vignette|Équateur, carte de base actuelle.

L'Équateur est un pays indépendant depuis le .

Durant près de huit millénaires, des populations autochtones ont vécu sur le territoire, avant le siècle de l'Empire inca, puis les trois siècles d'Empire espagnol, avec conquête, colonisation, évangélisation... L'audience royale de Quito (1563-1822) prospère.

Dans un contexte international chargé (1760-1815), des mouvements d'indépendance (d'avec l'Espagne) accompagnés de guerres imposent une décolonisation de l'Amérique du Sud. De 1810 à 1830, des tentatives de Grande-Colombie s'avèrent difficiles. Le pays devient indépendant en 1830.

De 1830 à 1920, le pays vit l'affrontement de forces conservatrices et de forces libérales : guerres civiles, caudillos... Le cacao assure l'essentiel des ressources. De 1925 à 1947, l'effondrement du commerce du cacao se combine avec la crise mondiale. De 1947 à 1965, le boom économique provient de la banane et d'une industrialisation émergente. Depuis 1973, les revenus de l'exploitation pétrolière assurent une certaine stabilité économique, sociale et politique.

La population du pays est estimée à environ d'Équatoriens en 2023, hors migrations et diasporas.

Avant 1500c : peuples indigènes vignette|redresse=0.8|Langages andins (pré-inca). L'histoire de l'archéologie en Équateur est récente pour ce qui concerne les populations pré-incaïques, dont la redécouverte des arts précolombiens en Équateur.

Tumaco-La Tolita (660 AEC - 400), culture Bahia (500 AEC-500), « Jama Coaque » (335 AEC-1532). vignette|gauche|Soleil d'or Tumaco-La Tolita. Les premières traces de civilisation de paléoaméricains (dans le pays) sont connues sous le nom d'abord de la (11000-4000 AEC), puis surtout de Valdivia (3000-1300 AEC). Lui succèdent la culture Machalilla (1800-950 AEC), puis la culture Chorrera (1300-300 AEC), également très répandue sur le territoire. Il convient de citer les cultures « mayo-chinchipe-marañón » (3550 AEC-250), « cotocollao » (1500 AEC-500), « guangala » (500 AEC-500),

Ensuite, vers 500 apparaissent les premiers Amérindiens, avec leurs formes organisées de peuplement, et les créations d'États restés en place jusqu'au : peuples indigènes de l'Équateur, langues en Équateur. Il a également existé d'autres cultures : Milagro-Quevedo (400c-1500c), quitu (500-), cañari (500-1533), nariño (650c-1150c), culture manteña-huancavilca (650c-1550c)... Parmi divers sites : Catequilla.

La population globale est très difficile à estimer.

Galerie Valvidia

Galerie Chorrera

Galerie Jama-Coaque

Domination inca (1430c-1530c) Enfin, les Incas intègrent tous ces peuples sous leur domination à partir du , avec leur organisation sociale très développée et leur expansionnisme très marqué. L'Empire inca ou incaïque, le plus vaste avant la colonisation européenne, dure au moins un siècle (1430c-1533c), se concentre sur les Andes, et regroupe environ de personnes. La civilisation inca non plus ne saurait être traitée dans un article correspondant à une nation moderne.

Le site d'Ingapirca (mur de l'inca) est le site le mieux conservé de l'époque incaH. Consejo Provincial del Cañar - Ingapirca en territoire équatorien.

Galerie Ingapirca

Période coloniale espagnole (1530c-1830c) vignette|redresse=0.8|L'Empire espagnol en Amérique vers 1800. Les conquistadores espagnols arrivent sous le commandement de Francisco Pizarro en 1532 . Ils sont interprétés par les magiciens du pouvoir inca comme le présage de la fin de leurs temps, immobilisant de facto toute réaction coordonnée(peuple au fonctionnement centralisé) du peuple Inca. Cet affaiblissement du pouvoir inca permet, après une résistance faible issue de la disproportion des armes de guerre des deux camps, aux Espagnols la conquête du nouveau royaume de Quito deux ans plus tard. De nombreux indigènes meurent au cours des années qui suivent à cause des maladies jusqu'alors inconnues apportées par les envahisseurs.

