La statuaire celtique est une exception au sein de l'art celtique, au sens où ce dernier est généralement considéré comme non-figuratifJ.L. Brunaux, Les gaulois, Éditions les Belles Lettres, 2008. En conséquence, la sculpture était considérée comme un art peu pratiqué par les populations celtes et fortement influencées par la culture méditerranéenneR. et V. Megaw, Art de la Celtique, av. J.C. - apr. J.C., éditions Errance, 2005. La multiplication des découvertes et de nouvelles études de découvertes anciennes viennent ébranler ce constat. Sans qu'il soit possible encore de déterminer une évolution globale, dans le temps et l'espace, il devient possible de définir certaines sériesA. Duceppe-Lamarre, Unité ou pluralité de la sculpture celtique hallstatienne et laténienne en pierre en Europe continentale du au s. av. J.C., Documents d'archéologie méridionale , 2002">.

Représentations humaines Stèles funéraires, stèles anthropomorphes et statue-stèles Les stèles anthropomorphes de Gaule méridionale En Gaule du sud se développe au premier âge du fer, aux , , un corpus de stèles anthropomorphes. Il s'agit de blocs de section rectangulaires ou carrée, anépigraphes, généralement sans figuration de membres ou de têtes, quoique certaines stèles aient manifestement subie une décapitation volontaire - ainsi sur le site des TourièsPhilippe Gruat, Un sanctuaire héroïque au cœur des Causses, revue l'Archéologue, , décembre 2013 - et représentant des cuirasses stylisées, en figurant notamment les parties reconnaissables des épaulières, du cardiophylax, parfois assimilé à un bouclier, et de la ceinture. Ces stèles pourraient également avoir été peintes.

Ces stèles, initialement funéraires puis mises en scène au sein de portiques ou de sanctuaires héroïques, traduisent l'émergence et l'affirmation de lignées ou de groupes d'élites politiques, guerrières, et commerciales. Elles sont souvent ré-employées ultérieurement au sein des remparts des habitats, comme sur l'oppidum de la RamasseLe sanctuaire et le village gaulois de La Ramasse à Clermont-L'Hérault à Clermont-l'Hérault ou ceux de Sextantio à Castelnau-le-Lez, de Sainte-Anastasie, ou de l'oppidum du Marduel à Saint-Bonnet-du-Gard.

Ces stèles peuvent être rapprochées de certaines autres stèles de Gaule du sudD. Garcia, La célébration des élites, revue l'Archéologue, , décembre 2013, funéraires, représentant la panoplies de guerriers, telle la stèle découverte en 1916 à SextantioH. Prades, R. Majurel, J. Arnal, La stratigraphie de Sextantio, Castelnau-le-Lez, Bulletin de la Société préhistorique française, Volume 61, 1964.

Les découvertes aveyronnaises, plus septentrionales se distinguent cependant par certains détails stylistiques et pourraient former un groupe à part au sein de ce corpus.

Les statues hallstattiennes d'Allemagne left|thumb|150 px|Réplique du Guerrier de Hirschlanden érigée sur le lieu de la découverte.

Les pièces regroupée sous cet intitulé sont majoritairement distribuées sur deux régions, la Rhénanie et l'Allemagne du sud. Les deux pièces majeures de ce regroupement sont le Guerrier de Hirschlanden et la statue du Glauberg.

Les contextes de découverte de ces œuvres sont essentiellement funéraires. La statue du Glauberg la plus connue, également appelée «Statue 1», est découverte en 1996. il s'agit très certainement d'une représentation héroïsée du défunt présent dans la sépulture retrouvée au sein du tumulus sur lequel la statue était érigée à l'origine. En plus de cette relation spatiale, les artefacts découverts au sein de la sépulture - torque et bijoux, restes de coiffe, armes - correspondent à ceux représentés sur la statueF. Melmoth, Princes celtes d'outre-Rhin, L'Archéologue , 2013.

