Confession d'un commissaire de police au procureur de la république (titre original : ) est un film italien réalisé par Damiano Damiani et sorti en 1971.
Synopsis L'action se déroule à Palerme, au début des années 1970, avec plusieurs flashback (retours en arrière) dans les années 1960, expliquant la prise de conscience du personnage principal. Celui-ci, le commissaire Bonavia essaie depuis une dizaine d'années de mettre hors d'état de nuire Ferdinando Lomunno, un promoteur immobilier criminel dont la liste de méfaits est déjà très longue. Deux hommes avaient jeté un enfant de 9 ans dans le vide, témoin d'un meurtre, alors qu'il gardait ses moutons. Personne n'a su ce qu’il c'était passé. Traini et le commissaire sont persuadés que ce sont des criminels qui ont tué cet enfant : il n'est pas tombé par accident.
Grâce à son influence et ses liens avec les élus politiques, le malfrat s'en sort toujours face à la justice. Estimant qu'il ne sera jamais possible de mettre fin aux activités illégales de Lomunno, Bonavia commence par faire libérer un tueur psychopathe, Li Puma, qui a un compte personnel à régler avec le bandit, certain que celui-ci sera abattu dès que le tueur sera sorti de l'asile psychiatrique où il est enfermé. Mais l'attentat échoue car Lomunno semble avoir été prévenu et Li Puma meurt dans la fusillade, après avoir néanmoins abattu trois de ses gardes du corps.
Entre alors en scène le substitut du procureur, Traini, un jeune magistrat qui vient d'être nommé à Palerme dont il n'est pas originaire. Dans une scène d'introduction on comprend qu'il est juif (il installe une Ménorah dans son salon) et que sa mère, une femme très connue, a été discrètement internée en psychiatrie en Suisse, à Lausanne.
Bonavia, voyant l'honnêteté, mais aussi la candeur de Traini, décide de lui exposer son projet. Il a vu comment Lomunno a fait assassiner un syndicaliste qu'il estimait, Giampaolo Rizzo, et comment il a réussi à se construire puissance et impunité en corrompant le Maire, le député, et les principaux hauts-fonctionnaires chargés de l'urbanisme. Écœuré, certain que la justice est impuissante, Bonavia a décidé de faire tuer Lomunno et annonce qu'il recommencera. Traini est révolté par ce comportement qu'il réprouve et ordonne à Bonavia de le laisser faire et d'utiliser la voie légale. Bonavia décide de donner sa chance à Traini, car il dispose d'un témoin, Serena Li Puma, sœur du tueur Li Puma, qui a vécu longtemps avec Lomunno : elle connait ainsi tous ses secrets. Lomunno ayant tenté de faire assassiner celle-ci, Bonavia la cache dans un endroit connu de lui seul. En même temps, apprenant qu'il a été mis sur écoute, il parvient à faire mettre sur écoute Traini lui-même, par son adjoint Michele Gammino, afin de devancer ses actions et mettre Serena à l'abri, car il n'a pas confiance ni dans la police ni dans les carabiniers.
Malheureusement, Traini se rend compte que Bonavia l'a fait espionner et, furieux, il ordonne son arrestation. Bonavia rejoint alors Lomunno et l'abat de sa main. Des amis de Lomunno retrouvent Serena et la tuent, puis font disparaitre son corps.
Emprisonné, Bonavia explique à Traini qu'il sera sans doute assassiné en prison. Il apprend par Traini la mort de Serena et que lorsqu'elle l'a appelé pour lui révéler où elle était, celui-ci se trouvait avec son supérieur, le Procureur Général Malta.
Anéanti par cette nouvelle, Traini se précipite au palais de justice pour voir Malta, alors que Bonavia est poignardé à mort par un détenu.
Malta comprend que Traini sait tout, mais affecte de ne pas comprendre, tandis que Traini se rend compte de l'ampleur de la corruption et surtout de sa propre impuissance mais fixe Malta droit dans les yeux, ce qui laisse supposer qu'il ne s'arrêtera pas là.
Commentaires
Le mot « Mafia » et son dérivé « mafioso » (mafieux) ne sont jamais prononcés dans le film.
De façon surprenante, cependant, ce film de série se révèle prophétique par rapport aux évènements qui vont avoir lieu en Sicile dans les années suivantes, marquées par l'assassinat du général Carlo Alberto dalla Chiesa, en 1982, et des juges Giovanni Falcone et Paolo Borsellino, en 1992, des procès géants successifs et, finalement, l'opération Mains propres (1992-1993) qui mettra fin à la Démocratie Chrétienne, parti de toutes les coalitions depuis 1945, et au régime politique italien basé sur le bipartisme (Démocratie Chrétienne, alliée au Parti Socialiste, et Parti communiste).
Fiche technique Titre original : Titre anglophone : Réalisation : Damiano Damiani Scénario : Damiano Damiani et Salvatore Laurani d'après une histoire de Damiano Damiani et Fulvio Gicca Palli Directeur de la photographie : Claudio Ragona Montage : Antonio Siciliano Musique : Riz Ortolani Production : Mario Montanari et Bruno Turchetto Genre : Policier, drame Pays de production : Durée : 108 minutes Date de sortie : Italie : France : États-Unis : (New York)
Distribution Franco Nero : Traini Martin Balsam : le commissaire Bonavia Marilù Tolo : Serena Li Puma Claudio Gora : le procureur Malta Luciano Lorcas : Ferdinando Lomunno Giancarlo Prete : Giampaolo Rizzo Arturo Dominici (VF : Claude Bertrand) : Maître Canistraro Michele Gammino : Gammino Adolfo Lastretti : Michele Li Puma Nello Pazzafini : le prisonnier Calisto Calisti : un mafieux Giancarlo Badessi : le député Licata (Grisì en VO) Adele Modica : Lina Paladino, la maîtresse de Bonavia Dante Cleri : le portier Gualtiero Rispoli (VF : Claude Joseph) : un autre commissaire Bruno Boschetti (VF : Jacques Richard) : le policier au Central Roy Bosier : Giuseppe Lasciatelli Franco Tranchina : le medecin, directeur de l'asile psychiatrique Giuseppe Namio : le directeur-adjoint de l'asile Luigi Ursi : Palumbo Paolo Cavallina : lui-même Calogero Azzaretto : le policier qui sourit constamment Francesco D'Adda : l'opérateur téléphonique au Central
Liens externes
Catégorie:Film italien sorti en 1971 Catégorie:Film policier italien Catégorie:Film dramatique italien Catégorie:Poliziottesco Catégorie:Film réalisé par Damiano Damiani Catégorie:Film avec une musique composée par Riz Ortolani Catégorie:Film sur la mafia sicilienne Catégorie:Film sur la corruption Catégorie:Film sur l'urbanisme Catégorie:Film récompensé au Festival international du film de Moscou