L’église Saint-Denis de Jouy-le-Comte est une église catholique paroissiale située à Parmain, dans le Val-d'Oise (France). Elle remonte à la première moitié du , mais seul le mur nord de la nef subsiste peut-être de la première église. Peu avant le milieu du siècle, commence la reconstruction des parties orientales de l'église primitive, qui s'échelonne sur une cinquantaine d'années. On débute par le croisillon sud, puis ajoute une chapelle orientée. Ces deux travées sont encore romanes et voûtées en berceau. Les autres travées affichent déjà le premier style gothique. Le chantier continue par l'abside, puis se poursuit par la travée droite du chœur et la croisée du transept, pour finir par le croisillon nord et la chapelle orientée du nord. Ces parties sont voûtées d'ogives, et offrent un intérêt esthétique et archéologique certain. À la Renaissance, en 1561, la construction d'un bas-côté au sud de la nef modifie profondément l'apparence de l'église, et porte les caractéristiques des réalisations de Nicolas Le Mercier. Mais les travaux ne sont pas achevés, et les grandes arcades vers la nef ne sont bâties qu'au milieu du siècle suivant. Le chantier s'arrête là, et le voûtement n'est finalement jamais réalisé. L'inaboutissement se ressent toujours à l'intérieur de la nef et du bas-côté. En 1889, l'église du Sacré-Cœur à Parmain est inaugurée, et au début de l'année 1893, Jouy-le-Comte adopte le nom de Parmain : Désormais, la commune dispose de deux églises catholiques, et l'église Saint-Denis se retrouve en marge du nouveau centre. Le chœur du et le clocher du sont classés monuments historiques le , et le reste de l'édifice est inscrit à l'inventaire des monuments historiques par arrêté du . Aujourd'hui, l'église Saint-Denis demeure un lieu de culte vivant, et accueille généralement deux messes dominicales anticipées par mois.
Localisation
L'église Saint-Denis se situe en France, en région Île-de-France et dans le département du Val-d'Oise, dans la vallée de l'Oise et dans le Parc naturel régional du Vexin français, sur la commune de Parmain, dont Jouy-le-Comte constitue le noyau historique. C'est par un décret du que le nom actuel de la commune fut adopté, afin de tenir compte des réalités du développement urbain, qui depuis l'ouverture du chemin de fer en 1846 a fait dépasser en importance l'ancien hameau de Parmain le vieux bourg. en haut du coteau qui domine la vallée secondaire du rû de Jouy. L'église Saint-Denis est alignée sur la place du village par son élévation méridionale, qui est la mieux visible. La façade occidentale donne sur l'étroite rue du maréchal Joffre, et plongée dans l'ombre par le haut mur de soutènement du terrain d'en face. L'élévation septentrionale donne sur un petit parking à l'usage de la paroisse, et est ainsi dégagée d'autres constructions. Seul le chevet est en partie enclavé dans des propriétés privées, mais néanmoins bien visible depuis la rue du Moulin, qui quitte la place du village à l'est. Depuis la rue des Maillets, qui conduit au cimetière de Jouy-le-Comte, l'on bénéficie d'une vue panoramique du vieux village, avec au milieu, le clocher de l'église Saint-Denis.
