L'église Saint-Pierre-et-Saint-Paul est une église catholique paroissiale située à Viarmes, en France. Elle succéderait à une chapelle dédiée à saint Pierre, et a été édifiée à partir de la fin du dans le style gothique primitif. Cette première église, dont ne reste plus que le chevet, l'élévation nord de la nef (à l'intérieur) et une partie du clocher, était bien modeste, et apparemment non voûtée. Un premier remaniement intervient au , quand le bas-côté nord est reconstruit, comme le montre encore le remplage de ses fenêtres. Cependant, le voûtement d'ogives est toujours ajourné, sans doute en raison de la guerre de Cent Ans, et il faut attendre le dernier tiers du pour voir s'achever le voûtement du bas-côté nord, puis de la nef. Il se fait dans le style gothique flamboyant. Au second quart du siècle suivant, le bas-côté sud est entièrement rebâti dans un style flamboyant plus épanoui, avec des voûtes à liernes et tiercerons aux clés pendantes, des fenêtres à soufflets et mouchettes, et une riche décoration extérieure, malheureusement en grande partie perdue. L'iconographie des chapiteaux annonce en même temps déjà la Renaissance. La première travée au sud n'est pas concernée par cette reconstruction, car elle supporte le clocher du . Celui-ci est lourdement restauré entre 1885 et 1887, et reçoit un nouveau couronnement et une nouvelle flèche assez originale. Une nouvelle façade néogothique est plaquée devant la nef et le bas-côté nord en 1889. Ainsi, l'église Saint-Pierre-Saint-Paul est un édifice composite, dont chacun des trois vaisseaux est toutefois relativement homogène, et ne manque pas de détails intéressants. L'église a été inscrite au titre des monuments historiques assez tardivement, par arrêté du .. Elle est au centre d'un groupement paroissial de quatre communes, et accueille plusieurs messes par semaine.

Localisation thumb|upright|left|Vue depuis le nord-ouest.

L'église est située en France, en région Île-de-France et dans le département du Val-d'Oise, en pays de France, sur la commune de Viarmes, au centre-ville, dans la fourchette comprise entre la rue de Paris (RD 909z) à l'est, et la rue Jean XXIII à l'ouest. L'édifice est entièrement dégagé d'autres constructions, et l'on peut en faire le tour. Cependant, les alignements de maisons de l'autre côté des deux rues empêchent d'apprécier les détails de l'architecture en prenant du recul. C'est aussi la situation enserrée entre deux rues qui explique le faible développement en longueur de l'église par rapport à l'importance du bourg, compensé seulement en partie par la largeur importante du collatéral sud. Il n'y a pas de parvis devant la façade, l'accès se faisant directement depuis le trottoir. Au sud, le triangle formé par les deux rues est bordé d'arbres, et sert de parking. Les arbres cachent presque entièrement la seconde et la troisième travée. À l'est, la circulation passe à une très faible distance du chevet. Au nord, l'église donne sur la vaste place Pierre-Salvi, également bordée d'arbres. C'est la place du marché, qui en dehors des heures de marché, sert elle aussi de parking. Au nord-ouest de la place, on trouve l'ancien château, qui abrite notamment la mairie et le musée d'histoire locale Pierre-Salvi, qui expose quelques éléments de mobilier provenant de l'église. Le presbytère se situe au bout d'une ruelle qui quitte la place vers l'ouest, au nord du château.

Historique Moyen Âge thumb|upright| Élévation nord. thumb|upright|Nef, vue vers l'ouest.

