L'Homme noir est un drame de Xavier Forneret en cinq actes, comportant respectivement dix, treize, onze, sept et six scènes, publié à compte d'auteur en 1835 et interprété pour la première fois le au théâtre de Dijon.

L'auteur avait soigné l'annonce de sa pièce de manière originale, mais le scandale public furent tels que la représentation ne dépassa pas le début du troisième acte. Cet événement marqua durablement Xavier Forneret, qui adopta désormais le surnom de . C'est ainsi qu'il signe le recueil d'aphorismes intitulé Sans titre, dès l'année suivante.

Personnages Le baron de Rimbo, dit l'Homme noir, Bénita de Rimbo, son épouse, Guitta, leur fille adoptive, Arthur de Rimbo, leur fils, Théodore Maker, ami d'Arthur, Bénini, marquis de Rudjio, Julia, son épouse, La comtesse de Durass, Valentine, sa femme de chambre, L'abbé Borel, Le vicomte d'Arbol, Le marquis du Vignal, Frank, intendant du château de Rimbo, Un sous-intendant, Pierre Leparisien, vagabond et assassin, Marthe, garde-malade, Figurants : Personnes invitées au bal, foule de rustres, hommes et femmes, domestiques.

Les quatre premiers actes se déroulent en Dauphiné, le dernier à Paris vers la fin du .

Résumé : Première Heure Bénita, veuve du baron de Rimbo, fait de la broderie avec Guitta, sa fille adoptive. Leur conversation et le chiffre brodé par la jeune fille font comprendre que les deux femmes sont amoureuses du même homme, le marquis de Rudjio, un Italien de Milan que l’on nomme Bénini.

Cette découverte affole Bénita. Arthur, le fils de la maison, mélancolique et maladif, a déjà pris conscience de cette situation. Il en fait part à son ami Théodore, un jeune médecin.

Bénita se montre également inquiète des relations qu’entretient Bénini avec une femme du monde, brillante et fêtée, la comtesse de Durass. Elle se confie à Franck, l’intendant du château, qui cède à sa requête pour lui fournir du poison. L’abbé Borel le suit. Elle reconnaît devant lui la jalousie qu’elle éprouve, et déclare se rendre chez la comtesse. L’abbé, secrètement amoureux d’elle, se désole de ces choix.

Acte II : Deuxième Heure Dans son salon, madame de Durass reçoit des invités qui se disputent ses faveurs. Elle montre un certain penchant pour le marquis de Rudjio. Bénini, de son côté, sent son cœur partagé entre trois femmes : la comtesse de Durass, qui représente un avenir possible et le souvenir de son épouse Julia, laissée en Italie et qu’il soupçonnait d’adultère.

Les invités parlent de politique, de la possibilité d’une révolution. Autour du château, des paysans se sont assemblés. Ils réclament la mort de l’Homme noir, un étrange personnage qui rôde dans le pays et effraie la population.

Bénita retrouve Bénini. Leur querelle d’amants est encore envenimée lorsque la comtesse de Durass les rejoint. La présence des invités interrompt leur éclat. Pour distraire l’assemblée, la comtesse fait le récit d’une étrange aventure italienne, qui n’est autre que l’abandon par Bénini de son épouse Julia et de leur fille – dont les derniers mots, en particulier, sont chargés de mystère :

En l’écoutant, Bénini songe à son enfant et Bénita reconnaît sa fille adoptive, Guitta. Leur trouble augmente lorsque la comtesse de Durass annonce que Julia est présente au château. À la demande générale, elle rejoint les invités au salon, et se jette aux pieds de Bénini. Celui-ci a une réaction affolée :

Julia tombe évanouie. Un orchestre attaque la musique pour le bal, dans la coulisse. Au même instant, la rumeur de la foule augmente autour du château. Soudain, l’Homme noir entre, portant un masque et un panache noir sur la tête, traverse le salon comme s’il était poursuivi et sort devant l’assemblée terrorisée. Bénita s’écrie, regardant Bénini :

Acte III : Lendemain Au château de Rimbo, Franck annonce à son sous-intendant la venue de l’Homme noir, qu’il a rencontré la veille, dans des circonstances fantastiques et terrifiantes. L’Homme noir le rejoint et s’adresse à lui en maître pour pouvoir assister aux entretiens des châtelains depuis une terrasse. Resté seul, retirant son masque, le baron de Rimbo revient sur les années qu’il a vécues en tant qu’Homme noir. Il souhaite retrouver ses enfants et reconquérir son épouse Bénita.

Théodore et l’abbé Borel reviennent sur les événements de la nuit précédente : Arthur s’en est pris au marquis de Rudjio, les paysans se sont lancés à la poursuite de l’Homme noir et Julia a disparu.

