Le canal de la Moyenne-Deûle ou canal de l'Esplanade est un canal d'environ construit à Lille en 1751 permettant une connexion entre la Haute-Deûle (port du Wault) et la Basse-Deûle (ancien port comblé de 1930 à 1953)Brigitte Renier-Labbé (2009) Des canaux et des hommes, mars 2009, mis en ligne 08-05-2009 Renaissance du Lille ancien, consulté 2014-06-22.

vignette|upright=1.5|Rassemblement d'escargots aquatiques (Paludine d'Europe ou hybride avec la paludine commune ?), espèce grégaire et seul escargot vivipare d'Europe, avec une jeune perche (Perca fluviatilis) vignette|upright=1.5|Poules d'eau (Gallinula chloropus), l'une des espèces les plus faciles à observer sur la moyenne-Deûle Ce bief, autrefois navigable pour les gros bateaux qui ne pouvaient traverser la villeMalte-Brun C & Malte-Brun VA (1856) Géographie complète et universelle. Tome 8 (avec gallica) / Éditeur scientifique : Morizot, Paris rejoint un bief supérieur, nommé Haute-Deûle qui était de six à sept pieds plus élevé que celui du bief inférieur qui forme la moyenne-Deûle Quarré, 1833, in Mémoires de la Société des Sciences, de l'Agriculture et des Arts de Lille, Page 3 ; Société des Sciences, de l'Agriculture et des Arts (Lille) ; (Version numérisée par Google). Il était aussi autrefois en connexion avec le Port du Quai du Wault (l'un des deux anciens ports de Lille). Un second bief (triple seuil de nos jours), également de 6 à de haut conduisait ce petit canal vers la Basse-Deûle.

Après environ 200 ans au service de la navigation commerciale, ce canal a perdu tout intérêt commercial et a été fermé à la navigation quand la Deûle canalisée a été mise à grand gabarit (en ) en contournant par l'ouest le Parc de la Citadelle dans le prolongement de l'actuel grand port de Lille.

Hormis un intérêt historique (élément d'un ensemble patrimonial militaire centré sur la Citadelle de Lille et son glacis)Diest P (2013) La prise de conscience de la valeur patrimoniale des bâtiments militaires de la place de Lille depuis 1880 ; Revue du Nord ; 2013/1 () voir pages : 270 et suivantes ; Éditeur : Université Lille-3, ce petit canal bordé d'arbres présente un intérêt paysager et aménitaire, mais aussi écologique, ainsi que climatique (tamponnement thermohygrométrique des bulles de chaleur urbaines qui peuvent périodiquement concerner Lille et sa communauté urbaine).

C'est depuis longtemps un lieu de promenade. À certaines périodes et à certaines conditions, la pêche y est autorisée à plus de ètres des ponts et ouvrages tels qu'écluses, seuils ou autres.

Histoire

L’évolution des parcours de navigation La ville de Lille s'est établie en grande partie sur d'anciens marécages autour d'un point de rupture de niveau de la Deûle, entre une partie haute et une partie basse, chacune munie de leur port, ce qui a marqué le développement, l'histoire et l'environnement de la villeDion R "La géographie de la circulation dans la partie centrale de la région du Nord", Annales de la Société de géographie du Nord, , 1939, .

Le canal de la moyenne Deûle fut ouvert en 1751 pour relier par une voie navigable la Haute-Deûle à la Basse-Deûle.

Jusqu'à cette date, les canaux étroits entre les deux ports du Wault en amont et de la Basse Deûle également nommé Grand rivage (à l'emplacement de l'actuelle avenue du Peuple-Belge) en aval étaient obstrués par des barrages et par des moulins notamment le Moulin Saint-Pierre rue de la Monnaie. Ils n'étaient donc pas utilisables pour la navigation ce qui imposait un transport des marchandises à dos d'homme, d'animal de bât ou par charriot, dans les rues de la ville entre ces deux ports.

À la fin du , Vauban constate qu, mais des tensions entre autorités politiques, sociales et religieuses à Lille font qu'il faut attendre 1750 pour que, répondant aux vœux de Vauban, ce canal de jonction soit enfin creusé et mis en eau . Après des débats, les deux corps de la haute et de la Basse-Deûle fusionnent en 1752.