L'église Saint-Pierre-et-Saint-Paul de Viarmes n'a pas encore fait l'objet d'un article ou d'une monographie détaillé. On peut néanmoins citer une mémoire de maîtrise inédite de Nicolas Alonso, rédigée en 1995 sous la direction d'Anne Prache à l'Université de Paris-Sorbonne (Paris IV).. Du fait du manque de publications, le présent chapitre doit se limiter à énoncer les faits les plus essentiels. Sous tout l'Ancien Régime, la paroisse de Viarmes dépend du doyenné de Beaumont et de l'archiadiaconé de Clermont du diocèse de Beauvais. En effet, ce diocèse aujourd'hui limité au seul département de l'Oise allait jusqu'à Maffliers à son extrémité sud-estVoir la carte du diocèse de l'ancien Beauvais : . La carte comporte une erreur : Belloy-en-France était dans le diocèse de Paris.. Le prieur du prieuré Saint-Martin-des-Champs nomme à la cure. Selon la tradition, l'église actuelle occupe l'emplacement d'une ancienne chapelle, qui était déjà dédiée à saint Pierre. La construction de l'église commence à la fin du ou au début du , et elle est sans doute achevée vers 1220, avant que ne débute la construction de l'abbaye de Royaumont. Seulement le chevet plat éclairé jadis par un triplet, les anciennes fenêtres hautes de la nef côté nord et la base du clocher subsistent encore de cette première église. Mathieu Lours suppose que le chœur, ou plus précisément la dernière travée du vaisseau central était initialement saillant. Ce caractéristique ainsi que le triplet donnent à penser que l'église était calquée sur la collégiale Saint-Côme de Luzarches, qui, comme le bourg de Viarmes, appartenait jusqu'en 1217 aux comtes de Beaumont.. Dans les environs, les églises de Gouvieux et de Précy-sur-Oise offrent d'autres exemples d'églises à chevet plat sans nette distinction entre nef et sanctuaire, et le chevet de Précy comporte un triplet semblable.

Il y avait certainement déjà des bas-côtés au , car le vaisseau central est court, et au , les nefs uniques se limitent généralement à de petites églises ruralesL'exception la plus importante étant toutefois l'église du prieuré Saint-Martin-des-Champs, dont la nef unique date probablement du second quart du ., et sont associés à un chœur plus soigné. Or, comme le montre l'étage des fenêtres hautes côté nord, l'église de Viarmes ne présentait pas de différence entre nef et chœur. La faible distance entre le sommet des grandes arcades et le seuil des fenêtres hautes prouve que le bas-côté n'était initialement pas voûté, car les voûtes ont nécessité l'exhaussement du mur du bas-côté, entraînant en même temps l'exhaussement du toit en appentis et l'obstruction des fenêtres. Tout porte à croire que le vaisseau central n'était pas voûté non plus, car aucun vestige de supports du n'est visible. Même la nef de l'importante église paroissiale Saint-Pierre-Saint-Paul de Gonesse, qui date de la même époque, n'était pas voûtée, pas plus que celle de l'église voisine d'Asnières-sur-Oise. Pendant une seconde campagne de travaux au premier tiers du , le bas-côté nord est pourvu de nouvelles fenêtres munies d'un remplage gothique rayonnant, et prolongé d'une travée, qui se singularise par un chevet à deux pans. Le pan oblique ne se situe pas à l'angle nord-est de l'église, ce qui serait plus normal, mais à côté du chevet du vaisseau central, de sorte que le bas-côté fait légèrement saillie devant le chevet. De toute évidence, le bas-côté n'est pas encore voûté, car les cul-de-lampe sur lesquels retombent les nervures de la voûte affichent le style gothique flamboyant, qui apparaît dans la région au dernier tiers du . Cet écart s'explique facilement par la guerre de Cent Ans.

De la fin de la guerre de Cent Ans jusqu'à la Révolution française vignette|Le bas-côté sud a été rebâti au (vue vers l'est). vignette|Chapiteau décoré de chérubins, du du .

