thumb|La mère d'un prisonnier remercie Konrad Adenauer à son retour de Moscou le 14 septembre 1955. Adenauer avait réussi à conclure les négociations pour le retour en Allemagne, à la fin de cette année, de civils et prisonniers de guerre allemands.
Le travail forcé des Allemands en l'Union soviétique fut considéré par l'Union soviétique comme faisant partie des réparations de guerre allemandes pour les dommages causés par l'Allemagne nazie à l'Union soviétique pendant la Seconde Guerre mondiale. Des civils allemands en Europe de l'Est furent déportés en URSS après la Seconde Guerre mondiale comme travailleurs forcés. Des personnes d’origine allemande vivant en URSS furent déportées pendant la Seconde Guerre mondiale et enrôlées pour le travail forcé. Les prisonniers de guerre allemands furent également utilisés comme une source de travail forcé pendant et après la guerre par l'Union soviétique et les alliés occidentaux.
L'utilisation de la main-d'œuvre allemande au titre des réparations fut proposée au départ par le gouvernement soviétique en 1943, et la question fut à nouveau soulevée par les Soviétiques lors de la conférence de Yalta. L'URSS commença à déporter des Allemands des Balkans à la fin de 1944, la plupart des internés survivants furent de retour en 1950. Le NKVD en prit la direction via son département, la Direction générale pour les affaires relatives aux prisonniers de guerre et internés (GUPVI).
Toute information sur le travail forcé des Allemands en Union soviétique fut supprimée dans le bloc de l'Est jusqu'à la dissolution de l'Union soviétique. Avant cela, cependant, il était connu à l’Ouest grâce à des comptes rendus publiés en Allemagne de l'Ouest et aux souvenirs des internés. Ces comptes rendus allemands sont cités par les historiens qui étudient l'emploi de la main-d'œuvre allemande par l'URSS. Les statistiques relatives à l'utilisation par les Soviétiques de travailleurs civils allemands sont divergentes et contradictoires. Cet article détaille les données statistiques publiées par la commission ouest-allemande Schieder, la Croix-Rouge allemande, le rapport des Archives fédérales allemandes et une étude menée par Gerhard Reichling, un employé de l'Office fédéral de la statistique de l'Allemagne. Récemment, des données statistiques déclassifiées des archives soviétiques sur l'utilisation de la main-d'œuvre civile allemande sous Staline ont été publiées dans le livre .
Informations récentes provenant des archives soviétiques Depuis la chute de l’URSS, les archives soviétiques sont accessibles aux chercheurs. L’historien russe Pavel Polian publia, en 2001, un compte de la déportation pendant l'ère soviétique, Contre leur gré. L'étude de Polian détaillait les statistiques soviétiques sur l'emploi de la main-d'œuvre civile allemande pendant l'ère staliniennePavel Polian-Against Their Will: The History and Geography of Forced Migrations in the USSR Central European University Press 2003 . L'étude fut publiée par la .
vignette|. Scientifiques allemands rapatriés de Soukhoumi. vignette|Août 1947, des femmes et des filles allemandes libérées de captivité soviétique attendant de quarantaine dans le camp de rapatriés Polte Nord, avant de finalement rentrer à la maison.
En 1943 Ivan Maïski, l'ambassadeur soviétique au Royaume-Uni reçut l’ordre du gouvernement soviétique de former un groupe de travail sur la question des réparations d'après-guerre par l'Allemagne. Le rapport de Maisky d’ proposait l'emploi de la main-d'œuvre civile allemande en URSS dans le cadre des réparations de guerre. Lors de la conférence de Yalta, l'Union soviétique fit comprendre aux alliés occidentaux qu'ils avaient l'intention d'employer la main-d'œuvre civile allemande dans le cadre des réparations de guerre. Les États-Unis et le Royaume-Uni, à ce moment-là, ne soulevèrent pas d'objections à l'utilisation soviétique de travailleurs civils allemandsPavel Polian-Against Their Will: The History and Geography of Forced Migrations in the USSR, Central European University Press 2003 P.244-249.
