Prayut Chan-o-cha (précédemment translittéré Prayuth Chan-ocha ; , RTGS : Prayut Chan-ocha, Prononciation en thaï retranscrite phonémiquement selon la norme API. ; surnommé Tu, en thaï ตู่), né le dans la province de Nakhon Ratchasima, est un militaire et homme d'État thaïlandais. Il est Premier ministre du au .
Gravissant les échelons de l'Armée royale thaïlandaise, jusqu'à en devenir son commandant en chef à partir du , il est surtout connu pendant cette période pour son image royaliste et pour son opposition ferme à l'ancien Premier ministre Thaksin Shinawatra. Cela le conduit, notamment, à être l'un des principaux partisans de la répression militaire des manifestations des en 2009 et 2010. Il tend ensuite son image vers une personnalité neutre, en s'entretenant avec les familles de manifestants décédés lors des manifestations ou encore en coopérant avec le gouvernement de Yingluck Shinawatra, sœur de Thaksin Shinawatra, qui arrive au pouvoir à la suite des élections législatives de 2011.
Affirmant que l'armée resterait neutre et que la crise politique débutée en 2013 n'aboutirait pas à un coup d'État, il n'en est pourtant rien : le , Chan-o-cha renverse le gouvernement démissionnaire et s'empare du pouvoir avec l'instauration de la loi martiale deux jours plus tôt et en étant à la tête du Conseil national pour la paix et le maintien de l'ordre (CNPO). Une constitution provisoire lui confère ensuite quasiment tous les pouvoirs, pouvant ainsi s'accorder lui-même une amnistie pour avoir mené le coup d'État. Ce renversement avait d'ores et déjà été planifié depuis 2010 avec l'aide de Suthep Thueaksuban, personnalité du Parti démocrate, devenu l'un des meneurs du lors des manifestations de 2013-2014. Soutenu par le roi Rama IX, il est officiellement nommé Premier ministre après son élection le suivant par une Assemblée nationale législative, parlement monocaméral nommé par sa propre junte militaire.
Le pays étanr alors devenu de facto un régime autoritaire et une dictature militaire, le CNPO réprime sévèrement toute dissidence politique, tout débat public démocratique et toute critique du gouvernement, restreignant ainsi la liberté d'expression en Thaïlande. Lorsque les premières élections législatives sont organisées depuis son coup d'État, en 2019, et alors candidat du Palang Pracharat sans pour autant en être un membre, il est réélu pour un second mandat à la tête du gouvernement, cette fois-ci par un parlement bicaméral rétabli, l'Assemblée nationale, qui comporte une Chambre des représentants élue mais également un Sénat dont la majorité fut nommée par le CNPO. Lors de ce second mandat, il est critiqué pour sa gestion de la pandémie de COVID-19, pour l'endettement massif du pays ainsi que pour diverses violations des droits de l'homme.
Devenu ensuite membre du parti de la Nation thaïe unie et par la même occasion son candidat pour le poste de Premier ministre pour les élections législatives de 2023, le parti n'arrivant que troisième lors des élections le conduit à annoncer son retrait de la vie politique après neuf ans au pouvoir. Il est alors remplacé à la tête du gouvernement par Srettha Thavisin, membre du Pheu Thai, et le gouvernement suivant regroupe les mêmes partis militaristes l'ayant soutenu en 2019.
Quelques mois plus tard, il est nommé conseiller privé par le roi .
Carrière militaire vignette|gauche|Prayut Chan-o-cha (à gauche) rencontre le général américain Martin Dempsey (à droite) lors de sa visite à Bangkok en 2012.
vignette|redresse|Prayut Chan-o-cha, trois ans avant le coup d'État de . De 2002 à 2003, Prayut Chan-o-cha sert comme général commandant adjoint de la d'infanterie de l'Armée royale thaïlandaise, puis comme commandant de cette division jusqu'en 2005. Il est ensuite nommé commandant général adjoint de la Première région militaire en 2005, puis commandant général de cette région l'année suivante.
