La guerre du Désert est un épisode de la campagne d'Afrique du Nord de la Seconde Guerre mondiale, qui s'étend de à , ayant opposé, principalement au début, l'armée coloniale libyenne de l'Empire italien à la britannique gardant l'Égypte. Dans un second temps, les forces de l'Axe sont reconfigurées sous l'égide du Deutsches Afrikakorps. La guerre du Désert proprement dite est prolongée par la campagne de Tunisie, et s'achève par la prise de contrôle de l'Afrique du Nord par les Alliés.

La guerre du Désert connaît trois étapes : commencée par les Italiens sur un principe colonial visant à restaurer la primauté d'un empire néo-romain sur le bassin méditerranéen par la jonction de la Libye avec l'Abyssinie, colonie italienne conquise dans le sang (et jamais complètement maîtrisée), elle est contrée par les Britanniques qui les refoulent jusqu'à El Agheila, où Churchill donne l'ordre de stopper toute offensive pour redéployer ses troupes en Grèce contre l'invasion allemande. La guerre du Désert se poursuit en 1941 par une intervention du allemand visant à ouvrir l'accès aux champs pétrolifères du Moyen-Orient une fois brisé le verrou britannique du Caire. Rommel n'y parviendra jamais, faute de moyens. La troisième étape est le reflux des Italo-Allemands de Libye en Tunisie en à la suite des débarquements alliés en Afrique du Nord. Ce reflux se solde par le rembarquement d'une partie des troupes italo-allemandes à destination de l'Italie et de la capitulation des troupes restantes en .

La notoriété de cette guerre est aussi due à la légende instaurée autour du général Rommel, dont les réalisations provoquèrent le limogeage de ses adversaires britanniques successifs à la tête de la en Égypte.

La défaite de Rommel, perceptible après la seconde bataille d'El Alamein, est considérée comme un des tournants de la guerre. Elle intervient au même moment que la bataille de Stalingrad, qui inflige une lourde défaite aux forces de l'Axe sur le front de l'Est.

Le flux et le reflux des armées le long des côtes tripolitaines et cyrénaïques selon le rapport des forces et les vicissitudes de l'approvisionnement par la Méditerranée constituent la particularité de cet épisode du conflit.

La guerre des Italiens

Période : (offensive italienne) - thumb|left|Zone occidentale des combats de la Guerre du désert en 1941 L'objectif initial de l'offensive était de s'emparer du canal de Suez. Cette voie est alors vitale pour l'Afrique orientale italienne. Pour ce faire, les forces italiennes de la Libye auraient dû avancer dans le nord de l'Égypte jusqu'au canal. Après de nombreux retards, l'objectif de l'offensive fut considérablement réduit. En fin de compte, il fut de progresser en Égypte et d'attaquer toutes les forces hostiles se trouvant face à l'armée italienne Kenneth Macksey, Beda Fomm: Classic Victory, . Bien que l'Égypte soit officiellement neutre, elle avait signé le traité anglo-égyptien de 1936, autorisant les forces britanniques à défendre l'Égypte, et notamment le canal de Suez où stationnaient des troupes britanniques, en cas d'agression.

En , les troupes italiennes du maréchal Rodolfo Graziani, en Libye italienne, attaquèrent l'Égypte, mais se heurtèrent à une contre-offensive britannique. Bien que les forces italiennes s'emparent de plusieurs localités côtières égyptiennes, l'opération est considérée comme un échec. L'offensive est arrêtée très loin de son objectif initial, qui prévoyait de capturer le canal de Suez : l'armée italienne n'avança que de sur le territoire égyptien jusqu'à Sidi Barrani. Si elle permit de porter un petit coup à la Royal Air Force en capturant quelques aérodromes britanniques présents dans le pays, ils furent repris lorsque les Britanniques lancèrent l'opération Compass le et qui durera jusqu'au , marquant une large victoire britannique sur les Italiens.

