L'extrême gaucheNonna MAYEER, Pascal PERRINEAU, Le comportement politique des Français, Armand Colin, Paris, 1991. est une catégorie politique aux contours relatifs. Ainsi, ce terme peut qualifier des courants révolutionnaires visant à abolir le capitalisme tels que les organisations marxistes ou anarchistes, voire certains courants socialistes ou écologistes.
Selon les pays et les contextes, le terme « extrême gauche » est, de fait, utilisé pour quatre types de visions ou de mouvances : les mouvements siégeant à la gauche des partis socialistes (ou sociaux-démocrates) et des partis communistes locauxSerge Cosseron, Dictionnaire de l'extrême gauche, Paris, Larousse, « À Présent », 2007, ; Olivier Piot, L'Extrême gauche, Paris, le Cavalier bleu, 2008, . ; l'ensemble des mouvements et des partis siégeant, lorsqu'ils ont des élus, à l'extrême gauche de l'hémicycle - il convient alors de parler de « l'extrême gauche de l'échiquier politique » ou de « l'extrême gauche parlementaire » ; un ensemble de partis et groupes révolutionnaires se distançant nettement du parlementarisme par leur idéologie ; un ensemble de groupuscules insurrectionnels violents, voire terroristesLes partis politiques en France et en Europe.
Il n'existe pas de définition qui puisse réellement circonscrire l'extrême gauche sur le plan des valeurs ou de l'organisation, d'autant que la classification est parfois rejetée par les intéressés. Du fait d'une définition aux contours flous, ces organisations se caractérisent d'abord comme étant situées à la gauche des partis socialistes et communistes.
Selon Irène Pereira, « Les notions de « gauche radicale » ou de « gauche de la gauche » sont d'abord le résultat de l’effondrement du Bloc de l'Est et du fait que le Parti communiste n'est, dès lors, plus capable de polariser l'extrême gauche. C'est aussi la nécessité de se situer par rapport au Parti socialiste devenu un parti de gouvernement depuis les années 1980, qui justifie leur emploiIrène Pereira, Les grammaires de la contestation, Un guide de la gauche radicale, Les Empêcheurs de penser en rond, La Découverte, 2010 ». Désignés comme « gauche radicale », « gauche combative » ou « gauche anticapitaliste » par les politologues, ces groupes se situent à la « gauche de la gauche » des mouvements réformistes et antilibéraux.
Afrique Afrique du Sud thumb|150px|Le logo officiel du parti communiste sud-africain. Le principal mouvement se réclamant d'extrême gauche est le parti Economic Freedom Fighters, parti se revendiquant anticapitaliste et panafricain dirigé par un dissident de l'ANC, Julius Malema. On compte également parmi les rangs de l'extrême gauche sud-africaine le Parti communiste sud-africain et les différents mouvements qui lui sont affiliés. Certains politologues considèrent Nelson Mandela comme étant d'extrême gauche pour ses liens avec des mouvements communistes.
Le Parti communiste sud-africain est fondé le au Cap. Il est issu de l'union entre la ligue internationale socialiste, la fédération sociale-démocrate du Cap, le parti communiste du Cap, la société juive et socialiste du Cap, la société juive et socialiste de Johannesburg, le club marxiste de Durban et quelques autres entités locales d'Afrique du Sud. Selon son manifeste, il proclame sa foi dans l'avènement d'une Afrique du Sud des travailleurs, blancs et noirs, au sein d'un pays débarrassé du système capitaliste et de la distinction entre classes sociales. William H. Andrews, un syndicaliste et ancien parlementaire travailliste qui s'était opposé à l'entrée en guerre au côté du Royaume-Uni en 1914, est alors élu pour être le premier secrétaire général du parti.
L'organisation plateformiste Zabalaza Anarchist Communist Front s'investit dans les luttes de base avec une perspective anarcho-communiste et révolutionnaire en Afrique du Sud et dans le reste de l'Afrique australe.
