particulier par le Mouvement d'intégration et de libération homosexuelle (abrégé MOVILH en espagnol) qui annonça entreprendre des actions légales contre ceux qui s'avéreraient coupables, et demanda officiellement une réunion avec le .. Le Movilh indiqua qu'entre 2002 et début 2012, 66 signalements d'agressions physiques perpétrées par des civils avaient été enregistrées, affectant quelque ..

Via les réseaux sociaux, la nouvelle fut largement diffusée et généra une indignation massive dans la société chilienne., mettant en évidence la réalité de la discrimination des minorités sexuelles au Chili.

Diverses manifestations de soutien à Daniel Zamudio et sa famille eurent lieu autour de l'hôpital, y compris des veillées avec des bougies.. Le , des milliers de personnes accompagnèrent la famille de Daniel Zamudio durant ses funérailles.. Le cortège funèbre parcourut diverses communes et fut accueilli par de nombreux manifestants exigeant la justice pour Daniel, avant d'arriver au où il fut enterré.. vignette|Drapeau arc-en-ciel lors des funérailles de Daniel Zamudio vignette|Le cortège funèbre de Zamudio arrivant au Cimetière Général le 30 mars 2012 Un an après l’événement, la nuit du , environ participèrent à une marche en mémoire de Daniel à Santiago..

Déclarations Diverses personnalités politiques manifestèrent leur indignation face à la situation, dont le ministre de l'intérieur qui reçut le Movilh et organisa quelques jours après, une rencontre entre le président Sebastián Piñera et la famille Zamudio au Palais de la Moneda.. Après la rencontre, l'Intendance de Santiago annonça s'engager dans les poursuites concernant l'agression de Daniel Zamudio..

Après la confirmation de la mort du jeune homme, le président Piñera témoigna son soutien sur Twitter, alors qu'il effectuait un voyage officiel en Asie.La brutale et lâche agression de Daniel Zamudio, sa mort, blessent non seulement sa famille, mais aussi toutes les personnes de bonne volonté..

Je veux exprimer aux parents, à la famille et aux amis de Daniel Zamudio, mes plus profonds sentiments d'affection et de solidarité..

Sa mort ne restera pas impunie et renforce l'engagement total du gouvernement contre toute discrimination arbitraire et envers un pays plus tolérant..

Sebastián Piñera (@sebastianpinera)À son tour, le porte-parole du Movilh qui suivit la situation depuis l'hôpital, qualifia Zamudio de « martyr citoyen des minorités sexuelles », peu après la confirmation de son décès. Plusieurs artistes déplorèrent ces faits, dont Boy George, Gloria Trevi, Pablo Simonetti et , s'ajoutant à ses voix celle du chanteur porto-ricain Ricky Martin, qui dédia son Prix Glaad à Zamudio. De plus, la chanteuse russe Lena Katina publia un message sur Youtube en soutien à la cause..

L' manifesta son rejet de pareilles agressions ; cependant le Movilh critiqua l'attitude de cette institution, une des principales opposantes à la loi anti-discrimination, qui n'accompagna pas la famille de Daniel Zamudio alors qu'elle le fit pour le prêtre Fernando Karadima, accusé d'abus sexuels.. L'archevêque de Santiago, Ricardo Ezzati, rejeta les accusations et dit que le vicaire de l'Esperanza Joven avait accompagné la famille du jeune homme, bien que silencieusement, puisqu' « il faut accompagner avec une attitude discrète car profiter de la souffrance humaine est inhumain ». Concernant la loi anti-discrimination, Ezzati réitéra ses réticences, questionnant ce que tolère « la non-discrimination »..

Le cas fut considéré par des organisations internationales consacrées à la défenses des droits humains. Le , la Commission interaméricaine des droits de l'homme se prononça en condamnant les faits à travers un communiqué et exhorta le gouvernement chilien à mener une enquête « immédiate et sérieuse ».. Le jour suivant, le Bureau du Haut-Commissaire des Nations unies pour les Droits humains (abrégé ACNUDH en espagnol) publia une note appelant les autorités chiliennes à légiférer contre les discriminations en suivant les standards internationaux et en condamnant les crimes de haine. Qui plus est, il compara le cas Zamudio à des cas internationaux de discrimination.Le meurtre de Daniel Zamudio est seulement le dernier rappel de la gravité et de la prévalence de la violence homophobe, laquelle existe partout, comme l'a montré le rapport le plus récent de l'ACNUDH.

Cette fois cela s'est déroulé à Santiago au Chili, mais cela arrive chaque jour dans les rues des villes et villages du monde entier.

Rupert Colville, porte-parole du Bureau du Haut Commissaire des Nations Unies pour les droits humains, ..Les opinions de rejet cependant, ne furent pas unanimes. L'avocat Jorge Reyes, représentant de l'association Réseau pour la Vie et la Famille et proche du parti de droite Union démocrate indépendante (UDI), affirma que « si la société connaissait la vie de Daniel Zamudio, elle penserait différemment », car le jeune homme aurait été alcoolisé lors de l'agression et aurait été expulsé de chez lui. Il ajouta qu'il existait au Chili une « vision romantique de la tolérance ».. Ces paroles furent considérées comme « aberrantes » et comme « le pire de la société » par le porte-parole du Movilh, Óscar Rementería.. Elles motivèrent le renvoi de Jorge Reyes du secrétariat de la santé de la région du Biobío par le gouvernement..

Réactions politiques Article principal :

Après la rencontre avec la famille Zamudio au palais gouvernemental, le ministre Hinzpeter annonça qu'une extrême urgence serait accordée au projet de débattu au Congrès national depuis 2005. Le Movilh apprécia l'annonce mais ajouta qu'il ne fallait pas approuver « n'importe quelle loi », car le projet qui était en discussion présentait des lacunes..

La discussion sur la Loi anti-discrimination avait stagné des années, particulièrement à cause du rejet d'une partie importante des parlementaires de la Coalition pour le changement. En , l'article 2 mentionnant les minorités sexuelles obtint favorables des sénateurs, dont 7 du Parti démocrate-chrétien (PDC), 3 de la Rénovation nationale, 1 de l'UDI, et défavorables des sénateurs, dont 6 de la RN et 7 de l'UDI.. La liste des parlementaires qui votèrent contre commença à circuler sur les réseaux sociaux avec un appel à ne pas les élire aux élections de 2013.. Face à de telles critiques, le sénateur (président de l'UDI, le parti ayant le plus de parlementaires au Congrès le jour du vote) avança que la loi anti-discrimination n'aurait pas empêché ce crime qu'il jugeait inacceptable et qu'on devait combattre avec ou sans loi, même s'il défendit son rejet de la loi qui pouvait « dénaturer certaines institutions ».. Ainsi, divers sénateurs de la Concertation appelèrent à rétablir les articles sur les minorités sexuelles, exclus durant la discussion de la loi quelques mois avant, accusant l'UDI d' « inciter à la violence » en recourant au Tribunal constitutionnel pour annuler le projet de loi. Les sénateurs Guido Girardi, Ricardo Lagos Weber (Parti pour la démocratie), (Parti socialiste) et (PDC) demandèrent notamment de donner le nom de Daniel Zamudio à la loi anti-discrimination.. vignette|Mémorial à l'endroit où fut retrouvé Daniel Zamudio dans le Parc San Borja. vignette| inauguré en 2013 au Cimetière Général, où repose Daniel Zamudio.