Après la fin de la guerre de Cent Ans, l'église Saint-Pierre-Saint-Paul bénéficie d'une importante reconstruction. Dans un premier temps, cette troisième campagne de travaux porte sur le voûtement et la réfection des fenêtres du bas-côté nord. Les fenêtres de la troisième et de la quatrième travée perdent leur largeur importante et sont portées à la largeur de la première et de la deuxième fenêtre. Dans un deuxième temps, le vaisseau central est également voûté, certainement en progressant d'est en ouest, car le sanctuaire est prioritaire. Il y a peut-être une interruption après le voûtement de la troisième travée, car le deuxième pilier de la nef au sud, est épaulé par un contrefort interne à l'ouest de cette même travée. Des incertitudes planent sur l'impact de la troisième campagne de travaux sur les grandes arcades. Au sud, elles ne datent de toute façon que du , mais au nord, elles ne portent pas les caractéristiques de l'une des trois époques de construction. En effet, elles ne sont non seulement dépourvues de mouluration, ce qui arrive encore parfois au comme à la collégiale Saint-Martin de Champeaux, mais également dépourvues de chapiteaux, ce qui dans les environs n'a son pareil que dans la nef de l'église Saint-Quentin de Valmondois. Les piliers sont trop larges pour que l'on puisse évoquer l'hypothèse d'une simple suppression des chapiteaux au . Une possibilité serait la construction d'arcades moins larges au sein des arcades préexistantes, mesure qui aurait pu être motivée par des problèmes de stabilité. Les arcades auraient donc été exceptionnellement larges avant ce remaniement, comme dans la nef de Jouy-le-Moutier. Quoi qu'il en soit, la reconstruction continue au , et pendant cette quatrième campagne de construction, le bas-côté sud est entièrement rebâti, y compris les grandes arcades au sud du vaisseau central. L'intérieur de l'église trouve ainsi sa physionomie actuelle. Au , un incendie frappe le clocher, qui est réparé tant bien que mal. Au , un porche monumental est plaqué devant le clocher, où se situe alors le portail principal. À la Révolution française, en 1791, le marquis de Tavanet, acquéreur de l'abbaye de Royaumont qu'il transforme en manufacture et dont il fait démolir l'église abbatiale, offre à la paroisse de Viarmes le retable et le maître-autel. Leur installation a conduit au bouchage du triplet du chevet, ce qui prive le vaisseau central presque entièrement d'éclairage naturel.

Depuis le début du

Après la Révolution française et la création du département de Seine-et-Oise, la paroisse de Viarmes est rattachée au nouveau diocèse de Versailles qui correspond exactement au territoire du département. Le diocèse de Beauvais se limite désormais au seul département de l'Oise. — En 1823, trois nouvelles cloches remplacent celles fondues à la Révolution, qui ne laisse qu'une seule cloche à chaque église afin de pouvoir sonner le tocsin. Le bas-côté sud est restauré au cours des années 1860 ; une clé de voûte de la troisième travée porte la date de 1863. Ici et dans le bas-côté sud, les clés de voûte armoiriées martelées à la Révolution sont refaites. Entre 1885 et 1887, le clocher est entièrement restauré sous la direction de l'architecte Arthur Lemoux. À l'intérieur, cette restauration est très radicale, et les colonnettes à chapiteaux de la fin du sont apparemment resculptés à l'identique, sans laisser en place des témoins de la situation antérieure. À l'extérieur, le clocher conserve son architecture d'origine jusqu'au sommet des fenêtres de l'étage de beffroi. Au-delà, la réparation après l'incendie avait été assez sommaire, et il n'y avait plus de corniche. Le couvrement se faisait par un toit en bâtière avec des pignons à l'ouest et à l'est, ce qui est conforme aux traditions de la région. Mathieu Lours n'exclut toutefois pas l'existence ancienne d'une flèche de pierre. Le nouveau couronnement du clocher imaginé par Lemoux est en tout cas une pure invention dans le goût néogothique. Pour la reconstruction de la façade occidentale en 1889, l'abbé Courtin fait appel à un autre architecte, Édouard Bérard, qui est un élève d'Eugène Viollet-le-Duc. Si la rosace est ancrée dans l'architecture gothique de la région, le portail est lui aussi une pure création néogothique. Les travaux des années 1880 ont été rendus possibles grâce à la générosité de M. Halbout et surtout de Champion-Mazille, qui offre francs-or. L'église est remeublée à la même époque : les vitraux datent de 1880, la chaire de 1883, et l'orgue Cavaillé-Coll de 1886 .. L'inscription au titre des monuments historiques par arrêté du est encore récente.