Histoire Histoire de la paroisse
Les origines de la paroisse de Jouy-le-Comte ne sont pas connues. Les parties les plus anciennes de l'église remontent à la première moitié du . Le plus ancien texte permettant de déduire l'existence d'une église à Jouy-le-Comte date de 1159. Il s'agit d'une charte qui précise que le prieuré Notre-Dame de L'Isle-Adam devait un grand muid de vin à un prêtre de Jouy. Le fait qu'il y a un prêtre sur place donne à penser que l'église est déjà paroissiale, et non seulement une chapelle desservie depuis un autre village. Le saint patron de la paroisse est saint Denis. Sous l'Ancien Régime, elle dépend du doyenné de Beaumont du diocèse de BeauvaisLe doyenné de Beauvais était dans l'archidiaconé de Beauvais d'après Louis Régnier, mais dans l'archidiaconé de Clermont (Oise) d'après Louis Graves ; voir p. ex. .. Louis Régnier a trouvé, dans une charte de Philippe de Beaumont datée de 1290, la mention d'un doyen de Jouy, et n'exclut pas que Jouy-le-Comte a été dans le passé le siège d'un doyenné. Or, sachant que les doyens étaient désignés parmi les différents curés du doyenné, ils pouvaient résider dans n'importe quel autre lieu du doyenné de Beaumont, et la mention peut aussi être interprétée dans ce sens. Le curé est à la nomination directe de l'évêque de Beauvais. La grosse dîme appartient au prieuré Saint-Martin de Boran-sur-Oise, qui dépend de l'abbaye du Paraclet ; puis à l'abbaye de Fontevraud. Après la Révolution française, toutes les paroisses du nouveau département du Val-d'Oise sont intégrées dans le nouveau diocèse de Versailles. Au cimetière, on voit toujours la pierre tombale de Jacques Philippe de Beauval, curé de Champagne-sur-Oise et de Jouy-le-Comte, mort le à l'âge de soixante-seize ans : le village ne forme donc plus une paroisse indépendante à cette époque. En 1889, sous le curé Prosper-Joseph GaillardMort le 25 décembre 1889, il n'a pas eu la chance de voir vivre sa nouvelle église., et grâce aux dons de deux paroissiennesJulie Ramelot, veuve Stiévenart, morte le 9 mars 1891, et Madeleine Lamblin, veuve Turquois, morte le 4 mars 1903, considérées comme fondatrices de la chapelle (voire la plaque commémorative sur place)., la chapelle du Sacré-Cœur est édifiée à Parmain dans le style néogothique : depuis, Parmain dispose de deux lieux de culte catholiques.. Aujourd'hui, la ville entre dans le périmètre de la paroisse de L'Isle-Adam, qui, depuis 1966, fait partie du nouveau diocèse de Pontoise, correspondant aux limites du département du Val-d'Oise. Les messes dominicales anticipées sont célébrées à 18 h 00 : le second et le quatrième samedi du mois à Jouy-le-Comte ; les autres samedis à Parmain.. Une association œuvre pour le rayonnement cultuel et culturel de l'église Saint-Denis, et organise des activités permettant de réunir des fonds pour la restauration et l'embellissement de l'édifice : l'Association pour la rénovation de l'église de Jouy-le-Comte (A.R.E.J.)..
Les campagnes de construction de l'édifice thumb|upright|Vue depuis le sud-ouest.
Une église romane, dont presque rien ne subsiste, est bâtie pendant la première moitié du , voire avant. De la position du mur septentrional de la nef ainsi que de son épaisseur, Louis Régnier déduit que la nef est plus ancienne que la croisée du transept, le croisillon nord et le chœur, que l'analyse archéologique et stylistique permettent de dater de la période comprise entre 1150 et 1190. En effet, le mur septentrional de la nef est placé en retrait par rapport à l'angle nord-ouest du clocher, de sorte que la nef soit plus large que la croisée du transept, en même temps base du clocher. Mais avant et surtout, le contrefort occidental de la pile nord-ouest du clocher fait saillie dans la nef. Si la nef avait été bâtie après le clocher, elle aurait sans doute été moins large, et pourvue de deux bas-côtés, comme à Auvers-sur-Oise, Beaumont-sur-Oise, Champagne-sur-Oise et Saint-Ouen-l'Aumône. Les murs de la nef auraient contrebuté le clocher. Cependant, les parties basses du mur ont été repris ; les fenêtres ont été