L'audience royale de Quito (1563-1822) (autre nom de l'Équateur) est d'abord un territoire placé sous l'autorité du vice-roi du Pérou. Puis, de 1717 à 1723, elle est intégrée à la vice-royauté de Nouvelle-Grenade, dont la capitale est Bogota (Colombie). Elle est par la suite placée sous l'autorité de Lima (Pérou) jusqu'en 1739, puis de nouveau sous celle de la Nouvelle-Grenade.

Le développement économique est conséquent, du moins pour une élite sociale d'origine espagnole. Le développement culturel (religieux, universitaire, musical, pictural) est remarquable.

Lutte pour l'indépendance (1809c-1824c) Les premiers mouvements contestataires sérieux se produisent au , alors que les souverains Bourbons d'Espagne tentent de faire passer d'importantes réformes, qui auraient notamment pour effet d'alourdir considérablement la fiscalité.

En 1803, les Indiens de Guamote et Columbe se soulèvent contre la dîme, un impôt en faveur de l'Église..

Une nouvelle insurrection contre l'Espagne a lieu en 1809. À cette époque, l'Espagne est depuis 1808 en guerre contre l'invasion de son ancien allié, l'Empire français de Napoléon , qui profite des désaccords entre Charles IV et son fils Ferdinand VII pour nommer roi d'Espagne son frère Joseph Bonaparte. Mais cette tentative d'autonomisation, dont le but est plus de contrer l'« usurpateur » que de conquérir l'indépendance, est mise au pas par les forces du vice-roi du Pérou.

Il faut attendre l'année 1820, tandis qu'au Nord la lutte menée par Simón Bolívar (1783-1830) a quasiment abouti à l'indépendance de la Nouvelle-Grenade et du Venezuela pour qu'un nouveau soulèvement se produise, cette fois dans la ville portuaire de Guayaquil, dont l'indépendance est obtenue le . Le nouvel État, nommé province libre de Guayaquil, entreprend une campagne pour libérer le reste de l'audience royale de Quito, mais après une victoire lors de la bataille de Camino Real le , l'armée de Guayaquil se trouve en grande difficulté après les défaites de Huachi et Tanizahua, alors que dans le même temps la ville de Cuenca qui s'était libérée le est retombée sous le joug espagnol après la bataille de Verdeloma, le .

Au pied du mur, le président de Guayaquil, José Joaquín de Olmedo (1780-1847), demande l'aide de Simón Bolívar, qui envoie en le général José Mires (1785-1829) à Guayaquil avec armes et munitions. Le , le général Antonio José de Sucre (1795-1830) débarque à son tour avec des renforts colombiens. Après plusieurs batailles entre Guayaquil et Quito, l'armée de Guayaquil, désormais dirigée par Sucre et renforcée par des troupes argentines envoyées du Pérou par José de San Martín (1778-1850), remporte une victoire décisive le lors de la bataille de Pichincha, près de Quito et obtient la capitulation des troupes espagnoles de la Real audiencia. À la suite de la rencontre de Guayaquil entre Bolívar et le Libertador argentin José de San Martín, la région devient partie intégrante de la république de Grande Colombie, fondée et dirigée par Bolívar, qui englobe aussi le Venezuela, le Panama et la Colombie.

Guerre d'indépendance de l'Équateur (1811-1824) Galerie 1820-1830

Le Le le Distrito del Sur déclare son indépendance vis-à-vis de la Grande Colombie. Puis le , cette indépendance devient effective et le Distrito del Sur prend officiellement le nom de république de l'Équateur. Le général Juan José Flores, l'un des héros de la guerre d'indépendance, en devient le premier président (ou plutôt instaure sa dictature personnelle), avant d'être chassé du pouvoir en 1845 après un intermède de Vicente Rocafuerte. En fait, de 1830 à 1948, l'Équateur connaît plus de soixante-deux gouvernements successifs, de type présidentiel, militaire ou dictatorial. Le pouvoir alterne entre les partis conservateurs et les partis libéraux représentant la bourgeoisie créole.

