L'église Saint-Denis est une église catholique paroissiale située à Foulangues, dans le département de l'Oise, en France. Elle comporte probablement des parties d'une église plus ancienne, bâtie à la fin du ou au début du : ce sont les parties hautes de la nef, invisibles depuis l'extérieur. Sinon, l'église a été bâtie pendant une seule campagne de travaux à partir des années 1140, et affiche un style roman tardif, qui annonce déjà le gothique par la qualité de la sculpture de ses chapiteaux, la composition rigoureuse de ses piliers cantonnées, et son voûtement d'ogives, même si l'iconographie des chapiteaux et les profils archaïques des tailloirs, des ogives et des arcades sont encore proprement romans. L'église de Foulangues est, malgré ses petites dimensions, l'une des plus remarquables de la région. Ses murs extérieurs ne trahissent en rien le caractère de l'édifice qu'ils renferment, car ils ont été presque entièrement rebâtis à diverses époques. Seulement la chapelle latérale nord du chœur, qui est gothique et date d'autour de 1200, et la chapelle latérale sud, qui est flamboyante et date de la première moitié du , sont à l'intérieur conformes au style des façades. Ces chapelles remplacent de toute évidence des absidioles romanes, dont ne subsistent plus que les chapiteaux à l'entrée. Le clocher octogonal se rattache au groupe de clochers octogonaux romans de la région, mais il n'a été réalisé que longtemps après la croisée du transept qui le supporte, en même temps que la chapelle du nord, et affiche le style gothique. Sa flèche de pierre a été abattue en 1842. Presque abandonnée au , l'église se dégrade successivement. Elle est classée aux monuments historiques assez tardivement par arrêté du .. Sa restauration commence par une première campagne en 1928-1930 et est rendue possible grâce à la générosité d'un donateur américain, alors que l'église menace de s'effondrer. Elle est affiliée à la paroisse Sainte-Claire de Mouy.
Localisation
L'église Saint-Denis est située en France, en région Hauts-de-France et dans le département français de l'Oise, sur la commune de Foulangues, au centre du village. L'église se trouve plus précisément au nord-ouest du principal carrefour du village, où se croisent la rue Saint-Denis, en provenance d'Ully-Saint-Georges ; la rue des Coquets, en provenance de Balagny-sur-Thérain ; et la route de Cires-lès-Mello. L'église est située légèrement en contrebas de la rue : on descend un court escalier pour entrer par le seul portail, au sud, et un mur de soutènement sépare l'église de la pelouse qui occupe l'espace libre jusqu'à la rue. Devant le chevet, la différence de niveau est moins prononcée. L'ancienne remise de la pompe à incendie a été accolée à la chapelle latérale du sud. Les élévations nord et ouest ne donnent pas sur la voie publique et ne sont que partiellement visibles : l'élévation nord donne sur un ancien jardin en friche, qui est situé à un niveau plus bas que l'église, et la façade occidentale est enclavée dans la cour d'une ancienne exploitation agricole, qui comprend l'ancien presbytère (qui était officiellement un prieuré jusqu'à la Révolution française).
Histoire thumb|upright|Nef, vue sur l'arc triomphal avec sa poutre de gloire. thumb|upright|Croisée du transept, vue vers le nord-est. thumb|upright|Croisillon nord, arcade vers le bas-côté nord, décor de bâtons brisés.
