Corrida dans l'arène divisée est une huile sur toile attribuée à Francisco de Goya de conservée au Metropolitan Museum of Art sous le nom de . Elle est considérée comme la plus grande des œuvres tauromachiques de Goya. Elle est datée selon les sources en 1810 ou en 1812.

L'artiste s'est inspiré de cette toile pour créer L'Arène divisée, quatrième lithographie de la série Les Taureaux de Bordeaux .

Elle correspond à la « seconde période taurine du peintre », qui va de 1810 à 1815 et qui comprend notamment la suite de gravures La Tauromaquia et Corrida dans un village.

Contexte Dans sa jeunesse, Goya avoue avoir été lui-même un « sacripant qui courait le taureau » avec d'autres jeunes gens. Il fréquentait alors le monde de la tauromachie considéré comme « le refuge de la canaille où vauriens, ruffians et aventuriers sont à l'aise.. » Il s'est d'ailleurs représenté lui-même en toréador dans la l'huile sur toile La Novillada (1779-1780) où il apparaît grand vigoureux et bien découplé.

Quelques années plus tard, il s'aperçoit que les peintres doivent fréquenter la haute société, où il se sentira longtemps mal à l'aise. Mais il devient assez vite peintre reconnu grâce aux commandes de la cour. Et grâce à son talent, il entre dans un milieu social de qualité exceptionnelle, bien différent de celui des courtisans : celui sont des penseurs, économistes, littérateurs, des illustrados. Goya ne traite alors de tauromachie que pour des portraits de toreros dont : Portrait de Pedro Romero. Il est désormais peintre de cour.

Lorsque Goya revient à la tauromachie, les circonstances sont bien différentes de l'époque de la Novillada. L'Espagne est divisée par la guerre d'indépendance espagnole, qui s'accompagne d'une guerre civile entre guérilleros défenseurs du territoire espagnol, et afrancesados souhaitant que les français fasse tomber le régime féodal espagnol. « Les yeux remplis des désastres de la guerre », le peintre qui a des amis dans les deux camps va peindre deux toiles extraordinaires : la Corrida dans l'arène divisée (1810) et la Corrida dans un village (1812). La corrida, qui avait été interdite, vient d'être autorisée à nouveau par Joseph Bonaparte depuis 1808, pour apaiser peut-être les tensions..

La Corrida dans l'arène divisée

Cette toile est à rapprocher d'une autre œuvre taurine, plus petite : Corrida dans un village peinte sur bois en 1814.. Elles ont le même style . Dans les deux tableaux, le peintre reproduit le mouvement de la même façon. Dans l'arène divisée, le picador attend la charge du taureau d'un côté, de l'autre deux toreros se préparent à donner la mort. Dans la corrida dans un village, tout est concentré sur le picador.

Cette atmosphère goyesque, Ramón Gómez de la Serna semble l'avoir captée lorsqu'il décrit Il décrit aussi les taureaux des deux tableaux de la même manière : Tandis que le peuple est en ébullition, on perçoit sa transformation dans les gradins qui n'ont plus rien à voir avec les gradins de l'ancien régime, ceux de la série de douze petits tableaux sur fer étamé de la série dite de La Torrecilla dont La Pose des banderilles fait partie.

Une hypothèse de Julian Gallego, au sujet des deux tableaux, est que Goya s'est représenté lui-même dans la foule. Il est avec un pardessus et un chapeau plat dans la Corrida dans un village au tout premier plan, et avec un peu plus de recul, dans Corrida dans l'arène divisée sur la gauche du tableau, au premier rang de la plaza, debout, toujours avec un chapeau plat et un pardessus dansJulian Gallego, Autorettratos de Goya, cité par ..

Réception du tableau Actuellement conservé au Metropolitan Museum of Art où il est présenté comme « attribué à », il était encore, en 1986, considéré comme une grande œuvre de Goya par Jeanine Baticle, de même en 1988 par Alvaro Martinez-Novillo, et en 2003, par Robert Bérard qui le datait plutôt en 1812, c'est-à-dire à la même année que la Corrida dans un village avec laquelle l'arène divisée a tant de similitudes.

Sur la question des attributions et désattributions des tableaux de Goya à Goya, le musée américain rappelle qu'à partir du milieu du , un très grand nombre de copies de corridas ont été effectuées « à la manière de Goya », mais la notice de "Bullfight in a divided ring" précise :

Ce commentaire rejoint l'opinion de Philippe Dagen exprimée dans un article du Monde du , à l'occasion d'une rétrospective Goya au Musée du Prado pour les deux cent cinquante ans de la naissance du peintre. .

La toile en question est reproduite sur une double page de l'ouvrage d'Alvaro Martinez-Novillo. Elle n'est citée nulle part dans le catalogue 1996 du Prado, célébrant l'anniversaire des 250 ans de la naissance de Goya.

Notes et références

Bibliographie réédité en 2001 par le même éditeur. L'ouvrage d'origine est répertorié au Centre Pompidou le peintre et la tauromachie 1 et à la Bibliothèque Kandinsky : le peintre et la tauromachie 2

rééditions en 1984 aux éditions Espasa Calpe de Madrid, format poche, 226 pages, cité par Martinez novillo p. 62 (corrida de village) Goya assistait peut-être et il s'est représenté lui-même dans un personnage de dos avec un chapeau aplati au premier plan.

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