Les amphiboles sont une famille de minéraux, silicates de fer, de calcium ou de magnésium. Elles cristallisent dans les systèmes orthorhombique et monoclinique en prismes très allongés, avec un clivage typique selon les faces du prisme. Elles appartiennent au groupe des inosilicates.
Selon la fiche toxicologique Amiante de l'INRSINRS Amiante Fiche toxicologique n° 145., le groupe des amphiboles inclut cinq variétés minérales très proches de l'amiante : la crocidolite (amiante bleu) de formule , l'homologue asbestiforme de la riébeckite ; l'amosite (amiante brun) de formule , l'homologue asbestiforme de la grunérite ; la trémolite-amiante , l'homologue asbestiforme de la trémolite ; l'actinolite-amiante , l'homologue asbestiforme de l'actinote ; l'anthophyllite-amiante , l'homologue asbestiforme de l'anthophyllite.
Parmi celles-ci, seules l'amosite et la crocidolite ont été industriellement exploitées pour produire des fibres (en Afrique du Sud, et elles comptent pour moins de 5 % de la production mondiale d’amiante-fibre), mais ces roches ont parfois pu être valorisées en gravier, par exemple pour produire des routes, où le matériau peut alors se déliter et générer des fibres (dites « fragments de clivage ») dont la forme et les caractéristiques évoquent celles de l'amiante (et dont la toxicité commence seulement à être étudiée), sachant que chaque variété d'amiante réglementaire possède aussi Effets sanitaires et identification des fragments de clivage d’amphiboles issus des matériaux de carrière. Avis de Anses et rapport d'expertise collective. Décembre 2015 (www.anses.fr)..
Inventeur René Just Haüy a forgé ce mot en 1797 à partir du grec ancien , « à double sens, ambigu, équivoque ». .
Gîtologie
Très largement répandues dans la nature, elles sont généralement de couleur sombre, mais peuvent varier du blanc au noir. En général, ce sont des minéraux durs et lourds. Ils entrent en partie dans la constitution des roches magmatiques et métamorphiques.
Certaines roches appelées amphibolites sont constituées presque entièrement d'amphiboles.
Les amphiboles sont caractérisées par l'anion [Si4O11(OH)]7 - et en particulier par la présence d'eau. En effet, ce sont des minéraux hydratés, contrairement aux pyroxènes. On peut distinguer macroscopiquement les amphiboles grâce à leurs clivages à 120°, contrairement aux pyroxènes qui ont un clivage à 90°.
Parmi les différentes variétés d'amphiboles, on distingue les amphiboles ferromagnésiennes, les amphiboles calciques et les amphiboles sodiques.
Amphiboles ferromagnésiennes Orthorhombiques anthophyllite, riche en magnésium et fer. gédrite, riche en aluminium, de structure fibreuse, découverte à Gèdre, dans l'Ardèche et dans le Rhône. holmquistite, riche en lithium
Monocliniques cummingtonite, riche en fer et en magnésium, découverte à Cummington aux États-Unis, dans des massifs alpins et préalpins, accompagnée de grenats, de magnétite et de quartz. grunérite, riche en fer, de couleur vert sombre, découverte par le chimiste français L.E. Gruener.
Amphiboles calciques monocliniques Elles contiennent du magnésium, du fer et du calcium.
actinote, riche en fer, de couleur vert clair à vert foncé, cristaux à structure aciculaire (en forme d'aiguille), se trouve dans les calcaires modifiés au contact des roches éruptives, découverte dans toute la chaîne alpine de l'Europe. néphrite, de couleur gris-blanc au vert soutenu ; c'est une des deux formes de jade (l'autre étant la jadéite, un pyroxène) ; byssolite, une variété à structure fibreuse ;
trémolite ou amiante d'amphibole, riche en magnésium, de couleur blanche, découverte dans le Val de Trémola, en Suisse. Elle se trouve dans les calcaires modifiés au contact des roches éruptives. En France on la trouve dans l'Ariège, dans la Haute-Garonne, en Isère, à Arnave, à Chamonix, à Tarascon et à Trimouns. hornblende, riche en fer, de couleur presque noire, découverte en Allemagne. pargasite, magnésium et fer, découverte à Pargas en Finlande. kaersutite, riche en titane, découverte à Kaersut au Groenland.
Amphiboles sodiques monocliniques thumb|Glaucophane thumb|Crocidolite, variété de riébeckite Elles contiennent du sodium mais pas de calcium ; groupe d'espace C 2/m 2/m.
Glaucophane Ferroglaucophane Crossite Magnésioriébeckite Riébeckite Eckermannite Ferro-eckermannite Magnesio-arfvedsonite Arfvedsonite Fluoro-magnesio-arfvedsonite Potassicarfvedsonite Kozulite Nyböite Ferronyböite Ferric-ferronyböite Fluoronyböite Leakeite Ferroleakeite Potassicleakeite Kornite Ungarettiite Fluoro-ferroleakeite Obertiite Dellaventuraïte
Utilisations Le nom d'amiante (ou asbesteDu grec , « incorruptible ».) est donné aux variétés fibreuses d'amphiboles et d'antigorite. Les amphiboles asbestiformes (ou fibreuses) ont ainsi servi à la fabrication d'isolants thermiques ou de vêtements résistants au feu, à la protection de câbles électriques et au flocage protecteur de poutrelles métalliques.