Les origines de la paroisse de Foulangues sont inconnues. Le vocable de son église, qui est placée sous la protection de saint Denis, indique une fondation ancienne. La tradition locale établit un lien entre le patron et l'abbaye Saint-Denis, qui au Moyen Âge possède effectivement des terres dans de nombreuses paroisses voisines, et représente l'un des plus gros propriétaires fonciers de la région. On suppose donc que la paroisse aurait été fondée par les religieux de Saint-Denis, mais c'est une simple hypothèse. En tout cas, si l'abbaye Saint-Denis a joué un rôle à Foulangues, elle s'efface au au profit d'autres seigneurs. En 1286, le cardinal Jean Cholet donne tout ce qu'il possède à Foulangues à l'abbaye Saint-Lucien de Beauvais. En 1350, Philippe II de Trie, seigneur de Mareil-en-France et du Plessis-Gassot, lègue à cette même abbaye tous les biens qu'il avait acquis à Foulangues. En contrepartie, quatre grand-messes avec diacre et sous-diacre doivent être célébrées chaque année pour le salut de son âme. L'abbaye Saint-Lucien de Beauvais reste seigneur de Foulangues pour partie sous tout l'Ancien Régime. L'autre partie de Foulangues appartient au seigneur de Balagny-sur-Thérain. Sur le plan ecclésiastique, la paroisse de Foulangues dépend du doyenné de Mouchy-le-Châtel, de l'archidiaconé de Clermont et du diocèse de Beauvais. La cure est à la nomination de l'évêque de Beauvais..
Quelques minces éléments de la vie paroissiale sous l'Ancien Régime sont rapportés par Roger Ana, qui a épluché les rares documents d'archives qui subsistent à ce jour. En octobre 1661, Jeanne Jacquelot donne à la paroisse une parcelle de jardin afin de fonder une messe obituaire. En octobre 1668, le conseil de fabrique se propose de louer au plus offrant trois pièces de terre. Le curé d'alors se nomme Dappre. Un bail pour des terres est signé en juillet 1716 avec François de Mailly, archevêque de Reims. En 1745, l'assemblée des paroissiens décide de remplacer le beffroi du clocher et de munir ses baies d'abat-son. Normalement, ces travaux auraient dû être pris en charge par l'abbaye Saint-Lucien de Beauvais en tant que gros décimateur, mais elle néglige apparemment son devoir depuis plus de cinquante ans. Le curé est Jacques Renard. Sous la Révolution française, comme partout ailleurs, toutes les cloches sauf une doivent être envoyées à Paris pour être fondues. Selon Roger Ana, la descente des cloches engendre des protestations. L'église est également dépouillée de son argenterie. L'interdiction du culte catholique à la fin de l'année 1793 est ignorée dans un premier temps, ce qui est un fait assez rare pour mériter d'être signalé. Sous la contrainte, l'abbé Auty renonce à ses fonctions de prêtre. Apparemment les sources d'archives sont plus riches pour cette période révolutionnaire, mais Roger Ana le livre pas davantage de détails.. Dès le , la paroisse de Foulangues est rattachée à celle de Balagny-sur-Thérain. Aujourd'hui, Foulangues fait partie de la paroisse Sainte-Claire de Mouy. La vie spirituelle, quasiment éteinte, se limite à trois messes dominicales anticipées célébrées certains samedis à 18 h 30, pendant la période d'avril à septembre / octobre. S'y ajoutent quelques célébrations particulières.
Les archives ne conservent aucun document concernant la construction de l'église de Foulangues. Tous les renseignements doivent être tirés de l'analyse archéologique. L'intérêt de l'édifice a été reconnu par Louis Graves, en 1842, et par le Eugène Woillez, qui le présente dans son ouvrage fondamental Archéologie des monuments religieux de l'ancien Beauvoisis pendant la métamorphose romane, paru en plusieurs livraisons au cours des années 1840. Au tournant des et s, plusieurs savants reconnus, tels qu'Eugène Lefèvre-Pontalis, le René Parmentier, de Clermont, et Louis Régnier mentionnent l'église de Foulangues dans des articles consacrés à d'autres églises et soulignent son importance, sans jamais l'étudier : c'est ce que constate Jean Vergnet-Ruiz en 1949, quand il publie l'unique étude quelque peu détaillée dont le monument a bénéficié jusqu'à ce jour. Roger Ana, historien de Foulangues, a mal lu l'article de Vergnet-Ruiz et compris le contraire. Il attire toutefois l'attention sur la thèse (inédite) de M. Hermite, présentée en 1956 par ce futur architecte en chef des monuments historiques de 1959 à 1978..Référencement de la thèse de M. Hermite : ; p. 9.. En résumé, la nef et les bas-côtés sont voûtés, ou construits, au cours des années 1140. Si ce n'est que le voûtement qui a lieu à cette époque, les murs hauts de la nef pourraient remonter à la fin du ou au début du , et il y aurait eu primitivement une nef plafonnée. Le transept et le chœur ne sont apparemment bâtis qu'au milieu du , et le clocher est même datable d'autour de 1200. Initialement, les croisillons se prolongeaient par des chapelles orientées. Celle du nord est remplacée par une chapelle gothique vers 1200, et celle du sud par une chapelle gothique flamboyante pendant la première moitié du . À cette même époque, le mur méridional du croisillon sud et le chevet du chœur sont également refaits dans le même style, et un nouveau portail est aménagé au début du bas-côté sud de la nef. Le reste du mur du bas-côté sud est remplacé un peu plus tard.
