vignette|Le génome humain est constitué de l'ensemble de l'information portée par nos 23 paires de chromosomes.
Le (PGH, ou HGP pour l'anglais ) est un programme lancé fin 1988 dont la mission était d'établir le séquençage complet de l'ADN du génome humain. Son achèvement a été annoncé le Site de la Revue pour l'histoire du CNRS.. Le nouveau projet lancé dans la foulée en , ENCODE (), donne des résultats importants sur l'ADN non codant humain.
Le génome humain est l'ensemble de l'information génétique portée par l'ADN sur les 23 paires de chromosomes présent dans le noyau plus l'ADN mitochondrial (hérité de la mère uniquement). Il porte l'ensemble de l'information génétique humaine, estimée à gènes avant le séquençage et qui s'est révélée contenir finalement de à gènes. Cette entreprise de grande ampleur est le résultat d'une coopération scientifique internationale qui s'est étalée sur près de quinze ans. Elle a donné lieu sur le final à une compétition acharnée entre le consortium public international et une société privée, Celera GenomicsMain basse sur le génome par F. Dardel & R. Leblond, éditions Anne Carrière, Paris, 2008, ..
Des scientifiques pensent être capables de concevoir le premier génome humain en 2026. D'autres prennent leurs distances avec les affirmations présomptueuses, rappellent le peu de retombées en termes de maîtrise génétique, et mesurent l'énormité de l'ignorance humaine dans le domaine. Le projet Génome humain n'était plus présenté en 2011 que comme un « préalable » à de réelles avancées.
Historique Genèse du projet L'idée du projet est lancée début 1985. Trois scientifiques vont indépendamment proposer ce projet. Tout d'abord Renato Dulbecco, prix Nobel 1975 pour la découverte des oncogènes évoque cette possibilité au cours de conférences. Il publiera ensuite une tribune dans le journal américain R. Dulbecco , 1986 ; 231(4742):1055-6. .. Puis, Robert Sinsheimer, le chancelier de l'université de Californie à Santa Cruz (Californie), organise une conférence sur la question en R. Sinsheimer, « The Santa Cruz Workshop, May 1985 », Genomics, 1989 ; 5:954., mais ne trouve pas de financements. Le projet sera initialement soutenu par le (DOE) américain en 1986, et son directeur de la biologie, Charles DeLisi, qui financera un certain nombre d'études de faisabilité et de développements précoces.
Deux années de discussions animées sur l'opportunité du séquençage suivront dans la communauté scientifique, avant que, fin 1988, la décision de lancer le projet en grand ne soit prise sur recommandation du américain. Simultanément, en Suisse est créée HUGO, la , qui a pour objectif de coordonner les efforts de tous les pays au niveau mondial.
Le projet débute en 1989 pour une durée prévue de 15 ans, avec un budget global estimé à 3 milliards de dollars. Il comprendra l'étude non seulement du génome humain, mais aussi celui d'organismes modèles comme le colibacille ou la drosophile. Le pilotage en est finalement confié au et son premier directeur sera James Watson, co-découvreur de la structure de la double-hélice d'ADN. La publication de la séquence « brute » sera finalement faite en février 2001, trois ans avant l'échéance prévue.
Course avec Celera En 1998, Craig Venter qui dirige alors le (TIGR), une fondation privée sans but lucratif, annonce qu'il fonde une compagnie privée, Celera Genomics, avec le soutien de Perkin-Elmer, une grande société d'instrumentation scientifique. Leur objectif est de séquencer le génome humain en trois ans seulement, par une approche hautement robotisée. Celera compte rentabiliser son investissement massif (environ 300 millions de dollars) en vendant l'accès au génome à des sociétés pharmaceutiques.
Cette annonce provoque un tollé dans la communauté scientifique qui considère le génome humain comme un patrimoine commun de l'humanité, dont l'appropriation par des intérêts privés est intolérable. Il s'ensuivra dès lors une course de trois ans entre Celera et le consortium international public, dirigé par Francis Collins, qui a succédé à James Watson. Celle-ci se terminera par un match nul en . Le , Bill Clinton annonce officiellement la fin du séquençage « brut » du génome depuis la Maison-Blanche.
Polémique La publication officielle des deux séquences « brutes », celles du consortium international et celle de Celera intervient en . Pour reconstruire le génome à partir des fragments d'ADN séquencés, Celera annonce avoir utilisé non seulement ses propres données, mais aussi celles publiées en ligne au fur et à mesure par le consortium international. La communauté scientifique s'indigne de ce procédé et affirme que la méthode utilisée par Venter et ses collègues de Celera n'aurait pu fonctionner sans ce pillage.
Trois ans après, l'équipe de Celera republiera sa séquence, obtenue cette fois sans l'aide des données du consortium international, pour démontrer la faisabilité de son approche.
Séquence terminée Les séquences publiées en 2001 étaient des ébauches, ce que l'on appelle alors des séquences brutes, il y restait encore un grand nombre de trous et d'imperfections. La séquence complète a été terminée en 2004 par le consortium international public.