En 2008, il est promu chef d'État-major de l'Armée royale thaïlandaise, avant de prendre le commandement en chef de celle-ci en 2010, succédant à Anupong Paochinda.
Carrière politique Après le coup d'État de 2006, Prayut Chan-o-cha est nommé à l'Assemblée législative nationale. À ce titre, il rejoint le Comité de l'environnement et des ressources naturelles. Prayuth participe également aux conseils d'administration d'un certain nombre de sociétés privées ou publiques.
De 2007 à 2010, il est administrateur indépendant de la Thai Oil Public Co Ltd et depuis 2010, le directeur de la Thai Military Bank.
Il est aussi, jusqu'en 2019, le président du club de football thaïlandais Army United FC.
Prise de pouvoir Le , après plusieurs mois de crise politique, Prayut Chan-o-cha déclare la loi martiale dans le pays. Deux jours plus tard, il provoque le coup d'État contre le gouvernement en place. Soutenu par le roi Rama IX, il est élu Premier ministre par l'Assemblée nationale le suivant« Thaïlande : le chef de la junte militaire devient Premier ministre », Le Monde, 21-08-2014.« Thaïlande: le chef de la junte militaire approuvé par le roi », The Huffington Post, 26-05-2014.« Thaïlande : le roi approuve le général », Le Figaro, 25-08-2014.. La société thaïlandaise est divisée entre les partisans de Yingluck Shinawatra, principalement des riziculteurs et les pauvres, et les élites de Bangkok, dont les généraux au pouvoir, qui les exècrent comme de « dangereux populistes ».
Un référendum se déroule le à l'issue duquel est adoptée une nouvelle constitution qui donne davantage de pouvoirs à la junte. Elle accorde à celle-ci le pouvoir de nommer l’intégralité des membres du Sénat et élargit les possibilités de nomination du Premier ministre, qui ne doit désormais plus être issu du Parlement, facilitant ainsi la nomination d’un militaire.
Sur le plan économique, la junte met en place diverses politiques qui ont creusé les inégalités de salaires et favorisé les secteurs de pointe, au détriment des classes pauvres et rurales du Nord et du Nord-Est.
Le , après les élections législatives, entachées de graves irrégularités, il est réélu Premier ministre par le Parlement. Nombre de ses ministres sont d’ex-généraux. Les libertés civiles restent très restreintes et l’opposition est fortement surveillée.
Le , une manifestation réclamant sa démission rassemble des milliers de personnes, une première depuis 2014.. Le pouvoir est notamment impopulaire auprès d'une partie de la jeunesse, lassée de la mainmise des oligarques et des militaires sur la société, et surtout dans les campagnes défavorisées.
La Cour constitutionnelle le suspend de ses fonctions à titre temporaire le , par cinq voix contre quatre, le temps de décider s'il peut rester en poste alors que la Constitution de 2017 interdit au chef du gouvernement de rester en responsabilité pendant plus de huit ans. Le général Prawit Wongsuwan, chef du principal parti soutenant l'exécutif, le remplace par intérim tandis que les soutiens de Prayut Chan-o-cha considèrent que la norme constitutionnelle s'applique de manière non-rétroactive depuis son élection par le Parlement en .. La Cour constitutionnelle conclut finalement, le , que son mandat a commencé le , soit au début de l'entrée en vigueur de la constitution de 2017.
Au terme de son mandat, la Thaïlande reste un pays profondément inégalitaire et affiche l'un des taux de croissance les plus faibles d'Asie du Sud-Est.
Le , il dissout le Parlement et provoque des élections anticipées.
Lors des élections du , il est largement battu, aux élections législatives en arrivant en troisième position. La Junte manœuvre ensuite pour empêcher le parti vainqueur du scrutin, la formation réformiste Aller de l'avant, de prendre la tête du prochain gouvernement. Son chef de file, Pita Limjaroenrat, est même destitué de son mandat de député.
Notes et références Notes
Références
Voir aussi
Articles connexes Politique en Thaïlande
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