À l'été 1944, les forces soviétiques avaient atteint les Balkans qui abritaient des minorités ethniques allemandes. L’ordre 7161 du Comité d'État à la Défense du ordonna d'interner tous les Allemands valides âgés de 17 à pour les hommes et de 18 à pour les femmes résidant sur le territoire de la Roumanie (), de la Hongrie (), de la Yougoslavie (), qui étaient sous le contrôle de l'Armée rouge. En conséquence, ( et ) adultes valides d’origine allemande de Roumanie, de Yougoslavie et de Hongrie furent déportés pour le travail forcé en URSSPavel Polian-Against Their Will: The History and Geography of Forced Migrations in the USSR Central European University Press 2003 P. 266 (On page 259 Polian pointed out that there are three Soviet sources each listing different figures for the total deported from the Balkans, the three figures are 112,352, 112,480 and 111,831 persons deported).
Pendant la campagne militaire de 1945 en Pologne, l'Union soviétique interna des présumés membres du parti nazi et des responsables gouvernementaux dans des camps situés dans les zones d'occupation soviétique à l'est de la ligne Oder-Neisse. Les personnes détenues dans ces camps de courte durée à l'est de la ligne Oder-Neisse furent ensuite transférées dans des camps spéciaux du NKVD dans la zone d'occupation soviétique en Allemagne ou en Union soviétique pour le travail forcéKai Cornelius, Vom spurlosen Verschwindenlassen zur Benachrichtigungspflicht bei Festnahmen, BWV Verlag, 2004, p.126, . En , le NKVD avait sélectionné pour être déportés vers l'URSS, allemands qui étaient considérés comme des membres présumés du parti nazi et des responsables gouvernementaux, ainsi que adultes valides (principalement des hommes) pour le travail forcé. Au début de 1947, les Soviétiques envoyèrent un contingent de supplémentaires comme travailleurs forcés depuis la zone d'occupation soviétique en URSSPavel Polian-Against Their Will: The History and Geography of Forced Migrations in the USSR Central European University Press 2003 P.260-265.
Les Soviétiques classaient les civils internés en deux groupes. Le premier, le groupe D () constitué d’adultes valides était des « internés mobilisés» qui étaient sélectionnés pour le travail. Le second, le groupe B () les « internés arrêtés » étaient membres du parti nazi, des représentants du gouvernement allemand, des journalistes et d'autres personnes, considérés comme une menace par les SoviétiquesPavel Polian-Against Their Will: The History and Geography of Forced Migrations in the USSR Central European University Press 2003 P.249-260. Des documents soviétiques affirment qu'ils rapatrièrent citoyens polonais des camps de travail, ce qui indique que tous les internés n’étaient pas des Allemands de souche et que certains auraient été d’origine polonaisePavel Polian-Against Their Will: The History and Geography of Forced Migrations in the USSR Central European University Press 2003 P.294(Some of the Polish citizens may have been ethnic Germans from pre-war Poland. The figures of those released do not include an additional 6,642 imprisoned Poles of the AK Home Army).
Les Soviétiques envoyèrent environ les 3/4 des travailleurs dans le Bassin du Donetz pour travailler à la reconstruction de l'industrie lourde et des mines, et environ 11 % dans les industries lourdes de l'Oural. Les travailleurs étaient logés dans des camps de concentration sous garde armée. Les conditions de travail et de vie étaient dures et selon les dossiers soviétiques environ 24 % des internés moururent. Le travail forcé s'est avéré être inefficace et inutile puisque la plupart des femmes et des hommes âgés n' étaient pas en mesure d'effectuer des travaux lourds. Le rapatriement commença dès 1945 et presque tous les déportés du travail avaient été libérés en 1950Pavel Polian-Against Their Will: The History and Geography of Forced Migrations in the USSR, Central European University Press 2003 P.285-296.