Les datations des statues retrouvées couvrent le , et . Soit le Hallstatt et la Tène ancienne. Les plus anciennes, surtout présentes en Allemagne du sud, sont des stèles gravées représentant un corps humain de manière assez fruste. Ainsi, les stèles de Rottenburg-am-Neckar, de Lubrein ou de Stammheim. Au fil du temps, la sculpture s'affine pour donner des pièces plus élaborées et plus variées, le Guerrier de Hirschlanden et la statue du Glauberg précédemment citées, mais aussi le pilier de Pfalzfeld ou la stèle de Holzgerlingen.

Certaines de ces œuvres peuvent traduire des influences méditerranéennes, en particulier adriatiques, ainsi l'ithyphallisme du guerrier de Hirschlanden. Mais elles comportent beaucoup d'éléments typiquement celtiques comme la coiffe de gui ou des motifs végétalisant.

Les statue-stèles celtibères La péninsule ibérique possède une longue tradition de stèles anthropomorphes, cette tradition lapidaire remontant au moins à l'Âge du bronze finalF. Quesada Sanz, Approche chronologique des stèles et statues du domaine ibérique à travers les représentations de l'armement, Document d'Archéologie Méridionale, tome 34, 2011.. Bien que la majorité des stèles aient été érigées par des populations non celtiques, les populations tartessiennes et ibères, un certain nombre d'œuvres est attribué aux peuples celtibères. Ainsi, le groupe de stèles anthropomorphes de la Meseta nord, daté du début du second âge du fer, autour de 500 , telle la stèle de Segura de Toro. Ou encore les œuvres beaucoup plus récentes, datées du changement d'ère et de l'époque augustéenne, et regroupée sous le nom de «Guerreros Galaicos», en français les "Guerriers Galaïques" ou "Galaïco-lusitaniens".

Les stèles ibères, celtibères, ligures et leurs homologues du sud de la Gaule présentent nombre de liens stylistiques permettant de supposer certains échanges culturels.

Les statues gallo-romaines de Narbonnaise

Ce groupe est essentiellement composé du couple exposé au musée lapidaire d'Avignon et constitué de la statue du guerrier de Vachères et de celle du guerrier de Mondragon.

La première, le guerrier de Vachères, a été découverte vers 1870, sur le territoire de la commune de Vachères, à proximité de la frontière antique entre le territoire du peuple des Albiques et celui des Voconces. Légèrement plus grande que nature, comportant des traces de polychromie et datée de l'époque augustéenne, elle est probablement issue d'un contexte funéraire. Elle représente un membre de l'élite locale, debout et en arme (glaive, bouclier et cotte de mailles). Sa panoplie traduit son appartenance aux troupes auxiliaires de l'armée romaineG. Barruol, La statue du guerrier de Vachères, Revue Archéologique de Narbonnaise , 1996. Bien que le sujet soit incontestablement gaulois, son traitement traduit une forte influence de la culture italique et romaine.

La statue dite du guerrier de Mondragon présente des caractéristiques similaires. Découverte en 1834, à MondragonSite de la fondation Calvet, propriétaire de l'œuvre., sa tête et une partie de ses mains sont mutilées. Des fouilles ultérieures faites sur le lieu de découverte ont permis de mettre au jour des ossements humains, accompagnés de céramique et d'armes de fer, lances et couteauB. Girard, La statue de guerrier gaulois de Mondragon, Bulletin de l'école antique de Nîmes, , 2013.

Bustes et Ex-votos Bustes de Gaule méridionale La Gaule méridionale est l'une des régions du monde celtique où la tradition lapidaire est la plus présente. On y découvre notamment, en particulier dans la région de Nîmes, toute une série de petits bustes de facture assez proche. On peut citer parmi eux les bustes dit de Sainte-Anastasie, découverts dans un champ à une douzaine de kilomètres de NimesDominique Garcia, La Celtique Méditerranéenne, habitats et sociétés en Languedoc et en Provence av. J.C. édition revue et augmentée, éditions Errance, 2014, ou celui retrouvé à CorconneClaire-Anne De Chazelles, Un buste masculin d'époque préromaine découvert à Corconne, Revue Archéologique de Narbonnaise, , 1991. Ils sont datés des et présentent des traces de polychromie. La plupart d'entre eux montrent une sorte de casque ou de capuche ornementée que l'on suppose faite de cuir.