L’abbé annonce son départ à Bénita. Toute préoccupée de la venue de Bénini, celle-ci le laisse partir avec froideur. Autour du château, pendant que les paysans réclament la mort de l’Homme noir, Bénini confie son poignard à Bénita. Celle-ci fait appel à un ancien bagnard et vagabond, Pierre Leparisien, pour qu’il tue l’Homme noir avec le poignard du marquis.

Cédant aux supplications d’Arthur, Bénini accepte de quitter le Dauphiné avec la comtesse de Durass. Le jeune homme, très ébranlé, s’inquiète pour Julia, l’épouse mystérieusement disparue, et pour sa demi-sœur Guitta. Celle-ci le rejoint et lui confirme combien son amour pour Bénini est inébranlable.

L’Homme noir se présente devant eux, et révèle qu’il est leur père. Julia le suit, depuis la terrasse, en reconnaissant Guitta comme sa fille. Tous quatre s’embrassent.

Acte IV : Surlendemain vignette|upright=1|Gravure de l'édition originale par Kaeppelin, évoquant le dernier acte de L'Homme noir. Le baron de Rimbo abandonne son masque d’Homme noir devant Bénita, qui se montre terrifiée mais toujours pleine d’animosité envers lui. Au comble de l’affolement, elle rappelle Pierre Leparisien pour qu’il ne tue personne. Cependant, les paysans lui ont également confié pour mission de poignarder l’Homme noir.

En coulisses, Guitta se tue par désespoir. Julia se jette sur elle. Dans son costume noir, le baron de Rimbo entre en scène. Pierre Leparisien surgit soudain et le tue à coups de poignard. La foule qui se précipite dans le salon découvre avec effroi l’identité de l’Homme noir. Arthur vient secourir son père, en vain. On entend un bruit de voiture qui roule : le marquis de Rudjio a pris la route de Paris avec la comtesse de Durass. Bénita s’effondre en l’apprenant. Dans un dernier soupir, le baron de Rimbo la maudit.

Acte V : Trois mois se sont écoulés Dans une chambre de malade, à Paris, Arthur est mourant. Il est veillé par Frank et Marthe, une garde-malade. Au-dessus de l’appartement, on entend de la musique et des éclats de rire pendant qu’Arthur agonise.

Bénini vient à son chevet. Il s’est lassé de la comtesse de Durass, qui le rejoint pour le conduire au bal. Théodore prodigue encore des soins à Arthur, mais comprend que son ami va mourir bientôt. Julia le suit, appelant Arthur son fils. Très faible, elle tombe au pied du lit et meurt. Arthur rend son dernier soupir.

Bénita se précipite dans la chambre, suivie de l’abbé Borel. Pressant la main d’Arthur, glacée dans la mort, elle s’empoisonne auprès de lui. La rumeur de la rue parvient jusque dans l’appartement, avec un roulement de tambour et une voix qui annonce l’exécution de Pierre Leparisien, condamné à mort pour le meurtre du baron de Rimbo, dit l’Homme noir.

Création La création de L'Homme noir au théâtre de Dijon, le , représente le seul véritable coup d'éclat dans la carrière de Xavier Forneret. Selon Eldon Kaye, celui-ci .

Charles Monselet surenchérit sur les indications des journaux de l’époque en ajoutant . Francis Dumont ajoute encore et Paul Guilly, s’inspirant de ces deux dernières sources, écrit que ce fut l’auteur lui-même qui . Eldon Kaye note qu’, mais .

La publicité allait assurer à l’auteur . Eldon Kaye décrit la salle, .

Dès le premier acte, .

Les jours suivants, la presse rend compte de cette soirée, en . Le Journal politique et littéraire de la Côte-d’Or s’en prend également à la direction du théâtre, qui . Le Spectateur attaque encore le style novateur de l’auteurLe Spectateur,, et le Journal d’Annonces ajoute qu’il est à regretter que l’auteur soit BourguignonLe Journal d’Annonces,.

Comparant L’Homme noir de Forneret à Hernani de Victor Hugo, créé sept ans plus tôt, Eldon Kaye détermine les raisons de l’échec du premier et de la réussite du second : .

La raison principale de l'échec et du scandale tient donc au fait qu' François Dominique estime que .

Postérité

L'expérience de cette création houleuse porte Xavier Forneret à noter l'aphorisme dans le recueil qu'il publie l'année suivante, à Paris justement, sous le titre Sans titre, par un homme noir blanc de visage. Le surnom du héros de ce drame est devenu celui de son auteur, sa signature, .

Analyse

Bibliographie Édition moderne , édition établie par Bernadette Blandin

Critique et analyse

Références

Liens externes

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