+ Civils d’origine allemande internés par l’URSS selon les données soviétiques des archives russes Pays NombreAnciens territoires de l'Est de l'Allemagne et Pologne Pavel Polian-Against Their Will: The History and Geography of Forced Migrations in the USSR, Central European University Press 2003 Page 265 Roumanie Pavel Polian-Against Their Will: The History and Geography of Forced Migrations in the USSR, Central European University Press 2003 Page 266 Hongrie Yougoslavie Zone d'occupation soviétique en Allemagne 4,579Pavel Polian-Against Their Will: The History and Geography of Forced Migrations in the USSR, Central European University Press 2003 Page 287 Nombre total d'internés Pavel Polian-Against Their Will: The History and Geography of Forced Migrations in the USSR, Central European University Press 2003 Page 293(205,520 Group D Mobilized and 66,152 Group B Arrested) Rapatriés en Pavel Polian-Against Their Will: The History and Geography of Forced Migrations in the USSR, Central European University Press 2003 Page 293 (164,521 Group D Mobilized and 36,943 Group 3B Arrested) Décédés Pavel Polian-Against Their Will: The History and Geography of Forced Migrations in the USSR, Central European University Press 2003 Page 293 (40,737 Group D Mobilized and 25,719 Group B) Encore détenus en Pavel Polian-Against Their Will: The History and Geography of Forced Migrations in the USSR, Central European University Press 2003 Page 293 (271Group D Mobilized and 3,481 Group B Arrested)
Source des chiffres - de Pavel PolianPavel Polian-Against Their Will: The History and Geography of Forced Migrations in the USSR, Central European University Press 2003 Pages 293-295
Notes Les pays indiquent non pas la citoyenneté, mais l'endroit où les personnes ont été enrôlées. Les internés survivants étaient des citoyens des pays suivant : Allemagne ; Roumanie ; Hongrie ; Pologne ; Yougoslavie ; Tchécoslovaquie ; Autriche 199 ; Bulgarie et autres pays 927Pavel Polian-Against Their Will: The History and Geography of Forced Migrations in the USSR, Central European University Press 2003 P.294. Les chiffres ne comprennent pas les civils allemands internés dans la région de Kaliningrad, l'ancienne province de Prusse-Orientale Les chiffres ne comprennent pas le « rapatriement forcé » et les « réinstallés » des Allemands soviétiques qui avaient été déplacés par l'Allemagne en Pologne pendant la guerre. Ils furent renvoyés en URSS. Les chiffres ne comprennent pas les prisonniers de guerre militaires. Toujours en détention en , des personnes condamnées par des tribunaux militaires soviétiques et détenus dans les prisons du MVD en URSSPavel Polian-Against Their Will: The History and Geography of Forced Migrations in the USSR, Central European University Press 2003 P.302.
Grâce à l'ouverture des archives russes, les destins de certains de ces civils sont maintenant connus. À la fin de 1996, la Croix-Rouge allemande avait reçu de la Russie dossiers de civils allemands déportés qui avaient été soit rapatriés, soit morts en captivité. Par exemple, les dossiers de Pauline Gölner révèlent qu'elle est née en 1926 à Wolkendorf en Transylvanie, fut arrêtée le , et envoyée au travail forcé dans les mines de charbon de Chanchenkowo (Ukraine). Elle y mourut le , âgé de La recherche des Allemands prisonniers ou portés disparus au cours de la Seconde Guerre mondiale 30-06-1999, Revue internationale de la Croix-Rouge n° 834, p. 387-401 par Monika Ampferl.
Il y a actuellement un programme de recherche commun entre la Russie et l'AllemagneWilli Kammerer; Anja Kammerer- Narben bleiben die Arbeit der Suchdienste - 60 \Jahre nach dem Zweiten Weltkrieg Berlin Dienststelle 2005 (Published by the Search Service of the German Red Cross. The forward to the book was written by German President Horst Köhler and the German interior minister Otto Schily).
Déportation et travail forcé des Allemands soviétiques