Après l'écluse de la Barre à la sortie du port du Wault, le canal longeait l'esplanade au sud de la citadelle et se prolongeait le long des fortifications au nord de la ville. Ce deuxième tronçon entre le mur d'enceinte intérieur et les fortifications bastionnées suivait le tracé d’une cunette ou douve creusée dans les remparts construits en 1670 lors de l'agrandissement de la ville par suite de la conquête de la ville par Louis XIV.

Le canal pénétrait dans ce tronçon par une porte d'eau percée dans le mur d'enceinte près du pont du Petit-Paradis. Une herse haute de 5,6 m et longue de 8 m pouvait interrompre la navigation en cas de siège de la ville.

L'emplacement de cette ancienne porte d'eau, disparue après la création de la déviation de 1881 vers Saint-André, correspond à une arche à proximité du pont du Petit-Paradis.

Après un parcours d'environ deux kilomètres, le canal de la Moyenne-Deûle rejoignait la Basse-Deûle après l'écluse de Saint-André à proximité d’une autre porte d’eau dans les fortifications à la sortie du port de la Basse-Deûle, approximativement à l'emplacement de la jonction entre l'avenue du Peuple-Belge et de l'avenue Winston-Churchill.

La création du canal entraina le passage sous siphon du Bucquet, petite rivière dont le cours était situé à l'emplacement de la citadelle. Après la traversée de la citadelle et le passage sous le canal de la moyenne Deûle, le Bucquet mis en souterrain sous le Vieux-Lille, sur un cours dévié vers le Nord par rapport à l'ancien se jetait dans la basse-Deûle à l'emplacement de l'actuel square Grimomprez. Cette partie du Bucquet devenue souterraine était dénommée canal de la Citadelle.

Le parcours de la moyenne Deûle resta inchangé jusqu'à l'agrandissement de Lille décidé en 1858.

Du point de vue foncier, des tensions se manifestent périodiquement entre l'Armée et la ville, qui se voit par exemple contrainte en 1842 d'abandonner au domaine militaire le terrain compris entre le pont de la Barre, le pont du Ramponneau, le canal de jonction de la Haute et de la Basse-Deûle et la ligne des maisons bâties entre les deux pontsArchives départementales du Nord : ref 66 J 1417. Relations entre les autorités militaires et la ville de Lille. Affaires diverses. 1822-1848.

La démolition de la partie sud des remparts dans les années 1860 et les travaux d’urbanisation de l’ancienne zone militaire amenèrent la modification du cours de la Deûle en amont du port de Wault qui formait une courbe jusqu'à l’emplacement actuel de l’intersection de la rue Solférino et de l’avenue Léon Jouhaux. La voie navigable a été déplacée en 1865 sur son tracé actuel direct au nord du jardin Vauban créé à la même époque. À partir de cette date, le port du Wault qui était le lieu de passage de la navigation depuis 1751 est redevenu un bassin fermé en impasse.

En 1881, le tracé du canal a encore été modifié par la création d’un parcours direct du nord de l’Esplanade au pont Sainte-Hélène à la limite entre les communes de Saint-André et de La Madeleine. Le confluent de la Moyenne-Deûle et de la Basse-Deûle a ainsi été déplacé au nord de l’ancienne porte d’eau. Le parcours le long des remparts au nord du Vieux Lille a donc été abandonné. Il reste quelques vestiges de cet ancien canal près du bastion Saint-André. La limite entre le parcours de 1751 et celui de cette déviation est visible près du pont du Petit-Paradis de part et d'autre de l'arche à l'emplacement de l'ancienne porte d'eau.

Les péniches sur le Canal de l'esplanade étaient généralement tirées à partir du chemin de halage. Des tracteurs électriques sur une voie ferrée étroite ont circulé de 1895 à 1970. La généralisation des péniches automotrices a amené l'abandon de ce mode de traction.

Le canal a été dégradé par la Première Guerre mondiale qui l'a notamment privé de sa passerelle, le « Pont Napoléon », bien que la citadelle de Lille n'ait pas été une cible prioritaire ; il a été relativement épargné par la Seconde Guerre mondiale. Le pont Napoléon a été reconstruit en 2014.