En 1832, le nouvel État prend possession des îles Galápagos. À l'issue d'une longue période d'instabilité, le conservateur Gabriel García Moreno réunifie le pays en 1860, en chassant de Guayaguil le général Franco, soutenu par le dictateur péruvien Castilla. Directement ou indirectement, Garcia Moreno gouverne l'Équateur pendant une quinzaine d'années, avec le soutien de l'Église catholique, mais il est assassiné en 1875.

Eloy Alfaro organise en 1895 une révolution libérale. Président de 1895 à 1911 avec une interruption entre 1901 et 1906, il propose dès sa prise du pouvoir de , rédige une Constitution sans référence à Dieu dans son préambule et met fin au Concordat avec l'Église catholique. Son deuxième mandat voit également l'inauguration de la ligne de train reliant Quito à Guayaquil. Sur le plan politique, la liberté de presse et d'opinion est reconnue ; l'élection présidentielle se fait au suffrage universel direct pour quatre ans avec une clause de non rééligibilité immédiate. Sur le plan social, Alfaro crée des écoles, des collèges, des écoles normales. Il abolit les dimes et impôts sur les propriétés indigènes les plus pauvres, témoignant ainsi d'une préoccupation inédite de l’État pour le sort des indigènes. Le libéralisme équatorien se scinde en deux tendances : les modérés, groupés autour de Leónidas Plaza et des notables du parti, veulent mettre un frein aux réformes entreprises par Alfaro ; cette tendance se tourne vers les propriétaires terriens, la bourgeoisie d'affaires et le clergé. De l'autre, les radicaux, fidèles à Alfaro, veulent continuer les réformes contre les privilèges subsistant du vieux système patriarcal colonial. Alfaro est finalement renversé en . Après un nouvel exil à Panama, il reprend les armes à Guayaquil, mais est cette fois vaincu et exécuté avec certains de ses partisans.

Galerie d'évolution territoriale

Le Au cours de la première moitié du , le mouvement ouvrier émerge et se structure dans le pays : en 1909 puis en 1922 se tiennent deux « Congrès ouvriers ». La grève générale de novembre 1922 à Guayaquil est réprimée dans le sang par l'armée le , faisant plusieurs centaines de victimes. Cette répression est l'événement qui par sa marque sanglante marque le début des luttes syndicales en Équateur, selon les mots de l'historien Jorge Salvador Lara. En 1926 est fondé le Parti socialiste de l'Équateur, dont une scission rejoint la Internationale en 1931 sous le nom de Parti communiste de l'Équateur. thumb|right|250px|Revendications équatoriennes sur le Pérou. En 1910, un nouveau conflit avec le Pérou éclata, en 1920, une crise toucha l'industrie du cacao, en 1925, le président libéral Carlos Alberto Arroyo del Río fut renversé par une révolte militaire qui instaura José María Velasco Ibarra (l'une des figures emblématiques du pouvoir équatorien) pendant les années 1934 et 1935 avec le soutien de la faction conservatrice.

En 1941, le Pérou envahit l'Équateur dans sa région amazonienne, la guerre qui s'ensuivit s'achève par la signature d'un traité du protocole de Rio en 1942, qui attribue au Pérou la moitié du territoire équatorien et presque la totalité de sa forêt amazonienne. Le pays oriente donc sa politique extérieure vers une coopération avec les autres États continentaux et en 1948, il devient l'un des membres signataires de la charte de l'Organisation des États américains. Ce conflit reprend brièvement en 1950 et en 1960, sans apporter de changements significatifs à la carte politique de la région.

En 1952, Velasco Ibarra, à la tête d'une coalition politique, est de nouveau candidat à la présidence de la République. Il dirige le pays entre 1952 et 1956, puis entre 1960 et 1961.

En 1963, l’armée renverse le président Carlos Julio Arosemena Monroy qu'elle accuse faussement « d'avoir des sympathies pour le communisme ». D'après l'ex agent de la CIA Philip Agee, en fonction plusieurs années en Équateur, les États-Unis auraient incité ce coup d’État pour éliminer un gouvernement qui refusait de rompre avec Cuba.