Depuis l'Égypte, le , les forces britanniques, incluant des troupes indiennes et australiennes, sous le commandement du général d'armée Richard O'Connor, attaquent au niveau d'une faiblesse de la défense italienne à Nibeiwa au sud de Sidi Barrani.

thumb|left|Char Matilda II portant un drapeau italien capturé en route vers Tobrouk en janvier 1941

L'assaut fut soutenu par l'artillerie, des bombardiers Blenheim et des chars d'assaut Matilda Mark II. Les Italiens étaient équipés de chenillettes L3 et de chars légers M11/39, qui n'avaient aucune chance contre les Matilda. Dès la première heure, le général Maletti aurait été tué et italiens auraient capitulé. En trois jours, 237 pièces d'artillerie, 73 chars légers, et sont capturés. En cinq jours, la Western Desert Force libère l'intégralité du territoire égyptien occupé par les Italiens. Les forces attaquantes se déplacent alors vers l'ouest sur la , à travers la passe Halfaya, et capturent Fort Capuzzo, en Libye. Le , la Western Desert Force fut rebaptisée « 13e Corps ». Le général O'Connor exploitant le succès de l'opération s'enfonce alors en territoire libyen. Entre le 3 et le , les Australiens de la division d'infanterie battent les Italiens à Bardia et, le , s'emparent de Tobrouk. Le , les chars de la division blindée battent les Italiens à Mechili. Derna est occupée le .

La bataille de Koufra commence le . Elle opposa victorieusement les troupes françaises de la colonne Leclerc, composée de Une cinquantaine de Français et d’Européens, pour le reste des méharistes et des tirailleurs sénégalais, en fait, essentiellement des Tchadiens et des Camerounais et de 56 véhicules automobiles sous les ordres du colonel Philippe Leclerc, appuyée par les Britanniques du Long Range Desert Group, face aux Italiens de la di Cufra et des 59a et 60a Compagnie Mitraglieri da Posizione. À l'issue de cette victoire, le le colonel Leclerc et ses troupes prononcent le « serment de Koufra », promettant de ne déposer les armes qu'après la libération de Strasbourg.

Le , l'avant-garde britannique atteint Beda Fomm, et coupe ainsi la voie de retraite de la italienne qui se retrouve prise au piège. Après une dernière tentative de percer les lignes britanniques le , les Italiens se rendent et la est anéantie.

Le , Churchill ordonna l'arrêt de l'avance et l'envoi de troupes en Grèce pour participer à la guerre gréco-italienne ; l'opération Marita, une attaque allemande à travers la Macédoine était considérée comme imminente. Les Britanniques auraient de toute façon été en difficulté pour continuer au-delà d'El Agheila, en raison de pannes de véhicules, d'épuisement et de l'effet de la distance de transport beaucoup plus longue depuis la base en Égypte. Lorsque l'opération Compass a pris fin avec la capitulation de la italienne, le QG du a été désactivé en février et ses responsabilités ont été reprises par le QG Cyrénaïque, un commandement statique dirigé par le lieutenant-général . Les forces alliées dans le désert occidental ont adopté une posture défensive alors que le commandement du Moyen-Orient se concentrait sur la bataille de Grèce.

Quelques milliers d'hommes de la échappent au désastre en Cyrénaïque, mais la en Tripolitaine compte encore quatre divisions. Les places fortes de Syrte, Tmed Hassan et sont renforcées par les troupes fraîches, ce qui porte les et à environ . Des renforts allemands ont été envoyés en Libye pour former un détachement de blocage () en vertu de la directive 22 d'Hitler (), il s'agit des premières unités de la Deutsches Afrikakorps du Erwin Rommel formée le .

Le « Renard du Désert » Période : (nomination de Rommel) - (bataille d'El Alamein)

thumb|gauche|Canon Pak de 75 mm en batterie en 1941. thumb|gauche|Des véhicules de la 21e Panzerdivision durant la guerre du Désert en 1942. Erwin Rommel est officiellement mandaté le . Il arrive à Tripoli et part directement en reconnaissance par avion au-dessus du désert. Il ne suit pas ses instructions, qui sont d'attendre le débarquement des renforts constituant le corps expéditionnaire allemand (DAK), et reprend l'offensive dès que possible, au grand dam de la hiérarchie italienne. La DAK comprenait alors un total de et de 250 chars..