Bustes sur socle

Mise en évidence par la découverte des quatre statues de la forteresse de Paule, la série des bustes sur socle est encore l'objet de spéculations concernant son emprise chronologique. Une autre de ses particularités est sa répartition spatiale bien plus large que les autres séries de statues. Cette répartition spatiale couvre en effet au moins l'Armorique et la Gaule centrale, avec une relative concentration des œuvres sur le territoire BiturigeJ. Gomez de Soto et P.-Y. Milcent, La sculpture de l'âge du fer en France centrale et occidentale, Document d'archéologie méridionale, , 2002. Mais elle est susceptible d'excéder les frontières de la Gaule.

Il s'agit de statues de petite taille - de 23 à pour les statues de Paule, pour le buste de Védignat, conservé au musée Guéret d'Ars, pour la statue du jardin Kasmarek de Chateaumeillant. S'agissant de bustes, les jambes ne sont pas représentées et sont remplacées par un socle laissé brut et permettant de ficher la statue dans un support de bois ou de terre. Les mains sont fréquemment représentées, repliées sur le torse, gravées avec un soin variable et tenant souvent des objets symboliques, torques et armes le plus généralement. La tête est, elle, sculptée en ronde-bosse.

Les interprétations données à ces œuvres restent variables. Ainsi les bustes de Paule sont interprétés comme des représentations d'ancêtres, faisant l'objet d'un culte privé. D'autres statues, le buste de Levroux par exemple, sont interprétées comme des divinités.

Parmi les statues susceptibles d'être intégrées au sein de ce corpus, il est possible de citer le personnage au torque de Paulmy, celui de Pérassay, celui d'Orsennes, de Plounévez-Lochrist, du bas-Lannoué à Yvignac-la-Tour. On peut également considérer la «Dame de Beaupréau», découverte en 1998 et acquise par le musée d'archéologie nationale en 2003article retraçant brièvement la découverteBlog détaillant la statue, la statue dite du «Dieu d'Euffigneix», lui aussi conservé au M.A.N., ainsi que le Buste de la Devèze d’Ayrebesque, trouvé à Bozouls, et le Buste de Rodez tous deux au musée Fenaille de Rodez.

Ex-votos et sculptures en bois

Les découvertes en 1963 des bois sculptés des sources de la Seine et en 1968 du sanctuaire de la source des Roches à proximité de Clermont-Ferrand dans le Puy-de-Dôme ont permis de jeter un nouveau regard sur la statuaire en bois d'origine gallo-romaine. Ces deux sites ont en effet livré un très grand nombre de statuettes en bois, principalement en chêne et hêtre, déposés là comme ex-voto. Les terrains gorgés d'eau ont favorisé une excellente conservation de ces témoignages de piété. Quelques œuvres en pierre ou en bronze ont également été retrouvées parmi les pièces en bois, en particulier sur le site des sources de la Seine.

Sur les deux sites, les ex-votos peuvent majoritairement être regroupés en trois grandes catégories - les planches anatomiques et représentations de membres ou d'organes, les têtes, représentées seules et les corps complets. Les deux ensembles datent de l'époque gallo-romaine et sont quasiment contemporains.

Par bien des côtés, de par son matériau comme de par son traitement, le poteau funéraire découvert sur la plage de Soulac-sur-mer présente quelques affinités avec les ex-votos des sources. Il s'agit pourtant d'une œuvre d'une nature différente. Mesurant de haut, traversé par une mortaise, il s'agit des restes d'un poteau décoré appartenant à un enclos probablement funéraire et aujourd'hui submergé, ce qui a permis la conservation du boissite internet du musée d'Aquitaine.

Les statues accroupies Les statues accroupies de Narbonnaise