repercées ; et il n'y a plus de corniche, de sorte qu'il n'y a aucun élément qui prouve réellement que la nef remonte à la période romane. Elle a tout aussi bien pu être rebâtie à la période moderne, tout en conservant le plan d'origine et un plafond non voûté. Dans ce cas, la partie la plus ancienne de l'église serait le croisillon sud. Sa fenêtre date d'origine, est en plein cintre, de dimensions moyennes et faiblement ébrasée. Les contreforts sont à plusieurs ressauts, mais assez plats et sans larmiers. À l'ouest, depuis l'intérieur du bas-côté, la corniche de corbeaux très primitive demeure visible. Tout ceci parle en faveur d'une construction romane, et la voûte en berceau brisée est donc également roman. On peut faire le rapprochement avec les croisillons de Rieux ou Santeuil. Se pose maintenant la question si le croisillon sud représente un vestige de l'église primitive de Jouy : la similitude des contreforts avec ceux du croisillon nord et du chœur, la largeur analogue des baies du chœur qui sont elles aussi en plein cintre, et la corniche de corbeaux du chœur permettent d'en douter. Il est plus probable que la construction des parties orientales actuelles a commencé par le croisillon sud, contrairement à la tradition qui veut que l'on commence par le chevet, et que seulement quelques années séparent le croisillon sud de l'abside. La construction de la chapelle orientée au sud du chœur n'a été entreprise qu'une fois le croisillon sud entamé, mais elle est qualifiée de romane par Louis Régnier, et s'insère donc chronologiquement entre le croisillon sud et la base du clocher..
En analysant de plus près les parties orientales de l'époque gothique primitive, et en se basant notamment sur la disparition de l'arc en plein cintre dans les travées carrées, Louis Régnier est parvenu à la conclusion qu'elles ont été réalisées dans l'ordre abside - partie droite du chœur - croisée du transept - croisillon nord - chapelle orientée nord. Cette chapelle a été radicalement restaurée à l'époque moderne, sans doute au , et elle ne conserve plus grande chose d'authentique, mais devrait reprendre les dispositions de la fin du . Quant au clocher proprement dit, il n'a été achevé que tardivement, au bout d'une longue interruption du chantier, à une période très avancée du , voire au tout début du . Les bases des colonnettes qui flanquent les baies du clocher portent les caractéristiques de cette époque ; elles sont polygonales et ont un profil aplati. Les légers crochets de feuillages et les feuilles isolées qui décorent les chapiteaux renvoient à la même époque. Vers 1410, l'église Saint-Denis présente ainsi sa physionomie actuelle, sauf pour le bas-côté sud, ajouté à la Renaissance, et la façade occidentale, remaniée au . Le petit portail dans la seconde travée du bas-côté sud porte la date de 1561, mais Louis Régnier pense qu'elle a été gravée après coup au milieu du . Toutefois le style correspond au troisième quart du , et il évoque les œuvres de l'architecte pontoisien Nicolas Le Mercier (1541-1637), qui a travaillé avec son père ou oncle Pierre Le Mercier. L'A.R.E.J. conteste cette attribution en avançant que Nicolas Le Mercier a vécu de 1584 à 1654, mais ce sont les dates de Jacques Le Mercier. Le texte est un condensé de l'article de Louis Régnier et comporte de nombreuses citations, sans jamais citer sa source.. L'entablement qui orne le bas-côté a été prolongé sur le croisillon sud et la chapelle orientée sud, afin de faire harmoniser extérieurement ces parties. En revanche, le bas-côté est demeuré inachevé à l'intérieur. Les grandes arcades de la nef n'ont été mises en œuvre qu'en 1651, mais la sculpture n'a pas été exécutée, et le voûtement, déjà entamé en 1561, n'a pas non plus été réalisé. Ces travaux inaboutis auraient été financés par la nièce du cardinal Mazarin, Anne Marie Martinozzi, princesse de Conti, au moment de la construction du presbytère.. — Le chœur et le clocher ont été classés par arrêté du ; le reste a été inscrit par arrêté du ..
Description Aperçu général thumb|Plan de l'église.