Le , Rommel a repoussé les troupes britanniques de la Libye jusqu'aux frontières de l'Égypte. Le , le gouverneur militaire Neame, le lieutenant-général Richard O'Connor et le brigadier John Combe, furent vaincus et capturés par une force avancée allemande dirigée par Gerhard von Schwerin. Le désastre a été évité pour la majorité des forces sous le commandement de Neame grâce à une retraite rapide de la australienne dans la ville côtière de Tobrouk, où elle a été rejointe par la 3e brigade automobile indienne et les restes survivants de la 2e division blindée (dont la majeure partie avait été capturée lors de la déroute), en organisant à la hâte un périmètre défensif, qui continuerait à résister au siège prolongé ultérieur des forces de l'Axe. Le 13e Corps a été réactivé en tant que QG de la Western Desert Force le dirigé par le général Archibald Wavell pour prendre le commandement des forces britanniques et d'autres forces du Commonwealth (principalement des unités australiennes, indiennes et néo-zélandaises) à la tête du Middle East Command qui devient ainsi le commandant en chef des forces alliées au Moyen-Orient.

Le , Rommel lance la sixième campagne de Libye, assiégeant Tobrouk durant 240 jours du au https://www.kilroytrip.fr/lieux-historiques/siege-tobrouk. La gestion de la crise irakienne a suscité un courroux doublé d'une méfiance haineuse de Churchill. Les combats violents au Liban et en Syrie menés par un corps britannique qui ne progresse pas d'un pouce entraînent la disgrâce de ce chef, vu comme inconstant et hésitant par le Premier ministre britannique inconscient des réalités du terrain égyptien. À la suite de l'échec de l'Opération Battleaxe., La sanction politique tombe : Wavell est remplacé par le général Claude Auchinleck le ..

Le 13e Corps devenu en la britannique qui affronte l'Afrika Korps de Rommel ainsi que l'armée italienne, est commandée successivement par les généraux Cunningham et Ritchie.

Le Panzergruppe Afrika est formé le . Il contrôle toutes les unités terrestres allemandes en Afrique du Nord, ainsi que la plupart des unités italiennes présentes..

La première offensive majeure des Britanniques, l'opération Crusader, a lieu en . sont encerclées par les Allemands à Tobrouk depuis . Le , la 7e brigade blindée anglaise est attaquée à Sidi Rezegh par les blindés de Rommel alors qu'elle approche de Tobrouk. Elle perd 113 de ses 141 chars. Les Britanniques sont contraints de s'éloigner de Tobrouk. De son côté, la 4e brigade blindée attaque la 15e Panzerdivision au prix de lourdes pertes. Rommel dispose désormais d'un nombre supérieur de blindés, environ 170 pour moins de 150 côtés britanniques. Le les pertes allemandes et italiennes sont élevées et Rommel perd son avantage numérique, ayant désormais moins de 100 chars à sa disposition. Les pertes de l'infanterie allemande sont tout aussi élevées. Le le général Cunningham est relevé de ses fonctions après avoir fait part de ses réticences à la suite des premières pertes. Auchinleck demande que la bataille se poursuive et nomme ensuite Ritchie à la tête de la . Les Britanniques parviennent à libérer Tobrouk le et à repousser l'Afrika Korps jusqu'à El Agheila au prix de lourdes pertes.

Le , les dernières troupes italiennes de Gondar en Éthiopie, commandée par le général Guglielmo Nasi, déposent les armes. L'Afrique-Orientale italienne cesse d'exister..

Le , les troupes de Rommel commencent à battre en retraite. Elles s’arrêtent à la limite de la Cyrénaïque et de la Tripolitaine.