Algérie Deux partis d'extrême gauche existent en Algérie : le Parti algérien pour la démocratie et le socialisme, Parti des communistes algériens fondé en 1993 par Abdelhamid Benzine et d'orientation communiste, il ne compte aucun élu ; l'autre parti d'extrême gauche est le Parti des travailleurs, qui est d'orientation trotskiste et internationaliste. Ce dernier a été fondé en 1990 et sa secrétaire générale est Louisa Hanoune.
Angola Le Mouvement populaire de libération de l'Angola, qui a été au pouvoir en tant que parti unique de 1977 à 1991, était alors d'extrême gauche et prônait une ligne communiste, marxiste-léniniste et de gauche nationaliste. Depuis 1991 et la chute du bloc de l'Est, il suit une ligne social-démocrate et il ne correspond plus à une formation d'extrême gauche mais au contraire à un parti de gauche ou de centre gauche.
Bénin L'extrême gauche béninoise a été au pouvoir de 1975 à 1990 sous le régime communiste de la République populaire du Bénin. Le Bénin était alors gouverné par le Parti de la révolution populaire du Bénin de Mathieu Kérékou, parti unique au pouvoir pendant ces 15 années. Le parti a disparu en 1990 avec le retour du multipartisme et de la démocratie.
L'autre parti majeur d'extrême gauche du pays est le Parti communiste du Bénin. Il fut fondé en 1977 comme successeur de l'Union des communistes du Dahomey, une organisation d'extrême gauche qui a existé de 1976 à 1977, et luttait activement contre le régime de Mathieu Kérékou. Il a été légalisé en 1993, après la chute de ce dernier. Idéologiquement, ce parti suit une ligne hoxhaïste et est internationalement affilié à la Conférence internationale des partis et organisations marxistes-léninistes (Unité et lutte). Son président est Pascal Fantodji.
Un autre parti d'extrême gauche a existé pendant 20 ans, de 1999 à 2019, il s'agissait du Parti communiste marxiste-léniniste du Bénin, fondé par Magloire Yansunnu qui avait été exclu du Parti communiste du Bénin. Le Parti communiste marxiste-léniniste du Bénin était le parti politique à être légalisé au Bénin.
Égypte Le est le principal parti d'extrême gauche du pays. Il a été fondé en 1975 et a longtemps été contraint à la clandestinité, ayant été victime de la répression d'État orchestrée sous les régimes d'Anouar el-Sadate et d'Hosni Moubarak et empêché de participer aux élections. Depuis 2011, il peut à nouveau se présenter à des scrutins mais il ne compte aucun député.
Eswatini Le Parti communiste du Swaziland, créé en 1994, est le plus ancien parti d'extrême gauche d'Eswatini. Les activités de ce parti ont été réprimées par le régime et plusieurs cadres détenus. À la suite de la suppression du décret de 1973 pour faire place à la nouvelle constitution, le parti a été l'un des premiers à s'enregistrer en tant que parti politique officiel.
Un autre parti d'extrême gauche similaire existe, c'est le Parti communiste du Swaziland (2011) qui est également déclaré illégal par le régime du souverain et dont le siège se trouve en Afrique du Sud. Le parti se veut démocratique, non raciste et non sexiste.
Le parti a été interdit par le régime du souverain et certains de ses cadres et militants ont été arrêtés et incarcérés...
Le parti a pour but, entre autres, l'autorisation de tous les partis, la fin de l'autocratie monarchique, ou encore le droit des travailleurs de s'organiser en syndicats.
Éthiopie Le Parti des travailleurs d'Éthiopie a existé de 1984 à 1991, il a dirigé le pays de 1984 à 1990 sous la férule de son leader Mengistu Haile Mariam et était le seul parti autorisé sous le Gouvernement militaire provisoire de l'Éthiopie socialiste puis sous la République démocratique populaire d'Éthiopie.