À la suite de l'ouverture en 1978 du canal à grand gabarit qui contourne la citadelle par l’ouest et reprend la partie du tracé de 1881 entre le pont Jouhaux et le pont Saint-Hélène, le canal de la moyenne-Deûle a été fermé à la navigation commerciale et son cours interrompu au point de contact avec le canal à grand gabarit à côté du pont Jouhaux.

La liaison a été remplacée par 3 petites cascades se déversant dans un bassin communiquant avec le canal à grand gabarit par une conduite sous le chemin de halage.

Le Plan Bleu de Lille Métropole envisage le rétablissement de cette connexion.

Un canal de navigation non une opération d'assainissement urbain Ce canal n'a pas réglé (au contraire) les problèmes posés par l'absence d'assainissement et les nombreux rejets domestiques et artisanaux peu à peu règlementés par des ordonnances (poissonniers (Ordonnance municipale du 7 octobre 1750).), bouchers (Ordonnance municipale du 7 octobre 1750)., tripiersLes tripiers s’abstiendront de faire couler dans les canaux et aqueducs, les eaux dans lesquelles les tripes ont été cuites ; ils sont tenus de les faire transporter à la voirie. (arrêté du 24 décembre 1812.), tanneurs. (Ordonnance municipale du 24 septembre 1770.), teinturiers, pelletiers, gantiers & salineurs, chapeliers, foulons, savonniers (Arrêté du 24 décembre 1812.), peigneurs de laine (Ordonnance municipale du 20 juin 1789 & arrêté du 24 décembre 1812.), et blanchisseurs notamment) puis rejets industriels dans les eaux des diverses branches de la Deûle ; trop lentes pour s'autoépurer et évacuer les eaux usées vers l'extérieur de la ville avant qu'elles n'aient le temps de fermenter et former d'épais dépôts de vases putrides. Il n'a pas non plus contribué à supprimer une partie des Dupont Delarue JB (1833) Topographie historique, statistique et médicale de l'arrondissement de Lille (Livre numérique Google) (voir par exemple /367 et suivantes, par exemple évoqués par jean-Baptiste Dupont Delarue en 1833, lequel estimait qu'on aurait dû

Ce canal ne reçoit que peu d'eaux sales alors que d'autres (canal de la rue de la Comédie, canal des Hibernois, canal de la Rivièrette, canal Saint-Jacques, canal du Pont de Flandres, canal de la rue des Tours, canal de l’Arc ou encore canal du Becquerel) seront rapidement transformées en égouts et peu à peu recouverts malgré les protestations de quelques pêcheurs et surtout de riverains des artisans qui les utilisaient comme source d'eau ou comme égout qui en utilisaient les eaux).

Ce canal présentera toujours la caractéristique d'être le moins pollué des canaux lillois ; le seul qui soit presque sans riverains (une écurie et un stand de tir le bordaient) et qui (selon Dupont JB) en 1883 mais c'est aussi à cette époque est aussi dans Lille s'inquiétait JB DupontDupont JB (1833) Topographie historique, statistique et médicale de l'arrondissement de Lille. Delarue.) permettant de relier la haute et la basse-Deûle, par voie fluviale.

Cependant il fut extrêmement pollué au cours des années 1960, comme l'ensemble du canal de la Deûle, par les rejets des usines chimiques mais, par la suite, cette nuisance a été supprimée par des mesures d'épuration.

Il reçoit en plusieurs points des eaux de ruissèlement ou d'infiltration parfois chargés de traces d'hydrocarbures, provenant des parkings voisins.

Description physique

Si ses berges et sa largeur sont relativement homogènes sur la plus grande partie de son cours, d'importantes variations de profondeur et d'ensoleillement font qu'il abrite des habitats relativement variés. Sa partie aval est beaucoup plus ombragée par les arbres et on y trouve plus de feuilles mortes. La profondeur y est moindre et outre des algues filamenteuses signes d'une eutrophisation du milieu : on y trouve quelques espèces de plantes aquatiques.

Qualité biologique de l'eau, des sédiments et enjeux environnementaux