Centres de séquençage du consortium international Institut Whitehead pour la recherche biomédicale, Cambridge (Massachusetts), États-Unis Université Washington à Saint-Louis, États-Unis Baylor College of Medicine, Houston, États-Unis DOE Joint Genome Center, Walnut Creek, États-Unis Centre Sanger, Hinxton, Royaume-Uni Ces cinq centres ont produit un peu plus de 80 % de la séquence. L'ensemble du consortium international comportait onze autres centres : Genoscope-Centre national de séquençage, Évry, France , Pékin, Chine , Brunswick, Allemagne , Waltham, États-Unis , Iéna, Allemagne , Tokyo, Japon , Berlin, Allemagne , Saitama, Japon , Palo Alto, États-Unis , Seattle, États-Unis , États-Unis
Objectifs Les objectifs du PGH original n'étaient pas seulement de séquencer l'ensemble des 3 milliards de paires de bases du génome humain avec un taux d'erreur minimal, mais aussi d'identifier tous les gènes dans cette grande quantité de données. Cette partie du projet n'est pas encore finie malgré un compte préliminaire indiquant environ dans le génome humain, ce qui est beaucoup moins que prévu par la plupart des scientifiques.
Accord des Bermudes En 1995, les différents scientifiques à la tête du projet de séquençage du génome humain se retrouvent pour une réunion aux Bermudes sous l'égide du . Ils prennent deux décisions politiques majeures qui vont influencer le cours du projet. Tout d'abord, ils décident du caractère public du génome, qui est considéré comme patrimoine de l'humanité. Tout fragment de séquence déchiffré doit être immédiatement publié sur Internet. Ensuite, l'objectif de précision finale est fixé à 99,99 % soit au plus une erreur tous les .
Améliorations technologiques Un autre but du PGH était de développer des méthodes plus rapides et efficaces pour le séquençage de l'ADN et l'analyse des séquences, ainsi que de transférer ces technologies à l'industrie. Entre 1989 et 2001, le débit de la technologie de séquençage s'est améliorée d'environ un facteur 100. Ceci est dû en particulier à l'utilisation de traceurs fluorescents, de lasers et de séparation par électrophorèse capillaire.
Un autre aspect critique a été l'amélioration considérable des performances des ordinateurs qui ont permis l'assemblage des dizaines de millions de fragments individuels d'ADN qui ont été décodés un par un.
Analyse du génome La séquence de l'ADN humain est stockée dans des bases de données en libre accès sur Internet. Le Centre national des États-Unis pour l'information sur les biotechnologies () (ainsi que des organisations sœurs en Europe et en Asie) accueille la séquence du génome dans une base de données connue sous le nom de Genbank, avec des séquences de gènes et de protéines connus et hypothétiques. D'autres organisations comme l'université de Californie à Santa Cruz et ENSEMBL présentent des données additionnelles ainsi que des notes, et mettent à la disposition des outils pour les visualiser et les rechercher. Des programmes informatiques ont été développés pour analyser la séquence, car les données brutes sont difficiles à interpréter seules.
Le processus permettant d'identifier les limites entre les gènes et d'autres caractéristiques sur la séquence d'ADN brute est appelé annotation du génome, et appartient au domaine de la bio-informatique. Alors que des experts biologistes constituent les meilleurs annotateurs, leur capacité de traitement est limitée et les programmes informatiques sont de plus en plus utilisés pour répondre aux immenses besoins de traitement de données des projets de séquençage génomique.
Diversité entre individus Tous les humains ont des séquences de gène uniques, donc les données publiées par le PGH ne représentent pas la séquence exacte du génome individuel de chaque individu. C'est le génome combiné d'un petit nombre de donneurs anonymes. Le génome du PGH est un échafaudage pour un futur travail consistant à identifier les différences entre les individus. La plus grande partie du travail actuel pour identifier les différences entre les individus concerne des polymorphismes nucléotidiques.
Enjeux La connaissance est importante pour la recherche fondamentale effectuée dans le domaine public mais les enjeux économiques sont tout aussi importants. L'industrie pharmaceutique espère beaucoup des développements en matière de diagnostic ou de thérapie, basés sur les données du génome. Ceci soulève toutefois le problème de l'appropriation de certaines parties de l'information génétique de l'Homme par des compagnies privées. Le séquençage du génome pose en effet la question de la brevetabilité du vivant, l'UNESCO a déclaré le que le génome humain est partie intégrante du patrimoine de l'humanité, et ne saurait donc être la propriété de quiconque.
Une séquence d'ADN en tant que telle ne peut pas être brevetée. Toutefois un procédé diagnostique ou thérapeutique utilisant un ou des gènes humains peut l'être. La société américaine Myriad Genetics a ainsi obtenu un brevet sur un test de dépistage de la prédisposition au cancer du sein chez la femme, basé sur l'identification de mutations dans deux gènes humains appelés BRCA1 et BRCA2.
Projets subséquents Une fois complété, le projet Génome humain a été le point de départ de divers autres projets en génomique humaine. Début 2008 a démarré le projet , un projet de recherche internationale qui s'est donné pour objectif au départ de séquencer les génomes d'un millier de personnes réparties dans plusieurs groupes ethniques dans le monde. Le but premier étant d'améliorer la cartographie génétique du génome humain.
Parallèlement furent mis sur pied des projets de recherche nationaux impliquant la recherche en génomique mais dont le but, cette fois, est l'amélioration de la santé publique. Ces projets, parmi lesquels on retrouve le projet génome Estonie, le projet CARTaGENE et d'autres, nécessitent l'utilisation de bases de données biologiques et de biobanque.
Avec l'amélioration des technologies dans le domaine du séquençage et du traitement de données, les projets, qu'ils soient d'envergure nationale ou internationale, deviennent de plus en plus ambitieux. En 2012 a été annoncé le projet britannique . Ce projet du gouvernement britannique vise à séquencer le génome de suivis par le National Health Service dans le but de mettre en relation certaines maladies dont les maladies rares, certains types communs de cancer de même que certaines maladies infectieuses avec les divers gènes susceptibles de jouer un rôle quelconque dans leur apparition et leur développement..