Mali Solidarité africaine pour la démocratie et l'indépendance est le principal parti d'extrême gauche malien. Fondé en 1996, son président est Oumar Mariko et il suit une ligne communiste et panafricaine.
Somalie Le Parti socialiste révolutionnaire somalien a dirigé la République démocratique somalie de 1976 à 1991, avant d'être chassé du pouvoir par une rébellion.
Tunisie Le Parti des travailleurs est un parti classé entre la gauche et l'extrême gauche, fondé en 1986 mais légalisé en 2011, à la suite de la chute du régime de Ben Ali. Il est idéologiquement communiste, hoxhaïste mais aussi panarabe.. Son dirigeant est Hamma Hammami.
Amérique Amérique latine et centrale Les mouvements d’extrême gauche sont implantés en Amérique du Sud depuis les années 1930, notamment des formations d'obédience trotskiste sous la direction de leaders charismatiques comme les argentins Nahuel Moreno ou J. Posadas. Au Brésil, le PSoL (Parti socialisme et liberté) issu d'une scission de la gauche du Parti des travailleurs emmenée par la sénatrice Heloísa Helena, malgré ses récents revers électoraux, détient toujours plusieurs postes de députés et sénateurs et compte encore près de 150 000 adhérents. Il existe à Haïti à l'Organisation des travailleurs révolutionnaires (Union communiste internationaliste) (OTR-UCI), qui publie La Voix des travailleurs.
On retrouve également des groupes armés comme les FARC (Forces armées révolutionnaires de Colombie), le MRTA (Mouvement révolutionnaire Tupac Amaru) ou le M19 (Movimiento 19 de Abril) par exemple, souvent accusés de se financer par le trafic de drogue et les prises d'otages (Íngrid Betancourt). Che Guevara et Fidel Castro ont été des figures de l'extrême gauche latino-américaine. Le Parti communiste de Cuba, au pouvoir dans le pays depuis sa création en 1965 et seul parti autorisé, est considéré comme étant d'extrême-gauche par Le Monde diplomatique..
On y retrouve également des partis plus démocratiques comme le Mouvement de la gauche révolutionnaire au Chili créé par des étudiants et des syndicalistes, bien que son passé lui attribue davantage un profil de groupe armé jusqu'en 1995, ou encore le Mouvement révolutionnaire oriental, parti politique uruguayen au passé relativement semblable à celui du MIR chilien avant de devenir démocratique en 1985. Le Front large, qui souhaite en finir avec le bipartisme traditionnel de la classe politique chilienne, est une coalition hétéroclite regroupant des mouvements citoyens et des formations politiques allant de l'extrême-gauche. au centre gauche et qui caractérise l'intégration ou la réintégration de l'extrême gauche au jeu politique démocratique.
Canada
Au Canada, il y a le parti socialiste du Canada, un petit parti marxiste (tendance dite impossibiliste refusant le réformisme) fondé en 1904-1905 par fusion de la Canadian Socialist League et du Parti socialiste de la Colombie-Britannique.
On peut également citer le Parti communiste du Canada (marxiste-léniniste), parti anti-révisionniste au départ maoïste avant de s'orienter vers le courant dit « pro-albanais », considérant la République Populaire de Chine comme étant « révisionniste ».
États-Unis
thumb|left|Couverture d'une brochure antiraciste éditée en 1931 par le Parti communiste des États-Unis d'Amérique. Le plus vieux parti d'extrême gauche aux États-Unis est le Parti communiste des États-Unis d'Amérique, qui existe depuis 1919. Son influence est marginale et il n'a jamais dépassé le stade groupusculaire, il a beaucoup souffert du maccarthysme.
L'extrême gauche américaine était très active dans les années 1960 et 70. Elle se démarque au niveau idéologique par une lutte plus marquée (et parfois violente) pour les droits des minorités. On peut citer l'American Indian Movement, le Black Panther Party, le National Black United Front ou le Parti communiste révolutionnaire, États-Unis, entre autres.