À la suite d'un vœu émis par la Société française d'archéologie lors de son congrès de Beauvais en 1905, l'église est classée monument historique par arrêté du , assez tardivement pour un édifice de cette importance archéologique. Elle se trouve alors dans un état d'abandon avancé et n'a plus fait l'objet de travaux d'entretien depuis le . La flèche en pierre du clocher avait déjà été abattue en 1842 afin d'éviter son effondrement. Au commencement du , la solidité de l'édifice se trouve compromis par les intempéries et les ordures déposés devant le mur occidental par la ferme voisine. En 1927, le mur se déverse ; la voûte de la première travée de la nef menace de s'effondrer ; les murs latéraux ne résistent plus au poids du clocher ; et le clocher lui-même s'incline dangereusement. La restauration de l'église intervient in extremis grâce à l'intervention de l'association La Sauvegarde de l'art français, et plus particulièrement grâce à la générosité d'un amateur américain, qui permettent à la fondation de remettre une enveloppe de à l'administration des Monuments historiques. La première phase de la restauration intervient en 1928-1930 sous la direction de l'architecte en chef A. Collin. Elle porte sur la consolidation du mur occidental, du clocher et des voûtes.. Une seconde phase de restauration en 1960 porte sur l'abaissement du sol vers son niveau initial, afin de dégager les bases des colonnes et rendre à l'église son caractère élancé..
Description Aperçu général thumb|Plan de l'église.
L'église n'est pas tout à fait régulièrement orientée : son axe est dérivé de 32° vers le nord-est du côté du chevet.. Le plan de l'église s'inscrit dans un rectangle longue de et large de dans-œuvre, mais peut être ramené vers un plan cruciforme. Elle se compose d'une nef de deux travées accompagnée de deux bas-côtés ; d'un transept non saillant dont la croisée du transept supporte le clocher octogonal d'un seul étage ; d'un chœur au chevet plat d'une seule travée ; et de deux chapelles latérales du chœur, qui ont les mêmes dimensions que lui, mais sont toutes les deux différentes. L'ensemble de l'église est voûté d'ogives. L'unique portail s'ouvre dans la première travée du bas-côté sud, et l'on descend cinq marches une fois franchi le seuil. La porte vers la cour de l'ancien presbytère et la porte du croisillon nord sont condamnées, car donnant sur des propriétés privées. La nef avec les bas-côtés, le croisillon nord avec la chapelle latérale sud et le chœur, ainsi que la chapelle latérale nord, sont recouverts indépendamment par trois toits à deux rampants avec des pignons à l'ouest et à l'est. Deux pignons se côtoient au chevet, qui par ailleurs est oblique par rapport à l'axe de l'édifice. En plus, un rampant supplémentaire s'adosse au clocher côté est, en s'insérant entre les toits en bâtière des parties orientales. Le croisillon nord garde son pignon primitif donnant vers le nord. La structure des toitures, assez déroutante, ne reflète donc pas la disposition intérieure. Les deux croisillons ne sont guère différents à l'intérieur, et la nef possède une élévation à deux étages, avec étage des grandes arcades et étage des fenêtres hautes, même si celles-ci sont bouchées et invisibles depuis l'extérieur.
Extérieur Élévations latérales et chevet