Toxicité et analyses de risques vignette|Amiante bleu (crocidolite) d'Afrique du Sud (échantillon de 3 cm). D'usage interdit du fait de leur toxicité, ces minéraux contiennent notamment toutes les sortes d'amiantes (tels que l'amiante bleu ou crocidolite, l'amiante brun ou amosite, la trémolite, l'actinolite, l'anthophyllite) et d'autres minéraux dont des études récentes laissent penser qu'ils peuvent dans certaines conditions produire aussi des fibres dangereuses pour l'Homme et d'autres organismes lorsqu'elles sont inhalées et/ou ingérées.
Il est désormais obligatoire de rechercher l'amiante chrysotile dans les couches routières (ou de parkings, etc.) qui doivent être rénovées ou détruites. Lors de ces analyses, les laboratoires détectent aussi dans les enrobés des quantités significatives d'actinolite qui n'y ont a priori pas été ajoutés intentionnellement et qui ne viennent pas des hydrocarbures (goudron) utilisés comme liant. Cet actinolite est un minéral naturellement présent dans certaines roches exploitées pour la production d'enrobé routier. Le problème vient de ce que ses "fragments de clivage" sont potentiellement aussi toxiques que l'amiante tandis qu'ils se situent dans un vide juridique ; en effet, la réglementation européenne désigne comme "amiante" six minéraux naturels : une serpentine, le chrysotile et cinq amphiboles, à savoir l'actinolite-amiante, l’anthophyllite-amiante, la trémolite-amiante, l’amosite et la crocidolite… Ces cinq amphiboles peuvent être de morphologies "asbestiformes" (fibreuse et alors reconnue comme dangereuse) ou non dans la nature. Cette réglementation n'a visé que les morphologies asbestiformes (fibreuses) de ces cinq amphiboles. Mais il a depuis été démontré que les contraintes mécaniques appliquées aux roches riches en actinolite (ou à des amphiboles non-asbestiformes homologues des amphiboles réglementées) peuvent cliver le matériau qui produit alors des particules plus ou moins longues et fibreuses dites « fragments de clivage », présentant toutes les caractéristiques (pathogènes et réglementées) des fibres d'amiante. En 2014, les effets des formes asbestiformes des cinq amphiboles réglementaires sur la santé étaient bien connus, mais des incertitudes persistaient sur la toxicité des "fragments de clivage" d'actinolite (et d'autres minéraux pourraient aussi être concernés : anthophyllite, trémolite, grunérite et riébeckite). En outre, les méthodes analytiques utilisées en routine ne permettent pas encore de différencier de façon simple et économique les fragments de clivage des fibres asbestiformes dans un échantillon (le maclage et la netteté de la diffraction de la lumière en bordure d’objet sont deux paramètres pouvant aider à différencier un fragment de clivage d'une fibre d'amiante ou asbestiforme).
En France, les autorités environnementales régionales ont fait remonter la découverte fréquente de fibres d’amiante actinolite dans les granulats d’enrobés routiers, ainsi que de « fragments de clivage » qui s'ajoutent donc au chrysotile qui a été utilisé volontairement pour consolider les enrobés routiers dans les années 1975-1995 (à hauteur de 1 % en masse des enrobés). L'Anses s'est donc vu confier en 2014, par la Direction générale du travail (DGT), la Direction générale de la prévention des risques (DGPR) et la Direction générale de la Santé (DGS), une étude d'expertise sur les : "Effets sanitaires et identification des fragments de clivage d’amphiboles issus des matériaux de carrière"Anses (2015) "Effets sanitaires et identification des fragments de clivage d’amphiboles issus des matériaux de carrière", décembre 2015, Ed. scientifiques de l'Anses. L'étude s'est limitée aux expositions professionnelles pour ce qui concerne les fragments de clivage provenant des minéraux cités ci-dessous. Elle s'est aussi limitée aux prélèvements et analyses de fibres faits dans les matériaux et dans l'air (et non dans l'eau, les boissons ou les aliments). En 2014, l'Anses a créé un groupe de travail « Fragments de clivage » au sein de son comité d’experts spécialisé (CES) « Évaluation des risques liés aux milieux aériens », lui a confié cette étude et s'est appuyée sur une expertise antérieure faite sur les fibres minérales courtesAfsset (2009) Rapport d’expertise collective « Fibres courtes et fibres fines d’amiante. Prise en compte du critère dimensionnel pour la caractérisation des risques sanitaires liés à l’inhalation d’amiante. Réévaluation des données toxicologiques, métrologiques et épidémiologiques dans l’optique d’une évaluation des risques sanitaires en population générale et professionnelle » .